A Judaeis quinquies, quadragenas, una minus, accepi
25. ter virgis csesus sum, semel lapidatus sum, ter naufragium feci, nocte et die in prof undo maris fui ,
26. in itineribus saepe : periculis fluminum , periculis latronum , periculis ex génère, periculis ex gentibus, periculis in civitate, periculis in solitudine, periculis in mari, periculis in falsis fratribus ;
27. in labore et asrumna, in vigiliis multis, in famé et siti, in jejuniis multis, in frigore et nuditate.
28. Praeter illa quse extrinsecus sunt, instantia mea quotidiana, soUicitudo omnium ecclesiarum.
détails sont justifiés par quelques exemples dans les vers. 24-25. — A Judseis quinquies... L'apôtre avait donc été flagellé cinq fois par les Juifs, constamment exaspérés contre lui. Le trait quadragenas (scll. « plagas ») una minus... est très conforme à ce que nous apprend l'archéologie Judaïque au sujet de la flagellation. La loi ( cf. Deut. XXV, 3) prescrivait quarante coups de fouet ; mais , par crainte do dépasser ce chiffre , on se contentait de trente -neuf coups (voyez Josèphe, Ant., iv, 8, 21 et 23). — Ter virgis... (vers. 25). Le supplice de la bastonnade, infligé par les Romains. Cf. Act. xvi, 22, où un de ces trois cas est raconté. — Semel lapidatus. . . ; à Lystres, en Lycaonie. Cf. Act. xiv, 18. — Ter naufragium... Le naufrage raconté en termes si dramatiques à la fin du livre des Actes, xxvii, 41 et ss., n'eut lieu que plusieurs années après la composition de cette épître. — Nocte et die ( vu'/ÔYjUiepov)... Fait très extraordinaire, dont nous ignorons les circonstances et l'occasion. Le mot maris n'est pas représenté dans le grec, qui dit sexilement : èv zu) puôw, in profundo ; c.-à-d., « in mari ». On a conjecturé que l'apôtre ferait allusion à une préservation miraculeuse dont il aurait été l'objet : opinion peu pi'obable, comme le pensait déjà saint Jean Chrysostome, car cette partie de la description ne paraît signaler que des faits naturel:^. Il est donc préférable de supposer que saint Paul fut ballotté sur les flots, en pleine mer, pendant vingt -quatre heures consécutives, soutenu peut-être par une épave. — In itineribus. . . ( vers. 26 ). Ces mots reprennent l'énumération momentanément Interrompue par les détails subsidiaires donnés dans les vers. 24 et 25. Les Actes racontent , à partir du chap. xiu , trois grands voyages apostoliques
de ?aint Paul, et nous donnent une idée des fatigues sans nombre qu'il y endura, surtout à une époque où l'on voyageait presque toujours à pied, par de mauvais chemins et au milieu de périls incessants. — L'apôtre signale rapidement huit sortes de dangers qu'il courut du-' rant ses fréquents voyages : periculis fluminum, . . . latronum , etc. — Ex génère : de la part de ceux de sa race, les Juifs, par opposition aux païens, ex gentibus. — In civitate. Par exemple, à Damas, à Jérusalem, à Éphèse, dans les villes de Lycaonie, de Macédoine, d'Achaïe, etc. — In solitudine : dans les régions désertes. — In faJsis fratribus : de la part des chrétiens judaïsants. Cf. Gral. ii, 4, etc. — In labore et... (vers. 27). Lorsque, après ses voyages sur terre et sur mer, Paul s'arrêtait dans une ville pour prêcher, il trouvait, indépendamment de ses travaux apostoliques, la pauvreté qui l'attendait, avec les labeurs et les ennuis qui lui sont inhérents. — Jejuniis. Sans doute des jeûnes volontaires, imposés par la piété, par contraste avec les privations qui provenaient de l'indigence (in famé et..., in frigore...). — Frœter... (vers. 28). « Aux souffrances physiques et aux dangers matériels se joignaient encore les soucis moraux, les fatigues de l'esprit. » — Illa quas eatrinsecus... Plus simplement dans le grec : (Sans compter) les autres choses. C'est une formule d'abréviation. Paul aurait pu ajouter beaucoup d'autres détails à ceux qui précèdent ; il se contente de signaler encore les sollicitudes du pasteur. — Instantia mea. C.-à-d., mon application perpétuelle. 1 a meilleure leçon du grec est £t:i'- (TTacrtç, « incursio » (cf. II Mach. vi, 3) ou « incursus » (comme traduit ici -même saint Augustin); par conséquent, l'irruption, l'inva-
II Cor. XI, 29-33.
29. Quis infirmatur, et ego non infirmor? quis scandalizatur, et ego non uror ?
30. Si gloriari oportet, quge infirmitatis mese sunt gloriabor.
31. Deus et Pater Domini nostri Jesu Christi, qui est benedictus in saecula, soit quod non mentior.
32. Damasci prsepositus gentis Aretse régis custodiebat civitatem Damascenorum, ut me comprehenderet ;
33. et per fenestram in sporta dimissus sum per murum, et sic effugi manus ejus.
29. Qui est faible sans que je sois faible ? qui est scandalisé , sans que je brûle ?
30. S'il faut se glorifier, c'est de ce qui fait ma faiblesse que je me glorifierai.
31. Dieu, qui est le Père de Notre- Seigneur Jésus -Christ, et qui est béni dans tous les siècles, sait que je ne mens pas.
32. A Damas, celui qui était gouverneur du pays pour le roi Arétas, faisait garder la ville des Damacéniens, pour se saisir de moi ;
33. et l'on me descendit par une fenêtre dans une corbeille, le long d'une muraille ; et c'est ainsi que j'échappai de ses mains.
sion dont je suis l'objet chaque jour, Paul était nécessairement envahi à tout moment par les fidèles, qui venaient lui faire part de leurs peines, de leurs difficultés et de leurs doutes. D'après une variante adoptée par les commentateurs grecs, on lit : ÈTïicr'JaTaatç, concours tumultueux et hostile. Mais, outre que cette leçon est beaucoup moins garantie, l'apôtre a déjà parlé des périls de son ministère, et il n'y revient pas ici. — SoUicitudo omnium... : les préoccupations de tout genre que lui occasionnaient les nombreuses Églises fondées par lui et souvent placées dans des situations difficiles. — Quis... et ego non... f Deux exemples (vers. 29), pour indiquer jusqu'où s'étendait cette sollicitude. Ils marquent la profonde sympathie de saint Paul pour les intérêts spirituels non seulement des Églises, mais de chacun des chrétiens qui les composaient. Cf. Act. xx, 31. — Infirmatur. Faiblir relativement à la conduite morale. — Infirmor. Cf. I Cor. ix , 22. L'affection de l'apôtre le mettait, pour ainsi dire, dans une position semblable à celle du moindre de ses frères en péril, et le rendait ingénieux pour découvrir les meilleurs moyens de leur venir en aide. — Scandalizatur. Tomber ouvertement dans le péché, comme conséquence de la faiblesse mentionnée ci-dessus. — Uror désigne une souffrance ailssi violente que celle qui est produite par le feu. — Si gloriari oportet (vers. 30). Et il le fallait en effet, puisque ses adversaires l'y avaient forcé. Tous les détails accumulés depuis le vers. 23 démontraient clairement que Paul était un vaillant ministre de Jésus-Christ ; mais ils ne témoignaient pas moins de sa faiblesse en tant qu'homme que de sa force. Il en fait luimême l'aveu (qu^ infirmitatis meœ...), pour tirer de là un nouveau titre de gloire. Cela encore est un coup indirect porté à ses détracteurs, qui se vantaient de leur prétendue puissance. — Comme ceux-ci mentaient impudemment lorsqu'ils faipalent leur propre éloge, l'apôtre, dans un langage très solennel, prend pieu à témoin qu'il s'est conformé k la stricte
vérité en traçant le tableau qui précède : Deus et Pater... (sur ce titre, voyez I Cor. xv, 24; Eph. 1,3) scit quod. . . Les mots qui est benedictus... sont une doxologle ajoutée par respect au nom divin, à la manière des Juifs. — Damasci... (vers. 32). Saint Paul termine l'exposé de ses travaux et de ses souffrances d'apôtre par la mention du tout premier de ses périls, qui remontait aux débuts de son ministère. Saint Luc aussi a raconté ce fait, Act. ix, 23-25 (voyez le commentaire). — Prsepositus gentil^. Dans le grec : l'ethnarque. Titre assez vague en lui-même : à la lettre, le chef du peuple ( cf. I Mach. XIV, 47 et xv, 1-2). Il désigne ici le gouverneur placé à la tête de Damas par Arétas (Aretœ régis), auquel cette ville appartenait alors. Ce prince était roi des Arabes Nabatéens. Il avait donné sa fille en mariage à Hérode- Antip^s; mais celui-ci l'ayant répudiée pour s'unir honteusement à Hérodiade, sa belle-sœur,
Moauaie du roi Aréias.
Arétas déclara la guerre au tétrarque et le vainquit. Antipas implora le secours des Romains, et, sur l'ordre de Tibère, Vitelllus, légat de Syrie, marcha contre le roi; mais l'empereur étant mort sur ces entrefaites , la campagne fut abandonnée, et c'est vraisemblablement alors qu'Arétas s'empara de Damas, dont il ne resta d'ailleurs que peu de temps en possession. Voyez Josèphe, Ant., XVI, 9, 9 et 10, 9; xviii, 5, 1-3. — Ut me comprehenderet. D'après Act. ix, 24, c'est sur l'instigation des Juifs que le eouverneur vou-
ÏI Cor. XII, 1-4.