‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 385 sur 873 · Gaudete in Domino semper ; iterum dico, gaudete · texte numérisé non relu

Gaudete in Domino semper ; iterum dico, gaudete

5. Modestia vestra nota sit omnibus hominibus ; Dominus prope est.

et ma couronne, demeurez ainsi fermes dans le Seigneur, mes bien - aimés.

2. Je prie Evodie, et je conjure Syntiché, d'avoir les mêmes sentiments dans le Seigneur.

3. Et toi aussi, mon fidèle collègue, je te prie de les assister, elles qui ont travaillé avec moi pour l'évangile, avec Clément et mes autres collaborateurs, dont les noms sont dans le livre de vie,

4. Réjouissez -vous dans le Seigneur, en tout temps; je le répète, réjouissezvous.

5. Que votre modestie soit connue de tous les hommes ; le Seigneur est proche.

de Tapôtre s'épanche dans toute une série d'appellations affectueuses : fratres... carissimi et..., gaudium.. , et... L'épitbète desideratissimi (ètcl- TidOrjT'-n) marque la peine causée par une longue séparation. Par leurs qualités vraiment chrétiennes, les Philippiens étaient, comme les Thessalonicions (cf. I Thess. ii, 19), une grande joie pour Paul, en même temps que sa gloire (corona mea) devant Dieu et devant les hommes.

— /Sic State. L'adverbe est accentué : Tenezvous ferme -t comme je vous y ai exhortés. — In Domino. Noble sphère dans laquelle leur fermeté doit se manifester, — La répétition du mot carifsimi révèle toute la force de la tendresse de Paul.

2-3, Deux chrétiennes de Philippes sont invitées à faire cesser un fâcheux dissentiment qui avait éclaté entre elles, — Evodiam... et Syntychen. Il est probable qu'elles occupaient un certain rang dans l'Église de Philippes; peutêtre niciue étaierit- elles diaconesses, d'après le vers, 3. On ne les connaît que par ce passage,

— Rogo, deprecor. Le grec répète deux fois de stiite le même verbe : TrapaxaXto, j'exhorte. — Idipsam sapere (tb aùxb cppovetv). Comme plus haut, II, 2, — In Domino. Voyez le verset l'' et le commentaire, — Etiam rogo (vers, 3). Dans le grec : Oui (vat, d'après la meilleure leçon, au lieu de xat), je te demande aussi,., Paul s'adresse à un tiers, en qui il a confiance, et il lui donne pour mission d'aider Évodie et Syntyché à se réconcilier. Il le nomme germane compar (yv^(n£ «rûv^uye); titre qui a souvent déconcerté les commentateurs. Il signifie à la lettre dans le grec : Sincère compagnon de joug. On l'a appliqué tour à tour, tantôt, dans le sens do « conjux », au mari de l'une des deux femmes nommées cl -dessus, tantôt, dans le sens de collaborateur, au chef actuel de l'Église de Philippes, tantôt, et ce n'est pas là une des curiosités les moins étranges de l'histoire de l'exégèse, à la femme de saint Paul, que l'on supposait avoir été marié, malgré I Cor. vu, 7-8 (Clément d'Alexandrie, Erasme, etc.). Le plus simple serait peut-être de traiter SOvî^'uyoç comme un nom propre; Paul jouerait alors sur ce mot : Toi qui t'appelles Collaborateur, et qui mérites vraiment ce nom, — Adjuva illas.

Assiste ces femmes dans l'œuvre de leuf réconciliation, — Motif de cette invitation pressante : quce (attiveç, « quippe quae ») mecum... Elles avaient lutté de concert avec Paul (o-uvyjÔXy]- (jâv, au lieu de laboraverunt) pour la propagation de l'évangile ( in evangelio : tel avait été le théâtre de leurs travaux, de leurs luttes vaillantes). L'expression marque une activité qui était accompagnée de souffrances et de périls, — Cum Clémente. Ces mots dépendent aussi du verbe c( laboraverunt », L'apôtre profite de l'occasion pour adresser aussi un mot d'éloge à plusieurs de ceux qui avaient partagé ses travaux, probablement à Philippes même, Origène (in Joan. vi, 36), Eusèbe de Césarée (Hi-H. eccL, HT, 4, 15), saint Épiphane (.Hseres., xxvji, 6), saint Jérôme (de Vir. illustr., 15) identifient Clément avec le pape du même nom qui fut le second ou le troisième successeur de saint Pierre sur le siège de Rome, et qui subit le martyre sous Trajan. « Cette identification est à tort contestée par un certain nombre de critiques protestants, qui voudraient faire de Clément un chrétien de l'Église de Philippes, » — Adjutoribus : CTUvspytov, collaborateurs. Cf. ii , 25. — Quorum nomina... in libro... C'est comme si Paul disait : Je ne les mentionne pas expressément; mais leurs noms sont écrits dans le livre de vie. Sur cette locution métaphorique, voyez Ex. xxxii , 32 ; Is. iv, 3 ; Ez. xiii , 9 ; Dan. xii, l ; Apoc. III, 5; XIII, 8, etc. Elle désigne ici la récompense glorieuse que Dieu accordera dans le ciel aux zélés prédicateurs de l'évangile,

4-7. Paul recommande à ses lecteurs la joie en Dieu, l'esprit de paix et de prière. — Gaudete... La « note dominante » de l'épître retentit jusqu'à la fin. — In Domino. Voyez les vers. 1 et 2. Se réjouir dans le Seigneur, en union avec Jésus-Christ, — Iterum dico. L'apôtre insiste sur son invitation : En dépit de toutes les peines de la vie, je le répète, réjouissez -vous saintement en Jésus -Christ, — Modestia vestra. Le grec (xb èTcieixé;) représente plutôt la douceur chrétienne, qui fait qu'on n'insiste pas rigoureusement sur ses droits personnels, — Omnibus hominibus : à tous les hommes sans distinction, et pas seulement aux chrétiens. — Dominus prope. . . Motif pressant de pratiquer cette ver-

Phil. IV, 6-8.

6. Ne vous inquiétez de rien; mais, en toute chose, faites connaître vos demandes à Dieu par la prière et la supplication, accompagnées d'actions de grâces ;

7. et que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits dans le Christ Jésus !

8. Au reste, frères, tout ce qui est vrai, tout ce qui est pudique, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint, tout ce qui est aimable, tout ce qui est de bonne réputation, ce qui est vertueux, ce qui est louable dans le règlement des mœurs, que ce soit l'objet de vos pensées.

6. Nihil solliciti sitis ; sed in omni oratione et obsecratione, cum gratiarum actione, petitiones vestrse innoteseant apud Deum ;

7. et pax Dei, quas exsuperat omnem sensum, custodiat corda vestra et intelligentias veslras, in Christo Jesu,

8. De cetero, fratres, qusecumque sunt vera, qusecumque pudica, qufecumque justa, qusecumque sancta, qusecumque amabilia, qusecumque bonse famse, si qua virtus, si qua laus disciplinée, haec coffitate.

tu : le Seigneur, c.-à-d. Jésus -Christ, est près de nous et nous contemple. Il n'est pas du tout nécessaire d'appliquer ces mots au second avènement du Christ ; « prope » peut fort bien s'entendre de sa présence perpétuelle auprès de son Église (cf. Matth, xxviii , 20 ). — Nihil solliciti... (vers. 6). Pas d'anxiété douloureuse au sujet de l'avenir. C'est la même recommandation que dans l'évangile (cf. Matth. vi, 25 etss. Voyez aussi I Petr. v, 7, etc.). — Sed in omni... Dieu est disposé à exaucer paternellement toutes nos prières ; le trouble serait un manque de confiance en lui. — Oratione et obsecratione (ivpoaeijyri y.ai... èer^Gîi). Deux expressions déjà, réunies plus haut, I, 4. C'est l'ablatif Instrumental : par la prière et la supplication. Les mots in omni doivent être pris h part, comme le montre le grec : En tout, que vos demandes soient connues de Dieu, par la prière et la supplication, — Cum gratiarum... Saint Paul attache une grande importance au devoir de la reconnaissance envers Dieu. Cf. Rom. i, 2 et xiv, 6; II Cor. I, 11 et IV, 15; Eph. v, 20, etc. — Petitiones vestrœ : vos requc:e3 ( alfi^aaTa). — Innoteseant apud... Dieu sait tout; mais il veut que nous lui exposions nos besoins comme s'il ne les connaissait pas. — Et pax Dei .. (vers. 7). L'équivalent grec de '(. custodiat » est au futur, de ?or 8 que ce verset n'exprime pas un souhait, n ais 11 rî conséquence de ce qui précède : Évitez t ute anxiété, priez avec confiance et la paix de Dieu (c.-à-d., la paix qui vient de Dieu) vous gardera. — Quœ exsuperat... sensum. D'après le grec : Qui surpasse toute intelligence (voOv, la faculté de raisonner). La paix intérieure et surnaturelle dont Dieu est la source pour les chrétiens est si douce, si profonde, si persévérante malgré les souffrance? qi;otidiennes, qu'elle demeure incompréhensible à la raison. — Custodiat... Le grec qppouprias; est un terme militaire qui fait image : la paix céleste est censée monter la garde auprès des croyants, comme une sentinelle attentive. — Corda... et intelligentias... Dans le grec : vos coeurs et vos pensées (vor,pLaTa). Tout l'être intérieur. — In Christo... CondiLion essentielle : ceux-là seuls

jouissent de la paix de Dieu qui sont unis intimement à Jésus -Christ,

2° Abrégé de la perfection chrétienne. IV, 8-9,

8-9, Sur le point d'achever sa lettre, Paul résume dans une formule admirable tous les devoirs d'un chrétien digne de ce nom, La sextuple répétition de qusecumque (oaa) ajoute beaucoup de force à l'exhortation, — De cetero, To loiTidv. Comme plus haut, m, 1 (voj-ez les notes), .— Vera. Tout ce qui est vrai, non seulement dans les paroles, mais aussi dans les pensées, dans la conduite. Comme en Dieu et en Jé.^ us- Christ, il faut que tout soit droit et sincère dans un chrétien, — Pudica. Le grec crefAvà signifie plutôt : vénérable, honorable. — Justa. Dans l'acception la plus large de ce mot : la justice envers Dieu et envers les hommes. — Sancta. La Vulgate semble avoir lu àyta, tandis qu'il y a ayva dans le grec; c.-à-d., « pura », également dans le sens large et pas seulement sous le rapport de la chasteté. — Amabilia (TrpoacptXïi, pas ailleurs dans le Nouveau Testament). Paul veut que les chrétiens fassent preuve en tout teinps d'une amabilité surnaturelle dans leurs relations avec le pi'ochain. — Bonse famse (£ucpr,aa). Tout ce qui est digne d'une bonne réputation; par conséquent, éviter ce qui peut mettre en jeu la renommée d'autrni. — Si qua, La formule change tout à coup, l'apôtre sorrant davantage encore sa pensée, pour clore son énumération. En un mot, dit-il, pratiquez toutes les vertus, tout ce qui est digne d'éloge. Le mot àpziri, vertu, n'est employé que quatre fois dans le Nouveau Testament (ici, I Petr. II, 9 et II Petr. 1, 3, 5). Chez les classiques, il désigne un ensemble de qualités morales purement naturelles ; le christiani?me l'a transformé, pour lui faire représenter des qualités surnaturelles. — Laus disciplivse. La Vulpate s'est conformée à la leçon ETtatvo; £7ri<Jxr|(jLr,î de quelques manuscrits : Tout ce qu'il y a de louable dans la conduite morale, dans la manière de régler les mœurs. Mais le second substantif semble avoir manqué dans le texte primitif. Le sens est donc : S'il existe quelque louange ac-

PniL. IV, 9-13.

9. Quae et didicistis, et accepistis, et aiidistis, et vidistis in me, heec agite; et Deus pacis erit vobiscum.

10. Gavisus sum autem in Domino veheraenter, quoniam tandem aliquando refloruistis pro me sentire, sicut et sentiebatis ; occupati autem eratis.

11. Non quasi propter penuriam dico ; ego enim didici, in quibus sum, sufficiens esse.

12. Scio et humiliari, scio et abundare (ubique et in omnibus institutus sum), et satiari, et esurire, et abundare, et penuriam pati.

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