‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 254 sur 873 · Chacun doit donner selon ses moyens · texte numérisé non relu

Chacun doit donner selon ses moyens

— Si enim voluntas... Principe très général. En fait d'aumônes, ce qui est requis avant tout, c'est la bonne volonté; quant au don proprement dit. Dieu ne l'apprécie pas d'après sa valeur absolue, mais d'après les ressources de celui qui le fait. Cf. Marc, xii, 41 et ss.; Luc. xxi, 2 et ss.

— Fxpliquant les derniers mots du vers. 12, l'apôtre ajoute : Non... xit... (vers. 13). Il in<îiqno

par là même le but de la collecte : c'est d'établir une certaine égalité entre les chrétiens au point de vue des biens temporels (ex œqualitate, d'après le principe de l'égalité). — Aliis remissio : du soulagement sous le rapport des maux qui accompagnent la pauvreté. VoMs (à vous qui faites l'aumône ) tribulatio : la gêne et la souffrance. Cet état de choses serait tout à fait opposé à l'égalité souhaitée, qui existerait au contraire dans une certaine mesure, si les riches donnaient leur superflu aux'pauvres. — L'auteur explique ce qu'il entend par la formule « ex aequalitate » : In prœsenti. . . vestra. . . ( vers. 14 ). Le

Tctradrarhme de Corinthe.

avec la citadelle de l'Acrocorinthe.

verbe suppléât manque dans le grec; il complète fort bien le sens de la phrase. 11 y a deux manières d'interpréter la réciprocité dont parle ici faint Paul. D'après les anciens commentateurs et la plupart des auteurs modernes ou contemporains , il est question des biens temporels dans le premier membre du verset, des biens spirituels dans le spconi : si les Corinthiens soulagent l'indigence des chréiiens de Jérusalem, ceux-ci prieront pour eux en esprit de reconnaissance, et leur obtiendront de Dieu une large part aux mérites de leurs bonnes œuvres et aux faveurs célestes dont ils jouissaient abondamment. D'après quelques autres exégètes, il s'agirait de part et d'autre des biens temporels. L'apôtre, pensant aux « nonibieuses vicissitudes de la fortune humaine », dirait aux Corinthiens: L'avenir est inrertiin; demain vous pourrez être à votre tour dan^ le besoin; donnez donc généreusement, afin rlo recevoir généreusennent aussi. Cette seconde interprétation est certainement bonne en eilemême; néanmoins, elle contient un motif qui semble trop humain pour que saint Paul l'ait

lï Cor. VIII, 15-19.

illorum abundantia vestrge inopise sit eupplementum , ut fiât œqaalitas, sicut scriptum est :

15. Qui multum, non abundavit; et qui modicum, non minora vit.

16. Gratias autem Deo, qui dédit eamdem sollicitudinem pro vobis in corde Titi ;

17. quoniam exhortai ionem quidem suscepit, sed cum sollicitior esset, sua voluntate profectus est ad vos.

18. Misimus etiam cum illo fratrem, cujus laus est in evangelio per omnes ecclesias ;

19. non solum autem, sed et ordinatus est ab ecclesiis comes peregrinationis nostrse, in hanc gratiam quse ministratur a nobis ad Domini gloriam, et destinatam voluntatem nostram ;

gence, afin que leur abondance supplée aussi à votre indigence, et qu'ainsi il y ait égalité, selon ce qu'il est écrit :

15. Celui qui recueillait beaucoup n'avait pas plus ; et celui qui recueillait peu n'avait pas moins.

16. Grâces soient rendues à Dieu de ce qu'il a mis la même sollicitude pour vous dans le cœur de Tite ;

17. car il a accueilli ma prière, et même, étant encore plus empressé, il est parti de son propre mouvement pour aller vous voir.

18. Nous avons envo^'é aussi avec lui un frère, dont la louange, en ce qui concerne l'évangile, est répandue dans toutes les églises ;

19. et non seulement cela, mais il a été choisi par les églises comme notre compagnon de voyage, dans cette œuvre de charité que nous administrons pour la gloire du Seigneur et en témoignage de notre bonne volonté.

mêlé à des considérations d'un ordre si relevé. La première nous paraît donc seule acceptable. — Sicut scriptum... Paul applique à ce qu'il vient de dire un texte de l'Exode, xvi, 18, cité librement d'après les LXX : Qui multum (s.-ent. a collegit »), non...; et qui... (vers. 15), C'est une excellente accommodation. De môme que, par l'effet d'un miracle renouvelé chaque jour pendant quarante ans dans le désert, les Israélites avaient tous autant de manne qu'il leur en fallait pour leur nourriture quotidienne, quelque quantité qu'ils en eussent d'ailleurs recueillie, de même la charité chrétienne crée une certaine égjtlité, de sorte que chacun possède ce dont il a besoin sous le double rapport temporel et spirituel.

3« Les quêteurs. VIII, 16-24.

Paul recommande aux Corinthiens les trois disciples qu'il allait envoyer bientôt chez eux pour recueillir leur cotisation,

16-17. Tite. Déjà il a été mentionné plus haut comme étant spécialement chargé de cette mission (comp. le vers. 6); l'apôtre ajoute encore quelques mots d'éloge à son sujet. — Gratias autem... Dans les généreuses dispositions de son disciple envers l'Église de Corinthe, Paul, qui envisageait tout au point de vue de la foi, voyait un bienfait spécial du Seigneur; de là cette prière d'action de grâces. — Eamdem : un zèle senablable à celui de l'apôtre lui - même. — Exhortationem... suscepit, sed... (vers. 17). Tite avait reçu de son maître le mandat officiel d'aller à Corinthe dans le but indiqué ; mais son désir de se rendre utile aux Corinthiens était tel, qu'il eût été prêt à partir de son propre mouvement. — Profectus est. En fait, le départ n'avait pas encore eu lieu ; il est même très probable que c'est Tite qui porta

cette lettre à Corinthe. Mais l'auteur fc place par anticipation au moment où elle devait ("tre entre les mains des destinataires. De même aux vers, 18 et 22,

18-21. Un autre disciple. — Fratrem, cujus laus... Nous ignorons quel était ce chrétien, alors si avantageusement cnnu dans toutes les Églises. Saint Jean ChrysosLome, citant les conjectures faites de son temps sur ce point, nomme saint Luc et saint Barnabe ; saint Jérôme adopte la première opinion sans hésiter, et beaucoup de commentateurs l'ont admise après lui. On a pensé aussi à Silas, mais sans raison sérieuse. Peut-être faudrait -il chercher le personnage (n question parmi les disciples mentionnés Act. xx, 4, à l'occasion du voyage que faisait alors saint Paul ; mais cela même n'est qu'une hypothèse, — In evangelio (scil. « propagando »). Il avait brillé par son zèle à prêcher et à propager l'évangile. — Non solum autem... (vers. 19). Au premier titre, il joignait celui d'avoir été désigné précisément pour cette affaire par les Églises de Macédoine, et 11 devait accompagner Paul à Jérugalom, lorsqu'il y porterait le produit de la quête : ordinatus est... Le grec emploie le mot yzipozovrfiz'.ç, qui représente étymologiquement l'imposition des mains. Toutefois, il ne s'agit pas ici d'une ordination conférée par ce geste, mais d'une simple élection et délégation dans le sens indiqué. — In hanc... Il fan Irait: « in hac gratia » ; en ce qui concernait la collecte. Voyez nii, 4 et les notes. — S'ils dépendent, comme cela paraît probable, de ministrutur a nobis, les mots ad gloriam Dei et... marquent le double motif pour lequel saint Paul s'employait à cette œuvre de charité : c'était pour procurer la gloire de Dieu et pour témoigner son affection à's.es frères. — Destinatam volan-

II Cor. VIII, 20-24.

20. Nous tâchons d'éviter en cela que personne ne nous blâme, au sujet de cette abondante collecte dont nous sommes les dispensateurs.

21. Car nous nous préoccupons de ce qui est bien, non seulement devant Dieu, mais aussi devant les hommes.

22. Nous avons encore envoyé avec eux notre frère, dont nous avons souvent éprouvé le zèle en de nombreuses occasions, et qui est encore beaucoup plus zélé maintenant, à cause de sa grande confiance en vous,

23. soit à l'égard de Tite, qui est mon compagnon et mon coopérateur auprès de vous, soit à l'égard de nos frères, qui sont les apôtres des églises et la gloire du Christ.

24. Do7inez-\em donc, en face des églises, la preuve de votre charité, et montrez que nous avons sujet de nous, glorifier de vous.

20. devitantes hoc, ne quis nos vituperet in hac plenitudine quae ministratur a nobis.

21. Providemus enim bona non solum coram Deo, sed etiam corani hominibus.

22. Misimus autem cum illis et fratrem nostrum, quem probavimus in multis saepe sollicitum esse, nunc autem multo sollicitiorem, confidentia multa in vos,

23. sive pro Tito, qui est socius meus et in vos adjutor, sive fratres nostri, apostoli ecclesiarum , gloria Christi

24. Ostensionem ergo quae est caritatis vestrse, et nostrae glorise pro vobis, in illos ostendite in faciem ecclesiarum.

tatem... Simplement dans }e grec : 7rpo8u(JL'!av riiJLOÔv, notre empressement. — Devitantes hoc... (vers. 20). L'apôtre insinue très habilement qu'il tenait, dans une affaire si délicate, à ne fournir aucun prétexte aux accusations de ses adversaires (ne quis vitupcret...). C'est pourquoi il était heureux d'être accompagné par des hommes à l'abri de tout soupçon. — In hac plenitudine. C.-à-d. , au sujet de cette riche collecte. — Providemus enim... (vers. 21), Cette pai'ole est empruntée au livre des Proverbes, m, 4, d'après la version dos LXX. Excellent principe, surtout pour un prédicateur de l'évangile, qui doit se préoccuper non seulement de plaire à Dieu, mais aussi de jouir d'une réputation immaculée. Cf. Matth. v, 16; Rom. xii, 17.

22. Un troisième disciple. — Et fratrem... Il est pareillement inconnu. On l'a parfois identifié à Apollos, à Sosthènes (cf. I Cor. i, 1), etc. — Cluem probavimus... saepe... Ce disciple avait donc vécu dans la société de l'apôtre, et lui avait fourni l'occasion d'apprécier son zèle. — Nunc... sollicitiorem: encore plus zélé, parce qu'il allait exercer son ministère ( liez les Corinthiens, envers lesquels il était animé du sentiment d'une grande confiance. Compliment plein d'adresse, qui ne pouvait manquer de concilier d'avance à ce disciple la faveur des chrétiens de Corinthe.

23-24. Ils sont recommandés tous les trois simultanément. — f-ive iro. ., sive... La phrase est elliptique, et c'est par suite d'une ponctuatinn inexacte que, dans nos éditions de la Vulgate, elle est rattachée à la proposition précé-

dente par une simple virgule, tandis qu'elle devrait en être séparée par un point. On peut sous - entendre à deux reprises le verbe « scribo », et traduire : Soit (que j'écrive) au sujet de Tite, (il est) mon compagnon et mon collaborateur auprès de vous; soit (que j'écrive) au sujet de mes frères, (ils sont) les envoyés des Églises, la gloire dn Christ. Ou plus simplement : Soit quant à Tite , ( 11 est )... ; soit quant h mes frères, (ils sont)... Paul résume donc l'éloge des trois quêteurs (fratres met, le second et le troisième disciple) en quelques mots capables d'impressionner favorablement les Corinthiens à leur égard. — Apostoli. Au sens primitif de l'expiession : des envoyés. — Gloria Christi. C.-à-d., des hommes qui font honneur h Jésus -Christ par leur conduite. — Après ce bel éloge des trois délégué^, vient une exhortation toute naturelle : Ostensionem ergo.., (vers. 24). Les mots quse est ont été ajoutés à tort. La locution « ostensionem. . . ostendite » signifie : Démontrez par des faits. — Ce que les Corinthiens devront ainsi manifester, c'est d'une part leur charité fraternelle envers les trois envoyés (caritatis...), et d'autre part la vérité du langage très louangeur que Paul tenait en toute occasion relativement à l'Église lie Corinlhe (et nostrse glorix...; d'après le grec : « nostrae gloriationis. .. »). — In faciem ecclesiarum. Il s'agit surtout de celles qui avaient délégué les deux disciples recommandés par l'apôtre (cf. vers. 18 et ss.). Le bon accueil fait à leurs représentants ne pouvait manquer de leur être agréable.

II Cor. IX, 1-5.

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