De cetero, fratres, confortamini
Maître selon l'esprit, le Christ. — Cum timoré et trtmore. Ces deux substantifs sont aussi associés ailleurs par saint Paul. Cf. I Cor. ii , 3 ; II Cor. VTi, 15; Phil. ii, 12. Le contexte montre qu'on ne doit pas en trop presser le sens ; ils marquent un empressement respectueux et consciencieux à obéir. — In simpUcitate cordis. . . C.-ù-d., loyalement et sincèrement, sans les arrière-pensées citées plus bas (cf. vers. 6»). — (Sicut Christo. Comme pour les femmes mariées et pour les enfants. Comp. le vers. 1 et v, 22. Il ^n'y aurait plus d'amertume à obéir, si, en se pliant aux ordres d'un supérieur, on regardait le Christ dans sa personne. — Le trait « in simplicitate... » est développé en termes tour à tour négatifs et positifs, dans les vers. 6-8. D'abord négativement, vers.6* : non ad oculum..., quasi... Un service qui n'est fait que pour les yeux du maitre (xaT'oçôaXfjLoSouXîav ; expression qui n'apparaît qu'Ici et Col. m, 22), par calcul, afin de gagner ses faveurs, n'est évidemment Adèle et honnête que lorsque l'intérêt de l'esclave est en cause. — Hominibus placentes. Le mot composé av6pa)7:âp£CTxoi ne se rencontre nulle part chez les auteurs classiques ; mais on le trouve dans les LXX. — Sed ut... (vers; Q^). Conditions positives de la soumission des esv.laves. En premier lieu, se regardant, en leur qualité de chrétiens, comme les esclaves de Jésus -Christ (servi Christi), ils doivent se soumettre pleinement et de bon cœur (ex animo, If. 'I-'J'/yi:) à la volonté de Dieu, qui a permis qu'ils naquissent ou qu'ils tombassent dans l'esclavage. — En second lieu, pour rendre leur soumission plus noble et plus aisée, ils n'ont qu'à se représenter qu'ils servent le Seigneur Jésus et non pas les hommes (sicut... et non... ; comp. le vers. 5"^); de la sorte, leur condition leur paraît moins rude (cum bona voluntate..., vers. 7). — Enfin, un regard plein d'espoir Jeté sur la récompense éternelle les encou-
ragera puissamment : scientes. . . ( vers. 8 ). Les pronoms unusquisque, quodcumque et hoc sont accentués. De même les mots servus et liber. Pour la récompense promise aux chrétiens lidèles, voyez Matth. v, 12 ; vi, 1, 4; xvi, 27; xxv, 34- 36; Luc. VI, 36 et xiv, 14; Rom. ii, 6-10; II Cor. V, 10, etc.
9. Les maîtres. — Et vos. Comme au vers. 4, et dans le même sens. — Eadem facite... C.-à-d., agissez dans un esprit semblable à celui que j'ai lecommandé à vos esclaves. — Rémittentes minas. Dans le grec : tyjv àuecXi^v, avec l'article ; la menace qui n'était que trop souvent sur les lèvres des maîtres. — L'exhortation est motivée : scientes quia. . . Il n'y a qu'un seul Dieu pour tous les hommes, quelle que soit leur condition ( et illorum et vester, ou mieux , « vestrî »...), et ce Maître universel est absolument impartial (et personarum acceptio non...; sur cette locution hébraïque, voyez Act. x, 34 et les notes; Rom. II, 11; Col. m, 25, etc.).
§ IV. — Le chrétien doit combattre vaillamment pour la foi. VI, 10-20.
« La tâche de l'Église ici -bas ne s'accomplit pas sous la forme d'un simple progrès. Elle nécessite une lutte : lutte non seulement avec les mauvais penchants du cœur et avec l'inimitié» du monde, mais avec l'adversaire invisible (Satan ) , qui attise la violence de ces ennemis naturels. Pour ce combat surhumain, les fidèles doivent se revêtir de l'armure sux'naturelle dont Dieu a pourvu l'Église. »
l» Exhortation à la lutte courageuse. VI, 10-13.
10. Introduction : il faut se fortifier dans le Seigneur, en vue du combat. — La formule de cetero (toO Xocttou, ou to ÀoiTrdv) sert plusieurs fois de transition à saint Paul pour amener la conclusion de ses épîtres. Cf. II Cor. xiii, 11;
Bph. VI, n-13.
in Doraino, et. in poientia virtutis ejus.
11. Induite vos arniaturam Dei, ut possitis stare adversus insidias diaboli.
12. Quoniam non est nobis colluctatio adversus carnem et sanguinem, sed adversus principes et potestates, adversus mundi reotores tenebrarum harum , contra spiritualia nequitiae, in cselestibus.
13. Proptera accipite armaturam Dei, ut possitis resistere in die malo, et in omnibus perfecti stare.
vous dans le Seigneur, et par sa vertu toute -puissante.
11. Revêtez -vous de l'armure de Dieu, afin que vous puissiez tenir ferme contre les embûches du diable.
12. Car ce n'est pas contre la chair et le sang que nous avons à lutter, mais contre les principautés et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice des régions célestes.
13. C'est pourquoi recevez l'armure de Dieu , afin de pouvoir résister dans le jour mauvais, et rester debout après avoir tout supporté.
Gai. VI, 17 ; Phil. iv, 8 ; II Thess. ni , 1. Elle signifie : Quant à ce que j'ai à vous dire encore. — L'apostrophe fratres est omise dans plusieurs manuscrits ou versions ; son authenticité n'est pas certaine. — Confortamini. Mais c'est en Notre- Seigneur Jésus - Christ , et non pas en euxmêmes, que les fidèles doivent puiser cette force spirituelle; aussi l'apôtre ajoute- 1- il le Srait significatif in Domino. — Sur l'expression in potentia virtutis..., voyez i, 19 et le commentaire. 11-13. Nécessité d'une armure solide, à cause de la force et de l'habileté de nos ennemis spirituels. — Annaturam. Dans le grec : T-rjv iiavoT:>,tav, la panoplie. Ce mot est plus expressif qu'armure, car il désigne un équipement complet (voyez les vers. 14 17) : « omnia arma, » dit saint Jérôme ; « universitatem armorum, » d'après saint Ambroise. Une panoplie de Dieu (Dei) : c.-à-d., venant de Dieu, fournie par lui. — Ut possitis... Raison pour laquelle il faut que le chrétien soit armé de toutes pièces. — Stare, (TTTjVai. Ce verbe résume la pensée dominante de ce passage. En effet, Paul ne décrit pas ici une marche en avant, ni un assaut, mais simplement l'action de demeurer ferme dans la lutte, sans permettre à l'ennemi de gagner le moindre terrain. Comp. les vers. 13 et 14. — Adversus insidias... Cet ennemi est habile et puissant, puisque c'est le prince des démons luimême qui combat contre nous avec toutes ses troupes. — Cette pensée est aussitôt dévelopi>éo : quoniam non..., sed... (vers, 12). Le mot colluctatio (rj TraÀ/), la lutte corps à corps) mêle l'image deq jeux à celle de la guerre. — La formule carnem et sanguinem (le. grec renverse Ici l'ordre des substantifs : le sang et la chair ) désigne des adversaires mortels, par conséquent faibles et peu redoutables (cf. Matth. xvi, 17; I Cor. IX, 25, etc.), par opposition aux puissances surhumaines que représentent les mots suivants. — Principes et potestates. D'après le grec : contre les principautés ( à l'abstrait ) et les puissances. Ces noms, qui ont servi plus haut (voyez 1 , 21 et le commentaire) à désigner deux catégories supérieures dos bons anges, correspondent iol à deux classes analogues d'esprits mauvais (cf. Rom. viii, 38; Col. ii. 15): ce au!
suppose aussi une certaine organisation chez ces derniers. — Le titre mundi rectores tenebrarum,. . . n'est pas appliqué ailleurs aux démons dans les écrits bibliques; mais sa première partie, xoapLOxpaTopeç, dominateurs du monde, ressemble beaucoup aux noms « prince de ce monde » et a Dieu de ce monde », employés ailleurs par le Sauveur lui-même et par saint Paul , pour désigner Satan. Voyez Joan. xiv, 30 ; II Cor. IV, 4 et les notes. Par tenebrarum harum il faut entendre le monde présent, que le péché a rempli de ténèbres intellectuelles et morales. L3s mots totj aîô)voç, « ssecirii » (ces ténèbres du siècle), ajoutés par quelques manuscrits grecs, sont apocryphes. — Covtra spiritualia... C.-à-d., contre des forces spirituelles dont la méchanceté forme le caractère essentiel.
— In cœlestibus. Par ce trait, l'apôtre a probablement voulu déterminer le domaine habituel des esprits mauvais qui attaquent les chrétiens. Ils résident dans les régions supérieures de l'air (comp. II, 2), et de là ils descendent perpétuellement pour la lutte. Cette interprétation paraît exigée par les passages i, 3, 20; ii, 6; m, 10, où la formule « in caslestibus » a toujours un sens local. C'était déjà celle de saint Jérôme, et elle est très communément admise. Les anciens commentateurs grecs traduisent : pour les choses célestes (les démons nous font la guerre au sujet du royaume des cieux, de nos intérêts célestes).
— Propterea accipite... (vers. 13). Après la description qui précède , la nécessité d'une divine panoplie est évidente. Comp. le vers. 11. Le combat sera terrible; armez -vous de votre mieux.
— Resistere, àvTtdTrivai. Voyez la note du verset 11'', relative à « stare ». — In die ma.lo. D'après le contexte, au moment où la formidable lutte sera engagée. Et ce « jour mauvais » peut revenir plus d'une fois. — Et in omnibus perfecti... Le grec serait mieux traduit par « omnibus perfectis stare ». Ce qui veut dire ; Vous tenir debout après avoir remporté une victoire complète. Le combat est terminé, et nous voyons, sur le champ de bataille, le chrétien demeuré pleinement maître de ses positions. Le verbe xaxcpyc/.JisTOat suppose que la lutte a été chaude et la victoire difficile.
Eph. VI, 14-18.
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14. Tenez donc ferme, ayant vos reins ceints de la vérité, revêtus de la cuirasse de la justice,