‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 350 sur 873 · Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême · texte numérisé non relu

Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême

6. Il y a un seul Dieu et Père de tous, qui est au - dessus de tous , qui agit par tous, et qui réside en nous tous.

7. Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ.

8. C'est pourquoi l'Écriture dit : Étant monté en haut , il a emmené des captifs , il a donné des dons aux hommes.

milité, base de l'union des cœurs, de même que l'orgueil est une source de haine et de discorde. Comp. Act. XX, 19, où Paul, parlant de sa conduite à Éphèse, affirme qu'il a servi le Seigneur en toute humilité. Ensuite, il y a la douceur, la patience, la chai'ité qui supporte les défauts du prochain. — Le point essentiel est marqué par les mots solliciti servare... (vers. 3). L'unité d'esprit suppose l'unité de pensées et de sentiments. Elle doit exister entre tous les chrétiens comme entre les .membres d'une même famille. — In vinculo pacis. C.à-d., de manière à produire la paix, ce lien si fort.

2° Motifs qu'ont les chrétiens de garder entre eu?ç l'unité. IV, 4-16.

4-6. Ils ne forment tous ensemble qu'un seul corps; ils n'ont qu'un seul Seigneur et un seul Dieu. Il y a gradation ascendante dans cette énumération, qui est très éloquente malgré sa simplicité : l'Église au vers. 4, le Christ au vers. 5 , Dieu au vers. 6. Par cela seul qu'ils appartiennent à la même Église , à un seul Seigneur, à un Dieu unique, les fidèles doivent vivre dans l'union la plus étroite. — Unum corpus. Ce corps n'est autre que l'Église. Cf. I, 23; II, 15-16; I Cor. xii, 13, etc. — Unus spiritus. Là où il n'existe qu'un seul corps, il n'y a aussi qu'un seul esprit pour l'animer ( saint Jean Chrys.). Il est peu probable que l'auteur ait voulu parler ici de l'Esprit -Saint, en tant qu'il vivifie l'Église. — Sicut... in una spe... La vocation des chrétiens leur donne à tous une même espérance, celle du salut éternel; ce fait ne peut manquer d'augmenter leur sympathie réciproque. — Unus Don.inus... (vers. 5). La source de l'unité de l'Église, c'est le Seigneur par excellence, Jésus -Christ, son divin chef. Les instruments de cette unité sont la foi , identique pour tous, dont Jésus est l'objet, et le baptême, conféré à tous au nom du Christ. — Unu^ Deus... (vers. 6). L'auteur et l'organisateur suprême de l'unité. L'arrangement rythmique de ces trois versets est remarquable : chacun d'eux contient une triade spéciale. — L'adjectif omnium parait devoir être limité loi aux

membres de l'Église, dont 11 est particulièrement question dans tout ce passage. Il en est de même pour omnes et omnibus. — Qui est... L'apôtre signale, au moyen de trois prépositions distinctes, trois manières dont l'action de Dieu s'exerce sur les chrétiens. Il est super (lizi)..., en tant que Maître souverain; per (ôtà) omnia (il faudrait encore « omnes », au masculin), en ce sens que son Influence toute - puissante pénètre à travers tous les membres du corps de l'Église ; in omnibus ( le pronom nobis n'est pas mieux uccrédité que y[J.tv, « vobis », de quelques manuscrits), puisqu'il habite en tous.

7-10. Autre motif de l'unité entre chrétiens : il est tiré de la diversité des dons spirituels conférés à chacun d'eux par le Christ, en vue du bien de toute l'Église. Cette pensée , simplement ébauchée au vers. 7, sera développée plus bas, vers. 11 etss. Les vers. 8-10 forment une sorte de parenthèse , dans laquelle l'apôtre démontre que Jésus -Christ est vraiment le distributeur des dons célestes. — Unicuique autem... Ce n'est pas seulement avec l'Église entière que le Christ et-t en relations intimes, comme lien d'unité, mais avec chacun de ses membres : personne n'est oublié; il répand ses faveurs sur tous, dans l'intérêt universel. — Secundum mensuram dO' nationis... Cf. Rom. xii, 6. Trait important. La grâce n'a pas été accordée à tous dans les mêmes proportions, ni au hasard, mais suivant les desseins pleins de sagesse du divin chef de l'Église. De plus, elle est un don absolument gratuit. — Propter quod dicit... (scil. « Scriptura »). Le fait qui vient d'être énoncé est prouvé par un texte emprunté au Ps. lxvii, 19, mais cité librement, d'une manière Indépendante soit de l'hébreu, soit des LXX. Dans ce cantique, qui célèbre le triomphe de Jéhovah et son entrée victorieuse dans la terre promise, à la tête de son peuple, le poète, s'adreesant à lui comme à un glorieux conquérant, lui dit (d'après l'hébreu, que les LXX suivent de très près) : Tu es monté sur la hauteur, tu as emmené des captifs ; tu as reçu des dons parmi les hommes (voyez le commentaire). Saiat Paul a employé la troibième per*

Eph. IV, 9-10.

9. Or, que signifie : II est monté, sinon qu'il était descendu d'abord dans les parties inférieures de la terre ?

10. Celui qui est descendu est le même que celui qui est monté au-dessus de t(nis les cieux, afin de remplir toutes choses.

9. Quod autem ascendit, quid est, nisi quia et descendit primum in inferiores partes terrae?

10. Qui descendit, ipse est et qui ascendit super omnes cselos , ut impleret omnia.

sonne au lieu de la seconde; mais c'est là peu de chose. Un cliangement beaucoup plus grave consiste en ce qu'il dit : Il a donné , au lieu de : Tu as reçu ; ce qui semble modifier assentiellement la pensée, car c'est sur ce mot que repose sa démonstration. Mais la manière de faire de l'apôtte peut être justifiée de deux manières : !• Le syriaque et le Targum chaldéen traduisent tout à fait comme lui, ce qui supposerait une variante très ancienne dans le texte original ; 2° on peut admettre aussi, avec de nombreux Interprètes, que le verbe hébreu lâ^aq.tont en

inferiores partes... caractéiise cette descente. Mais on l'explique de diverses manières. Il désignerait, d'après les uns, simplement la terre , en tant qu'elle est située bien au - dessous du ciel; d'après les autres, les régions souterraines de la terre, et en particulier le tombeau, ou les limbes. Dans cette seconde hypothèse, admise par divers Pères, l'apôtre aurait signalé ici la mort de Notre -Seigneur Jésus- Christ , ou sa descente dans les limbes avant sa résurrection, dogme qui fait partie du symbolu catholique (« descendit ad infères »). Cf. I Petr.

Assyriens conduisant des captifs. (Ancien bas -relief.)

conservant sa signification primitive de prendre, a plus spécialement en cet endroit celle de prendre pour donner : Tu as pris des dons (pour les partager) entre les hommes. « S'il est de la grandeur d'un prince et d'un conquérant de recevoir des présents et des tributs des nations qu'il a conquises, 11 est de sa libéralité de faire des dons et des largesses à ses troupes et à ses serviteurs. » (Calmet, h. l.). Ce que Jéhovah avait réalisé autrefois, le Messie l'a accompli à son tour d'une autre façon, et l'Esprit-Saint avait aussi en vue l'ascension triomphale et les conquêtes mystiques de Jésus, lorsqu'il inspirait l'auteur du cantique. — Paul fait en détail l'application de ce texte à Jésus -Christ, dans l'intérêt de ses. lecteurs : Quod autem... (vers. 9 et 10 ). Dans le grec : Or, le ( mot ) Il est monté. Ce trait du psaume, ascendit, sert de point de départ au raisonnement. — Quid est. C- à - d. : Que signifie ce mot ? qu'implique-t-il ? — Nisi quia et... En effet, puisqu'il s'agit d'un Messie -Dieu, le fait de son ascension , de son retour au ciel , Suppose Un descendit antérieur. — Le trait in

iir, 18-19. D'après le premier sentiment, que nous croyons le plus problable (car l'autre ne cadre guère avec le contexte), ce passage se rapporte à l'incarnation du Verbe. Dans ce cas, les mots « captivam duxit captivitatem », appliqués au Sauveur, devront s'entendre de sa victoire sur ses ennemis (Saian, le péché, la mort, etc.), victoire qui ne fut complète qu'après qu'il fut allé s'asseoir pour toujours à la droite de son Père. Cf. I Cor. xv, 25. — Qui descendit, ipse... (vers. 10). Il y a beaucoup d'emphase dans cette double assertion ; dans la seconde surtout, qui complète le raisonnement emprunté à la citation du psaume : celui qui était descendu est remonté à sa demeure céleste, et, de son trône, il répand des dons sur nous. — Super omnes cœlos. Le Christ a ainsi réalisé le mot « ascendens in'altura » ; 11 a gravi, non pas seulement l'humble sommet de Sion, comme le divin conquérant ds l'ode inspirée, mais les hauteurs les plus sublimes du ciel. Cf. Hebr. iv, 14; vu, 26, Voyez aussi II Cor. xii, 2 et le commentaire. — Ut impleret... C.-à-d., pour remplir l'univers entier.

Eph. IV, 11-12.

11. Et ipse dédit qnosdam quidem apostolos, quosdam autem prophetas, alios vero evangelistas , alios autem pastores, et doctores,

12. ad consummationem sanctorum in opus ministerii, in aedificationem corporis Christi,

11. Et c'est lui qui a donné les uns comme apôtres, d'autres comme prophètes, d'autres comme évangélistes, d'autres comme pasteurs et docteurs,

12. pour le perfectionnement des saints, pour l'œuvre du ministère, pour l'édification du corps du Christ,

et en particulier l'Église, de sa présence intime, de son influence , de ses dons et de ses bienfaits. Corap. I, 23'' et les notes.

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