‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 253 sur 873 · Et non sicut speravimus, sed se · texte numérisé non relu

Et non sicut speravimus, sed se

est encore plus dévoué qu'avant son séjour parmi vous. La cause de ce redoublement d'affection consistait dans la prompte obéissance dont Tite avait été témoin et qu'il aimait à. se rappeler {reminlscentis). — Cum timoré... Les fidèles de Corinthe avaient donc témoigné un piofond respect au délégué de Paul. — Gaudeo g?/od... Compliment délicat, pour terminer cette ] artie apologétique. L'apôtre sait qu'il peut se fier en toutes choses à ses enfants de Corintbe.

SECONDE PARTIE

Un petit sermon de charité. VIII, 1-IX, 15.

Maintenant qu'il a rétabli « ses bons rapports » avec les Corinthiens, saint Paul peut aborder une question pratique dont il les avait déjà entretenus dans sa première épître (I Cor. xvr. 1 et 8S. ; cf. Rora. xv, 25 et ss. ), mais sans beaucoup de succès, paraît-il. Il s'agit de la collecte qu'il faisait alors pour l'Église de Jérusalem. Il renouvelle ses instances, qu'il rend plus pressantes que jamais. Ici encore, on admire t<'Ut ensemble son esprit de foi, son tact parfait et sa grande habileté.

5 1. — Manière dovt la collecte proposée devra se faire. VIII , 1-24.

l" Bel exemple donné par les Eglises de Ma- 'cé.lolne.. VIII, 1-6.

CiiAP. VIII. — 1-6. En citant cet exemple aux Corinthiens, Paul met en relief toutes les circonstances capables de le rendre plus stimulant. — Gratinm Dei. Cette grâce spéciale est déterniitice dans los lignes fiiivanti-s. C'est elle qui avait inspiré aux chrétiens de Macédoine une

ti es grande générosité pour secourir leurs frères pauvres de Jérusalem. — Quae data est. Quelques manuscrits grecs ajoutent : « mihi » ; la g) âce qui m'a été donnée. Cette leçon a contre elle tous les meilleurs témoins anciens. — Le vers. 2 se compose de deux propositions parallèles, dont chacune manifeste à un point de vue différent la correspondance des Macédoniens aux inspirations divines. D'abord, in multo experimento...; quoique placés dans le creuset de l'épreuve, ils avaient supporté leurs maux avec joie. En second lieu, altissima paupertas... ; très pauvres eux-mêmes, ils avaient trouvé le moyen de faire de riches aumônes. Les tribulations des Églises de Macédoine sont également si lalées au livre des Actes, xvi, 20 et ss., xvii, 20 et ss., et dans la première épître aux Tliess., i , 6 ; ii , 14 et ss. — Le mot simplicitatis désigne cette qualité des bons cœurs, en vertu de laquelle ils donnent sans compter, et sans penser à eux-mêmes , mais seulement aux mieères à soulager. — Secundum virtutem..., et supra... Dans les vers. 3-5, l'apôtre « renchérit encore » sur l'éloge des Macédoniens, qui avalent donné au delà de leurs moyens, se gênant et se privant pour secourir d'autres pauvres. — Yoluntarii... Leurs libéralités avaient été très spontanées. — Cum... exhortatione. Ils avaient fait beaucoup d'instances auprès de saint Paul , pour qu'il leur permît de prendre part à cette collecte {com,municationem). — In sanctos : les chrétiens de Palestine. — Ici comme en d'autres passagfs, le substantif ministerii (Staxovt'a^) désigne un service pécuniaire rendu aux pauvres. — Et non sicut... (vers. 5). Non contents de se montrer généreux au delà des espérances de Paul,

II Cor. VIII, 6-10.

metipsos dederunt primum Domino, deinde nobis per voluntatem Dei ;

6. ita ut rogaremus Titum, ut quemadmodum cœpit, ita et perficiat in vobis etiam gratiam istam.

7. Sed sicut in omnibus abundatis fide, et sermone, et scientia, et omni soUicitudine, insuper et caritate vestra in nos, ut et in hac gratia abundetis.

8. Non quasi imperans dico, sed per aliorum sollicitudinem , etiam vestrse caritatis ingenium bonum comprobans.

9. Scitis enim gratiam Domini nostri Jesu Christi, quoniam propter vos egenus factus est, cum esset dives, ut illius inopia vos divites essetis.

10. Et consilium in hoc do; hoc enim vobis utile est, qui non solum facere, sed et velle cœpistis ab anno priore.

nous l'avions espéré, mais ils se sont donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur, et ensuite à nous, selon la volonté de Dieu ;

6. de sorte que nous avons prié Tite d'achever auprès de vous cette bonne oeuvre, comme il a commencé.

7. Ainsi, de même que vous excellez en toutes choses, en foi, en parole, en science, en zèle à tous égards, et de plus en affection pour nous, faites en sorte d'exceller aussi en cette bonne œuvre.

8. Je ne dis point cela par commandement, mais pour éprouver, par le zèle des autres , la sincérité de votre charité.

9. Car vous connaissez la bonté de Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui, étant riche, s'est fait pauvre pour vous, afin que vous fussiez riches par sa pauvreté.

10. C'est un conseil que je donne sur ce point ; car cela vous convient, à vous qui n'avez pas seulement commencé à agir, mais qui en avez eu la volonté dès l'an papsé.

les Macédoniens t'étaient d'abo.d livrés euxmêmea entièrement à Notre - Seigneur Jésus- Christ {seinetipsos... Domino), puis ils s'étaient mis à la disposition de l'apôtre avec tout ce qu'ils possédaient (deinde nobis) : double marque de leur esprit surnaturel et de leur pureté d'Intention, car cela revient à dire qu'ils avaient agi ainsi par amour pour Jésus et par affection pour son ministre. — Per voluntatem Dei : sous l'impulsion de Dieu , qui avait mis en eux cet esprit de libéralité chrétienne. — Ita ut rogaremus... (vers. 6). Vivement touché par ce résultat inattendu de sa quête, et désireux de la mener h bonne fin, saint Paul avait pressé son disciple de la continuer assidûment à Corintbe.

— Gratiam istam. Sur cette expression pour désigner l'aumône, voyez I Cor. xvi, 3 et le commentaire. — L'adverbe etiam se rapporte aux autres affaires que Tite avait été chargé He négocier.

2° Ce que doivent faire de leur côté les CoimthlenH. VIII, 7-15.

Après son insinuation pleine d'adresse, Paul entre au cœur même du sujet qu'il veut traiter.

7-9. Appel direct, quoique discret, à la générosité des fidèles. — Sed sicut... C'est un éloge très délicat : les Corinthiens possèdent déjà de nombreuses vertus chrétiennes; qu'ils y ajoutent celle d'une charité généreuse. — Sermone et scientia. Voyez I Cor. i, 5 et les notes. — SoUicitudine : le zèle d'un chrétien pour sa propre perfection et pour la sanctification du prochain.

— In hac gratia : dans cette œuvre de charité. Comp. le vers. 6. — Non quafti imperans... (vers. 8). L'apôtre se hâte de faire cette réserve, afin de ne gêner personne. Ce n'est pas un ordre qu'il donne en parlant ainsi, mais un simple

conseil (comp. le vers. 10). Toutefois, le conseil est aussi pressant et aussi documenté que possible. — Sed... comprobans (mieux : « probans »), En signalant aux Corinthiens la sainte ardeur de leurs frères de Macédoine {per aliorum f.ollicitudinem), il s'est proposé surtout d'éprouver la sincérité (to Yv/jcriov, « ingenium bonum ») de leur charité envers leurs frères. En effet , la charité se traduit par les actes. Cf. I Joan. m, 16 et ss. — Scitis enim... (vers. 9). Il n'est pas nécessaire de commander sur le point en question, car, bien avant l'exemple des Macédoniens, 11 y a eu celui de Notre- Seigneur Jésus- Christ, qui a donné pour nous tout ce qu'il possédait. Sa conduite nous dit clairement ce que nous avons à faire. Ce texte est magnifique dans sa brièveté, maint orateur chrétien l'a fait valoir avec succès. — Gratiam Domini... C.-à-d., l'amour miséricordieux du Sauveur, mobile de tout ce qu'il a fait et enduré pour notre salut, et surtout de sa pauvreté patiemment supportée. — Egenus factus... (âTîxaV/eucrcv) : nais^sant dans une étable, travaillant de ses mains, n'ayant pas où reposer sa tête, vivant d'aumônes, etc. — Cum esset dives. Infiniment riche, puisqu'il est Dieu et maître de toutes choses. — Propter vos..., ut... vos... En appropriant pour ainsi dire aux Corinthiens cet immense bienfait (lu Christ, saint Paul les excitait davantage à imiter sa générosité. La leçon « propter nos... ut... nos... )J est insuffisamment garantie.

10-11. Déjà la collecte avait été commencée à Corlnthe; il n'y avait qu'à la continuer. — Consilium... do. Voyez le vers. 8. Conseil que les fidèles auront de grands avantages à pratiquer : hoc... utile... — Qui non solum..., sed et... Jl y a en apparence q'M>lque chose de parai! oxal dans

II Cor. VIII, 11-14.

11. Maintenant donc, achevez votre œuvre, afin que, telle qu'a été la promptitude de la volonté, tel soit aussi l'accomplissement, selon vos moyens.

12. Car lorsque la volonté est prompte, elle est agréée selon ce qu'elle a, et non selon ce qu'elle n'a pas.

13. Car il n'est pas question de soulager les autres, et de vous surcharger vous-mêmes ; mais qu'il y ait égalité.

14. Que, pour le moment présent, votre abondance supplée à leur indi-

11. Nunc vero et facto perficite, ut quemadraodum promptus est animus voluntatis, ita sit et perficiendi ex eo quod habetis.

12. Si enim voluntas prompta est, secundum id quod habet accepta est, non secundum id quod non habet.

13. Non enim ut aliis sit remissio, vobis autem tribulatio, sed ex sequalitate.

14. In praesenti tempore vestra abundantia illorum inopiam suppléât, ut et

cette expression , l'apôtre semblant dire que la simple volonté de faire une chose l'emporte sur l'acte, et que C€lui-ci peut précéder celle-là. Aut-si, pour supprimer la difficulté, la version syriaque fait-elle une inversion : « Non tantum velle, sed et facere. » C'était inutile, car la pensée est très exacte sous la forme que lui a donnée l'apôtre, si l'on se place au même point de vue que lui. Mais les commentateurs discutent entre eux au sujet de ce point de vue. Plusieurs donnent au verbe velle le sens de faire volontiers, par opposition an simple /acere. D'autres entendent par « facere » la collecte déjà commencée, et par « velle » le désir bien arrêté de la continuer; ce qui dit plus. Mais le grec fournit une explication meilleure encore. Nous y lisons lïotricrai à l'aoriste, a fecisse », ôéXsiv (« velle ») au présent, et 7rpo£vi^p|a(7T£ (vous avez commencé auparavant), comme équivalent de cœpistis. C'est sur ce dernier verbe que porte la nuance principale de la pensée. En disant aux Corinthiens qu'ils ont commencé auparavant, c'est-à-dire les premiers, Paul les compare tacitement aux Macédoniens (cf. vers. 1 et ss.), et il affirme qu'ils ont devancé ' ceux - ci non seulement sous le rapport de la cotisation, déjà en partie réalisée (xo Tioiyjaai), mais encore de la résolution prise à cet égard (xb ÔsXecv ). Il est vrai que la collecte avait été à peu près suspendue à Corinthe, à cause des troubles intérieurs survenus dans la communauté; mais la résolution de la continuer n'avait jamais cessé : Paul exprime le désir que cette résolution foit prochainement remise en œuvre : nunc... et facto... (vers. 11). — Promptus... animus... Dans le grec : Afin que, de même qu'il y a de l'erapressenicnt pour vouloir, (il y ait) aussi l'exécution.

— Ex eo quod... C.-à-d., en conformité avec vos ressources. Cette pensée importante va recevoir quelques développements.

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