Quse sunt per allegoriam dicta
Heec enim sunt duo testamenta : unum
19. Mes petits enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous !
20. Je voudrais être près de vous en ce moment , et changer de langage ; car je suis en perplexité à votre sujet.
21. Dites -moi, vous qui voulez être sous la loi, n'avez -vous pas lu la loi?
22. Car il est écrit qu'Abraham eut deux fils, l'un de l'esclave, et l'autre de la femme libre.
23. Mais celui de l'esclave naquit selon la chair; et celui de la femme libre, naquit en vertu de la promesse.
24. Cela a été dit par allégorie ; car ces femmes sont deux alliances : l'une
recherché par les autres est en soi une chose excellente, mais à la condition que le motif de cette recherche soit bon (in bono), et que l'attachement soit lui-môiue durable {semper). Les mots et non tantum cum... montrent que les chrétiens de Galatie avaient perdu de leurs bonnes qualités, et que celles-ci étaient bien fragiles, puisqu'elles n'avaient pas survécu au départ de l'apôtre. — Filioli... (vers, 19). C'est l'unique endroit où saint Paul emploie ce diminutif plein de tendresse (tsxvt'a (;.ou). Il se compare à une mère, qui aime d'autant plus ses enfants, qu'elle les a mis au monde au milieu de vives souffrances. — Iterum parturio. Le premier enfantement spirituel avait eu lieu au moment de ia conversion des Galates ; mais ils avaient besoin d'être enfantés une seconde fois au Christ et à la vie chrétienne, puisqu'ils s'en étaient en partie séparés. — Formetur (fj-op^wO'^). Nous prenons pour ainsi dire la forme du Christ, nous sommes créés à son image, lorsque nous devenons chrétiens. — Vellem autem... (vers. 20). Autre trait d'une exquise délicatesse. Paul « sait bien que, dans la conversation intime, on peut donner à la voix l'intonation propre à chaque circonstance et à chaque mouvement de l'âme »; c'est cela qu'il appelle mutare vocem. Cette locution ne signifie donc pas, comme on l'a dit: prendre un langage sévère. — Quoniam confundor... Non pas : Vous me couvrez de honte par votre conduite; mais : Je suis embarrassé à votre sujet; loin de vou><, je ne puis savoir ce que je dois vous dire ou faire pour votre plus grand bien.
3« L'inutilité des observances légales démontrée par la signification typique de l'histoire dismaël et d'Isaac. IV, 21-31,
Reprenant son argumentation interrompue, Paul revient au contraste qu'il avait commencé à étabhr (comp. les vers. 1-7) eatre la liberté que confère l'évangile et l'esclavage sous lequel on est placé par la loi.
21-23. Constatation d'un double fait de l'histoire ealnte. — Le vers, 21 sert d'introduction. La question abrupte dicite..., legem non... s'adresse
à ceux des Galates qui étaient déjà à demi transfuges et qui songeaient à apostasier complètement (qui vultis). Paul fait un jeu de mots très ironique en renvoyant à la loi (legem, tôv vo[j,ov avec l'article), au Pentateuque, et par extension à l'Ancien Testament tout entier ( cf. Joan. x , 34; I Cor. xiv, 21, etc.), des chrétiens qui voulaient se soumettre aux préceptes de la loi (.sub lege... esse). — Non legistis? Dans le grec : N'entendez-vous pas (la loi)? On la lisait, en effet, dans les assemblées chrétiennes (cf. Act. xv, 21); les Galates aura,lent donc dii la mieux connaître, et savoir qu'elle prédit souvent elle-même sa propre abrogation. — Scriptum esiÇ...(vers. 22). Ce n'est pas une citation proprement dite que fait ici l'apôtre ; mais il renvoie implicitement aux deux textes Gen. xvi, 15 et xxi, 2, dont le premier mentionne la naissance d'Ismaël, fils de l'esclave Agar, et le second celle d'Isaac, fils de la femme libre, Sara. — Sed qui de... (vers. 23). Il y avait une grande différence entre ces deux enfants, indépendamment de la condition de leurs mères. Ismaël était né secimlum carnem, selon les lois ordinaires de la nature; Isaac, au contraire, per repromissionem, en dehors de ces mêmes lois, en vertu de la promesse faite par le Seigneur à Abraham (cf. Gen. xvii, 16, 19; xvni, 10), par con équent d'une manière miraculeuse (Rom. iv, 19; Hebr. xi, 11, etc.).
24-31. Explication allégorique de ces faits. — Quœ surit per... Transition. L'écrivain sacré va expliquer le sens complet, le vrai caractère des pa-sages bibliques en question. — Per allegoriam. dicta. Dans le grec: àX),-/^yopoû{X£va, avec le sens de TUutxtoç \tyh\t.eva, a per typum dicta ». L'apôtre veut dire que ces passages, outre leur signification historique, littérale, en ont une autre, spirituelle et typique, prophétique. — Hœc enim,.. Le pronom est au féminin dars le grec : aurai, « haï » ; ces femmes. — Sunt duo..» C.-à-d. qu'elles sont les figures et les types des deux alliances, l'ancienne et la nouvelle, la juive et la chrétienne. — Unum quidcm... Paul, développant cette pensée, indique d'abord,vere.24''-25, le rapport qui existe entre Agar et l'anclenn»