‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 341 sur 873 · Et veniens evangelizavit pacem · texte numérisé non relu

Et veniens evangelizavit pacem

a réunies ensemble de manière à n'en faire qu'une seule {unum), mais d'une beauté singulière , « conirae si , dit saint Jean Chrysostome , quelqu'un faisait fondre une statue d'argent (le Judaïsme) et une statue de plomb (le paganisme), et qu'il sortît de ce mélange une statue d'or (l'Église). » — Paul va nous faire connaître tout à la fois l'obstacle qui séparait les deux parties de l'humanité en deux camps hostiles, et la manière dont le Christ l'a renversé. L'obstacle est d'abord désigné par une métaphore : medivm parietem maceriee. Dans le grec : xb [ASadro t)(ov (expression très rare) toO çpaY(j,oO, le mur intermédiaire de la haie. C.-à-d. : le mur intermédiaire qui consistait dans la haie ; ou bien : le mur... appartenant à (surajouté à) la haie. Ce mur Infranchissable, c'était la loi mosaïque, réellement placée par Dieu tout autour d'Israël comme une haie destinée à l'isoler pour un temps des autres peuples. Cf. Is. v, 2. Jésus l'a renversé (solvens) en abrogeant les prescriptions légales. Il est probable que cette image a été suggérée à saint Paul par le petit mur qui séparait , dans l'enceinte du temple de Jérusalem , la cour des païens de la cour d'Israël, où il leur était interdit sous peine de mort de pénétrer. Voyez Act. XXI, 28 et le commentaire (AU. arch., pi. xcviii, flg. 2; pi. xcix, fig. 1 et 2). — D'après la ponctuation de la Vulgate, le substantif inimicitias sert d'apposition à « parietem », et représente la haine séculaire qui existait entre les Juifs et les païens. On peut aussi le rattacher à « legem » du vers. 15 ; ce qui donne un sens tout semblable. Il est moins bien de lui faire désigner l'inimitié soit des Juifs, soit des païens, à l'égard de Dieu; cette idée ne viendra qu'un peu plus bas (cf. vers. 16"). — La locution in carne sua équivaut à « in sanguine Christi » du vers. IS''. C'est la chair innocente du Christ rédempteur qui a payé le prix de cette réconciliation des deux races ennemies. — Le vers. 15 nous apprend d'une manière plus explicite comment le Christ a renversé le mur qui divisait l'humanité. Ce mur n'était autre que la loi ; Jésus a annulé (xa- Tapyrjaaç, evacuavs) celle-ci, et le mur est tombé. — La loi mosaïque reçoit un nom significatif : legem mandatorum. En effet, par sa nature même, elle consistait en préceptes très nombreux, qui saisissaient à tout instant et dans toutes les directions ceux qui lui étalent sou-

mis. — Decretis. Plutôt : « in decretis » (èv ôôy[;,ao-tv). Jésus-Christ a abrogé cette loi dans ses décrets multiples, par conséquent dans sa teneur même, dans sa totalité. Il est moins bien de traduire : ( annulant la loi ) par ses propres décrets; comme si l'apôtre eût voulu dire que le Christ a substitué les préceptes évangéliques à ceux de la religion Juive. — Ut duos... Au vers. 14, le neutre « utraque » marquait les deux systèmes opposés ; le masculin désigne des personnes concrètes. — Condat (xtco-yj). C'est d'une création toute nouvelle qu'il s'agissait. Cf. II Cor. v, 17.— In semetipso : car Jésus -Christ est personnellement le principe et la base de l'unité qu'il a établie entre les Juifs et les Gentils. — In unum, novum... L'organisme grandiose de l'Église est de nouveau comparé à une personne unique. Cf. i, 23; IV, 24, etc. De même que tous les hommes n'en forment pour ainsi dire qu'un seul en Adam, de même les chrétiens n'en forment qu'un aussi dans le Christ. Cet homme unique est nouveau , car il n'est ni Juif ni Gentil; il a reçu une nature toute différente de celle qu'il avait auparavant. — Faciens pacem. Heureux résultat de l'unité. — Et reconciliet... Deo (vers. 16). Le Sauveur ne s'est pas contenté de réconcilier entre eux les païens et les Juifs ; il a aussi réconcilié avec Dieu lui-même ces deux groupes de l'humanité (amhos) , qui vivaient en guerre avec lui. comme il a été dit ci-dessus (cf. vers. 1 et ss.). — Per crucem. L'idée du sacrifice propitiatoire du Christ revient pour la troisième fois à quelques lignes d'intervalle. Comp. les vers, 13 (« in sanguine... ») et 14 (« in carne sua »). — In uno corpore. Non pas le corps de Jésus attaché à la croix ; mais le corps de l'unique riouvel homme. — Interficiens... L'expression est très bien choisie, puisque c'est par sa propre mort que le Christ a mis fin à l'inimitié en question. — In semetipso. « Sur elle- » , d'après le grec : sur la croix. — Et venien^... (vers. 17). Après avoir indiqué la manière dont Jésus-Christ a assuré la paix entre les hommes, saint Paul montre comment il l'a annoncée. Nous sommes ainsi ramenés légèrement en arrière au point de vue chronologique, puisque nous passons de la mort de Notre- Seigneur à sa prédication. Il est vrai que le verbe evangelizavit se rapporte aui^ si k la prédication des apôtres , les délégués du Christ. — Qui lovge... qui prope... Les païens et

Epii. II, 18-21.

& vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près ;

18. car c'est par lui que nous avons accès les uns et les autres dans un même Esprit auprès du Père.

19. Vous n'êtes donc plus des étrangers et des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, et membres de la famille de Dieu,

20. puisque vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, le Christ Jésus étant lui-même la pierre angulaire.

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