‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 395 sur 873 · in quo habemus redemptionem · texte numérisé non relu

in quo habemus redemptionem

ambuleis. Sur cette métaphore, voyez Eph. II, 2; IV, 2, 17, etc. Si Paul désire la science et la sagesse spirituelles pour les fidèles de Colosses, c'est afin qu'ils soient parfaits dans les moindres détails de leur vie réelle et quotidienne. — Digne Deo. D'après le grec : d'une manière digne du Seigneur (xoû Kupîou) ; c.-à-d., digne de vos relations étroites avec Jésus -Christ. Comp. Eph. iv, 1 et I Thess. ir, 12, où l'on trouve des formules analogues. — Per omnia ( mots accentués ) placentes. Cf. I Thess. IV, 5. L'apôtre interdit à bon droit aux chrétiens la recherche de la faveur des hommes (cf. ni, 22; Gai. i, 10; I Thess. ii, 4, etc.); en revanche , il leur permet de chercher à plaire au Seigneur en toutes choses. — In omni opère... Ces mots représentent encore « le côté pratique du christianisme ». Les deux participes fructLficanies et cr<scente3 sont un autre écho du vers. 6. — In scientia Dei. D'après la leçon la mieux accréditée du texte grec : par la connaissance (ty] £7riyvcoc7£t) de Dieu. Selon d'autres manuscrits : pour la connaissance...; c.-à-d., de façon h parvenir à mieux connaître Dieu. — Autre élément important de la vie chrétienne : la courageuse et joyeuse patience dans les adversités (vers. 11). Les souffrances abondent pour les croyants ; mais Dieu daigne faire qu'ils soient in omni virtute (Suva(jL£i, puissance, force) confortati (ôuva(JLou(ji.£vot, expi'ession énergique), que la vigueur spirituelle leur arrive de tous côtés, pour qu'ils puissent soutenir leurs épreuves sans faiblir. — Cette vigueur leur est transmise secundum potentiam (tb xpâto;) claritatis (tti; Sô^-/iç, « glorlœ ») ejus; c.-à-d., d'une manière conforme à la toute -puissance qui fait partie de la gloire de Dieu, qui convient et appartient à sa majesté suprême. Cf. Eph. I, 19. — Résultat produit : in omni patientia... Mieux, d'après le grec : « in omncni patientiam... »; de façon à opérer toute patience et longanimité. Le substantif \)no[).ovf] désigne plutôt la persévérance, la constance sons l'épreuve, que la patience; celle-ci est as?ez bien représentoe par (j.axpoOuu.ia. — Cw». gaudio. De nombreux ùiternrètes, à, I4 sjiite de saint Jean

Chrysostome, de Théophy lacté, etc., rattachent ces mots au verset suisant. La différence est peu sensible.

12-14. Motif de la prière de saint Paul : il faut que les Colossiens, rachetés par le Christ et devenus ses sujets, lui demeurent toujours fidèles. — Le participe eù/apta-ToCivTeç (gratias agentes) se rapporte, comme ceux des vers. 10 et 11, aux lecteurs et non pas à l'auteur de l'épltre. — Deo Patri. Simplement, d'après la meilleure leçon : tw Ilarpc , au Père.

— L'apôtre mentionne l'immense bienfait qui doit remplir les fidèles d'une reconnaissance perpétuelle envers Dieu : qui dignosnos (quelques manuscrits et versions ont « vos ») fecit... Plus littéralement d'après le grec : Qui nous a rendus capables (« idoneos »). Le bienfait en question, qui n'est autre que le salut accordé gratuitement par Dieu aux chrétiens, en vue des mérites de Jésus -Christ (comp. le vers. 14), est décrit ici dans un langage imagé : c'est « l'affranclii*semenL de la puissance des ténèbres et la participation à l'héritage dans la lumière. » — In partem sortis... (elç rJ^v (jieplôa xou xXv^po'j...) : capables d'obtenir une portion du lot. Ce trait fait allusion à la terre promise, dont chaque membre du peuple de Dieu devait avoir sa part, tirée au sort. Cf. Ps. xv, 5. Les chrétiens aussi (sanctoru'ïi ) ont leur précieuse part d'héritage, située en pleine lumière (in lumine), dans le royaume de la lumière, par opposition au royaume ténébreux du démon. — Le grand bienfait de Dieu est exposé en termes l>lus complets dans les vers. 13 et 14, soit négalivement, qui eripuit (eppûcraxo, mot énergique)..., soit positivement (et transtulit...) , soit par rapport à son résultat final, in quo habemus... Comp. le passage parallèle Act. xxvi, 18.

— Tenebrarum représente ici Satan , le prince des ténèbres. Voyez Eph. vi, 12 et le commentaire. — La belle expression Filium ailectionis snse, c.-à-d., le Fils qui est l'objet de l'amour du Père (cf. Eph. i, 6, etc.), n'est pas employée ailleurs. — In quo... redemjdionem. .. (vers. 14). Comp. Eph. i, 7, où la mfme phrase

i se retrouve presque identiquement. Toutefois,

Col. I, 15 -IG

per sanguinem ejus, remissionem peccatorum.

15. Qui est imago Dei invisibilis, primogenitus omnis creaturae ;

16. qiioniam in ipso condita sunt universa in cœlis et in terra, visibilia et

par son sang, et la rémission des péchés. !

15. C'est lui qui est l'image du Dieul invisible, le premier -né de toute créature ;

16. car en lui toutes choses ont été créées dans le ciel et sur la terre, les

ici même, les mots per sanguinem ejus ne sont pas authentiques d'après le sentiment le plus vraisemblable; ils ont été insérés par les copistes.

§ II. — Grandeur incomparaUe du Christ et de ses œuvres. I, 15-29.

L'apôtre vient de signaler rapidement le rôle du Fils de Dieu par rapport à notre rédemption (comp. les vers. 13" -14). Partant de là, il va s'arrêter pendant quelques instants sur la personne et les prérogatives principales de ce divin libérateur, vers. 15 - 20. Il rappellera ensuite aux Colossiens ce que Jésus a fait spécialement pour eux ec ce qu'ils doivent faire pour lui de leur côté, vers. 21-23; puis il mentionnera son propre rôle en tant que ministre du Christ, vers, 24-29,

1° Prééminence univerfelle et absolue de Jésus - Christ, I, 15-20.

Ces six versets ne contiennent pas seulement « le morceau le plus important de toute l'épître au point de vue théologique »; on peut dire qu'avec les passages analogues Eph. i, 20-23, Phil. II, 6-11, et les portions dogmatiques de l'épître aux Hébr., ils renferment ce que saint Paul a écrit de plus profond et de plus beau sur la personne du Christ. Nous y trouvons une Chrlstologie complète, quoique très condensée. Ils se divisent en deux parties, dont la première, vers. 15-17, envisage le Christ dans ses relations avec Dieu et avec le monde, tandis que la seconde, vers, 18-20, le considère dans ses rapports avec l'Église et comme rédempteur universel. L'écrivain sacré lui-même a marqué cette division, d'une part, en présentant nettement, par deux fois, l'idée principale dans les vers. 15 et 18; d'autre part, en introduisant le développement de cette double Idée par la même formule (on èv aùxô), « parce qu'en lui ») dans les vers, 16 et 19.

15-17, Grandeur du Christ, en tant qu'il est l'image de Dieu, et qu'il est antérieur à tous les êtres créés , qui lui doivent leur existence et leur conservation. — Imago (eîxcov) Dei... Comp. II Cor. IV, 4, où saint Paul emploie cette même métaphore pour exprimer les rapports du Père et du Fils. Image substantielle, vivante, qui repi'oduit toutes les perfections divines. D'où il suit que Jésus -Christ lui-même est Dieu. Cf, Joan, XIV, 9 ; Phil, ii, 6 ; Hebr. i, 3. Voyez aussi saint Athanase, contr. Ariao., i, 20 et 21 ; saint Hilaire, de Sgnodis, lxxiii, etc, — Invisibilis. Cette condition de l'essence divine est également signalée Joan. i, 18 et v, 37; I Tlm. i, 17 et VI, 16; Hebr. xi, 27, etc. Mais, grâce au Verbe

incarné, le Père, auquel il est semblable, est devenu visible pour nous. Cf. Joan. xv, 45. — Primogenitus... Expression remarquable, qui détermine les relations du Christ avec la nature créée. Elle dénote directement une antériorité d'existence : non toutefois de telle sorte que le Fils n'aurait sur les créatures que « la primauté d'ordre ou de temps », comme le prétendaient les Ariens, mais, ainsi qu'il ressort très clairement du contexte (voyez le vers, 17"), en ce sens qu'il est éternel lui aussi. Les mots omnis creaturse sont au génitif dit de comparaison , et la formule employée par l'apôtre est synonyme de celle-ci : Engendré avant toute créature; par conséquent, engendré de toute éternité. Comp, Eccll, XXIV, 5 , et voyez saint Justin , DiaL, 100; saint Jean Chrysostome et Théodoret, h. l. Par « creaturae », XTtc-ôwç, il faut entendre l'ensemble des êtres créés, et non pas, comme l'ont pensé quelques anciens auteurs, la « nouvelle création », d'ordre entièrement spirituel, dont il est parlé Gai. vi, 5 (voyez les notes). — Quoniam (vers. 16). Cette particule introduit la preuve que le Christ est réellement le premier -né de toute créature, dans le sens qui vient d'être indiqué : il est antérieur aux êtres créés et il les dépasse infiniment, puisqu'il est lui-même l'organe de leur création. Ce verset et le suivant dém.ontrent donc d'une autre manière sa divinité. — Les mots in i2JSo sont fortement accentués. L'apôtre ne dit pas ici 6t' auToO , « per Ipsum » (voyez la un du verset), mais èv aùrto, en lui; ce qui exprime une nuance importante. La source première de tous les êtres créés est Dieu le Père (cf. Rom. XI, 36; I Cor. viii, 6). Son Fils n'est pas seulement la cause instrumentale de leur création ; il en est aussi la cause exemplaire, comme disent les théologiens, l'archétype, parce que, en tant que Logos, il portait éternellement en lui l'Idée première de toutes choses. Ainsi pensaient déjà Origène et saint Athanase. D'après d'autres commentateurs, les mots « in ipso » exprimeraient simplement ce fait, d'ailleurs très beau lui-même, que toutes les créatures existaient éternellement dans la pensée du Verbe, comme l'effet existe dans sa cause; la raison de leur passage du non -être à l'être réside donc en lui. — Condita sunt, ÈxtictÔï), Le verbe xti^oj est toujours employé dans le Nouveau Testament pour désigner une création proprement dite, une production nouvelle. Cf, Marc, xiii, 19; Rom. I, 25; I Cor. xi, 9, etc, — Universa, xà Tiâwza. avec l'article : l'univers entier, envisagé collectivement. Ses principales parties sont aussitôt spécifiées : le ciel et la terre, avec Icui^

Col. I, 17-18.

visibles et les invisibles, soit les trônes, soit les dominations, soit les principautés, soit les puissances : tout a été créé par lui et pour lui,

17. et il est avant tous, et toutes choses subsistent en lui.

18. C'est lui aussi qui est le chef du corps de l'Église ; lui qui est les prémices, le premier -né d'entre les morts, afin d'être en toutes choses le premier;

invisibilia, eive throni, sive dominationés, sive principatus, sive potestates : omnia per ipsum et in ipso creata sunt,

Page 1