‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 298 sur 873 · Et simulationi ejus consenserunt · texte numérisé non relu

Et simulationi ejus consenserunt

tioche, je lui résistai en face, parce qu'il' était répréhensible.

12. En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques , il mangeait avec les païens ; mais, quand elles furent venues, il se retira et se tint à l'écart, craignant ceux de la circoncision.

1 S. Et les autres Juifs usèrent de la

Act. xi^ 19, etc. Nous ignorons dans. quelles circonstances particulières eut lieu le fait, qui ne nous est connu que par ces lignes. Ce fut probablement à l'époque signalée au livre des Actes, XV, 35. — Cephas. a La plupart des Pères et des commentateurs ont cru, dans tous les temps, que ce personnage n'était pas autre que saint Pierre, dont le nom araméen était, en effet, Céphas (cf. Joan. i, 42; I Cor. i, 12, etc.). Néanmoins, comme saint Paul écrit non seulement qu'il lui a résisté en face , mais qu'il lui a résisté parce qu'il était répréhensible, 11 y a depuis longtemps des interprètes qui ne peuvent croire que ce Céphas soit le chef de l'Église, et ils soutiennent que c'est un des soixante et douze disciples ... (La première opinion) est la seule qui puisse être défendue. » F. Vigouroux, les Livres saints et la critique rationaliste, t. V, p. 455 de la 5e édit., Paris , 1902 (voyez la suite de cette remarquable dissertation). Comme le dit Suarez, de Leg., lib. ix, c. 15, n. 7, l'expédient qui consiste à chercher un disciple dans le conflit d'Antioche pour le substituer au prince des apôtres, en vue de sauvegarder la dignité et l'infaiUibilité de ce dernier, est une « frivola evasio » , un moyen frivole d'éluder la difficulté. L'obscur disciple C(^phas a été inventé de toutes pièces et n'a jamais existé. Tous les détails du récit montrent que le personnage avec lequel Paail entra en discussion, et dont il blâma publiquement la conduite, exerçait un rôle important dans l'Église, un rôle supérieur à celui des membres du collège apostolique considérés dans leur ensemble ( comp. les vers. 2 et ss.). « Tout s'explique aisément s'il est question du premier pape ; rien ne se comprend » dans l'autre hypothèse. « Saint Paul cite son action comme un acte de courage ; il a donné des avis à son supérieur hiérarchique...; mais ses paroles mêmes expliquent la primauté de Pierre au lieu de la nier. Il a dit un peu plus haut, i, 18, qu'il était allé à Jérusalem pour voir Pierre, ou, comme porte Ip texte grec, Céphas, qu'il considère ainsi comme son chef. S'il lui résiste maintenant, ce n'est pas pour méconnaître son autorité ; son langage bien compris est au contrali'e un horamnge d'autant plus précieux qu'il est indirect, rendu à la primauté du saint-siège. » F. Vigouroux, l. c, p. 476. — In faciem... restiU. C.-à-d. : « in praesentia ei contradixi »; et non seulement en face, mais ouvertement et en public, comme il est dit plus bas (cf. vers. 14) d'une manière explicite. — Quia reprehenslbi- ItB. . . Plutôt d'après le grec : Parce qu'il était blâmé (xaTEYvtoafiivo;, (i reprehensus »).

Blâmé par qui? Par la voix populaire, a-t-on dit, ou par la vérité évangélique, ou par sa manière d'agir antérieure. Peu importe : l'expression signifie qu'il avait évidemment tort.

12-14^ Les détails du fait. — Quidam a Jacobo. Rien n'autorise à penser que ces hommes eussent été envoyés positivement par le saint évêque de Jérusalem; l'expression tivsç à-ith 'laxciêou désigne d'une manière générale des gens venant d'auprès de Jacques, c.-à-d., des disciples plus ou moins intimes, qui comme lui étaient zélés pour l'observation de la loi mosaïque, malgré leur coa^'ersion au christianisme (cf. Act. XXI , 19 et ss.), mais qui ne partageaient pas sa largeur d'idées en ce qui concernait les païens. Comp. le vers. 9 et Act. xv, 13 et ss. — Cum gentibus edebat. Longtemps avant l'incident actuel, saint Pierre avait manifesté dans plusieurs circonstances importantes ses sentiments, tout à fait analogues à ceux de l'apôtre des Gentils, par rapport aux observances lé^^ales. Cf. Act. XI, 1 et ss. ; xv, 8 et ss. Comme autrefois chez le centurion Conieille, de même présentement à Antioche, il ne craignait point de prendre d'une manière habituelle ses repas avec les païens convertis, sans s'inquiéter des mets qu'on lui servait, sauf les exceptions preseiites par le concile de Jérusalem (Act. xv, 29). Il admettait donc, comme saint Paul , quoique le concile n'eût rien déterminé expressément en ce serns, que les chrétiens d'origine juive étaient eux-mêmes affranchis du joug légal au sujet des mets, de la circoncision, etc., bien qu:'il leur fût loisible aussi de pratiquer encore les lois cérémonielles. — Cum... veyiissent. Ce fut là pour saint Pierre l'occasion d'une façon d'agàr tout opposée à la pi'écédente : subtrahebat et. . . Ces imparfaits marquent, comme « edebat », une situation qui se prolongea durant quelque temps. Le second verbe, segregabat se, insi.ste fortement sur le fait indiqué. — Timens eos... Pierre se laissa donc intimider par les nouveaux venus, qui étaient Juifs d'origine ( qui ex clrcumcisione...), et dont il connaissait l'attachement aux observances légales. Il craignit de les froisser, et avec eux tous les judéo-chrétiens de Jérusalem^ c'est pourquoi il cessa do manger avec les fidèles incirconcis. — Son exemple entraîna tous les convertis du judaïsme qui étalent alors h Antioche, et qui avalent abandonné comme lui les coutumes juives (ceteri Judœi). — L'expression énergique dont le narrateur se sert pour caractériser leur conduite révèle toute la peine qu'il ressentit alors : o-yvuTusxfjiÔTicrav ajtô). A la lettre : Ils furent hypocrites avec lui ; mais

Gal. II, 14.

même dissimulât ion que lui, de sorte que Barnabe aussi fut entraîné dans cette dissimulation.

14. Mais quand je vis qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'évangile, je dis à Céphas, en présence de tous : Si toi, qui es Juif, tu vis à la manière des païens, et non comme les Juifs, pourquoi forces -tu les païens de judauser?

ceteri Judapi, ita ut et Barnabas duceretur ab eis in illam simulationem.

14. Sed cum vidissem quod non recte ambularent ad veritatem evangelii, dixi Cephse corara omnibus : Si tu, cum Judseus sis, gentiliter vivis, et non judaice, quoraodo gentes cogis judaizare?

avec la signification adoucie que la Vulgate donne à ce verbe : simvJationi ejus consenserunt. Manière de dire qu'ils n'avaient pas changé de condiiite par conviction, mais pour des motifs de circonstance, par faiblesse et par respect humain. Origène, saint Jean Chrysostome et saint Jérôme lui-même appuient sur cette expression leur opinion singulière , vivement attaquée par saint Augustin et à peu près complètement oubliée , d'après laquelle le conflit des deux apôtres à Antioche n'avait été qu'une feinte

Portraits de saint Pierre ce saint Paul, sur un fond de verre antique.

concertée d'avance. Saint Pierre « aurait fait semblant d'observer les cérémonies légales , afin que saint Paul eût l'occasion d'établir devant tout le monde que les chrétiens n'étaient pas tenus à l'observance de la loi mosaïque. » — Ita uL.. Barnabas. La conjonction et est fortement accentuée : même Barnabe, qui avait longtemps évangélisé les païens avec Paul et qui partageait les sentiments de son ami. — Duceretur... Dans le grec : Il fut entraîné par leur dissi Tiulation (r^ ÛTroxptdst ). — Sed cum vidissem... (vers. 14*). Saint Paul apparaît à son tour sur la scène, et il expose sa propre conduite dans cette circonstance délicate.— 2Von recte ambularent... Le verbe opQoTieôeïv, employé en ce seul endroit, correspond très bien à la situa- tioi]. Il signifie à la lettre : « recto pede ince-

dere », et il exprime nettement la nature de la faute que Paul va reprocher au prince des apôtres. Ce n'était point une erreur de doctrine ; bien plus, Pierre, Barnabe et les autres judéochrétiens avalent le droit d'agir comme 'ils avaient fait. « Tout Juif converti avait le droit d'observer la loi; mais saint Pierre était le chef de l'Église, et, à cause de cette qualité, son exemple avait un poids particulier; il pouvait induire à penser, par son changement de conduite, que les cérémonies légales étaient toujours rigoureusement obligatoires pour les Juifs, et non pas simplement facultatives. » Les convertis du paganisme pouvaient même craindre qu'on ne leur retirât la liberté que letir avait accordée le concile de Jérusalem. C'est pour cela que Paul crut devoir signaler en public, coram omnibus (probablement durant une assemblée religieuse) , les graves inconvénients de cette manière de faire. — Sur l'expression ad veritatem..., voyez les notes du vers. 5^.

14*» -21. Discoure par lequel saint Paul critiqua la conduite de saint Pierre à Antlocbe. Nous n'en avons qu'un résumé, très condensé, mais plein de force, qui en reproduit fort bien la substance. Quelques intei-prètcs ont prétendu à tort qu« Paul n'adressa au chef du sacré collège que les paroles contenues dans la deuxième moitié du vers. 14, en sorte que les vers. 15-21 concernei aient directement lesGalates. Les mots nos natura Judasi du vers. 15 suffisent pour écarter ce sentiment, puisque les (îalates étaient d'origine païenne. — Si tu (pronom accentué)... Ces premiers mots relèvent très fortement l'inconséquence de Céphas. Bien qu'il fût Juif de naissance, il avait cru pouvoir abandonner, au début de son séjour à Antioche, les observances légales, parce qu'il savait qu'elles ne l'obligeaient plus en conscience, et il vivait, sous le rapport des mets, comme les chrétiens du la gentilité (gentiliter vivis); puis, changeant soudain de conduite et revenant à la pratique de la loi , il paraissait condamner ce qu'il avait fait. N'était-ce pas contet^ter au moins indirectement la liberté des convertis du paganisme (gentes), et les contraindre en quelque sorte de vivre eux-mêmes à la façon des Juifs (judaizare)? ~ Les mots quomodo (c.-à-d., de quel droit).., cogis... pourraient être répétés comme un refrain à la suite de chacun des versets qui suivent, car ils résument tous les détails de l'argumentation de saint Paul. — Nos... ( vers. 15 ). Se préparant à justifier son reproche,

Gal. II, 15-19.

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