Et vos, cum essetis mortui delictis et peccatis vestris
2. in quibus aliquando ambulastis secundum saeculum mundi hujus, secundum principem potestatis aeris hujus, spiritus qui nunc operatur in filios diffidentise,
ainsi qu'il résulte de la métaphore qui précède. Cf. I Cor. VI, 15 et xii, 12; Col. ii, 19, Elle est ensuite sa plénitude, son complément : plenitado ejiis qui... Ces derniers mots du ctiap. i sont assez diCBciles, et on les a diversement interprétés. L'explication la plus simple consiste à dire qu'ils complètent le sens de « corpus ipsius ». En tant qu'elle est le corps du Clirist, l'Église le complète. En effet, il ne pourrait pas être la tête, s'il n'y avait pas de membres pour former un organisme entier ; c'est ainsi que l'Église est « sa plénitude ». On ne peut pas plus concevoir le Christ sans l'Église, que l'Église sans le Christ. — Quant à la proposition incidente qui omnia... adimpletur, il serait mieux de traiter le participe grec Tc)^T]poi;(xévou comme étant à la forme moyenne plutôt qu'au passif, et de traduire : ( La plénitude de celui qui ) remplit tout en tout (ou tout en tous, suivant quelques auteurs). Nous voyons ainsi, comme il sera dit ailleurs en termes explicites (cf. iv, 10; Col. ii, 10), que le Christ est le principe vital du monde régénéré. Évidemment, il ne peut remplir toutes choses que parce qu'il est Dieu, et qu'il possède tous les attributs, toutes les perfections de la divinité. Ceux qui préfèrent regarder TrXiQpoufxévou comme une forme passive traduisent ainsi : (La plénitude de celui) qui est complété en tous, par rapport à toutes choses. Ce qui signifie, comme l'expliquent saint Jérôme, Théophylacte, Estius, etc., que si le Christ communique à l'Église , par là même qu'il en est le chef , « une gloire et une perfection suréminentes », elle contribue elle aussi, en un sens, à la gloire et à la perfection de son chef (Calniet, h. l.). Chacun des membres qui la composent, lorsqu'il pratique les différentes vertus chrétiennes, complète donc le Christ. Cf. Col. i, U.
§ II. — Comment Dieu a formé VÉglise.
La page qui précède était une sorte de prologue. L'apôtre entre maintenant dans son sujet d'une manière plus complète, et il indique tout
d'abord comment les Éphésiens sont devenus membres de cet auguste corps mystique dont Jésus -Christ est le chef.
10 Plongés autrefois dans la mort spirituelle par leurs péchés, les chrétiens d'Éphèse ont été vivifiés et régénérés dans le Christ , par la miséricorde divine. II, 1-10.
11 y a dans ces lignes un contraste saisissant, et aussi un exposé dogmatique très net de la théorie favorite de saint Paul , la gratuité entière du salut.
Chap. II. — 1-3. Triste état moral des Éphésiens avant leur conversion. — Et vos. Il faut sous -entendre, d'après les vers. 6 et 6 : Il a vivifié, ou ret*8uscité. La phrase n'est pas achevée. — Mortui delictis et... C.-à-d., morts (spirituellement) par suite de vos transgressions et de vos péchés. Le datif est instrumental. — J» quibufi... ambulastis (vers. 2). Métaphore souvent employée par saint Paul. Cf. Rom. xiii, 13 ; Col. III , 7. etc. — Secundum..., secundum... La vie des pécheurs apparaît à l'apôtre comme dominée par une influence néfaste, opposée à celle de Dieu. Cette influence est double : il y a celle du monde et celle du démon. — L'expression extraordinaire sœctdum mundi hujus (xbv aîcova TOu v.6(T\L0\) toutou) est formée par la réunion de deux mots synonymes, le siècle et le monde. Cf. I Cor. I, 20; ii, 6; m, 19, etc. Elle représente l'esprit et les tendances de ce monde , tout entier plongé dans la corruption. — La suivante, principem potestatis aeris..., est plus surprenante encore; mais sa signification est nettement déterminée, soit par le contexte, soit par divers passages parallèles du Nouveau Testament. Comp. Joan. XII, 3 et xiv, 30, où Jésus -Christ donne à Satan le titre de « chef de ce monde ». Plus bas, dans cette épitre même (vi, 12), Paul appelle les esprits mauvais « mundi rectores tenebrarum ». Voyez aussi Col. i, 13. Ces noms proviennent de la puissance très réelle que les démons exercent dans le monde depuis la chute de l'homme. Ce « prince de la puissance... » ef-t donc celui qui commande à d'autres chefs placés sous ses ordres. Allusion à l'organisation hiérar-
Eph. II, 3-6.
3. in quibus et nos omnes aliquando conversati sumus in desideriis carnis nostrae, faci entes voluntatem carnis et cogitationum ; et eramus natura filii irse, sicut et ceteri.
4. Deus autem , qui dives est in misericordia, propter nimiam caritatem suam qua dilexit nos,
6. et cum essemus mortui peccatis, convivificavit nos in Christo (cujus gratia estis salvati),
6. et conresuscitavit , et consedere fecit in caelestibus in Christo Jesu,
3. Nous tous aussi nous. étions autrefois dans ces désordres, et nous vivions selon les convoitises de notre chair, accomplissant la volonté de la chair et de nos pensées ; et nous étions par nature enfants de colère, comme les autres.
4. Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de l'amour extrême dont il nous a aimés,
5. lorsque nous étions morts par nos péchés, nous a rendu la vie dans le Christ (par la grâce duquel vous avez été sauvés),
6. et avec lui il nous a ressuscites et nous a fait asseoir dans les cieux, en Jésus -Clirist,
chique des démons. Quant au substantif aeris, on doit le prendre dans sa signification habituelle; il désigne les régions aériennes, où la théologie juive et la plupart des anciens Pères
Têtes de démons, (Monuments africains.
localisent en partie les démons, comme le fait observer saint Jérôme. — Spiritus est au génitif (toO TivcùjiaTo;) et dépend de « principem »: l'esprit mauvais, l'influence spirituelle tout à fait néfaste qui agit dans un sens entièrement opposé aux tendances mises en nous par l'esprit de Dieu. — In fllios diffidentise. Mieux, d'après le grec : dans les fils (« In filiis »)... La locution est tout hébraïque. Cf. II Reg. vir, 10; Prov, XXXI, 5 ; Col. III, 6 ; I Thess. v, 5 ; II Thess. ii, 3. Les flls de l'incrédulité ne sont autres que les Incrédules. Le grec àTtetôsta; peut se traduire aussi par désobéissance. — In quibus (vers. 3). Ce pronom retombe, comme au vers. 2, sur les deux substantifs réunis « delictis et peccatis... » du vers. l^. — Les mots et nos, par opposition à « et vos » de ce même verset 1, qui désignait les païens convertis, représentent les chrétiens issus du judaïsme. — Conversati sumus. A l'imparfait dans le grec , « versabamur, » pour exprimer la durée. Juifs et païens étaient donc plongés dans le péché avant l'application des mérites du Chri-t, comme Paul l'a longuement démontré au début de l'épitre aux Romains. — In desideriis carnis... Convoitises malsaines, qui entraînent facilement l'homme au mal. La chair, c'est ici non seulement le corps, mais la partie Inférieure de notre être, par opposition à l'esprit. Voyez
I Cor. III, 1, et le commentaire. — Facientes voluntatem... Triste résultat des désirs de la chair. Cogitationum (6iavoic5v) est pris en mauvaise part. — Eramus natura filii (ou , d'après une autre leçon : « filii natura ») irse... Parole célèbre dans l'histoire de la théologie. C.-à-d. :
par le fait même de notre naissance , nous étions sous le coup de la colère et de la justice rigoureuse de Dieu. Paul ne pouvait pas exprimer plus clairement l'existence du péché originel.
Voyez saint Augustin, contra Pelag.; de Retract., i, 10, 3, etc.
— SiGut... ceteri. Comme les païens eux-mêmes. Cf. I Thess.
4-10. De quelle manière est venue la régénération. — Deus autem... C'est lui seul qui pouvait la produire, et il a fallu pour cela toute sa miséricorde (dives... in...) et tout son amour (propter nimiam..., 6tà Tr\y 7roX),y)v àyàTnf^v), tant nous étions indignes de ses grâces. — Mortui peccatis. Comme au vers. 1 : morts par suite de nos transgressions. Tel a été le point de départ des opérations merveilleuses de Diea à notre égard. — Elles sont décrites au moyen de trois verbes composés, d'une grande énergie, qui mettent la vie nouvelle du chrétien en relation intime avec la résurrection de Notre - Seigneur Jésus - Christ. Le premier, convivificavit (<Tuv£- ^MOTioir\(7z), exprime la pensée d'une manière plus générale. Au lieu de in Christo, il faudrait simplement le datif, sans préposition : Il nous a fait revivre avec le Christ. A la base de ce laogage aussi exact qu'il est beau, se trouve la théorie, chère à saint Paul, de notre union étroite avec le Sauveur, Cf. i, 22 et 23. Puisque nous ne formons avec lui qu'un seul corps dont il est le chef, lui ressuscitant, nou" ressuscitons aussi de notre état de mort, et de même nous montons ensuite au ciel avec lui : conresuscitavit (cruvriyetpe, vers. 6), consedere fecit ( (TUvcxaGicrev)... L'emploi du ten>ps passé est très significatif : la rédemption est déjà comme uq
Eph. II, 7-11.
7. afiû de montrer dans les siècles à venir les richesses surabondantes de sa grâce , par sa bonté envers nous , en Jésus - Christ.
8. Car c'est par la grâce que vous avez été sauvés , au moyen de la foi ; et cela ne vient pas de vous, puisque c'est un don de Dieu.
9. Ce n'est point par les oeuvres, afin que nul ne se glorifie.
10. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus -Christ, en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées , afin que nous y marchions.
11. C'est pourquoi souvenez -vous qu'autrefois, vous païens dans la chair,
7. ut ostenderet in sœculis supervenientibus abundantes divitias gratiae suae in bonitate super nos, in Christo Jesu.
8. Gratia enira estis salvati per fidem ; et hoc non ex vobis, Dei enim donum est,