XI, 1-XII
Comme l'a fort bien dit saint Jean Chrysotome (à propos de x, 1), cette épître tout entière
consiste en un panégyrique de saint Paul ; mais nulle part l'apôtre ne se glorifie d'une manière si ouverte et si complète que dans ces pages particulièrement éloquentes. Après avoir longtemps hésité, il en a arrive enfin, — mais avec quelles précautions oratoires et avec quelles formules modestes 1 (cf. xi, 1, 11, 12, 17, 18 30; XI r, 1, etc.) — à établir entre lui et ses contradicteurs un parallèle destiné moins à le glorifier lui-même qu'à confondre ceux-ci. Après un court exorde, xi, 1-6, il se vante tour à tour de la gratuité de sa prédication, xi, 7-15, de ses travaux apostoliques incomparables, xi, 16-33, et des faveurs divines dont il avait été l'objet, xii, 1-10; puis il récapitule, et il conclut par quelques lignes affectueuses, xii, 11-18.
1" Introduction. XI, 1-6.
Chap. XI. — - 1-4. Paul allègue, en s'excusant, la nécessité où on l'a mis de faire son propre éloge. — Utinam sustineretis... Il vient d'établir ( comp. x, 17 - 18 ) un excellent principe relativement aux louanges personnelles. Mais voici qu'il va aussitôt l'enfreindre en apparence, puisqu'il se glorifiera de son travail et des dons divins : c'est pour cela qu'il s'excuse tout d'abord auprèt, de ses lecteurs, appelant son entreprise une « folie » iinsipientise, icppocûvY)?). — Modicum quid... D'après un certain nombre de manuscrits grecs : ( Puissiez - vous me supporter) un peu (c.-à-d., pendant quelques instants), sous le rapport de ma folie. — Sed et supportate... Paul justifie cette demande en ajoutant : JEmulor enim... Sa conduite envers les Corinthiens lui donnait le droit de faire appel à leur patience. Il est moins bien de traduire le verbe grec àv£/£o-6e par le présent de l'indicatif : Mais (je vois que déjà) vous me supportez. — Recourant à une métaphore expressive, employée plusieurs fols dans l'évangile (cf. Matth. IX , 15 ; XXV, 1 et ss. ; Joan. m , 29 , etc. ; voyez aussi Rom. vu, 4; Bph. v, 15 et ss.; Apoc. xix, 7 et ss. ) , Paul compare Jésus - Christ à un fiancé, l'Égliso de Corinthe à uu6 vierge qui lui
II Cor. XI, 2-5.
2. ^mulor enira vos Dei semiilatione ; despondi enim vos uni viro virginein castam exhibere Christo.
3. Timeo autem, ne sicut serpens Hevam seduxit astutia sua, ita corrumpantur sensus vestri, et excidant a simplicitate quœ est in Christo.
4. Nam si is qui venit, alium Christum praedicat quem non prsedicavimus , aut alium spiritum accipitis quem non accepistis, aut aliud evangelium quod non recepistis, recte pateremini.