‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 267 sur 873 · Existimo enim nihil me minus fecisse a magnis apostolis · texte numérisé non relu

Existimo enim nihil me minus fecisse a magnis apostolis

2. Car je suis jaloux de vous d'une jalousie de Dieu ; en effet, je vous ai fiancés à un unique époux, au Christ, pour vous présenter à lui comme une vierge pure.

3. Mais je crains <^ue, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, ainsi vos esprits ne se corrompent, et ne se détournent de la simplicité qui est dans le Christ.

4. Car si quelqu'un venait vous prêcher un autre Christ que celui que nous vous avons prêché, ou si vous receviez un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre évangile que celui que vous avez accueilli , vous le supporteriez fort bien.

5. J'estime cependant que je n'ai rien fait de moins que ces grands apôtres.

est destinée , lui - même au paranymphe qui a négocié le mariage : despondi enim... Or, il voudrait remettre la fiancée toute pure entre les mains de son céleste époux, à l'époque du second avènement de Notre-Seigneur : virginem castam exhibere... On comprend que, dans ces circonstances, il soit, selon toute la force de l'expression, « jaloux » au sujet de Corinthe, aussi jaloux que pouvait l'être l'époux lui-même. — Dei semulatione. . . D'une jalousie semblable à celle de Dieu. En effet, dans l'Ancien Testament, l'alliance qui existait entre Jéhovah et la nation israélite est souvent présentée sous la figure d'un mariage, et l'Époux divin garde avec un soin jaloux celle qu'il s'est unie. Cf. Is. liv, 5 et Lxii, 5 ; Jer. m, 1 et ss.; Ez. xvi, 8 et ss.; Os. n, 18^19, etc. — Timeo autem... (vers. 3). C'est cette crainte, malheureusement trop fondée , qui excitait la jalousie de l'apôtre. — Sicut serpens Hevam... L'exemple ne pouvait pas être mieux choisi, car Eve, au moment où elle fut tentée, était la chaste fiancée d'Adam. Cf. Gen. m, 1 et ss. — Ita... sensus (voT^pLaxa, vos pensées)... A l'égard de l'Église de Corinthe, les séducteurs n'étaient autres que les faux docteurs contre lesquels saint Paul va se défendre avec une si vive énergie. Ils avaient corrompu les pensées par leur enseignement erroné, subversif. Comp, le vers. 4. — Et excidant (ces deux mots ont été ajoutés par le traducteur latin) a simplicitate... Cette simplicité, cette conduite semblable à celle d'Eve, est opposée à l'astuce soit du serpent tentateur, soit des faux apôtres. De nombreux et d'excellents manuscrits grecs portent : de la simplicité et de la pureté. — In Christo. D'après le texte original : envers le Christ. — Nam si... (vers. 4). La métaphore disparait, et l'auteur exprime en termes directs ce qui l'eflfraye dans les Corinthiens : ils sont faibles et faciles à séduire. — L'expression is qui venit (ô iç/yôp.evoç) est collective et équivaut à « quicumque venit ». — Alium Christum (dans le grec : un autre Jésus) preedicat. Les apôtres mensongers de

Corinthe prétendaient donc que Paul n'avait pas prêché le vrai Christ historique, et ils s'arrogeaient le droit d'en tracer un portrait plus exact. Ils affirmaient de même qu'ils étaient seuls capables de communiquer réellement l'Esprit -Saint aux fidèles ( aut alium spiritum. ..), et d'annoncer l'évangile authentique, évangile tout différent de celui de saint Paul (aut aliud..,). — Recte pateremini (xaXà)ç àvecy^eaôe). Après l'emploi du temps présent tout le long de la phrase (« praedicat, accipitis »), on s'attendrait à Vire : « recte patimini ». Mais l'apôtre voulait précisément éviter de rendre le reproche trop ouvert et trop dur; c'est pourquoi il ne dit pas d'une manière positive que les Corinthiens se sont laissé séduire. L'adverbe xaXtoç, « recte, praeclare », est très ironique. — La plupart des anciens commentateurs ont pensé que saint Paul, dans ce verset 4 , ferait à dessein une hypothèse qu'il savait être fausse, afin de mettre en garde, « per deductionem ad absurdum », les chrétiens de Corinthe contre les prédicateurs pervers : Si quelque docteur vous prêchait un autre Jésus , s'il vous transmettait l'Esprit-Saint avec de meilleurs dons, ... vous auriez raison de le bien accueillir; mais défiez-vous, car de tels docteurs n'existent pas. Cette explication a le tort de regarder comme une hypothèse ce qui n'était qu'un fait trop réel.

5-6. Le thème à développer. — Existimo.., me... « Le discours devient de plus en plus personnel. » Paul va justifier son blâme ironique du vers. 4^ en démontrant qu'il est, lui, de beaucoup supérieur aux faux docteurs de Corinthe. — Nihil... minus fecisse. D'après le grec : ( Je pense) n'avoir été inférieur en rien. Cette formule dit plus. Cf. XII, 11. — A magvis apostolis. Ici encore, le texte original est plus expressif : Ttov uTiepXîav aTTOcrToXwv, « ab ( ils qui sunt) supra modum apostoli ». La locution est presque intraduisible en français : les archiapôtres, pourrait -on dire. Ou le voit, c'est là une appellation très mordante, par laquelle ealut

II Cor. XI, 6-9.

6. Si je suis inhabile sous le rapport de la parole, je ne le suis pas pour la science ; mais nous nous sommes fait connaître parmi vous en toutes choses.

7. Est-ce que j'ai fait une faute, en m'humiliant moi-même, afin que vous fussiez élevés, lorsque je vous prêchais gratuitement l'évangile de Dieu?

8. J'ai dépouillé les autres églises , en recevant d'elles un salaire, pour vous servir.

9. Et quand j'étais parmi vous, et que je me trouvais dans le besoin, je n'ai été à charge à personne ; car les frères

6. Nam etsi imperitus sermone, sed non scientia ; in omnibus autem raanifestati sumus vobis.

7. Aut numquid peccatum feci, me ipsum humilians, ut vos exaltemini?

quoniam gratis evangelium Dei evangelizavi vobis.

8. Alias ecclesias expoliavi, accipiens stipendium ad ministerium vestrum.

9. Et cum essem apud vos, et egerem, nulli onerosus fui ; nam quod mihi deerat, suppleverunt fratres qui venerunt

Paul désigne ses adversaires, qui prétendaient 3Ui"passer en dignité, en vertus, tous les autres prédicateurs de l'évangile. Suivant les anciens interprètes, les mots « supra modum apostoli » devraient être pris en bonne part, comme s'ils étaient sjTionymes de « praegrandes apostoli », et ils représenteraient les principaux membres du collège apostolique, tels que saint Pierre, saint Jean, saint Jacques. Les commentateurs modernes et contemporains ont abandonné pour la plupart ce sentiment , qui ne s'harmonise point avec le contexte. En effet, dans tout ce paragraphe, saint Paul se met en parallèle avec les faux docteurs judaïsants, ses adversaires (voyez en particulier le vers. 13), et nullement avec les apôtres proprement dits. D'ailleurs, la formule est trop évidemment ironique pour convenir aux vrais ministres de Jésus - Christ. Cf. xii, 11''. C'est une très légitime indignation qui l'a Inspirée à notre auteur. — Nam etsi... (vers. 6). Paul commence son panégyrique par une humble concession : imperitus sermone (IStwTYjç to) Xoyq)). Cf. I Cor. ii, 1 et ss. Et pourtant ses lettres, comme ses discours, rendent souvent témoignage à la vigueur de son éloquence, de sorte que saint Jérôme l'appelle à juste titre « flumen eloquentiae » (voyez saint Augustin, de Doctr. christ., iv, 6 et ss.). Mais il veut parler ici du talent oratoire tel qu'il plaisait aux Grecs et qu'il était exercé parmi eux ; or, la simplicité tout évangélique de saint Paul ne s'accommodait pas avec cet art et ces recherches raffinées. — ' Scientia : la connaissance intime des vérités chrétiennes. — In omnibus. Le grec répète ces mots deux fois de suite, d'abord au singulier, âv TcàvTt, puis au pluriel, êv nacnv : en tout et en toutes choses. C.-à-d., dans chaque acte isolé de sa conduite, et dans tout l'ensemble. — Manifestati... vobis. Paul s'était manifesté aux Corinthiens tel qu'il était en réalité; Ils pouvaient tous rendre hommage à sa sincérité.

2« Première partie de l'éloge de saint Paul : son désintéressement dans l'exercice de son ministère. XI, 7-15.

Dans sa première épître aux Corinthiens, rx, 1-14, l'apôtre avait démontré son droit de vivre

aux dépens de ceux qu'il évangélisait ; mais en même temps il avait affirmé hautement son principe de ne point user de ce droit (I Cor. ix, 15 et ss. ; cf. II Thess. m, 7-9). Il revient ici sur ce principe et sur la conduite qu'il lui dictait, afin de prouver sa supériorité sur les faux docteurs.

7- 9. Comment il a agi à Corinthe sous ce rapport. — Avt. C.-à-d. : Le fait que je vais signaler est -il une preuve que je suis un apôtre d'ordre inférieur ? — Peccatum feci... ? Il y a de l'indignation et en même temps de l'amertume dans cette interrogation pleine de vie. — Me... humilians. En vue de pourvoir à ses besoins, Paul s'était assujetti h un travail manuel assidu et pénible ; en cela il s'était abaissé, d'aprSs l'appréciation ordinaire des hommes. Les Corinthiens, au contraire, avaient été exaltés, puisque l'apôtre les avait fait monter des abîmes du paganisme et du p^hé aux sublimes hauteurs de la fol et de la sanctification. — Quoniam gratis... C'est l'idée principale, qui domine toute la série des vors. 7-15. — Alias ecclesias... (vers. 8). Kapprochement saisissant. Les autres Églises que Paul avait pour ainsi dire pillées et dépouillées (expoliavi, hyperbole dramatique) étaient sans doute celles de Macédoine. Cf. Phil. iv, 15. — Stipendium, ô'^covtov :une solde. Cf. Rom. v, 23. -— Ad ministerium vestrum. C.-à-d. : pour vaquer à votre service, pour être capable de remplir mon ministère auprès de vous. — Cum essem... et egerem (vers. 9). Le livre des Actes, xviii , 3 , raconte que saint Paul , durant son premier séjour à Corinthe, avait repris son métier de fabricant de tentes pour gagner sa vie ; mais, occupé comme il l'était par ses fonctions d'apôtre, il lui était impossible de travailler suffisamment de ses mains pour se mettre à l'abri du besoin. Rien de plus touchant que ce détail, « et egerem ». — Nulli onerosus... Il n'avait importuné personne, comme dit le grec; il n'avait rien demandé aux chrétiens de Corinthe. S'il avait accepté alors quelques subsides, ils venaient d'ailleurs ; nam quod mihi... — Fratres qui venertmf.. . Vralî^eniblabloment Sllas et Tlmothée, d'après Act. xviii, 5. - ■ In omnibus sine... A tous égards Paul a pris soin de n'être à charge

n Cor. XI, 10-15.

a Macedonia ; et in omnibus sine onere me vobis servavi , et servabo.

10; Est Veritas Christi in me, quoniam hfec gloriatio non infringetur in me in regionibus Achaias.

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