‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 223 sur 873 · non quod suffiojentes simus cogi · texte numérisé non relu

non quod suffiojentes simus cogi

dam est un coup droit porté k ces adversaires sans scrupule, qui s'étaient Introduits auprès des chréiiens de Corinihe , g.' âce à des lettres de recommandation écrites par des personnages influents. — Litlerae... Elles étaient fréquentes dans le monde juif et dans l'Ég Ise primitive. Cf. Act. xvm, 27 ; I Cor. xvi, 3, etc. — En un langage a aussi spirituel qu'insinuant >, l'apôtre marque le motif pour lequel il n'a pas besoin de lettres de ce genre , soit adressées aux Corinthiens, soit écrites par eux: EfrUtoIa noHra vos... (vers. 2). Comp. I Cor. ix, 2-3, où il ieu'

Oénie tenant un diptyque.

(Peinture de Pompéi.)

a dit qu'ils étaient comme le sreau de son apostolat. — Scripta in cordibus... Et non sur du I^apier ou du parchemin. Paul avait conscience de ce qu'il avait fait pour les Corinthiens, et aussi de l'affection qu'L leur portait. Cf. vit, 3, etc. — Qita? scitur... En effet, le contenu de cette lettre mystique consistait en des faits connus de tous : l'origine et les prompts dévelnp;iements de l'Église de Corinthe. — Le participe manifestati (vers. 3) se rattache aux mots « vos e-tis » du vers. 2. Il équivaut à la formule : Il est évident que vous êtes... L'apôtre veut expliquer sa comparaison. Sa lettre de recommandation est réellement admirable et unique, car le Christ en est lui-même le véritable auteur (epistola... CJiristi), en ce sens que c'est lui qui a donné la foi et les autres vertus chrétiennes aux Corinthiens; Paul et ses coopérateurs l'avaient pour ainsi dire écrite sous Ja dictée du Sàuxenr (ministrata a Ticbis),en préchaut l'évangile à Corinthe. — Les matériaux

qui avaient servi à composer cette lettre étalent très remarquables aussi. En guise d'encre, l'Esprit du Dieu vivant (non atramento, seâ...); c-à-d., l'efficacité merveilleuse de l'Esprit-Saint, au lieu des moyens humains. Comme saint Paul l'a justement affirmé I Cor. ii, 4, sa prédication à Corinthe n'avait pas consihté « in persuasibjlibus humanae sapienii» verbis, sed in ostensione Spiritus et virtutis *. Au lieu de tablettes de pierre, les cœurs mêmes des fidèles (non in iabitZis..., sed...). Ce trait fait certainement allusion aux tables de la loi, données autrefois paf Dieu à Moïse (cf. Ex. xxxi, 18; xxxii, 15-16), et aux anciens oracles par lesquels le Seigneur avait promis que, sous la nouvelle alliance, ses préceptes seraient gravés directement stir les cœurs (cf. Jer. XXXI, 31-33; Ez. xxxvi, 26). Il sert donc de transition à la comparaison qui va être aussitôt établie entre les ministres de l'Ancien Testament et ceux du Nouveau.

2° Combien l'apostolat l'emporte sur le ministère de lancierihe alliance. III, 4-18.

4-6. lutroduction : si l'apôtre est à la hauteur de sa noble mission , il le doit à Dieu , non à lui-même. — Fiduciam... taltm. C.-à. -d., d'une manière directe, la confiance, et même la certitude, que les Corinthiens étaient pour Paul une lettre de recommandation vivante (comp. les vers. 2-5); puis, comme ce n'était là qu'une pensée subsidiaire, la confiance d'être apte à remplir ses hautes fonctions (cf. n, leb-i:). — Per Christum ad Deum. Ces mots dé>ignent la cause médiatrice et le terme de sou apostolat. Les vers. 5 et 6 en donnent un admirable commentaire : de lui-même, l'apôtre ne peut rien ; avec la grâce de Dieu , il est capable de tout. — Xun quod tujffîcientes... Acte de profonde humilité : saint Paul s'efface entièrement et reconnaît être, dans la sphère surnaturelle, le plus faible et le plus imptiissant des hommes. — La locution cogitare aliquid , nn peu vague par elle-même, a été prise tantôt dans son acception la plus générale, tantôt dans un sens plus restreint. La plupart des anciens commentateurs et des théologiens lui font désigner tout le domaine spirituel sans exception. Voyez saint Augustin, de Dono per-

II Cor. III, 6-7.

tare aliquid a nobis quasi ex nobis, sed sufficientia nostra ex Deo est,

6. qui et idoneos nos fecit ministros novi testamenti, non littera, sed spiritu ; littera enim occidit, spiritus autem vivificat.

7. Quod si ministratio mortis, Jitteris deformata in lapidibus, fuit in gloria, ita ut non possent intendere filii Israël in faciem Moysi , propter gloriam vultus ejus, quae evacuatur,

nous-mêmes de penser quelque oliose, comme de nous-mêmes; mais notre capacité vient de Dieu,

6. qui nous a aussi rendus propres à être les ministres de la nouvelle alliance, non par la lettre, mais par l'esprit ; car la lettre tue, et l'esprit vivifie.

7. Or, si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été iellenient entouré de gloire, que les enfants d'Israël ne pouvaient fixer la face de Moïse, à cause de l'éclat de son visage, qui devait pourtant s'évanouir,

pet, 13 (« quod attlnet ad pietatls vlam et verum Dei cultum "d) et de Prsedic. sancL, 9, le concile d'Orange, n, 7 (« quod ad salutem perttnet vitae aeternae »), Estlus, etc. Nous croyons que telle est la meilleure Interprétation. D'autres, en assez grand nombre, à la suite de Théodoret, etc., croient que saint Paul n'a eu en vue dans ce passage que le ministère apostolique ; la pensée serait donc que le choix des moyens d'action, la composition des discours, le succès de la prédication, etc., ne dépendent en rien de l'apôtre, mais seulement de Dieu.

— Les mots a nobis quasi... se rapportent plutôt à « sufficientes » qu'à « cogitare », comme t)n le voit par la suite de la phrase : sed sufficientia,.. ex Deo... La seconde moitié de la formule , quasi ex nobis , précise davantage la première. En effet, la préposition àuô (« a »), marque une origine plus rapprochée, et è| (« ex ») une source plus éloignée. Saint Paul veut donc dire qu'il ne peut rien, ni de près ni de loin, dans le domaine en question, sans un secours spécial du Seigneur. — Qui et idoneos... (vers. 6). En leur confiant une mission, Dieu ne manque pas d'accorder*à ses ministres tout ce dont Ils ont besoin pour s'en bien acquitter. — Novi Testamenti. L'alliance fondée par Notre -Seigneur Jésus -Christ, par opposition à l'ancienne, établie entre Jéhovah et les Israélites. Cf. Jer. XXXI, 31 et ss. ; Hebr. ix, 15, etc.

— Non littera, sed... Il faudrait, d'après le grec : Non de la lettre, mais de l'esprit. Ce double génitif, qui dépend aussi de « ministri », a pour but de caractériser la nouvelle alliance, par contraste avec l'ancienne. Ce qui formait la base et la snhs'anre du système théocratique institué sur le Sinaï, c'était la lettre, le commandement écrit, qui prescrivait des actes perpétuels d'obéissance, sans donner par luimême la force nécessaire pour les accomplir. Au contraire, dans la nouvelle alliance, l'Esprit de Dieu est communiqué aux chrétiens comme un principe vivant et vivifiant, qui les transforme, les régénère et leur fa^^ilite la victoire. Cf. Joan, I, 17; Rom. ti, 2.9 et vu, 6: Hebr. x, 29, etc. — Littera enim... Raison pour laquelle les ouvriers évangéliques doivent convertir le monde , non par la loi ancienne ou par la lettre, mais par l'Esprit -Saint. Paul a lui-même commenté ailleurs magnifiquement

ces deux assertions. Voyez surtout Rom. vn, 7-13 et VIII, 10 et sp. ; I Cor. xv, 56. Quohi e banne en elle-même, la loi mosaïque produisait souvent la mort spirituelle, en poussant à la rébellion par ses Injonctions multipliées, difficiles à remplir, tandis que l'Esprit divin communique dès ici -bas aux chrétiens la vraie vie morale, et plus tard la vie éternelle.

7-11. Trois motifs de la supériorité du rôle des apôtres sur celui des ministres de l'Ancien Testament. Intéressant parallèle, qui se compose de trois arguments « a major! ad minus ». — Premier argument, v(r.s. 7-8 : Quod si..., quomodo non magis...? Moïse a apporté aux Hébreux les tables de la loi, qui opéraient la mort; les apôtres transmettent au monde les gi-âces de l'Esprit sanctificateur. — Ministratio. Le grec ôtaxovta serait mieux traduit par « ministerium » (traduction qu'adopte habituellement la Vulgate). — Mortis. L'antilhèî-e avec le « ministère de l'esprit » ( comp. le vers. 8 ) aurait demandé que l'écrivain sacré employât Ici l'expression « ministère de la lettre » ( comp. le vers. 6 ) ; mais 11 modifie à dessein la formule, pour marciuer cette fols l'effet au lieu de la cause. Le ministère de Moïse est ainsi nommé, parce que ce saint personnage apporta du Sinaï les tables de la loi, qui étaient un principe de mort, ainsi qu'il vient d'être dit. — Defor^nata. C.-à-d., « insculpta » (èvTETumofxévY) ). Paul applique au ministère lui - même ce qui convenait en réalité à la loi : c'est celle- ci qui était gravée en lettres fur la pierre. Il insinue par là que le ministère de Moïse avait un fait matériel pour base et pour garantie, tandis que celui des apôtres était ennècenient spirituel. — Fuit in gloria. C'est autotir de ce trait que roule u;ie paitie cousUlorablo de la comparaison , dans ce verset et dans les suivants. Il fait allusion, comme on le voit par les mots ita ut non... propter gloriam..., aux rayons miraculeux qui, d'après l'Exode, xxxiv, 29 et ss., s'échajipaient du visage de Moïse, lorsque CHini-cl descendait du Sinaï, portant les tables de la loi. — Non possent intendere (xTsvIdat, regarder fixement). On lit dans l'Exode, xxxiv, 30 : Aaron et les enfants d'Israël , lor.«qu'ils virent le visage resplendissant de Moïse, craignaient de s'approcher de lui. Saint Paul avait puisé dans la tradition Juive ce développement,

II Cor. III, 8-13.

.8. combien le ministère de l'esprit ne scra-t-il pas plus glorieux?

9. En effet, si le ministère de la condamnation a été glorieux, le ministère de la justice est de beaucoup supérieur en gloire.

10. Et même ce qui a été brillant dans le j)remier n'a pas été glori.eux , en comparaison de la gloire éminente du> second.

11. Car si ce qui devait finir a été glorieux, ce qui demeure sera beaucoup plus glorieux.

12. Ayant donc une telle espérance, nous usons d'une grande liberté ;

13. et nous ne/a^sonspas comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage, afin que les enfants d'Israël ne vissent ]>as sur son visage ce qui devait disparaître.

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