Un peu de levain aigrit toute la pâte
a été démontré dans la partie dogmatique. — Spiritu ex fide. Ces mots eont placés en avant, parce qu'ils expriment l'idée principale. D'après de nombreux interprètes anciens (saint Jean Chrysostome, Théodoret, etc.) et modernes, le premier désigne l'Esprit -Saint lui-même, qui excite en nous la foi et l'espérance, et qui nous est donné au baptême comme des « arrhes » du salut éternel (cf. Rom. vin, 23; Il Cor. i, 22 et V, 5, etc.). Cette explication est préférable à celle des auteurs latins (saint Augustin, saint Jéi'ôme, etc.), qui voient dans « spiritu » la partie supérieure de l'âme humaine, par opposition •à la chair ou à la lettre de la loi. « Ex fide » : par opposition aux œuvres. — Spem justilise. Non pas l'espérance d'être justifiés, puisque les chrétiens ont déjà obtenu la justification, mais plutôt ce que fait espérer, ce que promet cette justification; par conséquent, la récompense éternelle du ciel. — Expectamus. Le verbe grec àîîcxôéxeaOat marque une attente qui persévère parce qu'elle est slire d'atteindre son objet. — Nam... (vers. 6). Preuve que cette attente certaine, de même que la justification qui en est la garantie, ne peut venir que de la foi. — In Christo... C.-à-d. : pour ceux qui sont unis à Jésus- Christ. C'est la condition principale et essentielle : être incoi'poré à Jésus -Christ. On la remplit par la foi. — Valet : à savoir, pour obtenir le salut éternel. — Neque... neque... Pourvu qa'on ait le bonheur de devenir chrétien et de vivre dans une étroite union avec le Christ, peu importe qu'on ait été auparavant circoncis ou incirconcis, Juif ou Gentil ; ces circonstances ont perdu toute importance. Cf. I Coi*, vu, 19. Or, ce qui unit à Jésus- Christ, c'es^t la foi, mais une foi quse per caritatem operatur. En effet, cette foi ne saurait être morte; elle se manifeste au dehors par des actes, et ceux-ci doivent être inspirés par la charité , qui est comme l'âme de la foi. Le participe grec ivepyo\j\).ivy] n'est pas au passif, comme l'ont pensé Bellarmin , Est i us et d'autres (« fides per caritatem animata, acta,.., incitata ad opus »), mais à la forme moyenne (« vlm suam exerens per caritatem »). Le sens est d'ailleurs le même dans les deux cas. Voyez le concile de Trente, Sess. vi, 7, de Justifie. 7-12. Ceux qui ont séduit les Galates méritent
d'être sévèrement châtiés. Ces versets se composent de phrases généralement très courtes, et vn peu décousues par suite de l'émotion de l'iécrivain sacré. L'unité de pensée y règne cependant et elles sont aisées à expliquer. — Currebatis.., De nouveau la comparaison empruntée aux courses dans l'arène. Cf. ii, 2. — Quis vos impedivit...? D'après le grec : Qui vous a barré le
Coureurs dans l'arène. ( I)"apres un vase peint.)
chemin? C'est la continuation de l'image. La leçon èvéxo'l^ev est préférable à àv£X0'];£v, qui donnerait cet autre sens : Qui vous a repoussés (rejetés hors de la voie droite)? — Triste résultat produit par l'obstacle ainsi placé sur leur route : veritati non. . . Ici comme au chap. ir , vers. 5 et 14, le mot vérité représente l'évangile personnifié, et en particulier la doctrine relative à la liberté chrétienne, prcchée par l'apôtre des Gentils. — Perkuosio hsec (vers. 8). D'après quelques commentateurs, ce substantif, comme son équivalent grec 7T£i<J[J.ovy^, aurait la signification passive d'obéissance : L'obéissance que vous témoignez à ceux qui vous éloignent de la vérité ne vient pas de Dieu. Mais le sens actif convient mieux ici : Ce conseil qu'on vous a donné non est ex eo qui... La périphrase eo qui vocat vos désigne Dieu le Père (cf. i, 6) et la vocation à la foi. On le voit, ainsi entendu, le vers. 8 répond à la question du vers. 7. Ce n'est pas Dieu qui vous a arrêtés (litote évidente); ce sont les judaïsants séducteurs. — Modicum fermentum... (vers. 9). Cette sentence proverbiale est aussi employée I Cor. v, 6 (voyez le commentaire). L'apôtre veut dire loi que cea
Gal. V, 10-13.
10. Pour moi, j'ai cette confiance en vous, dans le Seigneur, que vous n'aurez pas d'autres sentiments ; mais celui qui vous trouble en portera la peine, quel qu'il soit.
11. Et moi, mes frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi sufs-je encore persécuté? Le scandale de la croix est donc anéanti.
12. Plût à Dieu que ceux qui vous troublent fussent même mutilés !
13. Car vous, frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement, ne faites pas de cette liberté une occasion pour la chair; mais so^'ez, par une charité spirituelle, les serviteurs les uns des autres.
10. Ego confido in vobis in Domino, quod nihil aliud sapietis ; qui autem conturbat vos portabit judicium, quicuraque est ille.
11. Ego autem, fratres, si circumcisionem adhuc prœdico, quid adhuc persecutionem patior ? Ergo evacuatum est scandalum crucis.