si toutefois vous demeurez fondés
Christ étant Die.i, il n'est pas étonnant qu'il soit à la tête de l'Église, de même qu'il est à la tête de toute la création. — Complacuit. Il faut sous -entendre « Dec », avec la plupart des commentateurs, car ce verbe (cùSoxetv) est fréquemment employé par saint Paul pour marquer le bon plaisir divin. Cf. I Cor. i, 21; Gai. I, 15; Eph. i, 5, 9; Phil. ii, 13, etc. D'autres, à la suite de l'Itala, traitent le substantif 7ïAiqp(o|xa, plénitude, comme le &ujet de la proposition. La vieille version latine traduit: « In ipso complacuit omnis plenitudo inhabitare. » Mais, quoique grammaticalement exacte, cette pensée a quelque chose d'anormal. — Omvem plenitudinem. Avec l'article dans le grec : toute la plénitude. Ce qui désigne évidemment, comme il est dit plus bas, ii, 9, la plénitude de la divinité. « Tous les attributs qui constituent la notion de Dieu se retrouvent (donc) dans la personne du Christ. » — Inhabitare (xaT0'.7.f|aat ) exprime une habitation permanente, par opposition à la simple Tiapoixtx, ou résidence passagère. — Et per eum... (vers. 20). Résultat que Dieu voulait obtenir par rinterraédiuire du Christ, élevé lui-même à la hauteur de la divinité. — Reconciliare. Dans le grec : ocTïOxataXXâEat , réconcilier entièrement. — In ipsum : avec Dieu lui-même, que ses créatures avaient grièvement offensé. — Pacificans. A l'aoriste dans le grec : ayant fait la paix. Ce trait se rapporte encore à Dieu le Père; mais le Christ joua en cela un rôle essentiel, puisque c'est par son intermédiaire et grâce à son sacrifice propitiatoire que la réconciliation et la pacification furent opérées : per sanguinem crucis... L'expression « le sang de sa croix » est remarquable. Elle montre ce qu'il en a coûté à Jésus -Christ pour pnyer notre rançon. — Sive quœ..., sive... A propos de ces mots, qui désignent les hommes et les anges, on s'est demandé comment les esprits bienheureux, qui n'ont jamais péché, ont pu être réconciliés avec Dieu. On a répondu qufe, pour eux, l'expression doit être prise dans un sens plus large que pour les aommcs. Saint Jean Clirysostome, saint Augustin (Enchirid.) , Théodoret, et beaucoup d'autres
à leur suite, pensent que la pacification seule, et non la réconciliation, concerne les bons anges. Ceux-ci, comme leur Maître, étaient justement irrités contre l'humanité coupable; mais, lorsque Dieu se réconcilia avec les hommes , 11 rétablit la paix entre les. chœurs angéllques et le monde humain. Cette explication fait disparaître toute difficulté. On peut dire aussi que cette idée de la pacification universelle correspond à « celle de la formation (grâce au Christ) de la grande famille des créatures bienheureuses », que saint Paul mentionne dans son épître aux Eph. I, 10.
2° La réalisation du plan divin de rédemption en ce qui concerne les Colossiens a été opéréa par le ministère de Paul. I, 21-29.
21-23. « Après avoir parlé de la personne et de l'œuvre du Christ d'une manière tout à fait théorique et générale, l'apôtre eu fait ressortir la portée pratique, en l'appliquant à ses lecteurs actuels. » — Et vos. Cf. Eph. i, 13. Les Colossiens aussi ont eu part à cette admirable réconciliation. — Cum essetis... Comp. Eph. ii, 1 et ss., où il existe un parallèle analogue entre l'état des chrétiens avant leur conversion et leur état actuel. — Alienati : devenus comme étrangers à Dieu. Cf. Eph. ii, 12 et iv, 18. — Le trait suivant dit plus encore : inimici sensu (ty) ôtavoîa). Entre eux et Dieu, il existait une véritable hostilité, qui atteignait le plus intime de leur être, et qui se manifestait à tout moment par des actes mauvais (in operibus...). Cf. Rom. VIII, 7, et comp. le vers. 10 comme contraste. — Reeonciliavit ( vers. 22 ). Suivant une autre leçon du grec : Vous avez été réconciliés. La cause méritoire de la réconciliation est exprimée par les mots in corpore carnis... per..., qui équivalent à « per sanguinem crucis... » du vers. 20. L'expression « corps de chair » désigne un corps réel, un corps sujet h la souffrance et à la mort. Cf. Hebr. ii, 14-15, etc. — Exhibere vos... Cette présentation solennelle aura lieu au jour du jugement dernier. Cf. II Cor. IV, 14 , etc. — Sanctos, et..., et... Trois épithètes qui marquent la perfection morale, sous son I a'îpect goit positif, soit négatif. — Si tamen...
Col. I, 24.
et affermis dans la toi, ei meoranlables dans l'espérance offerte par l'évangile que vous avez entendu , qui a été prêché à toute créature qui est sous le ciel, et dont moi, Paul, je suis devenu le ministre.
24. Maintenant je me réjouis dans mes souffrances pour vous, et ce qui
dati, et stabiles, et immobiles a spe cvangelii, quod audistis, quod praedicatum est in universa creatura quœ sub cœlo est, cujus factus sum ego Paulus minister.
24. Qui nunc gaudeo in passlonibus pro vobis, et adimpleo ea quae desunt
(vers. 23). Condition à remplir pour paraifre devant le souverain ]nge dans cet état de sainteté. — Fundati et stabiles. Ces deux termes sont empruntés à l'architecture. Lo premier marque la solidité des fondements ; le second , celle de l'édifice entier. Cf. I Cor. xv, 68; Eph. II, 17, etc. — Immobiles a spe... Autre point au sujet duquel les Colossiens devaient demeurer inébranlables. Comme au vers. 5, il s'agit de l'objet espéré, du salut éternel. — Evangelii. C.-à-d., le salut que promet l'évangile. — Quod audi-
Cela, pour deux motifs distincts. Le premier est contenu dans les mots pro vobis : Paul , arrêté à Jérusalem et livré aux Romains comme apôtre des Gentils, pouvait réellement dire aux Colossiens que ses épreuves étalent subies à cause d'eux. — Le second motif ett plus longuement exprimé: Et adimpleo (àvxavxTiXripcù : verbe doublement composé, qu'on ne trouve pas ailleurs dans le Nouveau Testament)... — Passionvm... Le mot grec n'est pas le même que dans la proposition précédente : ici, OXî-
Jésus présentant l'Évangile. (D'après une fresque antique.)
atis, quod..., cvjns... Trois motifs de croire aux promesses de l'évangile. liCS Colossiens avaient accueilli avec foi la bonne nouvelle ; elle avait été prêchée dans tout l'univers ; Paul lui - même en était le ministre et le prédicateur. — In universa creatura... On peut traduire : Dans toute la création ; ou ( mieux encore ) : Parmi toute créature. Sur ce trait, voyez le vers. 6« et 1er. notes. — Cujus... ego... Ces mots servent de transition à l'alinéa suivant.
24-29. Le ministère apostolique de saint Paul. — Nunc gaudeo. L'adverbe est plein d'emphase : Actuellement, en cet instant même, malgré mes chaînes et mes souffrances, je me réjouis. Ou plutôt, c'étaient ses souffrances mêmes qui étalent pour lui une source de Joie.
4/ewv, les tribulations; là, Traôrifxaatv , qui exprime moins fortement l'idée. Ce terme, « les afflictions du Christ », ne saurait représenter en cet endroit les souffrances de son Église, comme le pensent divers interprètes à la suite de saint Angustin ; non plus que les souffrances de saint Paul, comme le veulent d'autres commentateurs. Ces deux opinions ont été inspirées par le désir de faire disparaître la difficulté apparente que présente la locution « compléter ce qui manque aux tribulations du Christ. » En effet, dit fort bien Calmet, h. I., « la passion de Jés-us Christ n'a rien d'imparfait, rien qui demande qu'on y supplée... Le Sauveur a parfaitement accompli l'ouvrage qui lui avait été ordonné par son Père (cf. Joao.
Col. 1, 25-28.
passioniim Christi in carne mea, pro corpore ejus, quod est ecclesia :
25. eu jus factus sum ego minister secundum dispensationetn Dei,qu9e data est mihi in vos, ut impleam verbum Dei;
26. mysterium quod absconditum fuit a sseculis et generationibus , nuno autem manifestatum est sanctis ejus,
27. quibus voluit Deus notas facere divitias gloriae sacramenti hujus in gentibus, quod est Christus, in vobis spes gloiiae ;
28. quem nos annuntiamus, corripientes omnem hominem, et docentes omnem
manque aux souffrances du Christ, je le complète dans ma chair pour son corps, qui est l'Église,
25. dont je suis devenu le ministre, selon la charge que Dieu m'a donnée relativement à vous, pour que j'annonce pleinement la parole de Dieu,
26. le mystère qui a été caché anx siècles et aux générations, mais qui maintenant a été manifesté à ses saints,
27. auxquels Dieu a voulu faire connaître quelles sont les richesses de la gloire de ce mystère parmi les Gentils, à savoir, le Christ en vous, l'espérance de la gloire.
28. C'est lui que nous annonçons, reprenant tout homme, et instruisant
xvir, 4) ; il ne rendit l'cpprit sur la croix qu'après avoir dit : Tout est achevé (cf. Joan. xix, 30). Le niéiite de sa passion et de son sang est inflnl, et tous les mérites, toutes les vertus, toutes les souffrances des hommes ue sont pas capables d'y donner le moindre accroissement, puisque c'est ce même, sang qui donne le mérite à tout ce que les hommes peuvent faire de bon... Qu'est-ce donc que saint Paul peut... ajouter aux souffrances de Jésus - Christ ? On répond que Jésus- Christ, en souffrant pour nous, n'a pas entendu nous dispenser de souffrir, de porter notre croix, de pratiquer la vertu, d'expier nos fautes par la pénitence... En ce sens, on peut dire qu'il lui reste encore quelque chose à faire et à souffrir, non dans sa personne, mais dans ses membres. «C'est là une grande consolation pour ceux qui souffrent, et en particulier pour ceux qui souffrent au service des âmes. — Les mots in carne mea dépendent du verbe « adimpleo ». — Pro corpore... O.-à-d., pour l'avantage spirituel de ce corps mystique. Sur l'expression , voyez le ver.'?. 18. Pour l'idée, comp. II Tini. ir, 10. — Cujiis factus sum... (vers. 25). Paul reprend ea formule du vers. 23 , qui introduisait alors la description de son ministère sous le rapport néiiatif. Il passe maintenant au côté positif de son rôle, vers. 25-27. — L'équivalent grec de dispensatlonem est or/COvo[j,i'av , la charge d'économe. Voj'ez Eph. m , 2 , avec les notes , et aussi I Cor. ix, 17, etc. — Quse data... in vos. En tant que les Colossiens appartenaient ë, la gentilité, ils faisaient partie du domaine spirituel de saint Paul. — Ut impleam... C.-à-d., pour annoncer aussi pleinement que possible le message évangélique (cf. Rom. xv, 19), désigné par l'expression verbum Dei. Cf. I Cor. xiv, 36 ; II Cor. ii, 17, etc. — Pour mieux préciser le point spécial de la parole de Dieu qu'il a en vue, l'auteur ajoute : m,ysterium quod... (vers. 26). Sur ce passage, voyez Eph. m, 3 et 68. Le.i deux traits ahscoi.ditum... et nunc mani/estatum... caractériicnt la nature des
mystères du Nouveau Testament : ce sont des vérités ou des faits que la raison seule est incapable de découvrir, mais que Dieu nous révèlo pour notre utilité spirituelle. Cf. Rom. xvi, 23.
— A sseculis et generatloiiihus. Voyez Eph. m, 9, 21. Un acwv ou siècle contient plusieurs générations. — In sanctis... Plus clairement dans le grec : A ses saints. C.-à-d., aux chrétiens. — QuiMis... (vers. 27). Le verbe voluit présente la révélation en question comme un acte entièrement libre de la part de Dieu. — Divitias gloriœ... Comp, Rom. ix , 23; Eph. i, 18, et III, 16, etc. Paul emploie souvent le mot richesse, dans ses^pîtres de cette époque, pour désigner l'abondance des grâces répandues par Dieu sur les chrétiens. — Sacramtnti hujus, C.-à-d., de ce mystère, comme on lit dans le grec ; de l'Évangile. — In gentibus. C'est dans le monde païen que la richesse divine s'était le plus souvent déployée, comme le montre l'histoire des origines du christianisme. — Quoi est. Le mystère si aimablement dévoilé aux païen» consiste en ceci : Christus, in volts spes,.. Mais cette autre ponctuation est préférable : Le Chiist en vous, espérance de gloire I Les fidèles de Colosses avaient le bonheur de posséder le Christ par la foi, et cette possessiob était pour eux un gage de gloire éternelle. Admirable résumé de l'évangile. — Quem, nos... L'apôtre Indique maintenant (vers. 28-29> de quelle manière il accomplissait son ministère et le but qu'il se proposait d'atteindre. — Nos annvntiamus. Le pronom est accentué , et oppose vraisemblablement les prédicateurs attitrés de l'évangile aux faux docteurs dont il sera bientôt parlé. — Corripientcs... et docentes. Plutôt, d'après le grec : Avertissant... et instruisant. La triple répétition des mots omnem hominem met en relief l'universalité de la prédication apostolique. Elle s'adressait à tous, puisque l'évangile est destiné à tous.
— Les mots in omni sapientia désigneraient, d'après divers commentateurs, l'objet de l'en» geignement de Paul ; le domaine entier de la
Col. I, 29 — II, 2.
tout homme en toute sagesse, afin que nous rendions tout homme parfait en Jésus -Christ.
29. C'est aussi à quoi je travaille, en combattant avec sa force, qui agit puissamment en moi.
liominem in omni sapientia, ut exhibeamus omnem hominem perfectum in Christo Jesu.
29. In quo et laboro, certando secundum operationem ejus, quam operatur in me in virtute.