‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 340 sur 873 · Car c'est lui qui est notre paix · texte numérisé non relu

Car c'est lui qui est notre paix

gratitude. Dieu était allé les chercher beaucoup plus loin que les Juifs. Comp. les vers. 1 3 et 17.

— Aliquando (Tioxé) : avant l'heureux jour de leur régénération. — Gentes : Ta ëbvT) avec l'article, haggoïm de l'hébreu; toutes les nations à part les Juifs. — Les mots in carne ne désignent pas un état charnel et misérable, le contraire d'un état spirituel (« in spiritu »). Ils ont ici, comme il ressort de la proposition suivante, le sens de « physiquement » : les Gentils ne portaient pas sur leur chair, comme les Juifs, le signe d'une alliance contractée avec Dieu. — Qui dicimini... Allusion à l'appellation de noncirconcis, qui leur était donnée avec un souverain mépris par les Juifs, fiers de leur circoncision (ab ea qux...). — Circumcisio... L'abstrait pour le concret : toute la race des circoncis. Il est très probable que l'épithète manu facta signifie, dans la pensée de Paul, que la circoncision purement extérieure n'a aucune valeur par elle-même, ainsi qu'il le dit si bien Rom. ii, 25 et S8; néanmoins cette idée est très secondaire ici. Cf. Col. II, 11. — Quia eratis... (verset 12). Description de la con^iition vraiment misérable des païens sous le rapport religieux et moral. — Siyie Christo : sans aucune relation avec le Messie ; et pourtant c'est à lui que se rattachaient les promesses relatives à la rédemption. Les Juifs possédaient jusqu'à un certain point le Christ par les prophéties, et Ils aspiraient ardemment à sa venue et à ses bienfaits.

— Alievati a conversatione... LaVulgate a pris le substantif noXireta dans une acception trop générale. Il vaut mieux lui donner en cet endroit la. signification plus restreinte, mais plus exacte, de droit de cité (cf. Act. xxii, 28), et surtout de constitution politique. Israël formait un royaume à part; 11 avait le grand honneur de rivre sous le régime théocratique, dont les païens étaient exclus. L'expression « alienati » suppose, et à bon droit, qu'ils avaient autrefois appartenu eux-mêmes d'une certaine manière. Indirectement, à ce divin empire. — Hospites (^ivoi). C.-à-d., étrangers. D'après le grec, il ne faut pas de virgule entre les mots testamentornm, et promissionis , mais seulement après ce dernier : Étrangers aux alliances de la promesse. Ce qui revient à dire : Laissés complètement en dehors des alliances réitérées que Dieu avait conclues avec les patriarches, puis avec toute la nation Israélite, alliance dont le point princi-

pal et le terme étaient toujours la grande promesse relative au Messie (triç iTzayyelia.Q, avec l'article). — Spem non habentes. L'expression est très générale. Sans espérance aucune, puisqu'ils n'attendaient pas de rédempteur. La littérature classique des païens commente tristement cette assertion de l'apôtre : l'incertitude religieuse et morale règne partout, nulle part il n'y a de base pour l'espérance. Aussi, « dans THellade, à l'époque d'Alexandre le Grand, était-ce une phrase proverbiale que la meilleure de toutes les choses était de n'être pas né, puis la meilleure après celle-là, de mourir. » — Sine Deo (àOeoi). La triste nomenclature s'achève par ce « degré le plus profond de la misère humaine ». Malgré leurs idoles sans nombre, les païens n'avaient ni l'idée, ni la connaissance du vrai Dieu. Cf. Rom. i, 19 ; Gai. iv, 8 ; I Thess. iv, 5, etc. — In hoc mundo. Ce simple trait dit beaucoup : dans ce monde de l'humanité déchue, du péché, de l'angoisse, ils étaient sans Dieu, sans Christ, sans espérance. Rien ne pouvait donc les préserver, les fortifier, les consoler. 13-18. La situation nouvelle des Éphésiens issus du paganisme.— Nunc autem : maintenant que la rédemption est un fait accompli. Le contraste commence. Cette autre description est aussi lumineuse que la précédente était sombre. — In Christo Jesu. Non plus « sine Christo », mais dans une union vivante avec le Messie rédempteur. — Vos qui... longe, facti... prope. Ces mots correspondent à « alienati... et hosp'tes... » du vers. 12. Les deux adverbes marquent, d'une part, l'éloignement où les païens étaient du vrai royaume de Dieu, et de l'autre, leur incorporation dans ce royaume, dans l'Église chrétienne. — In savguine... Le sang précieux du Christ a été comme l'instrument par lequel a été opérée cette merveille, car il est le sang de l'alliance, répandu pour la rémission des péchés. Cf. Matth. xxvi, 28. — Ipse enim... (vers. 14). Il appartient, continue l'apôtre, directement au rôle du Christ de rapprocher et de réconcilier, puisqu'il est personnellement la paix. Cette pensée va être exprimée en termes plus précis. — Qui fecit (c.-à-d., « quippe qui fecit ») utraque... Le grec emploie également le neutre, ta à[xqp($Tepa : les deux choses, les deux systèmes religieux qui existaient avant le christianisme : le judaïsme et le paganisme. Ces choses disjointes, ou plutôt opposées formellement l'une h l'autre. Jésus le#

Epii. II,

qui des deux peuples n'en a fait qu'un ; il a renversé le mur de séparation, l'inimitié , daus sa chair ;

15. il a aboli la loi des ordonnances avec ses prescriptions, afin de former en lui-même, de ces deux peuples, un seul homme nouveau, en faisant la paix,

16. et de les réconcilier tous deux dans un seul corps, avec Dieu, par la croix, en détruisant en lui-même leur inimitié.

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