‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 316 sur 873 · Scriptum est enira : Laetare, steri · texte numérisé non relu

Scriptum est enira : Laetare, steri

alliance; puis, vers. 26-27, le rapport de Sara €t de la nouvelle allianee ; enfin, vers. 28-31, le rapport des deux fils avec l'héritage. — In monte Sina (d'après le grec et les anciens manuscrits de la Vulgate : « a monte Sina '»). Telle fut la glorieuse scène où fut instituée la première alliance. Cf. Ex, xxiv, 1 et ss. — In servitutem generans : parce que tous les hommes qui faisaient partie de cette alliance étaient, par leur naissance même, sous le joug perpétuel de la loi. Cf. m, 23-24; Rom. vi, 14-15; II Cor. III, 14, etc. — Quce est... D'après le grec : « Quod (testamentum ) est. . . » ; Agar est (c.à-d. représente) cette alliance. — Sina enim...

Jérusalem figure de l'Églj'be.

(D'après une ancienne mosaïque.)

(vers, 25). Preuve qu'Agar est réellement le type de l'ancienne alliance. Cette alliance avait eu son origine au mont Sinaï, lequel est situé in Arabia, dans l'Arabie Pétiée (Atl. géogr., pi. v). Or, Agar est précisément par Ismaël la souche des Arabes , des Agarénlens, etc. (cf. Gen, xxv, 12 et ss,; Ps. Lxxxii, 7; I Par. v, 19), Il y a donc une connexion réelle entre cette mère des esclaves et l'alliance de l'Ancien Testament, créée pour des esclaves, La Vulgate reproduit la leçon du texte grec !a mieux autorisée; la variante to yàp "Ayap Siv5..., « car (le nom) Agar est (c.-à-d., désigne) le mont Sinaï en Arabie », ne donne aucun sens raisonnable et est bien moins accréditée. — Qui conjunctus est... Continuation de la pensée. Le verbe grec (yvazor/^tX signifie plutôt : (qui) correspond à, (qui) appartient à la même origine que... Il s'agit d'une union morale, ou d'une correspondance typique, évidemment. — Qute nunc est Jérusalem. Cette « Jérusalem actuelle » équivaut ici au peuple entier dont

elle était la capitale; elle représente donc la théocratie de l'Ancien Testament. — Qv^ servit (SouXeûet) cum... Elle est esclave, comme étant assujettie à la loi, et tous ses fils, tous ses habitants, partagent son esclavage. Elle est donc très justement figurée par Agar. — Illa autem... (vers. 26), La construction commencée au verset 24*' n'est pas continuée d'une manière conforme au parallélisme. On s'attendrait à lire : L'autre, sur le mont Sion, enfantant pour la liberté, c'est Sara. Mais l'apôtre abrège et va droit au but cette fois. — Qua sursum... Jérusalem (y) àvd) *Iepou(TaXif)[;.). Elle est aussi appelée Jérusalem céleste (Hebr. xn, 22). C'est la nouvelle alliance ; c'est l'Église du Christ, qui tout en ayant son centre sur la terre, appartient aux régions sublimes du ciel par son origine, sa nature et sa fin. Saint Paul aurait pu, en se plaçant au point de vue du judaïsme, l'appeler la Jérusalem future, par opposition à la Jérusalem actuelle (comp, le vers. 25 ) ; mais comme elle existait djjà, toute florissante, 11 substitue à dessein cet autre nom, — Libéra est : libre comme Sara, dégagée entièrement de la servitude de la loi. — Qua est mater... D'après un certain nombre de manuscrits grecs et l'Itala : Qui est notre mère à tous. C.-à-d,, la mère de tous les chrétiens, quelle que soit leur origine , et pas seulement de telle ou telle race favorisée. — Scriptum... enim (vers, 27). Un beau texte d'Isaïe, Liv, 1 , est cité (d'après les Septante), afin de démontrer que l'Église a vraiment Sara pour type. Selon sa signification immédiate, il prédit que la capitale théocratlque , ruinée et dépeuplée par les Chaldéens, redeviendra un jour très peuplée, très prospère; mais l'horizon du prophète s'étend bien au delà de ce premier sens, car, en cet endroit de son livre, presque tout se rapporte au Christ et à l'Église. Il n'est pas étonnant que saint Paul ait fait un rapprochement entre Sara et la femme stérile à laquelle s'adresse le prophète, car les anciens interprètes juifs le faisaient aussi. D'ailleurs, au chap. Li, 1 et ss., Isaïe parle d'Abraham et de Sara; il est donc très vraisemblable qu'il a eu celle-ci à la pensée, en parlant de la stérilité de Jérusalem. De même que Sara avait été longtemps sans enfant et n'était devenue féconde qu'en vertu de la promesse divine, de même l'Église, qui existait idéalement depuis la première promesse relative au Messie rédempteur, était demeurée stérile jusqu'à l'époque du Christ ; mais alors, elle reçut de Dieu une merveilleuse

Gal. IV, 28-31,

lis, quae non paris; erumpe, et clama, quae non partiris ; quia multi filii désertas, magis quCvfQ ejus quae habet virura,

28. Nos autem, fratres, secundura Isaac promissionis filii sumus.

29. Sed quomodo tune is qui secundum carnem natus fuerat, persequebatur eum qui secundum spiritum, ita et nunc.

30. Sed quid dicit Scriptura? Ejice ancillam, et filium ejus ; non enim hères erit filius ancillae cum filio liberae.

31. Itaque, fratres, non sumus ancillse filii, sed libérée, qua libertate Christus nos liberavit.

stérile, qui n'enfantes pas ; éclate, pousse des cris de joie, toi qui ne deviens pas mère ; parce que les enfants de la délaissée sont plus nombreux que ceux de la femme mariée.

28. Pour nous, mes frères, nous sommes, comme Isaac, les enfants de la promesse.

29. Et de môme qu'alors celui qui était né selon la chair perséculait celui qui était né selon l'esprit, ainsi en est -il encore maintenant.

30. Mais que dit l'Ecriture ? Chasse l'esclave et son fils ; car le fils de l'esclave ne sera pas héritier avec le fils de la :fèmme libre.

31. Ainsi, mes frères, nous ne sommes point les enfants de l'esclave, mais de la femme libre ; et c'est par cette liberté que le Christ nous a rendus libres.

fécondité et enfanta au Christ des fils innombrables. — Erumpe. Locution elliptique, pour « erumpe jubilum », éclate en cris de Joie. — Nos autem... (vers. 28). D'après une autre leçon : « Vos autem... estis ». L'apôtre applique cette partie de l'allégorie à lui-même et à ses lecteurs : ils ont pour mère la Jérusalem du ciel, figurée par Sara, et, à la manière d'Isaac (secundum...), ils sont nés, non pas selon la chair, mais en vei'tu de la promesse (filii j^i'omissionis). Comp. le vers. 23 ; Rom. ix , 8. — Sed quomodo. . . (vers. 29). Allusion à Gen. xxi, 9-10. L'historien eacré ne mentionne, il est vrai, que des insultes de la part d'Ismaël; mais insulter est un genre de persécution, et d'ailleurs Paul parait suivre Ici la tradition juive, d'après laquelle le fils d'Agar persécuta réellement Isaac. — La formule seeundum spiritum, est synonyme de « per repromisfcionem ». Comp. le vers. 25. Elle est directement opposée à secundum carnem. — Ita et nunc. L'apôtre avait fréquemment expérimenté la haine et l'hostilité des Juifs envers les chrétiens. Cf. Act. xiii, 45 et ss.; xiv, 4-5, 18; xvir, 5 et ss.; xviii, 6, 12 et ss. — Sed quid dicit... (vers. 30). Ce sont les paroles de Sara h. Abra-

ham qui vont être citées (d'après les LXX, avec une certaine liberté ) ; mais comme Dieu les approuva en ordonnant au père d'Ismaël de les mettre à exécution (cf. Gen. x, 10, 12), Paul les ti'aite comme si l'Écriture ealnte elle-même , c.à-d. l'Esprit -Saint, les avait proférées. — Les mots non enim hères... renferment la pensée principale. Ih rappelaient aux Galates combien grave serait leur apostasie, puisqu'elle les exclurait à jamais de l'héritage spirituel promis aux seuls enfants de la femme libre, l'Église. — Itaque, fratres... (vers. 31). Comp. le vers. 7. Conclusion victorieuse de l'argument emprunté à l'histoire d'Agar et de Sara, et en même temps de toute la partie polémique. — Ancillce..., libères. Dans le grec, le second de ces substantifs est seul précédé de l'article : Nous ne sommes pas des fils d'eslave, mais (des fils) de la femme libre. — Qua libertate... Ces mots sont rattachés au chapitre v par plusieurs anciens manuscrits et de nombreux interprètes contempoi-ains ; mais ils ne sont nullement déplacés ici. Ils signalent l'auteur tout aimable de la liberté des chrétiens. D'après le grec : Le Christ nous a affranchis pour la liberté.

Gal. V, 1-4.

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