‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 269 sur 873 · Il n'est donc pas étrange que ses · texte numérisé non relu

Il n'est donc pas étrange que ses

à aucun des Corinthiens. — Les mots et servabo servent de transition à la pensée qui est développée dans les versets suivants.

10-12. Raison pour laquelle l'apôtre est décidé à continuer de rendre sa prédication gratuite.

— Est Veritas... Attestation solennelle, qui signifie : Je vous déclare au nom de la vérité du Christ qui habite en moi. Saint Paul avait conscience d'être étroitement uni ù son Maître, et Jésus - Christ est la vérité incarnée. — Hœc gloriatio : la gloire de prêcher gratuitement l'évangile. — Non infringetur. . . A la lettre dans le grec : Ne sera pas obstruée en ce qui me concerne. Après les mot où cppiyricreTat , il faut sous-entendre to (j-6\ia., la bouche (cf. Rom. III, 19, etc.). La gloire en question est personnifiée, et il est affirmé d'elle qu'on ne lui fermera pas la bouche de vive force. — In regionibus Achaik. Par conséquent à Corinthe. Cf. i, l*", etc.

— Quare? A cette question (vers. 11), saint P.aul répond d'abord négativement : sa conduite ne provient pas d'un manque d'affection. — Quia non diligo...? Cette autre interrogation accentue fortement la pensée. — L'assertion Deus scit déborde de tendresse, et n'est pas moins persuasive qu'une page entière de protestations d'amitié. — Qxiod autem... (vers. 12). C'est la réponse positive, la vraie raison de ce projet bien arrêté dans l'esprit de Paul (et faciam).

— Ut amputem... S'il avait consenti à accepter quelque rémunération pour son ministère, ses ennemis, qui faisaient payer grassement le leur, n'auraient pas manqué de se prévaloir de son exemple, afin de pouvoir satisfaire plus amplement encore leur cupidité. Paul voulait donc enlever ce prétexte à ces hypocrites, les contraindre de l'Imiter lui-même et de pratiquer un désintéressement réel, quoique forcé. - In quo gloriantur. T.e sens de ces mots est assez difficile à déterminer. Ils se rapportent, d'après

quelques interprètes, au désintéressement dont les docteurs judaïsants faisaient parade, sans le pratiquer. Selon d'autres , au contraire , aux subventions qu'ils se faisaient distribuer; ou bien, au ministère apostolique en général, à la prétention de ressembler à saint Paul en toutes choses, etc. La première opinion s'adapte mieux au contexte.

13-15. Portrait des faux apôtres de Coi'inthe. — Nam... Paul explique pourquoi il se défie d'eux. Ils sont à jamais stigmatisés par cette description vigoureuse. — Ejusmodi apostoli sunt... Il vaut mieux traduire : De tels hommes (o\ toioOtoi, « isti taies ») sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs,... — Subdoli : des prédicateurs aux intentions perverses, qui ont moins à cœur la gloire de Dieu et la conversion des âmes que leurs intérêts personnels. — Ce qu'ils font pour atteindre leurs fins secrètes : transfigurantes se in... (dans le grec : (J.£Tacr^Y][jLaTi- CofJLEVot etc..., étant déguisés en apôtres). Ils s'efforcent d'imiter au dehors la conduite des vrais apôtres, quoique leur âme soit remplie de sentiments infâmes. — Et non mirum... (verset 14). Rapprochement terrible, qui achève de les caractériser. Il n'est pas étonnant qu'ils puissent réussir parfois à prendre ce masque et ù tromper les hommes, puisque Satan, leur maître, sait se déguiser in angelum lucis. Cette expression a été très heureusement choisie pour désigner les bons anges. Plonges constamment dans la lumière éblouissante de la divine présence, ils en portent partout avec eux le reflet (cf. Matth. xxviii, 3; Luc. ii, 9; Act. xn, 7, etc.). Satan est au contraire l'ange des ténèbres (cf. Eph. vi, 12); mais, pour séduire plus facilement les hommes, il prend par moments les apparences d'un ange de lumière. — No7i est ergo... (vers. 15). O^mcluslon de ce raisonnement « a majori ad minus ». — Ministri

II Cor. XI, 16-20.

ministres se transforment en ministres de justice ; mais leur tin sera conforme à leurs œuvres.

16. Je le répète : que personne ne pense que je suis insensé, ou du moins recevez-moi comme un insensé, afin que je me glorifie aussi un peu ;

17. ce que je dis sur ce sujet de ma gloire, je ne le dis pas selon Dieu, mais comme un insensé.

18. Puisque beaucoup se glorifient selon la chair, je me glorifierai moi aussi.

19. Car vous supportez volontiers les insensés , étant vous - mêmes sages.

20. Vous souiïrez, en effet, qu'on vous asservisse, qu'on vous dévore, qu'on prenne votre bien, qu'on vous traite avec hauteur, qu'on vous frappe au visage.

ejus transfigurentur velut miiiistri justitiae ; quorum finis erit secundum opéra ipsorum.

16. Iterum dico (ne quis me putet insipientem esse, alioquin velut insipientem aocipite me, ut et ego modicum quid glorier),

17. quod loquor, non loquor secundum Deum, sed quasi in insipientia, in hac substantia gloriae.

18. Quoniam multi gloriantur secundum carnem, et ego gloriabor.

19. Libenter enim suffertis insipientes, cum sitis ipsi sapientes.

20. Sustinetis enim si quis vos in servitutem redigit, si quis dévorât, si quis accipit, si quis extollitur, si quis in facieni vos csedit.

fjus. Paul nomme ainsi les faux apôtres dont il continue de tracer le portrait. — Ministri justitise. C- à - d. les vrais prédicateurs de l'évangile, qui transmettent aux hommes, en les amenant à la foi, la justice apportée par le Christ. — Quorum finis... Si les faux missionnaires parviennent à tromper les hommes, ils ne trompent pas Dieu, qui les traitera, au jour du jugement général, avec une juste sévérité. Cf. m, 10; I Cor. m, 17, etc.

3«- Seconde partie de l'éloge personnel de Paul : énumération glorieuse de ses travaux apostoliques et de ses souffrances pour le Christ. XI, 16-33.

16-21. Avant d'aborder ce thème, il s'excuse de nouveau, sous une forme ironique, d'être obligé de se recommander ainsi lui-même. — L'adverbe iterum nous reporte au vers. 1 , et à la prière que saint Paul adressait aux Corinthiens de le supporter tandis qu'il allait proclamer sa propre louange. — D'après la ponctuation de la Vulgate, les mots ne quis... glorier sont placés entre parenthèses, de sorte que le vers. 17 se rattache directement au verbe dico. Mais 11 vaut mieux , à la suite des anciens Interprètes grecs et latins, mettre deux points après ce verbe et un point à la fin du vers. 16, puis supprimer la parenthèse et commencer une nouvelle phrase avec le vers. 17. Le sens devient ainsi plus clair : Je dis de nouveau : Que personne ne me prenne pour un insensé; sinon, prenez - moi pour un insensé , afin que moi aussi je me vante un peu. L'apôtre veut dire : Seuls les insensés chantent leurs propres louanges ; cependant,- ne me jugez pas comme tel si je me glorifie devant vous, car j'ai de bonnes raisons pour le faire. Si vous voulez m'accuser quand même de folie, libre à vous, pourvu que vous m'écoutiez. — Et ego : à la manière des faux apôtres. — Quod loquor, non... (vers. 17). C'est le développement des mots « velut insipientem accipite me ». Paul n'ignore point que ce qu'il va faire n'est pas secundum Deum (le grec a <t Dominum », le Seigneur), car Jésus -Christ

a instamment recommandé à ses disciples la pratique de l'humilité (cf. Matth. xix , 20 ; Luc. XVII, 10, etc.); il sait que c'est plutôt un acte de folie (quasi in insipientia), indigne par là -même d'un homme sensé. — Les mots in hac substantia... dépendent de « quod loquor » et signifient : en cette matière de vanterie (« glorificationis », au lieu de glorise). Ce que je dis sur ce point, je ne le dis pas selon Dieu, mais... — Quoniam... (vers. 18). Première raison pour laquelle Paul se croit en droit de faire son éloge : ses ennemis de Corlnthe , désignés collectivement par l'adjectif multi, font à tout instant le leur; pourquoi ne les imiterait -il pas pour cette fois? — Secundum carnem. C-k-d., se glorifier d'avantages purement extérieurs et accidentels , comme la naissance , la science , l'estime d'autrui, etc. — Et ego gloriabor : à savoir, de cette même manière, selon la chair. Comp. le vers. 22, où l'apôtre se vante d'appartenir à la race juive. — Libenter enim... Seconde raison, qui est en même temps une excuse (versets 19-21). L'ironie devient encore plus piquante. Les Corinthiens sont, à cause de leur grande sagesse (cum... ipsi sapientes; cf. I Cor. IV, 8), de si excellentes gens, qu'ils font preuve d'une admirable patience envers les insensés. Ils supporteront donc Paul lui-même, eût -il les apparences d'un insensé. C'est , en effet , un signe de sagesse que de savoir endurer les sots. Or, à Corlnthe, on supporte non seulement la folie en paroles, mais même les mauvais traitements du caractère le plus humiliant : sustinetis enim... (vers. 20). — Si quis..., si.., si... Ces divers traits dont l'accumulation est tiès éloquente, con tiennent tout à la fois un blâme très sévère à l'adresse des Corinthiens, qui se laissaient outrager ainsi par des hommes vils, et une description très sarcastique de la conduite des docteurs judaïsants. Car c'étaient ces derniers qui réduisaient les fidèles à l'esclavage par leur esprit de domination, qui les dévoraient par leur amour du lucre, qui s'emparaient d'eux par la

II Cor. XI, 21-23.

21. Secimdum ignobilitatera dico, quasi nos infirmi f nerimus in hac parte. In quo quis audet (in insipientia dico), audeo et ego.

22. Hebrsei sunt; et ego. Israelitae sunt; et ego. Semen Abrahae sunt; et ego.

23. Ministri Christi sunt (ut minus sapiens dico) ; plus ego : in laboribus

21. Je le dis à ma honte, comme si nous avions été faibles sur ce poi^t.

Mais ce que peut oser quelqu'un (je parle en insensé), je l'ose moi aussi.

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