probantes quid sit beneplacitum Deo
11. et nolile communicare operibus infructuosis tenebrarum, magis autem redarguite.
12. Quse enim in occulto fiunt ab ipsis, turpe est et dicere.
13. Omnia autem quse arguuntur, a lumine manifestantur ; omne enim quod manifestatur, lumen est.
même en était -11 à présent sous le rapport de la lumière. — In Domino : par suite de leur union avec celui qui est la lumière essentielle. Cf. Joan. I, 4, 6, 9. — Ut filii lucis... Hébraïsine analogue à ceux du vers. 6*> et de ii, 3. Ceux qui sont devenus lumière doivent évidemment avoir une conduite toute lumineuse, c.-à-d. toute sainte et parfaite, comme l'apôtre l'ajoute en termes explicites : fructus enim... (vers. 9). Lucis donne la leçon la plus accréditée (cpcoxoç) ; iiveû- [xaxoç, (le fruit) de l'esprit, qu'on lit dans quelques manuscrits, dans le syriaque, etc., est une correction faite d'après Gai. v, 22. — In omni..., et..., et... Cette formule suppose dans le chrétien, cet être essentiellement lumineux, l'absence de toute ombre, de tout péché, et la présence de toutes sortes de qualités morales, que résument les trois mots bonitate (àyaOa)rsijyr\) , justitia , veritate. La bonté est opposée à la colère (cf. iv, 31'*) ; la justice et la vérité ont été déjà associées plus hant (iv, 24*'). — Probantes quid... (vers. 10). Cf. Rom. xii, 2. Règle excellente pour vivre saintement : rechercher en tout (!t partout ce qui est agréable à Dieu, quelle est sa volonté. Tout environné de lumière, le chrétien réussit sans peine dans ce travail. — M nolite communicare... (vers. 11). La recommandation est d'abord négative, comme au verset 7. — Operibus infructuosis. En effet, les vices ne portent pas de fruits , comme dit saint Jérôme : « Vltia in semetipsa flniiintur et pereunt ; virtutea friigibus pullulant et redundant. » Cf. Rom. VI, 21. — Magis autem... Non contents de n'avoir aucune part aux œuvres des ténèbres, c.-à-d. des païens, If s chrétiens doivent positivement les signaler, les blâmer, les flétrir : redarguite (elÉy/exe a tout à la fois la signiflcation de dénoncer, mettre en lumière, et celle de réprouver, attaquer). — Qvse enim... (vers. 12). L'apôtre veut prouver que cette dénonciation énergique produira d'excellents résultats, et il commence par rappeler les turpitudes des misérables qu'il a en vue dans tout ce passage. — Turpe... et dicere. A plus forte raison serait -il lionteux d'Imiter ces tristes débordements. Comp. le vers. 3**. — Motif de plus pour ne pas se
taire en face de pareils crimes, a pour parler bien haut, afin de confondre les uns et de prémunir les autres. » En effet, omnia... qvse arguuntur... manifeatantur (vers. 13). Ce qui est ainsi signalé et blâmé est mis en pleine lumière et ne peut demeurer caché , puisque omne... quod manifestatur, lumen est. Souvent, le vice n'a d'attraits qu'autant qu'il reste dan& l'ombre ; dès
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Le Christ illuniinateur. (.Fresque ruiiiaine.)
qu'il est manifesté, il perd de ses charmes et ne fait plus autant de victimes. Tel paraît être le véritable sens de ce verset un peu difficile. — Propter quod dicit. Saint Paul se sert parfois de cette formule pour introduire un passage de la sainte Écriture. Voyez iv, 8, etc. Et pourtant la parole citée ne se trouve nulle part dans l'Ancien Testament. De là on a conclu que le texte qui suit, Sxtrge, qui..., serait extrait d'un livre apocryphe, ou d'nu hymne antique en usage dans !a liturgie primitive, ou d'un discours iné-
Eph. V, 14-19.
14. Propter quod dicit : Surge, qui dormis, et exurge a mortuis, et illuminabit te Christus.
16. Videte itaque, fratres, quomodo caute ambuletis ; non quasi insipientes ,
16. sed ut sapientes ; redi mentes tempus, quoniam dies mali sunt.
17. Propterea nolite fieri imprudentes, sed intelligentes quse sit voluntas Dei.
18. Et nolite inebriari vino, in quo est luxuria ; sed implemini Spiritu sancto,
19. loquentes vobisme^tipsis in psalmis, et hymnis, et canticis spiritualibus , cantantes et psallentes in cordibus vestris Domino;
14. C'est pourquoi il est dit ; Lève -toi, toi qui dors , relève - toi d'entre les morts , et le Christ t'illuminera.
15. Prenez donc garde , mes frères, de vous conduire avec circonspection ; non comme des insensés,
16. mais comme des sages ; rachetant le temps, parce que les jours sont mauvais.
17. C'est pourquoi ne devenez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté de Dieu.
18. Et ne vous enivrez pas de vin, c'est de la débauche; mais remplissezvous du Saint-Esprit,
19. vous entretenant par des psaumes, et des hymnes, et des cantiques spirituels, chantant et psalmodiant dans vos cœurs au Seigneur ;
dit de Notre -Seigneur Jésus - Christ , etc. Mais ce sont là des conjectures sans fondement. Il est mieux d'admettre que l'apôtre use ici, comme en d'autres circonstances analogues, d'une certaine liberté relativement aux textes sacrés, et que, sans faire une citation littérale, il combine ensemble plusieurs passages, de manière à donner un sens très exact. L'Idée principale paraît être tirée d'Isaïe, lx, 1 (« Surge, illuminare, Jérusalem, quia venit lumen tuum, et gloria Domini super te orta est »); elle a pu être complétée par des emprunts faits à Is. ix, 2 et xxvi, 2, — Qui dormis : du sommeil de la mort , d'après les mots qui suivent , exurge a mortuis. L'appel s'adresse aux pécheurs, plongés dans les ténèbres de la mort spirituelle; qu'ils fassent un effort pour sortir de leur triste état , et le Christ, qui est la vraie lumière, les illuminera de ses splendeurs.
15-17. Eiihortatlon générale, qui résume toutes les instructions pratiques qui précèdent : que les Éphésiens règlent sagement toute leur conduite, profitant des moindres occasions pour se sanctifier. — Videte. Avec la signification de Prenez bien garde (pXéTrexe). — Quomodo caute. La Vulgate a suivi la meilleure leçon, tî&ç àxpiêtbç (au lieu de ocxpiêwi; Ttcoç : Voyez exactement comment vous marchez). Marcher ou se conduire exactement, c'est le faire exemplairement, d'une manière en toutcouforme aux données de la sagesse chrétienne, comme l'expliquent les mots Non quasi..., sed ut... (vers. 16). — Redimentes tempus. A la lettre dans le grec : Rachetant l'opportunité (xbv xatpdv, le temps opportun, le bon moment); c.-à-d., la saisissant avec empressement, au prix d'efforts sérieux. — Raison pour laquelle il ne faut pas laisser échapper les occasions favorables d'accomplir le devoir : quoniam dies mali... Mauvais' sous le rapport moral , de sorte que les moments opportuns pour faire le bien sont plus rares, et que les dangers, les obstacles sont plus nombreux. — Propterea (vers. 17) : parce q\ie les Jours sont
mauvais , ou parce qu'il faut avoir les yeux bien ouverts pour vivre saintement. — Imprudentes (acppoveç) n'est pas entièrement synonyme de « insipientes » ( ao-oçot ). Le manque de sagesse concerne plutôt la théorie ; le manque de prudence se manifeste dans la pratique. — Intelligentes quœ.,. Pensée semblable à celle du vers. 10. Cf. Rom. xii, 2^
18-21. La joie spirituelle opposée à l'Ivresse grossière. — Et nolite... La conjonction signale le passage du général au particulier. — Inebriari vino. Vice non moins fréquent chez les païens que l'impudicité. L'apôtre le signale à plusieurs reprises : cf. Rom. xin, 13; I Cor. T, 11 et VI, 10; Gai. v, 21 ; I Tlm. m, 3, etc. — In quo... luxuria. Le substantif àctotta désignait chez les Grecs une vie extrêmement dissolue. Cf. Luc. XV, 13 ; Tit. i , 6 ; I Petr. iv, 4. La réflexion de saint Jérôme est bien connue : « Venter mero aestuans facile despumat in libidinem. i> — Sed implemini... Contraste énergique et hardi. Le mot sancto manque dans le grec, où on lit seulement : Soyez remplis de l'Esprit (èv TrveuiJLaTt). Mais l'addition de la Vulgate donne bien le véritable sens, comme il ressort du contexte. — Lorsque les lecteurs de Paul auront laissé l'Esprit de Dieu envahir ainsi tout leur être. Ils ressentiront de saints et joyeux transports, dont l'ivresse produite par le vin n'est qu'une « horrible parodie » , et ils manifesteront leur bonheur par des chants et des prières : loquentes..., cantantes..., gratias... (vers. 19 et 20). Sur ces effets, directement et surnaturellement produits par l'Esprit- Saint, voyez I Cor. xiv, 15, 26. etc. - In psalmis, et hymnis, et carJicis ('^aKp.oXÇy xai ûfxvoiç, xal (oôaîç). Cf. Col. m, 14 Le psaume, étymologiquement, était un cha-it accompagné d'instruments à cordes; l'hymne, un chant de louanges en l'honneur des dieux et des héros; l'ode, un poème lyrique. Mais 11 est possible que saint Paul ait simplement accu mule ces expressions pour appuyer cur la pensée. L'épithète epiritmalibus retombe sans doute sur
Eph. V, 20-23.
20. rendant grâces sans cesse pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus - Christ ;
21. vous soumettant les uns aux autres dans la crainte du Christ.
22. Que les femmes soient soumises ;"i leurs maris, comme au Seigneur ;