Habentes igitur talem spem, multa tiducia utimur
13. et non sicut Moyses ponebat velamen super faciem suam, ut non intenderent filii Israël in faciem ejus, quod evacuatur ;
que signale aussi Philon, de Vit. Mos. — Quœ evacuatur. Cet éclat n'était que passager, et pourtant 11 manifestait la grandeur du ministère de Moïse : que dire de la gloire et de la dignité du ministère évangélique (vers. 8), qui est une ministratio spiritus ( avec deux articles dans le grec : le ministère de l'esprit), et non pas un ministère de mort? — Second argument, vers. 9-10 : Nam si... Ce nouveau contraste est tout entier renfermé dans les mots m,%ni!<tratio damnationis et m,inisterium justitise, qui équivalent aux expressions : « mluistèra de la mort et ministère de l'esprit » des versets précédents. En tant qu'elle excitait au péché (comp. le vers. 6 ) , la loi mosaïque provoquait contre les pécheurs la colère de Dieu et ses terribles jugemeats ; la nouvelle alliance, qui fait descendre l'Esprit -Saint sur les hommes, les justifie par là -même devant Dieu. Cf. Rom. i, 17 et m, 23 ; Gai. III, 1?, etc. — Gloria est. Mieux vaudrait : « Gloria fuit ». Le verbe n'est pas exprimé dans le texte grec ; mais le sens demande le prétérit.
— Le vers. 10 accentue davantage encore cette seconde antithèse : Nam, nec (d'après les meilleurs manuscrits : « nam non »)... Paul veut dire que ce qu'il y a eu d'éclatant, de glorieux (qiiod glorificatum. ..) dans le ministère de Moïse {in hac par le) cesse d'être un éclat, une gloire {nec glorificatum est), si on le compare à la gloire beaucoup plus réelle du rôle des prédicateurs de l'évangile {propter excellentem...; dans le grec : à cause de la gloire supérieure). « C'est ainsi que, pendant la nuit, la lumière d'une lampe paraît très brillante ; mais en plein midi elle disparaît , et on ne la regarde même pas comme itne lumière. » (Théodoret.)
— Si enim... Troisième argument, vers. Il : la gloire du ministère de Moïse a été transitoire ; celle des apôtres doit demeurer à jamais.
— Quod evacuatur. Cette épithète sert maintenant à qualifier le ministère de Moïse, de »001»^^ qu'elle avait caractérisé plus haut sa
gloire (comp. le verset ?*>). Au contraire, le ministère apostolique est caractérisé par les mots quod manet. La loi devait prendre fin à l'avènement du Christ ( cf. Gai. m , 24 , etc.) ; l'évangile durera jusqu'à la consommation des siècles. Par suite, autant ce qui est perpétuel l'emporte sur ce qui est temporaire, autant la gloire des ministres du Nouveau Testament dépasse celle des ministres du système légal. — — Per gloriam est. Ou plutôt « fuit », commp au vers. 9.
12-18. La conscience de sa haute dignité et la certitude où il est d'obtenir une gloire sans fin donnent à l'apôtre une sainte assurance pour exercer son ministère. — Talem spem : l'espoir de posséder un jour la gloire éternelle qui est destinée aux prédicateurs de la fol. — Fiducla. Le substantif nappr^ala., employé environ trente fois dans le Nouveau Testament, désigne , à la lettre , l'action de « tout dire » (Tïàv pY)criO. — Et non sicut... (vers. 13). La phrase est elliptique : Et nous ne mettons pas un voile sur notre visage, comme Moïse. Saint Paul continue de comparer entre eux le médiateur de l'ancienne alliance et les prédicateurs de l'évangile. — Le trait ponebat velamen... est emprunté au même récit de l'Exode, xxxiv, 34-35. Bien loin de se voiler la face, ainsi que faisait Moïse toutes les fois qu'il communiquait aux Hébreux les révélations divines, les apôtres du Christ annonçaient ouvertement et avec assurance l'évangile au monde. — In faciein. La Vulgate a dti lire : £tç TtpoacoTiov , sur le visage. Le grec a la variante en; xb TÉXoç, que la plupart des Pères latins traduisent très exactement par « in finem ». Les mots ejus quod evacuatur représentent, d'après le vers. 11», le ministère transitoire de Moïse, et, d'une manière indirecte, la théocratie juive tout entière. L'apôtre signale donc ici la signification typique et symbolique très pi'ofonde du voile dont Moïse se couvrait le visage, dans ses
II Cor. m, 14-18.
14. Sed ol>tusi sunt sensus eonim ; iisque in hodieinura enim diera idipsum velamen in lectiorie veteris testamenti manet non révélai um (quoniam in Christo evacuatur),
15. Sed usque in bodiernum diem, cum legitùr Moyses, -velamen positura est super cor eorum ;
16. cum autem conversus fuerit ad Dominum, auferetur velamen.
17. Dorainus autem spiritus est ; ubi uutem Spiritus Domini, ibi iibertas.
18. Nos vero omnes revelata facie gloriam Domini spéculantes, in eamdem imaginem transformamur, a claritate in claritatem, tanquam a Domini Spiritu.
14. Mais leurs esprits ont été endurcis ; car jusqu'à ce jour, ce même voile demeure sans être levé, lorsqu'ils lisent l'Ancien Testament (car cette alliance est abolie par le Christ).
1/). Ainsi jusqu'à ce jour, quand on lit Moïse, un voile est placé sur leur cœur ;
16. mais, lorsqu'ils se seront convertis au Seigneur, le voile sera fté.
17. Or le Seigneur est l'Esprit, et où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté.
18. Et nous tous, qui contemplons la gloire du Seigneur à visage découvert, nous sommes transformés en la même image, de clarté en clarté, comme par l'Esprit du Seigneur.
relations avec le p uple hébreu. La fin d'une chose, c'est sa (essation ; c'est aussi son but. Ces deux sens conviennent fort bien en cet endroit : le Messie était tout ensemble la fin et le but de la loi mosaïque (cf. Rom. x, 4^; Gai. m, 24, etc.). Or, d'après l'intention divine, Moïse, en cachant ainsi son visage , signifiait que les Israélites ne pouvaient pas encore contempler le Christ , auquel la loi devait aboutir un jour, tandis que los apôtres annonçaient clairement Jésus-Christ au monde, sans aucun voile. Comp. le vers. 18. — Sed obtusi... (vers. 14). Résultat produit sur l'esprit des anciens Hébreux par le voile symbolique de Moïse : leur intelligence fut comme endormie, hébétée. Et malheureusement leurs descendants, quoique Dieu leur eût envoyé de nombreux prophètes, qui soulevèrent, puis retirèrent peu à peu le voile, subirent plus tard, sous l'influence du démon ( cf. IV, 4 ) et par leur propre faute , le même aveuglement, le même endurcissement. Saint Paul en faisait la triste expérience dans se-^ relations avec eux : usque in hodiei-num... — In lectione... manet... La lecture de l'Ancien Testament révèle à tout instant le Messie (voyez le tome I, p. 2 et ss.). Mais les Juifs lisent leur Blbe avec de mauvaises dispositions, qui interposent une sorte de voile entre leurs yeux et le toxte sacré : voilà pourquoi ils ne remarquent pas que l'alliance du Sinaï a été abolie par le Christ (quoniam in Christo...), ainsi qne l'ont si souvent prédit les prophètes. Il est moins bien de rattacher cette parenthèse à « velamen », comme si l'apôtre voulait dire que le Christ fait disparaître le voile aussitôt qu'on croit en lui. — Sed usque... (vers. 15). Même pensé« qu'au vers. 14, avec de légers change 9ients dnns la forme. La proposition cum ^/egitur Moyses (le Pentateuque figure ici tout l'Ancien Testan)ent) correspond aux mots « in lectione voteiis... », et velamen... super cor... à a velamen... manet... ï. Dans les synagogues, les Juifs se couvrent réellement la tête d'un voile pour lire la sainte Écriture et pour faire
les prières liturgiques ; mais il n'est pas certiin que cette coutume fût déjà pratiijr.ée à l'époque de saint Paul , ni qu'il y fasse allusion ici. — Cutri... conversus... (vers. 16) :
à savoir, le peuple Juif.
Conip. Rom. xi, 25 et ss., où l'ïipôtre annonce la convoi sien générale d'Israël à utio certaine époque.— Ad Dominum : à Notre- Seigneur Jésus-Christ. — Dominus autem... (vers. 17). Cette ligne un peu obscure est destinée à expliquer et à compléter la pensée du vei-s. 16. La première proposition prépare la seconde, et celle-ci exprime un autre résultat très heureux, proiluit pour quiconque se soumet à Jésus -Christ. Le Seigneur (Jésus- Christ) est l'Esprit (TO Tiveyfxa, avec l'article ) : ces mots nous reportent au vers. 6, où il a été dit que l'Esprlt- Saint est le principe de la loi nouvelle, par opposition à la lettre, à l'Ancien Testament. Ils ne signifient pas, évidemment, que Jésus-Christ et l'Esprit- Saint sont identiques, puisque, dans la proposition suivante, il est parlé de l'Esprit du Seigneur; ils marquent l'union étroite qui existe entre le Verbe incarné et la troisième personne de la Trinité, pour la direction de l'Église et des âmes. Voyez vin , 9-11, où les termes Esprit de Dieu , Esprit du Christ et Christ sont de même traités comme f-ynoiiyraes en un sens. — Ibi Iibertas : la liberté à l'égard de la loi, dont les Juifs étaient comme 1(S esclaves. — Nos vero... (vers. 18). A ces Juifs, dont le visage demeurait couvert d'unvoile qui les empêchait de contempler le Mc8>lerédempteur, saint Paul oppose, avec l'accint joyeux du triomphe, tous les chrétiens (ce ne sont pas seulement les apôtres qui sont repré-
Juif en prière, la tête voilée.
II Cor. IV, 1-4.