Utinam et abscindantur qui vos conturbant
13. Vos enira in libertatem vocatif estis, fratres, tantum ne libertatem in occasionem detis carnis, sed per caritatem spiritus servite invicem.
docteurs pervers ressemblent h un ùlément corrupteur, dont une petite partie suffit pour répandre au loin la corruption. — Ego confido... (vers. 10). Malgré le mal déjà produit et les périls qui subsistent encore , Paul espère que les Galates reviendront bientôt à de meilleurs sentiments. — In Domino. C.-à-d. : Eu Jésus-Christ, à cause de sa grâce toute -puissante. Cf. II Thess. in, 4. — Nihil aliud sapietis. Vous n'aurez pas d'aiitres sentiments que moi par rapport à la vérité. Cf. Phil. m, 13. — Qui autem... Quoi qu'il en soit des Galates , malheur à ceux qui cherchent à les égarer et qui ont porté le trouble parmi eux! Ils seront sévèrement jugés et condamnés par Dieu (portabit...). L'emploi du singulier en cet endroit ne prouve pas qu'il y ait eu un meneur pUis actif que les autres ; mais Paul envisage ici tous les perturbateurs de Galatie comme formant une personne morale, et il annonce que pas un seul n'échappera à la sentence divine (xpifxa, une sentence de condamnation; judicium ne dit pas assez), — Ego autem... (-vers. 11). Autre transition abrupte. La pensée exprimée par l'apôtre, si circumcisionem...,quid adhuc..,, suppose que ses adversaires judaïsants, pour faire pénétrer plus facilement leurs fausses doctrines, prétendaient qu'il prêchait lui-même en d'autres contrées la nécessité de la circoncision. Calomnie manifeste, répond -11 vivement; car, si le fait allégué avait été vrai, les Juifs n'auraient pas continué à le persécuter en tous lieux comme l'ennemi de leur loi. — Ergo evacuatum... Conclusion ironique. 8i Paul avait enseigné que les observances légales étaient toujours nécessaires pour la justification , le scandale qu'un Messie crucifié causait aux Juifs (scandalum crucis; voyez I Cor. i, 23) aurait aussitôt cessé, puisqu'il y aurait eu encore une place pour la loi. — Utinam abscindantur... (vers. 12). On a certainement détourné le verbe grec aTtoxo- 'iiovrat de son véritable sens, lorsqu'on en a fait, pour ce passage, un synonyme de retrancher du sein de l'Eglise, d'excommunier. Il n'y a pas de doute qu'il ne désigne la mutilation, comme l'admettent à peu près tous les interprètes con-
temporains, à la suite des anciens auteurs (saint Justin, Tertullien, saint Jérôme, saint Augustin, etc.). Le langage de l'apôtre est sarcastique, indigné : Les séducteurs qui portent le trouble parmi vous (conturbant ; plus fortement dans le grec : « subvertunt ») prétendent que la circoncision est la base et presque l'essence du christianisme ; s'ils tiennent tant à ce signe, qu'ils aillent donc encore au delà, pourvu qu'ils vous laissent la p.iix 1 Voyez dans l'épître aux Phil., III, 2, une expression hyperbolique du même genre , également provoquée par la conduite des judaïsants.
2° La chair et l'esprit. V, 13-26.
Après ce souhait véhément, saint Paul signale aux Galates un autre genre de péril. Il ne fallait pas que la liberté prêchée par lui dégénérât en licence, qu'on se crût dispensé des préceptes moraux de la loi par cela même que ses préceptes céréinoniels étaient abrogés : c'eût été sortir d'un genre d'esclavage pour tomber dans un autre, celui de la chair.
13-15, Éviter l'abus de la liberté en pratiquant la charité. — Vos enim in. . . C'est précisément parce que les Galates étaient libres, par le fait même de leur appel à la fol, que l'aijôtre vient de manifester une telle indignation contre ceux qui voulaient les asservir à la loi. — In occasionem... carnis. Mieux vaudrait le datif « carni », d'après la vraie leçon du grec. La chair : expression célèbre dans la théologie de saint Paul, pour représenter la partie inférieure de l'âme humaine, toute corrompue par le péché originel , remplie de mauvais penchants (cf. Rom. vu, 18, 23, 25; I Cor, II, 13, etc.), et qui profite des moindres occasions pour se livrer au mal, — Per caritatem, spiritus. La Vulgate a suivi la variante t'^ àyaTrv^ xoO TcvEiipiaToç, qu'on trouve dans ritala et dans quelques manuscrits grecs, La vraie leçon est ôià triç àYotuYjç, par la charité. Le mot « spiritus » est une glose insérée dans le texte; s'il était authentique, il exprimerait le caractère tout surnaturel de l'amour en question , par opposition à « carnis ». — Servite (ôouXeyeTe), soyez esclaves. Recommandation
Gal. V. 14-20.
14. Omnis enim lex in uno sermone impletur : Diliges proximum tuutn sicut te ipsum.
io. Quod si invicera mordetis, et comeditis, videte ne ab invicera consumamini.
16. Dico autem : Spiritu ambulate, et desideria carnis non perficietis.
17. Caro enim concupiscit adversus spiritum, spiritus autem adversus carnem ; hsec enim sibi invicem adversantur, ut non quaecumque vultis, illa faciatis.