‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 310 sur 873 · At ubi venit fides, jam non sumus sub pœdagogo · texte numérisé non relu

At ubi venit fides, jam non sumus sub pœdagogo

26. omnes enira filii Dei estis per fidem quae est in Christo Jesu.

22 Mais l'Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que la promesse fût réalisée, pour les croyants, par la foi en Jésus -Christ.

23. Or, avant que vînt la foi, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en attendant cette foi qui devait être révélée.

24. Ainsi la loi a été notre précepteur dans le Christ, pour que nous fussions justifiés par la foi.

25. Mais, la foi étant venue, nous ne sommes plus soumis au précepteur ;

26. car vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus -Christ.

comme le déclare énergiquement le vers. 22 : $"€1 concluait Scrij>tura... Ici encore (cf. vers. 8 ), l'Écriture sainte est personnifiée. Elle est censée avoir enfermé, emprisonné, non pas seulement

Ancienne cle romaine.

tous les hommes, mais toutes choses (omnia, ta TtâvTa), la création entière, dans un édifice où le péché régnerait en maîcre absolu. Cf. Rom. VIII, 20 et ss. Manière de dire que l'Écriture, cette autorité infaillible, affirme par de nombreux témoignages l'universalité du péché. Voyez Rom. m, 10-18. Elle reconnaît donc formellement que, sous le régime de l'ancienne alliance, aussi longtemps que subsista la loi, la justification et la vraie vie spirituelle n'étalent pas possibles. — Ut promissio... Intention que Dieu s'était proposée en manifestant ainsi par la loi la culpabilité de tous les hommes : il voulait les porter à rechercher le salut sur la seule voie où il l'avait placé, c-à-d., dans la foi en Jésus- Christ (ex fide... daretur). Les mots Jesu Chrisli sont au géditif de l'objet. Le participe credentibus Insiste sur cette condition du salut. ~ Prius autem... (vers. 23). L'apôtre continue d'indiquer quels étaient les rapports de la loi et de la fol. — Veniret fides. C.-à-d., la foi objective, l'évangile ou le christianisme. Il s'agit donc de la période légale, par opposition à l'époque où la fol devait prévaloir. Par conséquent : avant l'avènement de Jésus -Christ. — Sub lege custodiebamur. Le verbe grec qppoupeïv signifie : garder quelqu'un à vue, de crainte qu'il ne s'échappe. La loi est comparée à un tyran qui tient ses sujets enfermés et qui les surveille rigoureusement. En effet, par ses prescriptions multiples, elle les Hait et les retenait prisonniers, les empêchant de s'échapper. Il est vrai que c'était pour leur bien : in eam fidem quse... Elle les pré&ervait ainsi de nombreux péchés, et

les préparait à accepter, au temps voulu, la rédemption messianique, qui était rattachée exclusivement à la foi, comme il a été dit plus haut. — Itaque lex... (vers. 24). Conclusion naturelle de ce qui précède. Le but de la loi mosaïque ne pouvait pas être plus heureusement défini : pour les Juifs, elle fut fseâagogus, non pas in Christo, comme traduit imparfaitement la Vulgate, mais « in Christum » (elç XpicjTCiv). Cbez les Grecs et les Romains le pédagogue était habituellement . un esclave, qui accompagnait partout les enfants de son maître pour les protéger de tout accident, et qui leur apprenait en outre les éléments de la lecture et de l'écriture, jusqu'à ce qu'on les plaçât entre les mains des maîtres proprement dits. La loi avait rempli un rôle semblable à l'égard d'Israël, le gardant sévèrement et soigneusement, lui enseignant les principes de la vérité morale et religieuse, et en tout cela le conduisant au grand Maître, le Christ. — Ut ex fide... Comme il a été dit à la fin du vers. 23.

25-29. Le chrétien est délivré de la luteile de la loi. — Ât ubi verni... C'est la nouvelle période qui commence. Comp. le vers. 23«. — Jam non... sub...: puisque le pédagogue en question, la loi, ne devait garder l'enfant que jusqu'à l'ère de la foi. — Omnes enim... Dans les trois derniers versets, saint Paul avait parlé à la première personne du pluriel, parce qu'il s'identifiait avec les Juifs, auxquels II s'adressait directement. Il revient maintenant à la seconde personne, parce qu'il a en vue tous les chrétiens de Galatie, qui étaient en grande majorité issus du paganisme. — Filii. Dans le grec, uîot, par opposition au mot Tcaîç , enfant , qui entre dans la composition du substantif pédagogue (TiaiSaycoyô;). L'enfant a grandi et n'a plus besoin de tutelle ; le voici maintenant fils adoptif de Dieu, fils majeur et libre, qui peut jouir de tous ses droits. — Per fidem quse... Manière dont s'est produite cette émancipation. — Qusp. est in Christo... : la foi dont Jésus -Christ est l'objet. Le grec n'a pas l'équivalent des mots « quae est » , de sorte que la formule « in Chrl- &to Jesu » peut être regardée comme une explication de « fllil Del estis » : Vous êtes des ûls

Gal. III, 27-29.

27. En effet, vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez été revêtus du Christ.

28. Il n'y a phis ni Juif ni Gentil ; il n'y a ])lus ni esclave ni libre ; il n'y a plus ni homme ni femme : car tous vous êtes un en Jésus - Christ.

29. Que si vous êtes au Christ, vous êtes donc la postérité d'Abraham, héritiers en vertu de la promesse.

27. Quicumque enim in Christo baptizati estis, Christum induistis.

28. Non ttst Judœus, neque Grsecus ; non est servus , neque liber ; non est masculus, neque feraina : omnes enim vos unura eslis in Christo Jesu.

29. Si autem vos Christi, ergo semen Abrahfe estis, secundum promissionem iieredes.

de Dieu grâce à votre union avec Jésus - Christ, union produite par la foi. — Quicumque enim... (vers, 27). Développant cette pensée, saint Paul explique davantage comment les Galates ont

les situations très variées de la vie créent entre les hommes ordinaires disparaissent pour eux. L'apôtre mentionne, par manière d'exemple, les grandes différences de religion et de nationalité

PédagogKS assis à droite) qui a conduit un enfant auprès de 3»3 professeurs d'écriture et de musique, c D'après un vase peint.)

acquis la haute dignité de fils de Dieu. C'est par le baptême, qui, les arrachant à la race corrompue du premier Adam , les a pour ainsi dire incorporés au second Adam , le Christ. Au lieu de in Christo baptizati, 11 faudrait, d'après le grec, « in Christum, » à l'accusatif du mouvement : Vous avez été baptisés de façon à appartenir au Christ. En effet , on se consacre entièrement à Jésus -Christ lorsqu'on reçoit le baptême. D'autre part, le Sauveur transforme en luimême, par une union qui fait de lui et des croyants une seule personne morale, tous ceux qui se livrent ainsi à lui : c'est ce que signifie l'admirable métaphore Christum induistis. Un chrétien change donc de nature sous le rapport spirituel ; il devient un nouvel homme , un autre Jésus - Christ. Cf. Kom. xiii, 14 ; II Cor. vi, 17 ; Eph. IV, 24; Col. m, 9, etc. — Non est... (vers. 28). C'est la conséquence de la communion qui existe entre tous les chrétiens, ainsi transformés en Jésus- Christ ; les différences que

(non... Judgeus, neque Gracus ; deux peuples aux antipodes l'un de l'autre), de condition sociale (non... servus, 7ieque liber; un abîmo réparait aussi l'esclave de l'homme libre), même de sexe (non... masculus, neque femina). « L'unité devient telle, que les individus de toute origine forment un seul grand corps », dont Jésus -Christ est le chef, et dont ils sont les membres : omnes enim... unum... Au lieu du neutre , le grec emploie le masculin , elç , d'après la leçon la mieux garantie : un seul homme, le Christ, dans lequel toutes les autres individualités sont comme confondues. — Si autem vos... (vers. 29). Conclusion de tout ce paragraphe. Si tous les chrétiens ne constituent avec le Christ qu'un seul organisme spirituel, ils sont par là même comme lui semen Abrahce, la postérité en vue de laquelle avaient été faites les promesses (comp. le vers. 16) ; ils sont donc les héritiers légitimes de ces promesses (secundum promissionem.. .).

Gal. IV, 1-4.

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