‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 351 sur 873 · Développement de la même pensée · texte numérisé non relu

Développement de la même pensée

Saint Paul, d'une part, précise la nature des dons du Christ, et, de l'autre, il en marque le but. Voyez les énumérutions plus complètes de Rom. XII, 4-6 et de I Cor. xii , 4 et ss. — Et ipse. Ce pronom est de nouveau très accentué. — Le verbe dédit a été évidemment employé ici (au lieu de « posuit ») à cause de sa présence dans la citation du vers. 8 : « dédit dona... ». Les divers ministères qui vont être mentionnés sont les dons précieux du Christ à son Église. — Apostolon, proph'ta<f. Voyez n, 20 et m, 5;

d'allégories, tantôt en termes propres, le but pour lequel Jésus -Christ a institué ces nobles et importantes fonctions. Ce but consiste, dans son ensemble, à amener tous les hommes à l'unité entière de la foi , de sorte que le corps mystique du Sauveur soit un et parfait comme son corps réel. L'équivalent de « consummationem » dans le texte original est TtaxapTto-fxov, substantif qui n'est pas employé ailleurs dans le Nouveau Testament, et qui exprime l'idée de perfectionnement, d'agencement idéal. Les « saints » ne diffèrent pas des chrétiens. — In opus ministerii. L'enchaînement de ce trait et du suivant, in sedificationem..., crée quelque difficulté. Quelques interprètes les font dépendre des mots « ad

Les apôtres. ( D'après un ancien sarcophage.)

I Cor. XII, 28 et les notes. — Evangelistas. Ce n' m n'apparaît qu'en trois endroits du Nouveau Testament : ici, Act. xxi, 8 et II Tim. iv, 5. Il est réservé, d'après un ancien usage, aux auteurs des quatre évangiles ; mais il servait tout d'abord à désigner les missionnaires qui allaient annoncer partout la bonne nouvelle. — Pastores et doctores. Ces deux titres sont étroitement associés l'un à l'autre, comme le faisait déjà remarquer saint Jérôme : « Non enim ait : alios autem pastores et alios magistros, sed alios pastores et magistros, ut qui pastor est, ease débet et magister. » Ceux qui les portaient étaient officiellement at tachés à une Église particulière, pour la dirigeret l'instruire. Sur le nom de pasteur spirituel, voyez Joan. x, 1 et ss. ; xxi, 16; Hcbr. xiii, 20; I Petr. II, 2.5 et V, 2, 3, etc. Sur le côté doctrinal du ministère des âmes, voyez Rom. xii, 7; I Cor. xii, 28-29; I Tim. m, 2; III Tim. ii, 24, etc. — Ad consummationein... (vers. 12). A partir d'ici , l'apôtre Indique , tantôt au moyen

consummationem... », et d'un côté le changement des prépositions (a in » , dç, au lieu de « ad », TTpoç), de l'autre la suppression de l'article dans le grec pour la seconde et la troisième formule (elç epyov..., eîç oIxo6o(xtqv), favorisent cette opinion. Le sens serait donc que le Christ a institué des fonctions et des dignités distinctes, afin que tous les membres de son Église soient rendus capables de la bien servir (« in opus... »), et de former un seul et même corps en lui (« in aedificationem... »). Mais les mots « in opus ministerii » ne peuvent guère s'appliquer aux fidèles. Il vaut donc mieux regarder les trois expressions comme parallèles, et traduire : En vue du perfectionnement des saints, pour l'oeuvre du ministère, pour l'édification du corps du Christ. Par « opus ministerii », saint Paul entend les œuvres de zèle de tout genre auxquelles doit se livrer un ministre sacré, s'il veut accomplir fidèlement son devoir. En parlant de rédificatlon du corps de Jésus- Christ, c-à-d.

Eph. IV, 13-16.

13. jusqu'à oe que nous parvenions tous à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme parfait, à la mesure de l'âge de la plénitude du Christ ;

14. afin que nous ne soyons plus des enfants ballottés, et que nous ne soyons plus emportés à tout vent de doctrine, par la malice des hommes, par les artifices séduisants de l'erreur,

15. mais que, pratiquant la vérité dans la charité , nous croissions à tout égard en celui qui est le chef, le Christ.

16. C'est de lui que le corps entier, bien harmonisé et bien assemblé, par

13. donec occurraraus omnes in unitatem fidei , et agnitionis Fiiii Dei , in virura perfectum, in mensuram setatis plenitudinis Christi ;

14. ut jam non simus parvuli fluctuantes, et circumferamur orani vento doctrinae in nequitia hominum, in astutia ad circumventionem erroris.

15. Veritatem autem facientes in cantate, crescamus in illo per omnia, qui est caput Christus :

16. ex quo totum corpus compactum, et connexum per omnem juncturam

de l'ÉgUse, l'apôtre change brusquement de métaphore, et ramène le lecteur aux passages antérieurs I, 22-23 et II, 20-22. — Donec occurramus... (vers. 13). Fin sublime qui sera réalisée sous l'influence du zèle courageux des ministres du Christ : la sainte et douce rencontre de tous les chrétiens dans l'unité de la foi, et dans la connaissance aussi complète que possible {agnitionis; £7ityvco(T£6()ç marque une science parfaite) de Jésus, le Fils de Dieu. Notez l'emploi de ce titre : Jésus, en tant que Fils de Dieu , est l'objet spécifique de la foi et de la connaissance des chrétiens. — In virum perfectum (réXeiov). L'homme fait, l'homme mûr, par opposition à l'enfant (comp. le vers. 14). C'est derechef la figure du corps humain pour représenter l'Église. — In mensuram. setatis... Le substantif r,Xty.îa est ambigu, et peut désigner aussi bien l'âge que la taille (cf. Luc. xix , 3; Joan. ix, 21, etc.). La seconde signification paraît mieux convenir en cet endroit. — Plenitudinis Christi. Ces mots sont diversement interprétés. Suivant les uns : la plénitudu selon laquelle le Christ doit être forujé en nous. Mieux, d'après d'autres : la plénitude des perfections du Christ. Comp. m, 19*», oi'i il est question, dans un sens analogue, de la « plénitude de Dieu » qui doit remplir tout chrétien. L'âge parfait ou la taille parfaite, pour l'Église en général et pour chaque fidèle en particulier, c'est le moment où le corps mystique du Christ reproduira, dans les limites du possible, la sainteté de son divin chef. « Comme pei'sonne ne peut avoir la prétention de se dire arrivé à cette hauteur, il s'ensuit que le travail de perfectionnement est iudéfini. » — Ut jam non. . . ( vers. 14 ), A l'état du plein développement de la vie chrétienne, l'apôtre oppose celui d'une vie demeurée très imparfaite, qu'il nomme, par antithèse avec les mots « in virum perfectum », un état d'enfance, en mauvaise part. — Parvuli, vTiuiot. Sur cette comparaison, voyez I Cor. m , 1 ; Hebr. v, 13 , etc. Deux défauts surtout caractérisent les petits enfants : la légèreté et l'inconstance, d'une part; de l'autre, l'ignorance. Ces deux points sont touchés tour à tour. — Fluctuantes : flottants comme un objet que les vagues poussent en tous sens, et

qui ne peut leur résister (xXuôtDvt^dfxsvot). — Et circumferamur. Le grec a encore le participe : emportés. — Omni vento doctrinas. Image très bien choisie pour désigner les influences fâcheuses des mauvaises doctrines, semblables à des vents violents qui soufilent dans toutes les directions, et qui entraînent les âmes mobiles, mal fixées dans la foi. — Les mots in astutia,.., qui dépendent des verbes « fluctuantes » et « circumferamur », indiquent par quels moyens les enfants dont il est parlé sont détournés de la vérité. Le substantif grec xuêst'a serait mieux traduit par « fraudulentia » que par nequitia. — Ad circumventionem... întQrxtion malsaine qu'avaient en vue les faux docteurs en question. — Veritatem... facientes (vers. 15). Le grec n'a qu'un seul mot, àXrjôeûovTeç, qui signifie : étant dan>s la vérité. C.-à-d., nous tenant dans la vérité évangéllque, dans la foi, lui demeurant fidèles; par contraste avec les enfants, qui se laissent emporter par l'erreur. — In caritate. Au lieu de subir l'influence pernicieuse de la malice humaine, mieux vaut adhérer à la vérité par amour pour Dieu. — Crescamus. L'image de l'organisme vivant reparaît encore. Comp. les vers. 12 et 13. — In illo : en Jésus -Christ, demeurant dans une union vitale avec lui. Mais le grec a l'accusatif : « in illum », jusqu'à lui, de manière à l'atteindre. Comp. le vers. 13. — Per omnia. Notre croissance spirituelle doit avoir lieu dans tout notre être. — Qui est caput. Comme il a été dit plus haut, I, 22. Le mot Christus est renvoyé avec emphase à la fin de la proposition. — Ex quo... (vers. 16). Jésus-Christ est, en effet, « la source à laquelle l'organisme complexe qui va être décrit ici -même doit entièrement aussi bien son existence que son activité. » — Tutum (adjectif accentué) corpus. C'est là le sujet de la phrase qui, dépouillée de toute incidente, continuerait aussitôt par les mots « augmentum... facit in... ». — Compactum. Solidement adapté, dit le grec (auvapfxoXoyoufjLsvov). Cf.ii,21. Cette figure suppose que l'Église, le corps mystique du Christ, vivifiée par son chef, sent à tout moment ses membres s'unir plus harmonieusement les uni aux autres. — Connexum. Ce trait (au(j.êtêo(!^'5* y,evov) associe l'idée de solidité à celle d'har-

Eph. IV, 17-18.

subministrationis, secundum operationem in mensuram uniuscujusque membri, augmentum corporis facit in sedificationem sui in caritate.

17. Hoc igitur dico, et testificor in Domino, ut jani non ambuletis sicut et gentes ambulant in vanitate sensus sui :

18. tenebris obscuratnm habentes intellectum ; alienati a vita Dei, per igno-

toutes les jointures qui s'assistent mutuellement, suivant une opération mesurée pour chaque niembre, lire son accroissement et s'édifie lui-même dans la charité.

17. Voici donc ce que je dis et ce que je vous atteste dans le Seigneur : c'est que vous ne marchiez plus comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées,

18. qui ont l'intelligence obscurcie, qui sont étrangers à la vie de Dieu, à

monie, qui vient d'être exprimée. — Per... juncturam subministrationis. Ce passage est difficile, car l'on n'est pas absolument sûr de la signification qu'il faut donner ici au mot àçri; (Vulg., « juncturam »), non plus que du genre d'assistance mentionné ensuite. Quelques auteurs traduisent : par tout contact d'assistance. D'autres, comme notre version latine : par toute jointure d'assistance. Dans le premier cas, il s'agirait des contacts spirituels par lesquels l'Esprit-Saint transmet la grâce à l'Église. Dans le second, des secours que Dieu, ou le Christ, ou les ministres du Christ, communiquent à tous les membres de l'Église, unis à Jésus- Christ. Cette dernière interprétation nous semble la meilleure. La pensée principale est celle de l'adhésion étroite des membres au chef mystique , par des jointures spirituelles qui produisent cette union, de même que nos jointures matérielles unissent les divers membres de notre corps à la tête. — Secundum operationem... L'assistance en question est réglée d'une manière conforme à l'activité que le Christ a départie à chaque membre (au lieu de membri, (jiXouç, leçon adoptée par d'importants manuscrits, par le syriaque, par saint Jean Chrys., etc., d'autres manuscrits et versions ont [Xcpouç, partie; c'est le même sens). Les mots in mensuram rappellent le vers. 7^, où il a été dit que Jésus -Christ distribue ses dons « secundum mensuram », et non pas ("ga'eiiient à tous. — Augm.entum... facit... Le corps mystique qui est l'Église, constitué ainsi qu'il vient d'être dit incidemment, et rattaché au Christ par des liens solides, effectue lui-même sa propre croissance, comme un organisme plein de vie. — In cediflcationem, sui. De nouveau la métaphore de la construction entremêlée à celle du corps humain. Comp. le vers. 12. — In caritate. Comme au vers. 15«. Toute cette croissance a lieu sous l'action de l'amour, qui est la condition essentielle de l'union des chrétiens avec le Chrst. Cf. m, 17.

§ II. — La sainteté chrétienne, opposée aux vices des païens. IV, 17-V, 21.

Au début du paragraphe qui précède, saint Paul avait Interrompu ses exhortations à peine commencées (comp. iv, 4 et ss.), pour se lancer dans son admirable description des motifs pour lesquels les fidèles devaient gar 1er entre eux une parfaite unité. Il reprend maintenant ses

avertissements pratiques, qui ont d'abord un aspect plus général, vers. 17 et ss., mais qui ne tardent pas à devenir très spéciaux, vers. 25 et ss.

1° Principe de la vie nouvelle que doivent mener les chrétiens, par contraste avec les mœurs dissolues du paganisme. IV, 17-24.

Comme au chap. ii, à deux reprises (cf. versets 1-3, 11-13), l'apôtre ébauche d'abord le sombre tableau de la vie ordinaire des païens, pour mettre en l'egard le portrait d'un chrétien fidèle à ses obligations.

17-19. Triste conduite morale des païens. — La formule solennelle hoc igitur dico, et... rattache ce passage aux vers. 1 - 3 , dans lesquels Paul avait entrepris d'exposer aux chrétiens d'Éphèse la manière dont ils devaient* marcher »; il leur dira maintenant comment ils ne doivent pas marcher ; ut... non ambuletis... — Testificor in Domino. C. - à - d. : Je vous conjure en tant que je suis uni à Notre - Seigneur Jésus -Christ. On a calculé que la formule « dans le Seigneur » revient quarante-cinq fois dans les écrits de saint Paul , et la formule « dans le Christ » plus souvent encore. — Jam : désormais, maintenant que vous êtes devenus « une nouvelle création » en Jésus- Christ. Cf. II Cor. v, 17. — Sicut et gmtes. C est, la leçon des meilleurs manuscrits grecs. D'après une variante moins autorisée : comme les autres païens. L'apôtre a démontré ailleurs, Rom. i, 19 et ss., que, dans le paganisme, l'immoralité est la conséquence inéluctable des erreurs religieuses ; c'est pour cela qu'il touche Ici -même à ces deux points connexes, appuyant même davantage sur la cause que sur l'effet. — In vanitate sevsus... D'après le grec : dans la vanité de leur esprit (toO vo($ç). La raison même des païens était; devenue vaine et vide. Cf. Rom. I, 21. Toute leur activité intellectuelle et morale aboutissait au néant. — Tenebris obscuratum . . . (vers. 18). Les chrétiens, au contraire, sont éclairés par les divines splendeurs. Cf. I, 18. Intellectum correspond assi z exactement au grec ôiavota. — Alienati a vita... Détail plus désolant encore. La vie de Dieu à laquelle les païens sont étrangers n'est pas seulement une vie sainte et approuvée de Dieu, ni une vie qui vient de Dieu en tant qu'il l'accorde à ses amis; c'est la vie dont il vit lui-même dans les hommes régénérés. — Per ignorantiam... Plutôt : « propter Ignorantiam... » (ôtâ). Cea

Ph

Eph. IV, 19-22.

rantiam quse est in illis , propter cascitatem cordis ipsorum ;

19. qui desperantes , semetipsos tradideruiit irapudicitise, in operationem immunditiôe omnis, in avaritiam.

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