Habeo autem omnia, et abundo
repletus sum, acceptis ab Epapnrodito quae mibistis, odorem suavitatis, hostiam acceptam, placentem Deo.
14-16. Cette réserve une fois faite, l'ajôtre manifeste sa profonde reconnaissance aux Philippiens. — Verumiamen. Il ne faut pas que ceux-ci concluent, des réflexions qui précèdent, que Paul ne sait pas apprécier leur générosité, ou qu'il la regarde comme inutile.— Bene fecislis. D'après le grec : Vous avez agi avec beauté, noblement. La conduite des Philippiens dans cette circonstance avait été digne de l'évangile. — Communicantes : '7uvy.oiv(iovy;(ravT£ç , ayant fait cause commune avec ma tribulation. Leur sympathie leur avait fait partager à distance les j^ouffrances de leur apôtre emprisonné et appauvri. — Scitis autem... (vers. 15). Paul rappelle aimablement à ses lecteurs que leur secours
Munnaie de Corintlie.
le plus récent, apporté par Épaphrodite (comp. le verset 18), n'était pas le seul qu'il eût reçu d'eux. — Philippenses. Geni-e d'apostrophe très rare dans les écrits paulinleus. Cf. II Cor. vi, 11 et Gai, III., 1. Il n'en est que plus solennel. — In principio tvangelii. D'après les détails qui suivent, au début de l'évangile par rapport aux habitants de Pliilippes, lorsque Paul le leur avait annoncé pour la première fois. Cf. Act. xvi, Il et ss. — Nulla... ecclesia... nisi von... Gran 1 éloge. L'apôtre n'avait voulu alors recevoir ûa services pécuniaires que de ses chers Philippiens. Cf. I Thess. II, 9. — Mihi... communicavit, aoi exoiva»vr(<T£v : ne se mit en rapports avec moi.
— L'expression in ratione dati et... semble empruntée au langage du commerce. Les Philip, piens avaient donné, et c'est Paul qui avait reçu. Il est moins bien d'expliquer la formule comme si elle désignait un échange entre Paul et ses lecteurs, ceux-ci recevant de lui les biens spirituels et lui donnant en retour les biens matériels. — Quia et Thessalonicam (vers. 16). Autre ville macédonienne, relativement voisine de Philippes ( Atl. géugr., pi. xvii ) , que l'apôtre avait évangélisée peu après celle-ci. Cf. Act. XVII, 1 et ss. — In usum. Plutôt : pour mes besoins (afin d'y pourvoir).
17-20, S'il leur rappelle ces faits, ce n'est point parce qu'il tient aux présents, mais à cause des bénédictions que leurs pieuses largesses leur attireront du ciel. — Non quia... Encore une réserve délicate (comp. le vers. 11), En pai'lant comme il le fait, Paul ne songe nullement h b'attirer d'autres secours (qusero: £7ït(^Y]T(o, je cherche activement, en macœuvrant pour cela). Ce qu'il recherche, c'est la récompense que leur générosité méritera à ses bienfaiteurs. Avec l'article dans le grec : le fruit sûr et certain, en même temps que très abondant. — In ratione vestra. A votre compte, dit le texte primitif, employant encore une locution commerciale. — Habeo autem... (vers. 18). Raison pour laquelle saint Paul ne se met pas en quête de présents : il a tout ce qu'il lui faut, grâce à ses amis de Philippes, — L'accumulation des verbes synonymes abundo, repletus sum, ajoute beaucoup de force à l'action de grâces. — Ab Fpaphrodito. Voyez ii, 25 et le commentaire, — Odorem... L'offrande des Philippiens est représentée métaphoriquement comme un sacrifice d'agréable odeur, dont le Seigneur leur saura gré. Sur cette expression figurée, voyez Eph, v, 2 et le commentaire. — Hostiam, Ôuacav : la victime sacrifiée, plutôt que l'acte même du sacrifice. — Deus autem... (vers. 19). L'écrivain sacré, i-e venant sur la pensée du vers, i?^ souhaite aux Philippiens, d'après la variante de la Yulgate
Phil. IV, 19-23.
19. Que mon Dieu pourvoie à tous vos besoins selon ses richesses, avec gloire, dans le Christ Jésus.
20. A notre Dieu et Père, gloire dans les siècles des siècles. Amen.