CHAPITRE II
1. Deinde post annos quatuordecim, iterum ascendi Jerosolymam cum Barnaba, assumpto et Tito.
1. Ensuite, quatorze ans après, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabe ; je pris aussi Tite avec moi.
d'après Act. ix, 26 et as., la chrétienté de Jérugaiem. — Quœ...in Christo. C-h-d., unies au Christ , par la foi et la charité. — Tantum... auditum... (vers. 23). A la lettre dans le grec : Ils étaient entendant. Formule qui exprime la continuité du fait. — On sent passer comme un accent de joie dans les termes par lesquels les fidèles se communiquaient la bonne nouvelle : Qui persequebatur..., nunc... — Fidem quam... C.-à-d., la foi qu'il s'efforçait de renverser et de ruiner. — Et. . . clarificabant... (vers. 24). Car il était manifeste que Dieu seul pouvait avoir opéré une si frappante conversion.
§ II. — L'évangile et la mission de Paul ont été approuvés par saint Pierre et par les autres apôtres. II, 1-21,
C'est ici la seconde partie de l'argumentation apologétique. Les preuves seront f^ncore empruntées à l'histoire. Tout d'abord, vers. 1-10, saint Paul démontre qu'à l'occasion du concile de Jérusalem il a ou avec les membres du collège apostolique des relations officielles, traitant d'égal à égal avec eux, sans qu'ils aient trouvé rien à redire à son enseignement et sans qu'ils aient songé à contester son titre, tout au contraire. Ensuite, vers. 11-21, dans une autre occasion célèbre , il a fait valoir son autorité en face de saint Pierre lui-même, sans que celui-ci ait protesté.
1« Accord intime de Paul et des autres apôtres au sujet de sa prédication et de sa conduite. II, 1-10.
Chap. II. — 1-2. Il va à Jérusalem et expose à ses collègues dans l'apostolat la manière dont 11 annonçait l'évangile parmi les Gentils. — Deinde. Transition des plus simples, pour lier entre eux des événements très importants. Cf. i, 18 et 21. — Post annos quatuordecim. est une excellente traduction du grec 6ià... èxtov (« interjectis quatuordecim annls »). Comme précédemment, I, 18, il faut prendre pour point de départ de ce chiffre le fait mentionné en dernier lieu; par conséquent, le départ de Paul pour la Syrie et la Cilicle (r, 21), et non pas sa conversion, eoiume le voudraient divers inter-
prètes. — L'adverbe iterum, fait allusion au voyage dont il a été question plus haut, i, 18.
— Ascendi Jerosolymam. Il est certain, quoiqu'on ait assez souvent souvent refusé de l'admettre, que ce voyage ne diffère pas de celui qui a été raconté au chap. xv* des Actes. « Il est impossible de méconnaître cette identité, » lorsqu'on compare les deux écrits sans parti pris. Sur la raison de leurs divergences, voyez le tome VII, p. 715. L'apôtre passe sous silence, parce qu'il n'y voyait pas d'utilité pour sa thèse, le voyage Intermédiaire qu'il avait fait à Jérusalem quelques années avant celui-ci, d'après Act. xi, 30, également en compagnie de Barnabe, pour porter des aumônes aux chrétiens pauvres de la Judée. Lorsqu'il entreprit celui qu'il décrit ici même, dix -sept ans environ s'étaient écoulés depuis sa conversion (corap. le vers. 1 et i, 18): ce qui nous porte à la date du concile de Jérusalem ( 51 ou 52 ; le miracle du chemin de Damas avait eu lieu vers l'an 35). Les personnages sont les mêmes : d'un côté, Paul, Barnabe et quelques compagnons, parmi lesquels était Tite, comme nous l'apprenons ici; de l'autre côté, les apôtres et les principaux personnages de l'Église - mère. L'occasion est la même : lutter contre les judaïsants en faveur de la liberté chrétienne. Plusieurs autres circonstances sont les mêmes aussi : Paul raconte à ses frères du collège apostolique ce qu'il a fait et enseigné parmi les Gentils ; il reçoit leur pleine approbation, etc. Enfin aucun autre voyage de l'apôtre à Jérusalem ne s'accommode à la date et aux divers détails du récit : celui qui est exposé Act. xi, 30, lui est antérieur, nous l'avons vu ; lorsque Paul fit celui dont 11 est question Act. xviii, 22, 11 n'était pas accompagné de Barnabe. L'identification de ce passage avec Act. XV, 1 et ss., s'impose donc forcément. Voyez les commentaires de Palmierl et de Cornely, h. l.
— Assumpto et Tito. Tite était l'un des disciples favoris de saint Paul. Cf. II Cor. ii, 13 et vui, 23; Tit. I, 4, etc. Il est mentionné surtout à cause de l'incident qui suit (corap. le vers, ^>.
— Secundum revelationem (vers. 2). En verta d'une révélation divine. Dieu fit souvent coa-
Gal. Il, 2-4.
2. Or, j'y montai d'après une révélation, et je leur exposai l'évangile que je prêche parmi les gentils ; je l'exposai en particulier à ceux qui paraissaient être les plus considérés, afin de ne pas courir ou de n'avoir pas couru en vain.
3. Et même Tite , qui était avec moi , et qui était païen, ne fut pas obligé de se faire circoncire ;
4. et la considération des faux frères qui s'étaient introduits par surprise et qui s'étaient glissés parmi nous, pour
2. Ascendi autem secundum revelationem ; et contuli cum illis evangelium quod praedico in gentibus, seorsum autera iis qui videbantur aliquid esse, ne forte in vacuum currerem, aut cucurrissem.
3. Sed neque Titus, qui mecum erat, cum esset gentilis, compulsus est circumcidi ;
4. sed propter subintroductos falsos fratres, qui subintroierunt explorare libertatera nostram quam habemus in
naître ses volontés à Paul d'une manière directe par des communications surnaturelles. Cf. Act. XTi, 6 et ss.; xviii, 9; xx, 22; xxii, 17; xxiii, 11, etc. Saint Luc raconte, Act. xv, 2, que Paul €t Barnabe furent envoyés à Jérusalem par les chrétiens d'Antioche; mais les deux narrations ne s'excluent pas l'une l'autre : il y eut la délégation divine, en même temps que la délégation
Agonothètes avec des couronnes pour les vainciueurs aux jeu-x. (D'après un monument d'Atnenes.j
humaine. — Et contuH (àvi(i=v.(]v, « retuli, exposul »)... Le pronom illis se rapporte probablement aux chrétiens de Jérusalem, auxquels Paul exposa sa ligne de conduite dans une assemblée générale. Cf. Act. xv, 4. — Evangelium quod... C.-à-d. , les principes qui dirigeaient l'apôtre des Gentils soit dans son enseignement, foit dans les conditions qu'il Imposait aux païens pour les admettre au baptême. Il prêchait ouvertement la liberté des chrétiens à l'égard de la loi mosaïque, et n'imposait aucune observance légale aux néophytes. — Les mots iis qui videbantur... rendent imparfaitement le grec Totç ôo-/cou(Tiv, qui serait mieux traduit par « existimatis », ceux qui étaient considérés, estimés (Théodoret, o\ iTii(rr\[ioi, «Insignes»; Œcumeniua, ol xopjçatoi, « principes »); c.-à-d.
les chefs et les premiers dignitaires de l'É'^'îi e, les apôtres en premier lieu. — Ne forte ([JLr,7U(joç)... Non que saint Paul, instruit directement i)ar Notre-Seigneur Jésus-Christ, éprouvât le moindre doute au sujet de ce qu'il nomme son évangile. Mais les judaïsants en contestaient la légitimité ; c'est pourquoi il voulait faire trancher la question par les apôtres, afin de montrer qu'il n'avait pas eu tort dans le passé, et pour ne pas compromettre le succès de sa prédication dan» l'avenir. On peut aussi traduire [ir\-KOiç par « numquid » ; ce qui donnerait un tour interrogatif à la proposition : Courrais-je ou aurais- je couru en vain ? Évidemment la réponse tacite à cette question est négative. — La métaphore in vacuum currerem, aut... est empruntée aux jeux antiques. Cf. I Cor. ix, 24; I Tim. vi, 12, etc. 3-5. Les judaïsants exigent que Tite soit circoncis; Paul s'y refuse, et les apôtres lui donnent raison. — La particule adversative sed sert de transition à ce nouveau détail important. Non seulement les apôtres n'affirmèrent point que Paul avait couru en vain, mais ils ne jugèrent pas nécessaire la circoncision de Tite, son compagnon. — Cum esset... Dans le sens de « quamvis esset... » : bien qu'il fût païen d'origine. — Nequp... compulsus est: à savoir, par ceux qui avaient en main l'autorité, par les apôtres. Cette expression (oùôà... vjvay/.âaOY] , il ne fut pas contraint ) donne à entendre qu'il y eut des protestations, des réclamations de la part des adversaires de la liberté chrétienne. Cf. Act. xv, 5. — Sed (vers. 4). Saint Paul signale le motif pour lequel on ne contraignit pas Tite de se faire circoncire. Il faut sous-entendre ici les mots « non est compulsus », et la phrase, qui paraît inachevée à première vue, sera complète. — Les docteurs judaïsants sont fortement caractérisés et stigmatisés par le nom de « faux frères », par l'épiihète subintroductos (« furtim introductos», des hommes qui'se sont glissé- insidieusement dans l'Église), et par leur mauvais dessein très avéré. Ils voulaient d'abord explorare, c.-à-d. , épier d'une manière perfide (xaTacrxo- TCYicat, en mauvaise part) la liberté que Paul et le^ convertis du paganisme prenaient à l'égard de la loi juive (libertatem nostram...); puis Ils avaient l'intention de remplacer cette liberté par un dur esclavage (ut nos in...), en exigeant que tous les chrétiens fussent plies sons le joug mosaïque. Le verbe composé xaTaôouXoiaoucTtv
Gal. II. 6-8.
Christo Jesu, ut nos in servitutera rédigèrent ,
5. quibus neque ad horam cessimus subjectione, ut veritas evangelii permaneat apud vos.
G. Ab iis autem qui videbantur esse aliquid (quales aliquando fuerint, nihil mea interest ; Deus personam horninis non accipit); mihi enim qui videbantur esse aliquid nihil contulerunt.
7. Sed e contra cum vidissent quod creditura est mihi evangelium praeputii, sicut et Petro circumcisionis