‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 392 sur 873 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Exposé doctrinal et polémique»

I, 3b-ir, 23.

Section I. — De la personne et de l'œuvre DU Christ. I, 3»» -29.

5 I. — Action de grâces et prière de Vapôtre pour les Colossiens. I, 3''-14.

lo L'action de grâces. 1 , 3^-8.

3'>-8. Paul exprime à Dieu sa vive reconnaissance pour les vertus des Colossiens, et pour les fruits que l'évangile produisait non seulement parmi eux , mais dans le monde entier. — Gratias agimus (.z^xo^P^^'^'^^y-^'^ i II Cor. i, 3 et

Col. I, 4-6.

du Seigneur Jésus - Christ ! Nous rendons grâces ;\ Dieu, Père de notre Seigneur Jésus -Christ, ne cessant pas de prier pour vous,

4. ayant été informés de votre foi en Jésus -Christ, et de la charité que vous portez à tous les saints,

5. à cause de l'espérance qui vous est réservée dans le ciel, et dont vous avez eu connaissance par la parole de vérité de l'évangile.

6. Il est parvenu jusqu'à vous, comme il est aussi dans le monde entier, où il porte des fruits et grandit, comme parmi

agi mus Dec, et Patri Domini nostri Jesu Christi, semper pro vobis orantes,

4. audientes fidem vestram in Christo Jesu, et dilectionem quam habelis in sanctos omnes,

5. propter spem quœ reposita est vobis in cselis, quam audistis lu verbo veritatis evangelii,

6. quod pervenit ad vos, sicut et in universo mundo est, et fructiticat, et crescit, sicut in vobis, ex ea die qua

Eph. I, 3, « Benedictus Deus »). Le verbe est sans doute au pluriel parce qu'il se rapporte tout à la fols à Paul et à Timothée (comp. le vers. 1 ) ; mais, d'un autre côté, l'apôtre emploie assez souvent cette forme pour ne désigner que lui-même. — Deo et Patri... C.-à-d. : à Dieu, qui est en même temps le Père de Jésus- Christ. Cf. Eph. I, 3, etc. D'importants manuscrits grecs, le syriaque, l'Itala, etc., omettent la conjonction, et portent : « Deo Patri Domini... ». — L'adverbe semper serait peut-être mieux rattaché à « gratias agimus ^» qu'à orantes. Cf.

Eph. I, 16. Toutes les fois que Paul priait pour les chrétieiiS de Colosses , un sentiment très vif de reconnaissance envers leur céleste bienfaiteur était excité dans son âme. Sur ses fréquentes prières pour les fidèles, voyez Eph. I, 16-17 et m, 14; Phil, I, 9; II Thèss. i, 1, etc. — Il va signaler en termes exprès l'objet de son action de grâces : audientes ...

A l'aoriste dans le grec : ayant appris. C'est Epaphras qui lui avait apporté cette bonne nouvelle. Comp. le vers. 8 et IV, 12. — Fidem... et dilectionem... Exactement comme pour les Éphésiens. Voyez Eph. i, 15 et le commentaire. — Propter spem... (vers. 5). L'enchaînement de ces mots n'est pas certain : on les rattache tantôt à « gratias agimus », tantôt à « fidem... et dilectionem... », tantôt seulement à « dilectionem quam... ». La première connexion nous paraît la meilleure. Remarquez la célèbre « trilogie paulinienne » de la foi , de l'espérance et de la charité. Cf. I Cor. xiii, 13 ; I Thess. i , 3. Ici , l'espérance n'est pas mentionnée comme un sentiment subjectif, mais comme un objet extérieur, qui consiste dans les biens célestes, mis en réserve pour les chrétiens fidèles : qux reposita... Cf. I Tim. VI, 19 ; I Petr. i, 4, etc. — Quam audistis... D'après le grec : ( L'espérance) que vous avez entendue auparavant ; c.-à-d. , avant sa réalisation. De lui-même, l'homme ne saui'ait arriver à une espérance si magnifique : c'est l'évangile qui la lui a révélée; il l'a apprise in verbo... evangelii... Locution qui signifie : dans la parole de vérité ( dans la parole infaillible ) ,

qui est l'évangile. — Quod... (vers. 6). Ayant nommé l'évangile, saint Paul décrit brièvement les fruits produits à Colosses par cette « parole de vérité ». L'équivalent grec de pervenit, TrapôvTOç, marque en même temps l'arrivée d'une chose et son séjour permanent. — Le trait sicut et in universo... n'est pas une simple hyperbole; il exprime énergiquement la catholicité de l'évangile, par opposition aux fausses

Monnaie de Colosses.

doctrines des hérétiques, mentionnées plus baa. Comp. le vers. 23. — Au lieu de est, et frvctificat, et..., il faut lire, d'après la leçon la plus accréditée du grec : Il est' poi'taut des fruits et croissant. Cette formule est beaucoup plus expressive. Paul, après avoir affirmé aux Colossiens que l'évangile auquel ils ont cru est bien le même que celui -qui a retenti dans le monde entier, ajoute que, partout aussi, cet évangile produit de merveilleux résultats. Le verbe « fructificat » s'applique à l'action intérieure de l'évangile et aux effets étonnants qu'il opère dans les âmes, tandis que « crescit » désigne son expansion au dehors et ses admirables conquêtes extérieures. — Les mots sicut in vo- Ms contiennent un éloge très délicat. — Ex die qua... A peine les Colossiens avaient -ils accepté l'évangile, qu'il avait produit se=i fruits parmi eux. — Et cognovistis. Le verbe composé £Tteyvtoxs suggère l'idée d'une connaissance profonde, développée. — Graiiam Dei. Cette expression résume le message évangélique, tel qu'il avait été annoncé à Colosses. Cosup.

Col. I, 7-9.

audistis et cognovistis gratiam Dei in veritate,

7. sicut didicistis ab Epaphra, carissimo conserve nostro, qui est fidelis pro vobis minister Christi Jesu ,

8. qui etiam manifestavit nobis dilectionem vestram in spiritu.

9. Ideo et nos ex qua die audivimus, non cessamus pro vobis orantes, et postulantes ut impleamini agnitione voluntatis ejus, in omni sapientia et intellectu spiritali ;

vous, depuis le jour où. vous avez entendu et connu la grâce de Dieu, con; formément à la vérité, (

7. selon que vous en avez été instruits par Epaphras, notre bien -aimé compagnon de service, qui est pour vous un lidèle ministre de Jésus- Christ,

8. et qui nous a aussi fait connaître votre charité toute spirituelle.

9. C'est pourquoi, nous aussi, depuis le jour où nous l'avons appris, nous ne cessons pas de prier pour vous, et de demander à Dieu que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle,

Act. XX, 2i, où nous trouvons précisément la formule « evangelium gratiae Dei », Il s'agit donc de tout l'ensemble des grâces que Dieu daigne accorder aux chrétiens par Jésus - Christ.

— In veritate. C.-à-d. : (Vous avez entendu et accepté l'évangile) conformément à la vérité. En effet, comme on le voyait alors par les fausses doctrines qui tentaient de pénétrer en tous lieux, quoique l'évangile fût en lui-même la parfaite vérité (comp. le vers. 5*"), il était possible qu'on ne le reçût pas d'une manière intégrale, et qu'on lui associât l'erreur. — Sicut didicistis... (vers. 7). La conjonction a sicut » retombe directement sur les mots « in veritate ». C'est bien ainsi, dit l'apôtre, c'est d'une façon très conforme à la vérité, que vous avez reçu votre instruction chrétienne. — Ah Epaphra. Cet Epaphras, qui est encore mentionné plus loin, IV, 12, et Philem. 23, était Colos.-ien de naissance, ou du moins par son domicile habituel. Il avait joué un rôle très important dans la fondation de l'Église de Colosses. Actuellement il était auprès de l'apôtre. La tradition fait de lui le premier évê^juc de la ville de Cîolosses, où il subit ensuite le martyre. Son nom étant une abréviation d'Épaphrodite, on l'a parfois identifié, mais sans raison suffisante, avec le chrétien mentionné Phil. ii, 24 et iv, 18.

— Conserva ( (TUvSoûXou ). Tychicus recevra plus bas , IV, 7, le même titre : mon compagnon au service du Christ. — Pro vobis minister... lia, Vulgate a suivi la leçon qui parait la plus autorisée : uTràp i)\).Cù^ , pour vous; c-à d., dans Votre intérêt, pour votre avantage. Une variante porte : ûuàp rjij,(riv, pour nous; ce qui signifierait qu'Épaphras, en tant qu'il gouvernait la chrétienté de Colosses, était le représentant et le délégué de saint Paul. — Qui etiam... (vers. 8). Indépendamment des heurenses nouvelles dont il a été fait mention plus haut (comp. les vers. 4-5), l'apôtre avait appris par Epaphras que les Colosslens lui étaient très attachés à lui-même (les mots dilectionem vestram ne peuvent se rapporter ici qu'à saint Paul). — Cette affection avait Heu in spiritu, comme 11 convient à des chrétiens : elle s'était

formée sous l'influence de l'Esprit -Saint; elle était donc toute surnaturelle.

20 Prière de Paul pour les fidèles de Colosses.

9. Objet direct de cette fervente prière. — Ideo. A cause des bonnes nouvelles reçues de Colosses. Comp. les vers. 4 et ss. — Et nos... Si les Colosslens avaient, comme l'a dit la ligne précédente, un vif amour pour saint Paul, celui-ci leur rendait la pareille, en pensant constamment à eux devant le Seigneur. — Les mots ex qtia die audivimus sont comme un écho du vers. 6''. D'ailleurs, toute cette prière, vers. 9 et ss., est en corrélation directe avec l'action de grâces des vers. 3''-8. — Non cessamus pro vobis... « Hyperbole pleine d'afifection. » Cf. Eph. i, 16. Le participe orantes (iTpoa£u-/o(xevot) exprime l'idée générale, qui est ensuite déterminée pav postulantes (acTOJfxevoO. Comp. Marc, xi, 24, dans le texte grec. — Ut impleamini. L'apôtre emploie souvent cette expression dans des cas analogues. Cf. II, 10; Rom. xv, 13, 14, 29; II Cor. vu, 4; Eph. m, 19 et V, 18; Phil. i, 11 et ii, 2; II Tim, I, 4, etc. Il souhaite toujours que l'Idéal de la perfection soit réalisé pleinement par les chrétiens, que Dieu répande t-ur eux pleinement ses grâces. — Agnitione : d'une connaissance complète, dit le groc ( eTit'yvwfTiv ). Voyez le ver?. 16 et le commentaire. — Voluntatis ejus. Les vers. 10-12 montrent que Paul entend ici par la volonté de Dieu une conduite vraiment chrétienne, conforme aux desseins du Seigneur et à ses grâces. Cf. iv, 12; Rom. xii,

2, etc. — Les mots in omni... indiquent la manière dont la plénitude en question doit se réaliser : c'est par la communication de toute sagesse et de toute intelligence spirituelle. L'épithète spiritali (7rv£U[xaTix.r)) retombe, de même que l'adjectif omni, sur les deux qualités mentionnées, qu'elle caractérise comme étant un don de l'Esprit -Saint. Cf. I Cor. xii, 8. Les substantifs aocpta (sapientia) et (7Ûv£(tiç (intellectu s) diffèrent peu l'un de l'autre en cet endroit; le seconl a un sens plus restreint. Cf. Eph. I, 8, etc.

Page 1