‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 336 sur 873 · in dispensatione plenitudinis fem · texte numérisé non relu

in dispensatione plenitudinis fem

sont la fin prochaine et directe de notre prédestination, la gloire de Dieu en est la fin dernière ; car c'est à la procurer que tout doit aboutir. L'apôtre se complait à le redire (corap. les vers. 12 et 14). — La locution glorice graiiœ... revient à celle-ci : (A la louange) de la glorieuse manifestation de sa grâce. Cette grâce, c.-à-d. ce don tout à fait gratuit (cf. Rom. m, 24), se manifeste précisément dans la justification et la rédemption de l'homme. Voyez n,6, 7. — Qua (rj;, d'après Ja leçon des manuscrits les plus anciens ; Iv •/) , suivant d'autres témoins très nombreux et la Vulg.) gratificavit... Le verbe grec X'3'P''^o<*> peut signifier aussi : « gratiosum reddere », rendre aimable par la communication de la grâce. Saint Jean Chrysostorae, Théodoret, et la plupart des exégètes catholiques adoptent cette interprétation, qui marque non seulement l'effusion de la grâce divine , mais l'effet produit par elle. — In dilecto. Le grec n'ajoute pas les mots Filio suo, qui sont une glose évidente. Sur ce beau titre de bien -aimé de Dieu attribué à Jésus -Christ, voyez Matth. m, 17 et xvii, 5; Marc. XII, 6, etc.

7-12. Comment Dieu a réalisé son dessein éternel relatif au salut des hommes. C'est par le Christ, qui les a rachetés au prix de son sang et qui leur a révélé la volonté de son Père à cet égard. — In quo n'est pas synonyme de « per quem » et exprime davantage : nous ne participons à la grâce divine qu'autant que nous sommes en Jésus - Christ , c.-à-d., unis à lui, comme il a été déjà dit au vers. 4. Comp. le vers, 2'>. — Redemptionem. Dans le grec : xriv àTro).'jTpa)<Tiv ; la rançon, le prix du rachat d'un esclave. Il en a donc coûté au Christ pour nous sauver; il a dû pour cela donner son sang, sa vie : per sanguinem... Cf. Matth. xx, 28, etc. — Les mots remissionem peccatorum définissent l'aspect négatif delà rédemption. — Secundum divitias... Sur cette locution chère h saint Paul, voyez II, 4, 7; Rom. ii, 9, etc. La richesse infinie de la grâce et de la bonté du Sauveur nous est manifestée par la générosité avec laquelle il est mort pour nous. — Paul appuie sur ce détail : quai superabundavit... ( vers. 8). D'après le grec : (la grâce) qu'il a fait abonder sur nous. — In

omni sapienti'i et... « Quelques-uns explinuent cette sagesse et cette prudence de la souveraine sagesse de Dieu , qui a su trouver des moyens si •relevés... pour sauver le genre humain » (Calmct); mais, comme l'ajoute à bon droit le savant interprète lorrain, il est mieux de dire qu'il s'agit de qualités communiquées par Dieu aux cro.vants pour les aider à mieux comprendre ses révélations. Le vers. 9 favorise ce sentiment. Les substantifs cocpta et cppovrjcric diffènnt l'un de l'autre en ce sens que le premier désigne surtout ici la sagesse spéculative, Ja connaissance des vérités révélées, et le second la sagesse pratique, l'aptitude à tirer profit de la science sacrée. — Ut notum... (vers. 1). Il faut traduire ainsi le grec : Nous ayant fait connaître. L'apôtre n'exprime donc pas, comme on le croirait d'après la Vulgate, le motif pour lequel la grâce du Christ a surabondé en nous, mais le moyen auquel Dieu a eu recours pour mettre en nous la sagesse : ce moyen a consisté dans la révélation de ses desseins mystérieux. — Sacramentum... D'après le grec : le mystère de sa volonté ; c.-à-d. , le mystère relatif à sa volonté, à ses plans éternels en ce qui concernait le salut des hommes. Le sub^tantif mystère désigne ici, comme partout ailleurs dans le Nouveau Testament, une vérité qui ne peut être connue des hommes que par une révélation surnaturelle. Cf. Rom. xvi, 25. — Les mots secundum, beneplacitum. . . (yaxà tyjv eùôoxîav..., comme au vers. 5^) retombent sur « notum faceret » : cette révélation a eu lieu en vertu d'un acte absolument libre et miséricordieux de la part du Seigneur. — Quod (scil. « beneplacitum ») proposuit... Ce dessein bienveillant. Dieu se l'était proposé en lui-même, d'après la leçon èv auxô); ou dans le Christ, si l'on préfère lire ev aùrô) (in eo). Le vers. 10 va nous apprendre en quoi il consistait. — In dispensatione. Le grec a l'accusatif : ecç otxovo- (jLcav ; pour l'organisation de sa maison lors de la plénitude des temps. Le mot « économie » est très expressif pour désigner le nouvel ordre de choses que Dieu voulait établir par son Christ. L'Église est, en effet, la maison du Seigneur (cf. I Tira, m, 5; Hebr. x, 20, etc.), et elle a tout un système d'administration. — Sur l'admirable

Eph. I, 11-13.

porum, instaurare omnia in Christo, quae in cselis, et quse in terra sunt, in ipso ;

11. in quo etiam et nos sorte vocati sumus, prsedestinati secundum propositum ejus qui operatur omnia secundum consilium voluntatis suse ,

12. ut simus in laudem gloriss ejus nos, qui ante speravimus in Christo ;

13. in quo et vos cum audissetis verbum veritatis (evangelium salutis ve-

tude des temps, de réunir toutes choses dans le Christ, soit celles qui sont dans le ciel, soit celles qui sont sur la terre, en lui-même.

11. C'est aussi en lui que nous avons été appelés par le sort, ayant été prédestinés suivant le dessein de celui qui fait toutes choses selon le conseil de sa volonté ,

12. pour que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui avons d'avance espéré au Christ.

13. C'est en lui que vous-mêmes, après avoir entendu la parole de vérité

formule plenitudinis temporum (toO TcXrjpcb- [xaTo; Ttbv xaipcbv), voyez Gai. iv, 4 et le commentaire. Ici , le pluriel « temporum » suppose une série de périodes dont la dernière est celle qui introduit le Christ. — Instaurare omnia... Autre locution remarquable, pour décrire le grand dessein de Dieu. Le grec àvaxecpalaiticra(r6ai signifie : réunir sous un seul chef. Le monde des anges, représenté par les mots quai in cûbUs, et le monde des hommes, quce in terra..., que le péché avait séparés, devaient être unis à jamais par un chef unique. Notre - Seigneur Jésus -Christ Un Christo), et ne former grâce à lui qu'une seule famille , la grande famille de Dieu. Cf. Col. 1 , 20. C'est surtout après le second avènement du Christ que cette perspective idéale deviendra un fait réel. — In ipso (« Christo »), in quo... (vers. 11). Les mots etiam et nos sont accentués (le grec a simplement xaî). Non seulement le mystère nous a été révélé (comp. le vers. 9), mais nous avons participé à ses bénédictions. — Sorte vocati... Le grec porte, d'après la meilleure leçon : àxXY]pt66ritJ,£v (et non IxX-/)- 6r,(j.£v, nous avons été appelés); à la lettre : nous avons été choisis par le sort. Toutefois, l'idée du sort est très secondaire ici, l'écrivain sacré voulant surtout dire que nous avons été choisis sans aucun mérite de notre part. — C'est d'ailleurs ce qu'il ajoute aussitôt en termes exprès : prcedestinati secundum... Voyez le vers. 5. La volonté de Dieu : voilà la vraie cause du choix dont nous avons été l'objet. La formule grecque xaTà tyjv PouXtjv toO bsXrifxaTo:..., qui réunit deux expressions synonymes (Vulg. : secundum, consilium voluntatis...), a pour but de montrer qu'il en est réellement ainsi. — Ut simus in laudem... ( vers. 12 ). Tel est, comme au verset 6, le but final de notre prédestination et de notre élection. Cf. Prov. xvi, 4. — Qui ante speravimus... Le mot « ante » paraît imilquer que saint Paul a particulièrement en vue dans ce passage les Juifs devenus chrétiens. En effet, tandis que les païens vivaient .sans espérance, sans Christ (cf. ii, 12), le peuple Israélite s'élançait de toutes ses forces, par une attente pleine de foi, vers le Messie rédempteur.

13-14. S'adressant directement à ses lecteurs, l'apôtre leur rappelle qu'ils ont été, eux aussi,

appelés à la foi, et qu'ils ont reçu l'Esprit - Saint comme gage du salut éternel. — In quo : dans le Christ , dont le souvenir remplit tous ces versets. — Et vos. Il est inutile de suppléer le verbe èxXr]pcùOriTS (voyez le vers. 11 et les notes), dont ce pronom serait le sujet. Le pronom se rapporte à a signati estis » ; seulement, la phrase est un instant suspendue et reprise par le second « In quo ». — Cum audissetis... C'est la première

Sacrifice à Diane d'Éphèse.

(Revers d'une monnaie antique.)

condition du salut, puisque « fides ex auilitu » (Rom. X, 17). — Veibum veritatis. Cf. Col. i, 5. C.-à-d., la parole qui contient la vérité par excellence, l'évangile (evangelium salutis...; la bonne nouvelle qui vous annonçait le salut). — Et credentés (dans le grec, ayant cru). Il ne suffit pas d'entendre la prédication évangélique; il faut y adhérer par la foi, et s'approprier ainsi le salut d'une manière individuelle. Les Éphésiens avaient cru, et correspondu par là même à la vocation divine. — Signati estis... En échange, ils ont été marqués pour ainsi dire au sceau de l'Esprit- Baint, comme appartenant à Dieu en qualité d'enfants. Sur cette image et la suivante, qui est pignus (vers. 14; dans le grec: àppaêwv, arrhes)..., voyez II Cor. i, 22 et le commentaire. — Spirittt promissionis : l'Esprit-Saint qui avait été l'objet de fréquentes promesses de la part du Christ. Cf. Luc. xi, 13; Joan. vu, 39; xiv, 16, 26 , etc. — /n redemptionem acquisUionis. Le

Eph. I, 14-18.

(l'évangile de votre salut), et y avoir cru, vous avez été marqués du sceau de l'Esprit- Saint qui avait été promis,

14. et qui est le gage de notre héritage, jusqu'à la délivrance du peuple que Dieu s'est acquis, pour la louange de sa gloire.

15. C'est pourquoi, moi aussi, ayant entendu parler de votre foi dans le Seigneur Jésus, et votre amour envers tous les saints,

16. je ne cesse pas de rendre grâces pour vous, faisant mention de vous dans mes prières,

17. afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus -Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation, pour le connaître,

18. éclairant les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l'espé-

strae), in quo et credentes signati estis Spiritu promissionis sancto,

14. qui est pignus hereditatis nostrae, in redemptionem acquisitionis, in laudem gloriae ipsius.

15. Propterea et ego audiens fidem vestram quse est in Domino Jesu, et dilectionem iu omnes sanctos,

16. non cesso gratias agens pro vobis, memoriam vestri faciens in orationibus meis ,

17. ut Deus Domini nostri Jesu Christi, Pater gloriae, det vobis spiritum sapientiae et revelationis , in agnitione ejus;

18. illuminatos oculos cordis vestri, ut sciatis quae sit spes vocationis ejus,

second substantif est probablement au concret, et désigne ceux qui appartiennent à Dieu par droit de rachat. Il s'agit donc des chrétiens, en tant qu'ils sont la propriété du Seigneur. Cf. I Petr. II, 9; voyez aussi Act. xx, 28. 2° La prière de l'apôtre. I, 15-23, Son cantique de louange étant achevé, il dedemande pour ses lecteurs la parfaite connaissance de ce que Dieu a accompli pour eux dans le Christ. Il n'y a de nouveau qu'une seule phrase dans cette série de versets.

15-16. Sans cesse Paul remercie Dieu pour les vertus des chrétiens d'Éphèse, et sans cesse il le conjure de les bénir davantage encore. — Propterea : à cause de toutes les grâces décrites dans les vers. 3-14. — Et ego. Moi aussi, comme tant d'autres qui pensent pieusement à vous devant Dieu. — Du irait audiens fldem vestram on a quelquefois induit que cette lettre n'a pas été écrite directement pour les Éphésiens , mais pour des chrétiens que l'apôtre des Gentils n'avait pas évangélisés en personne (voyez l'Introd., p. 324). La conclusion n'est pas légitime, car Paul parle ici des progrès que les Éphésiens avaient faits depuis son séjour parmi eux. Comp. Philem. 5, où il tient le même langage à un ami et un compagnon très intime. — Fidem... qU(B... in Domino... C.-à-d., la foi dont Jésus- Christ est la base, la source perpétuelle, -r Dilectionem... C'est par suite d'une erreur des copiï?tes que ce mot est omis dans quelques manuscrits. Déjà saint Jean Chrysostome faisait observer que saint Paul aime à mentionner t-nsenible la foi et la charité. — In... sanctos: envers tous les chrétiens. — Non cesso gratias... (vers 16). Formule fréquente dans les écrits paulinieiis. Cf. Rom. i, 8 ; I Cor. i, 4 ; Phil. i, 3 ; Col. I, 3 ; I Thess. i, 2, etc. Il en est de même de la suivante : memoriam, vestri... Cf. Rom. i, 10; Phil. I, 3 ; I Thess. i, 2, etc. Tout en louant Dieu de ses grâces passées, Paul le prie d'en accorder d'autres encore aux fidèles d'Éphèse, puisqu'un chrétien ne doit jamais se croire arrivé à la perfection.

17-19. Objet de la prière de l'apôtre pour les Éphésiens : c'est « qu'il leur soit donné de mesurer toute la portée de l'œuvre accomplie en eux par la foi, la grandeur de la force divine qui s'est déployée à leur égard et la beauté de l'espérance à laquelle leur donne droit » le titre de chi'étiens. — Deus Domini nostri... Comme au vers. 3. Comp. Joan. xx, 17, où Jésus appelle lui-même le Seigneur son Dieu. — Pater glorise. C.-à-d., le Père auquel appartient la gloire infinie. Comparez les locutions ar xlogues : le Dieu de gloire, Act. VII, 2; le Seigneur de gloire, Jac. ir, 1 ; le Père des miséricordes , I Cor. i , 3 , etc. — Spiritum. Sans article dans le grec : un esprit; non pas l'Esprit- Saint directement, quoique les dons que demande saint Paul soient un effet produit par lui. Les passages suivants, Rom. xi, 8 et II Tim. I, 7, contiennent des expressions analogues. — Sapientiœ et revelationis. Le premier de ces termes est plus général ; le second se rapporte aux mystères manifestés par Dieu aux fidèles. Comp. le vers. 8. Ils désignent ensemble une intelligence aussi complète que possible du plan divin relatif à la rédemption et des vérités évangéliques. — In agnitione ejus... Cette pleine connaissance de Dieu (eTttyvtoatç) est comme l'élément, la matière de l'esprit de sagesse et de révélation souhaité par Paul à ses lecteurs. Saint Jean Chrysostome rattache ces mots au vers. 18, et d'assez nombreux interprètes modernes partagent son sentiment : (Que Dieu vous donne) des yeux éclairés dans sa connaissance. Nous préférons la ponctuation ordinaire. — Illuminatos oculos cordis... (vers. 18). Ces mots, qui dépendent du verbe « det », contiennent une métaphore hardie, mais significative, qui développe la pensée du vers. 17. Divers manuscrits ont à tort Siavoiaç, « intellectus », au lieu de xapocaç, «cordis ».— Ut scfatis... L'apôtre signale trois choses dont il souhaite la connaissance à ses lecteurs. La première est quœ sit spes... De magnifiques espérances sont rattachées à la vocation du chrétien. Cf. Col. i, 5; Tit. ii, 13;

Eph. I, 19-22.

et quae divitiae glorise hereditatis ejus in sanctis,

19. et quae sit supereminens magnitude virtutis ejus in nos qui credimus, seeundum operationem potentiae virtutis ejus,

20. quara operatus est in Christo, suscitans illum a raortuis, et constituens ad dexteiam suam in cœlestibus,

21. supra omnem principatum, et potestatem,et virtutem,et dominationem, et omne nomen quod nominatnr non solum in hoc sseculo, sed etiam in futuro.

22. Et omnia subjecit sub pedibus ejus, et ipsum dédit caput supra omnem ecclesiam,

rance attachée à son appel , quelles sont les richesses et la gloire de son héritage qu'il destine aux saints,

19. et quelle est la suréminente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons , selon l'efficacité de sa force et de sa puissance.

20. Il l'a déployée dans le Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les cieux,

21. au-dessus de toute principauté, et de toute puissance, et de toute vertu, et de toute domination , et de tout nom qui peut être nommé, non seulement dens ce siècle, mais encore dans celui qui est à venir.

22. Il a mis toutes choses sous ses pieds, et il l'a donné pour chef à toute l'Église,

Hebr. vi, 18, etc. — La seconde, quse divitise... hereditatis..., pr(^c'se davantage la première; il s'agit de l'espérance et de l'héritage du ciel. In sanctis : parmi les saints; l'héritage réservé aux saints (aux chrétiens), en tant qu'ils sont les fils adoptifs de Dieu. Comp. le vers. 5. Comme souvent ailleurs, Paul accumule les expressions (« la richesse de la gloire de l'héritage ») pour donner plus de relief à la pensée. — La troisième chose est quse sit... magnitudo virtutis... (verset 19) : la puissance infinie que Dieu met en œuvre pour aider les croyants à atteindre l'objet de leuus espérances, à jouir de leur précieux héritage. En réalité, ces trois choses se ramènent donc à une seule : le bonheur du ciel ; elles ne diffèrent que par le point de vue où l'on se place pour les envisager. — Seeundum operationem '(iyipYeiy.-'i) potentiae virtutis... Encore une accumulation vigoureuse de synonymes.

20-23. Fondement inébranlable de la prière de saint Paul. Il consiste dans la preuve vivante et indéniable que Dieu a donnée de sa toute-pui^^sance en ressuscitant son Christ, en le plaçant au-dessus de toutes les créatures et en faisant de lui le chef de l'Église. — Quam operatus... : (la force) qu'il a déployée, mise en œuvre (Èv/ipyrjaev). Quatre détails spéciaux, dont deux sont mai-qués par des participes (suscitans... et constituens..., vers. 20 ), et les deux autres par des verbes au temps défini (omnia subjecit..., ipsum dédit..., vers. 22), montrent en quoi surtout, relativement au Christ (in Christo), a cons-isté ce déploiement de l'énergie divine. — Constituens ad dexteram est un écho du Ps. cix, 1, pour désigner la glorieuse ascension de Jésus. Dans le grec (d'après la meilleure leçon) : xafticraç, ayant fait asseoir. — In cselestibus. Voyez le vers. 3'> et les notes. — Supra omnem... Le vers. 21 développe les mots « constituens ad dexteram... ». Les quatre noms principatum (àp/7)ç), potestatem (rÇouata:), virtutem (Suvâjxeo);) et dominationem (xupior/^To;) sont, comme il ressort très visiblement du contexte et de Col. i, 16,

ceux de quatre catégories d'esprits célestes. Ce même passage de l'épître aux Colossiens mentionne les trônes (6povoi) au lieu des « virtutes » ; ce qui fait cinq classes distinctes. En y ajoutant les anges et les archanges au bas de la hiérarchie angélique, puis, au sommet, les chérubins et les séraphins, tous mentionnés ailleurs dans la sainte Écriture, nous avons les neuf chœurs admis par les théologiens , à la suite du pseudo-Dionysius et de saint Grégoire le Grand. Comme dans la lettre aux Colossiens, l'apôtre combat ici, quoique d'une manière indirecte, les théories subversives qui attribuaient aux anges une puissance au moins égale à celle du Christ. Bien loin de l'égaler. Ils lui ont tous été soumis par Dieu, quelque nom qu'ils portent, quelle que soit leur dignité : et omne nomen... Ces derniers mots sont une formule d'abréviation, qui s'applique non seulement aux esprits célestes, mais à tous les êtres créés en général. Le Christ les dépasse tous. Cf. Phil. ii, 9. — Non soium in hoc..., sed etiam... C.-à-d., dans le temps et dans l'éternité. Cf. Luc. xvi, 8 et xx, 34; I Cor.

I, 20, etc. — Et omnia subjecit... (vers. 22). Emprunt au Ps. viii, 8. Cf. I Cor. xv, 27; Hebr.

II, 2. — Et ipsum dédit (pour « posuit ») caput... Parole admirable, qui n'apparaît qu'en cet endroit, et Col. i, 18 ; ii, 10, 19. « Elle combine l'idée de l'exaltation avec celle de l'union vitale nécessaire à un organisme. Le Christ est le chef de son Église; bien plus, il est pour elle la cause perpétuelle et la source abondante de la vitalité spirituelle. Parce qu'il vit, elle vit aussi. » — Supra omnem... Plus fortement dans le grec : sur toutes choses de l'Église. — Ecclesiam. Dans le sens que le Sauveur lui-même a donné à ce mot, Matth. xvi, 18 (voyez le commentaire). L'Église du Christ est mentionnée jusqu'à neuf fois dans cette épître, dont elle est en partie l'Idée dominante (ici, puis m, 10, 21, et V, 23, 24, 25, 27, 29, 30). — Quse est... (vers. 23). Paul la caractérise brièvement. Elle est d'abord le corps du Christ (corpus ijpsius).

Epu. I, 23 — II, 2.

23. qui est son corps, et la plénitude de celui qui accomplit toutes choses en tous.

23. quae est corpus ipsius, et plenitudo ejus, qui omnia in omnibus adimpletur. '

Page 1