afin que les principautés et les
ster (vers. 7). Paul revient sur son rôle personnel par rapport à l'évangile : il a eu l'Insigne honneur d'en devenir le ministre, le serviteur ( ôtdtxovoç). — Les mots donum gratise Dei équivalent à « dispensationem gratiae Dei » du vers. 2, et ce ministère glorieux fut confié k l'apôtre secundum operationem (èvépystav) virtutis... Paul reconnaît donc tout ensemble dans sa mission un grand don céleste , et une force divine qui le soutenait et l'excicait sans cesse.
8-13. Non seulement Dieu lui a confié son secret relatif ^x païens, mais il l'a chargé de le réaliser et d'accomplir celte œuvre admirable de sagesse et de bonté. — Mihi omnium. . . L'apôtre fait ici une courte pause. La sublimité de sa tâche lui rappelle son indignité personnelle, et il fait un acte de profonde huniilicé avant de décrire à nouveau les merveilles que le Seigneur avait opérées par lui. Cf. I Cor. xv, 9 ;
I Tim. I, 15-16. — Minimo. Le mot grec â).ayi(Jxoxip(x> ne se retrouve nulle part ailleurs.
II a une force particulière, car c'est un superlatif mis au comparatif : plus petit que le plus petit. Sanctorum est pris substantivement, et désigne comme d'ordinaire les chrétiens. — Gratia hsec. La fin du vers. 8 et le vers. 9 nous disent en quoi elle consistait. — Le substantif gentibus est mis en avant, comme portant l'idée principale. — Investigabiles divitias. Au singulier dans le grec : la richpsse... Il faudrait « ininvestigabiles » pour traduire exactement l'adjectif àv£^r/v[a<iTOv (qui n'est employé que par saint Paul dans le \ouvcau Testament, ici et Rom. XI, 33). A la lettre : dont on ne peut trouver les traces; par conséquent, incompréhensible. L'évangile est admirablement résumé dans cette simple parole : la richesse infinie du Christ. « Tout est centralisé dans le Christ , » et de lui s'échappent des bénédictions sans nombre pour le monde entier. — Et illaminare... (verset 9 ). Quelques anciens manuscrits omettent à tort Ttâvta; iomnes), qui est suffisamment accrédité. L'évangile a mie en pleine lumière des vérités qui étalent auparavant cachées : telle est celle de l'appel de tous les hommes au salut, dont il est ici question. — Qux sit dispensatio. Comme plus haut, vers. 2 (voyez les notes); avec cette différence que, précédemment, Paul parlait de sa propre charge de dispensateur, tandis qu'il a maintenant en vue, d'une manière tout objec-
tive, le nouvel ordre de choses que Dieu venait d'établir. Cette nouvelle économie consistait dans l'offre du salut faite indistinctement à tous. — Sacramenti : c.-à-d., du mystère. La formule a sseculis (àiio Ttov aîœvwv ; cf. Col. i, 26) signifie : depuis le commencement des âges , ou du temps. Dieu avait donc bien gardé son secret durant le cours des siècles, jusqu'à l'avènement du Messie. C'est en lui-même (in Deo) qu'il avait caché « ce grand trésor de bénédictions inconnues. » — Qui omnia creavit. Quelques manuscrits ajoutent : par Jésus -Christ. Ce n'est probablement qu'une glose. On s'est demandé ce que vient faire ici cette mention de la création. Mais les deux concepts de la création et de la rédemption sont souvent associés dans la Bible. De plus, dans ce passage, l'apôtre veut montrer que Dieu, étant le Créateur et le Maître de toutes choses, avait le droit de cacher et de révéler son secret selon son bon plaisir. — Ut innotescat ( vers. 10 ), Dans le grec : Afin que soit connue maintenant. Cet adverbe est très accentué; il désigne l'époque de l'évangile, par opposition aux siècles antérieurs. La conjonction "vï (« ut ») marque comme d'ordinaire une intention ; toutefois, on ne doit pas la rattacher à <ï data est » du vers. 8 , mais seulement aux mots « absconditi a saeculis » du vers. 9. Le mystère avait été caché auparavant, afin que la sagesse de Dieu se manifestât maintenant dans toute sa plénitude. — Principatibus et potestatibus. Ces noms représentent de nouveau tout le monde des anges. Voyez i, 21 et le commentaire. La pensée est vraiment sublime. Les esprits célestes contemplent avec un Intérêt très vif le plan de la rédemption. Cf. I Petr. i, 12. Chaque détail de son exécution leur révèle quelque chose ; car, quoique de beaucoup supérieure à la nôtre, leur intelligence est bornée. Dieu ne leur manifeste pas à l'avance toutes ses œuvres de bonté à l'égard de l'homme ; ils les m apprennent du moins par leur réalisation. C'est ^ ainsi qu'ils ont été singulièrement instruits per ecclesiam, par la fondation de cette Église, composée de toutes les races humaines, qui devait être pour nous une arche de salut, et dans laquelle la sagesse des desseins de Dieu éclate avec tant de force. — Multiformis. L'adjectif composé 7ro)iUTtot/i>.oç n'apparait qu'en cet endroit du Nouveau Testament. Une sagesse « aux
Eph. III, 11-14.
piiÎPsaTices, dans les cicnx, connaissent par l'Eglise la sagesse infiniment variée de Dieu
11. selon le dessein éternel qu'il a formé en Jésus - Christ Notre - Seigneur,
12. en qui nous avons la liberté de nous approcher de Dieu avec confiance, par la foi en lui.
13. C'est pourquoi je vous demande de ne pas perdre courage, à cause de mes tribulations pour vous, car elles sont votre gloire.
14. A cause de cela je fléchis les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus - Christ ,
testatibus in CcTelestibus per ecclesiam muliiformis sapientia Dei ,
11. secundura prœfinitionem saeculorum , quara f ecit in Christo Jesu Domino nostro,
12. in quo habemus fiduciam, et accessum in confidentia per fidem ejus.
13. Propter quod peto ne deficiatis in tribulationibus meis pro vobis, quae est gloria vestra.
14. Hujus rei gratia flecto genua mea ad Patrem Domini nostri Jesu Christi,
faces multiples » et jamais à bout de moyens était nécessaire pour résoudre le problème très complexe de la rédemption, qui mettait pour ainsi dire en lutte la justice, la sainteté et la bonté de Dieu. — Secundum prsefinitionem... (vers. 11). C.-à-d. : en conformité avec le plan des âges. Ces mots dépendent du verbe « Innotescat ». En jetant les yeux sur l'Église du Christ, les anges voient en elle le résultat final du dessein de Dieu en ce qui concernait le salut des hommes. C'était le plan des âges : ce qui signifie, suivant les uns, un projet éternel; mieux peut-être, suivant les autres, un dessein qui a subsisté à travers les longues périodes de l'histoire tla période patriarcale, celle de Moïse, celle des prophètes, etc.), jusqu'à ce qu'arrivât le jour où il devait être accompli. — Quam /ecit. Non pas : (Le plan) qu'il a exécuté ; mais : qu'il a formé. — In Christo... C'est en lui, comme Verbe éternel , que l'idée de la rédemption a été conçue par le Père ; c'est eu lui , devenu le Jésus historique, Jésus notre Seigneur (Jesu Domino...), qu'elle a trouvé son accomplissement. — In qvo habemus... (vers. 12). Le temps présent est à noter : Nous avons ; la rédemption a eu lieu en Jésus -Christ, et les anges peuvent admirer avec quelle sainte hardiesse (fiduciam; Tzapp'riaiâv, le droit de tout dire) et quelle confiance filiale les chrétiens peuvent s'approcher de Dieu (accessum ; dans le grec : introduction ; notes de II, 18). — In confidentia. Y oyez en quel beau langage cette confiance est exprimée dans l'ép. aux Rom., VIII, 38-39. — Per fidem ejus. C. àd. : par notre fol en lui (Jésus -Christ). Condition essentielle. Cf. Il, 8, etc. — Propter quod (vers. 13) : pnr suite des faits signalés dans les vers. 8-12. — Peto (alToO(xai). Demande adressée aux Éphésiens eux-mêmes, et non pas à Dieu. — Ne deficiatis. Le grec est légèrement ambigu ([ir\ ey-Kaxsiv, à l'infinitif : a non deficere »), et peut recevoir deux interprétations différentes : Je demande que vous ne perdiez pas courage; ou : Je demande de ne pas perdre courage. Mais la suite du verset montre que la Vulgate (comme le syriaque , Théodoret , saint Jérôme et la plupart des commentateurs) a adopté la meilleure tra-
duction. L'apôtre ne craint pas pour lui-même; mais il redoute, dans sa généreuse tendresse, que ?es amis d'Éphèse ne s'affligent outre raesuie des souffrances qu'il endurait durant sa longue captivité. — Pro vobis : puisqu'il était persécuté en tant qu'apôtre des Gentils. Voyez le vers. 2 et le commentaire. — Quse... gloria... Les épreuves des apôtres sont, en effet, une gloire et un puissant encouragement pour les fidèles. La construction qux est, pour « quse sunt », a été calquée sur le grec, où le singulier (T|Ttç) est employé au lieu du pluriel en vertu de l'attraction.
2° Paul implore le "eigneur de dom er aux Éphésiens les grâces qui font le chrétien parfait. III, 14-21.
14-19. Ardente prière de l'apôtre. — Bujvs rei gratia. Ces mots, qui reprennent la p'iisée du vers. 1, font allusion au contenu de la seconde partie du cbap. ii. — Ftecto genua .. L'attitude d'une { rière particulièrement ferveute.
Personne priant à genoux au milieu d'autres iidorateurs qui sont debout. (Peinture antique.
Cf. III Reg. vm, 54 ; Dan. vi , 10 ; Luc. xxii , 41 ; Act. vil, 60; XX, 36; xxi, 5. — Ad Patrem. Les mots Domi7i,i. . . Jesu Christi ne sont probablement pas authentiques, comme le faisait déjà remarquer saint Jérôme. Ils sont omis par les plus anciens manuscrits grecs. C'est à Dieu , en tant qu'il est le ï*ère de toutes les créatures rai-
Eriî. III, 15-19.
15. ex quo omnis paternitas in cœlis et in terra norainatur :
16. ut det A^obis, secundum divitias gloriœ suse, virtute corroborari per Spiritum ejus in interiorem hominem ;
17. Christum habitare per fidem in cordibus vestris, in caritate radicati et fundati,
18. ut possitis comprehenrlere cura omnibus sanctis quse sit latitudo, et longitude, et sublimitas, et profundum ;
19. scire etiara supereminentem scientiœ caritatem Christi, ut impleamini in omnem plenitudinem Dei.
15, duquel toute famille dans lescieux et sur la terre tire son nom ,
IG. pour qu'il vous donne, selon les richesses de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit dans l'homme intérieur;
17. qu'il fasse que le Christ habite par la foi dans vos cœurs, afin qu'étant enracinés et fondés dans la charité,
18. vous puissiez comprendre, avec tous les saints, quelle est la largeur, et la longueur, et la hauteur, et la profondeur,
19. et connaître l'amour du Christ, qui surpasse toute connaissance , de sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu.
sonnables , qnc le suppliant s'adresse. — Ex quo omnis paternitas (vers. 15). Le mot grec Tiarpca, qui joue avec naxépoi., père, ne désigne jamais la paternité; mais il a la signification de race, tribu, famille. Il faut donc traduire : D'après lequel toute famille est nommée... Les familles du ciel (in cœlis), ce sont les anges ; celles de la terre (in terra), ce sont les différentes natioi s, avec « la division fondamentale » en Juifs et en païens. L'apôtre relève de nouveau par ce trait l'unité parfaite de l'Église, qui ne forme en Dieu qu'une grande famille unique. — Ut det... C'est l'objet de la prière de Paul (vers. lG-17) : en premier lieu, l'affermissement de l'homme Intérieur ; puis la présence perpétuelle et intime du Christ dans le cœur des fidèles. — Secundum divitias gloriœ... Cf. i, 18; Rom. ix, 23. C.-à-d., comme peut le faire celui qui possède toutes les ressources de la nature divine et d'une gloire éternelle. — Virtute corroborari. Deux expressions qui se complètent l'une l'autre : « ut virtute seu fortitudine ab eo accepta corroboremlni » (Estius). — Per Spiritum ejvs. L'Esi)rit- Saint joue un grand rôle dans la vie spirituelle du chrérien, et saint Paul le met volontiers en re'ief, spécialement dans cette épître. Voyez aussi Rom. vin, 9, etc. — In. (elc, de manière à produire) interiorem hominem. Sur cette expression , voyez Rom. vu, 22 et les notes ; II Cor. IV, 16. Elle désigne en fait l'esprit humain régénéré. — Christum habitare... (vers. 17). liC verbe xaTOty.YJaat marque une hablialinn permanente. Le Christ habitait déjà depuis longtemps dans le cœur des fidèles d'Éphès'' ; mais sa pré-ence peut toujours devenir plus complète et plus personnelle. — Per fidem. La condition « sine qua non » est réitérée sans cesse : par une adhésion ferme, entière, à toutes les vérités révélées. — Mais l'amour, l'apôtre le redit perpétuellement aussi, doit être associé à la foi : in caritate... Les participes radicati et fundati expriment avec une force particulière le rôle important de l'amour pour le chrétien. Celui-ci est comparé, d'une part, à un arbre qui plonge profondément ses racines dans le sol fertile de la cha-
rité; de l'autre, comme ci -dessus (ii, 20-22), aux pierres d'un édifice spirituel qui a la chai ité pour base. Cf. Col. ii, 7. — Ut... (vers. 18). But pour lequel l'apôtre demande à Dieu la présence intime de Jésus -Christ dans le cœur des Éphésiens. — Possitis. Plus fortement dans le grec : (Pour que) vous deveniez capables. — Comprehendere (xaTaXaêlo-Ôat). A la lettre : saisir (par la perception intellectuelle). — Cum... sanctis: en union avec la grande assemblée des chrétiens. Cf. I, 15; VI, 18; Col. ii, 4, etc. — Quse sit latitudo, et... et... Ces quatre expressions, qui se ramènent à trois , puisque la hauteur et la profondeur ne forment qu'une seule et même dimension, sont destinées à marquer l'Immensité de l'objet dont saint Paul souhaite si ardemment l'intelligence à ses lecteurs. Cet objet n'est pas nommé tout d'abord en termes directs, et l'on a fait diverses hypothèses à son sujet. D'après saint Jean Chrysostome, Théodoret, etc., il s'agirait encore du divin mystère qui a été exposé dans la première moitié de ce chapitre ; selon d'autres interprètes, il serait question de l'Église chrétienne figurée sous l'allégorie d'un temple (cf. ii, 19etss. ). Mais il suffit d'aller à la ligne suivante, pour trouver une application beaucoup plus satisfaisante : l'apôtre, comme on le pense communément, a voulu parler de l'amour du Christ, amour dont les dimensions sont infinies. — Scire etiam... ( veis. 19). D'après quelques auteurs, les mots supereminentem scientiœ caritatem... signifieraient : l'excellente charité qui naît de la connaissance que nous avons de Jésus -Christ. Mais tel n'est pas le sens de la locution gi*ecque ty,v uTrepêàXXo'jaav Tr,ç yvcoastoç àyâ-KT^v, qui marque un amour dépassant la science humaine. Il y a donc un beau paradoxe dans les termes mêmes dont se sert l'apôtre, puisqu'il désire que ses lecteurs connaissent une chose qui ne peut pas être connue des hommes, à savoir, l'amour sans bornes que Jésus -Christ a pour nous. Du moins les Éphésiens pouvaient, et tout chrétien le peut à leur suite, faire des efforts incessants pour mieux connaître et mieux comprendre cet amour ineffable, l'amour d'un Dieu fait homme. — Ut
Eph. III, 20 — IV, 2.
20, A celui qui , par sa puissance qui opère en nous, peut faire infiniment plus que tout eo que nous demandons et tout ce que nous pensons ,
21. à lui soit la gloire dans l'Eglise et en Jésus -Christ, dans la succession de tous les âges et de tous les siècles. Amen.
20. Ei autcm qui potens est omnia facere superaLundanter quani petimus aut intelligimus, secundum virtutem quoe op.cratur in nobis,
21. ipsi gloiia in ecclesia, et iii Cliristo Jesu, in oranes generationes sœculi sœculorum. Amen.