‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 40 sur 873 · le Christ est mort pour nous. A · texte numérisé non relu

le Christ est mort pour nous. A

naturel, les souffrances ne sont rien moins qu'un sujet de gloire. — Scientes quod... Le motif qui doit encourager le chrétien à se complaire dans ses peines, c'est qu'elles lui procurent toutes sortes de précieux avantages. Saint Paul énumère les principaux en gradation ascendante.

— Patientiam : une constance toute virile. Les peines de cette vie, bien supportées, contribuent singulièrement à tremper une âme. — Probationem ( ôoxijj-riv). On dit de quelqu'un qui est dans cet état, qu'il a fait ses preuves; c'est le jeune soldat devenu un vétéran. — Spevi. Chaque « probatio » excite, exalte l'espérance et la confiance. Le chrétien généreux ne redoute plus rien ici -bas; 11 sait que la gloire et le bonheur l'attendent dans le ciel. Cf. Matth. v, 11-12. — Cette espérance n'apporte jamais de désappointement, non confundit. Cf. Is. xxviii, 1 6. Si elle ne se réalise pas, ce sera la faute des hommes. — Quia caritas... D'après les uns, l'amour de Dieu pour nous. Le vers. 8 favorise cette interprétation, qui est celle d'Origène et de saint Jean Chrys. D'après d'autres (Théodoret, saint Augustin, etc.), notre amour pour Dieu.

— Diffusa est (Èxxé'/uiai) : a été versé, répandu. Belle métaphore. — Per Spiritum... La diffusion du divin amour dans nos cœui's est attribuée à l'Esprit -Saint par appropriation, comme disent les théologiens, parce qu'il procède de l'amour du Père et du Fils. — Qui datus est... Ce don précieux nous a été fait au moment où nous devenions chrétiens, au baptême.

6-11. L'amour de Dieu, base de notre justification et de la certitude de notre gloire future.

— Cum... infirmi... : avant d'être justifiés, quand nous étions absolument Incapables de mériter par nous-mêmes notre pardon et notre rédemption. — Secundum tempus. Au temps voulu par Dieu, moment à jamais célèbre dans l'histoire du monde. Cf. II Cor. vi, 2; Gai. iv, 4, etc. —

Pro impiis raortaus... Par conséquent, pour ses pires ennemis, a Infirmi » marquait le côté négatif de notre misère morale; « Impii » en exprime le côté positif. — Vix enim... (vers. 7). L'apôtre s'interrompt pour mettre en relief le caractère en quelque sorte héroïque de l'affection de Jésus - Christ pour nous. On donne rarement sa vie (xa^a, forsitan, peut-être), dit -il, pour un homme bon, et plus rarement encore ([jl6Xiç, vix, à peine) pour un juste; mais le Christ est mort pour des ennemis de Dieu et de lui-même, pour des pécheurs. — Pro justo, pro hono. Il y a une sorte d'antithèie entre ces deux expressions , qui ne sont pas précisément synonymes, comme on l'a cru parfois. Le langage de saint Paul suppose qu'il est plus difficile de donner sa vie dans le premier cas que dans le second. C'est que l'homme juste est envisagé simplement en sa qualité de juste, d'homme de devoir, tandis que l'homme bon est censé plus généreux, plus aimable, de sorte que l'on se dévoue plus aisément pour lui. Il n'est pas vraisemblable que le mot àyaOoO (« bono i») soit au neutre et à l'abstrait (mourir pour le bien), ni qu'il ait la signification de bienfaiteur. — Audeat : avoir le courage nécessaire pour un tel dévouement. — Commendat (c'est-àdire, démontre, manifeste ouvertement)... Deus ( vers. 8 ). Paul va décrire jusqu'où s'étend le dénuement divin par contraste avec celui des hommes. — Caritatem suam. Plus fortement dans le grec : sa propre charité. Dieu ne pouvait pas mieux nous prouver son amour qu'en livrant pour nous à la mort son Fils unique, surtout lorsque nous étions entièrement indignes de sa miséricorde : cum adhuc peccatores... — Secundum tempus. Comme au vers. 6. — Mullo igitur magis... (vers. 9). Cet « a fortiori » est facile à comprendre : « Celui qui a fait le plus , et cela pour des ennemis, ne manquera pas de faire le moins pour ces mêmes êtres devenus ses

Rom. V, 10-12.

plus forte raison donc, maintenant que nous avons été justifiés dans son sang, serons -nous sauvés par lui de la colère.

10. En effet, si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, seronsnous sauvés par sa vie,

11. Et non seulement cela, mais encore nous nous glorifions en Dieu par Notre - Seigneur Jésus- Christ, par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation.

12. C'est pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans

Multo^ igitur magis nunc justificati in sanguine ipsius, salvi erimus ab ira per ipsum.

10. Si enim cum inimici essemus, reconciliati sumus Deo per mortem Fiiii ejus, multo magis reconciliati, salvi erimus in vita ipsius.

11. Non solum autem, sed et gloriamur in Deo per Dominum nostrum Jesum Christum, per quem nunc reconciliationem accepimus.

12. Propterea sicut per unum hominem peccatum in hune mundum intravit.

amis. » — Salvi... ab ira... Le salut final, à la fin /des temps. — Si enim... (vers. 10). Ce n'est pas simplement la répétition de la pensée ; mais elle est mise sous une forme nouvelle, qui lui donne encore plus de force. — Salvi. . . in vita. . . En mourant, le Christ nous a justifiés; en ressuscitant, II a complété notre salut. Dans ces deux circonstances de sa vie , il a daigné nous mettre en communion personnelle avec lui. — Non solum autem... (vers. 11). La pensée tait encore un pas en avant. — Gloriamur in Deo. Ce privilège, autrefois réservé aux membres de la nation théocratique , est devenu désormais celui de tous les chrétiens. — Per Dominum... L'apôtre ne se lasse pas de redire quel est le divin auteur de notre rédemption. L'adverbe nunc est très accentué.

■20 Parallèle entre Adam et le Christ. V, 12-21.

La pensée qui précède, à savoir, que c'est à la médiation de Jésus -Christ que nous devons notre salut, pensée sur laquelle s'appiiie finalement toute la théorie de la justification , demandait quelques développements. Saint Paul les fournit sous la forme d'une antithèse éloquente, dont voici le sommaire : Le genre humain, envisagé comme un organisme complet sous le rapport religieux, a eu successivement deux représentants bien différents l'un de l'autre. Adam a joué ce rôle pour notre malheur, car 11 a introduit dans le monde, par sa désobéissance, le péché et ses suites effroyables. Au contraire , le Christ a exercé à notre égard une médiation tout à fait salutaire; grâce à son obéissance admirable, il est devenu pour nous une source intarissable de justice et de sainteté. La grandeur et l'étendue de l'œuvre du Sauveur ne pouvaient pas être mises sous un jour plus saisissant.

12-14. Le péché et la mort sont devenus héréditaires dans l'humanité par suite du péché d'Adam. — Le mot propterea rattache cette seconde moitié du chapitre à la première. Le début est très majestueux; nous y voyons le péché et la mort personnifiés faisant leur entrée dans le monde comme deux conquérants terribles. — Sicut... On remarquera que la phrase

est restée inachevée; ce qui est encore plus apparent dans le grec. L'idée subsidiaire insércc dans les vers. 13 et 14 a fait oublier à l'écrivain sacré la seconde paitie de la comparaison, qu'il est d'ailleurs facile de suppléer, à la suite du vers. 14, comme le faisait déjà Orlgène : « De même, par un seul homme la justice est entrée dans ce monde, et par la justice la vie, et ainsi la vie a passé dans tous les hommes, par celui en qui tous ont été vivifiés. » — Le trait per unum hominem est fortement accentué. Un seul homme a suffi pour introduire le péché dans toute l'humanité, dont il était le père et le fondateur. Sans doute, c'est Eve qui fut l'ins-

Adam et Eve chassés du paradis terrestre. ( Mosaï'iue antique.)

tigatrice du péché d'Adam ; mais elle n'est pas mentionnée ici, car ce n'est pas d'elle, mais de notre premier père, que Dieu nous avait rendus solidaires. — Peccatum. Avec l'article dans le grec : le péché envisagé dans toute son étendue, le principe mauvais qui est la source de toutes nos fautes isolées. — In hune mundum... : pas seulement dans le monde humain, mais dans le monde terrestre en général, puisque la nature aussi a été contaminée par le péché d'Adam. Cf. VIII, 20 et ss. — La formule « entrer dans ce monde » est souvent employée par saint Jean. Cf. Joan. I, 9, 10; m, 17, 19; vi, 14; ix, 5, 39, etc. Voyez aussi I Tlm. i, 15; Hebr. x, 5. — Et per peccatum... Conséquence et pénalité

Rom. V, 13-14.

et per peccatum mors ; et ita in omnes hommes mors pertransiit, in quo omnes peccaverunt.

13. Usque ad legem enim peccatum erat in mundo ; peccatum autem non imputabatur, cum lex non esset,

14. Sed régna vit mors ab Adam usque ad Moj^sen, etiam in eos qui non peccaverunt in similitudinem prœvaricationis Adse, qui est forma futuri.

ce monde, et par le péché la mort, ainsi la mort a passé dans tous les hommes, par celui en qui tous ont péché.

13. Car jusqu'à la loi le péché était dans le monde; mais le péché n'était pas imputé, puisque la loi n'existait pas.

14. Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu'à Moïse, même sur ceux qui n'avaient pas péché par une transgression semblable à celle d'Adam, qui est la figure de celui qui devait venir.

de ce grand péché. Saint Paul fait visiblement allusion à Gen. ii, 17, et m, 19. Comp. Sap. i, 13 et ss. ; II, 23 et ss. ; Eccli. xxv, 24, etc. — Mors : la mort physique, et non pas la mort morale, la mort éternelle, comme le veulent quelques interprètes. — Et ita (en raison du péché) in omnes... La mort est devenue l'apanage de toute l'humanité. Le verbe pertransiit (SiTiXÔev) exprime fort bien la manière dont ce triste héritage laissé par le premier homme passe à chacun de ses descendants. La mort se propage à travers tous les rangs de l'humanité sans s'arrêter jamais. — In quo. C.-à-d. dans Adam, d'après l'interprétation d'Origène, de notre version latine, de saint Augustin, etc. Peut-être vaut- il mieux, à la suite de Théodoret, d'Euthymius, etc., regarder le grec ècp'w comme une locution conjonctive, et traduire par « quia, propterea quod » : Parce qu'ils ont tous péché. — Tout ce passage, vers. 12*'-14, est Important sous le rapport dogmatique, car il démontre de la façon la plus évidente l'existence du péché originel. Voyez saint Ivénée, Adv. Eser., V, 16 ; saint Aug., Enchirid., 26 ; le concile de Trente, sess. v, c. 2, et les théologiens. Saint Augustin, de Bapt., i, 10, a sur ce point une parole non moins énergique que concise : « Omnes in Adam peccaverunt, quando omnes ille unus homo f uerunt ; » c- à - d., lorsque toutes nos volontés étaient unies comme en faisceau à celle de notre ancêtre commun, comme à celle d'un mandataire. — Usque ad legem (vers. 13). L'apôtre s'interrompt brusquement, pour prouver la vérité de l'assertion qu'il a émise en dernier lieu, à savoir, que la mort, qui atteint tous les hommes , a été occasionnée par le péché d'Adam. Son argumentation est très serrée, et par là même plus difficile à saisir. Il part de ce fait, tout évident dès les premiers chapitres de la Genèse (voyez, par exemple, l'histoire de Caïn, celle du déluge, de la tour de Babel, de Sodome), que, bien avant l'institution de la loi mosaïque, depuis Adam jusqu'à Moïse, le péché régnait déjà dans l'humanité sous des formes multiples. Cependant, continue-t-11, ces péchés, commis avant l'existence d'une loi positive, ne pouvaient amener comme châtiment la mort de leurs auteurs : peccatum autem... Notons que les imparfaits imputabatur, esset , sont inexacts. Ces deux verbes sont au présent dans le grec, d'après la plupart des manuscrits (et aussi en de nombreux manuscrits de la Vulgate). C'est

un principe général qu'énonce ici l'apôtre : Lii où il n'y a point de loi positive, le caractère personnel des fautes est moins saillant ; les péchés sont pour ainsi dire des péchés de race, des fautes générales auxquelles ne sont pas appliquées des sentences particulières. Tel est le sens de l'expression oùx IXXoYEÎTai , n'estx pas imputé (par Dieu), n'est pas porté en compte. Par conséquent, si, avant la promulgation de la loi du Sinaï, tous les hommes sont morts, même ceux qui n'avaient pas péché, tels que les justes et les enfants, c'est en vertu de la désobéissance d'Adam, à laquelle ils avaient participé d'une manière mystérieuse , mais très réelle. La pensée de saint Paul n'est évidemment pas que l'absence d'une loi positive enlevait toute responsabilité ; il a montré clairement plus haut (il, 12 et ss.) que les païens, quoique n'ayant pas reçu de loi de ce genre, avaient mérité la condamnation divine. Ce qu'il affirme, c'est que, dès l'origine, tous les hommes avaient péché par Adam et en Adam. — Sed regnavit mors... (vers. 14) : à la façon d'un odieux et cruel tyran , auquel personne ne pouvait se soustraire. — In eos qui non... La négation est omise par quelques Pères latins ; mais elle est parfaitement garantie, et exigée d'ailleurs par le contexte. Si la mort a atteint tous les hommes, même les meilleurs d'entre eux, durant la période antérieure à la législation du Sinaï, alors que le» fautes n'étaient pas imputables de la même manière qu'elles le furent eusuite, c'est qu'il» avalent pris part au péché d'Adam et qu'ils en subissaient ainsi la peine. — In similitudinem prsevaricationis... C.-à-d. qu'ils n'avaient commis aucune désobéissance positive à laquelle Dieu eût attaché, comme à celle d'Adam, la mort comme sanction. — Qui est f07-ma. C.-à-d., le modèle, le type (il y a précisément tûixoç dans le grec), l'image prophétique. — L'adjectif/uiwri est au masculin (scil. « Adami ») et désigne celui que saint Paul appelle ailleurs le second Adam , ou le dernier Adam , Notre - Seigneur Jésus -Christ. Cf. I Cor. xv, 45, 47, Les rabbins donnaient un nom semblable au Messie. De ce qu'Adam a été pour l'humanité on peut conclure à ce que le Christ sera pour elle : pensée qui fera l'objet des versets suivants.

15-19. Les cinq contrastes entre Adam et le Christ. Aux tristes conséquences du péché d'Adam pour la race humaine, saint Paul oppose maio:

Rom. V, 15-18.

15. Mais il n'en est pas du don comme du péché ; car si, pai* le péché d'un seul, beaucoup sont morts, à plus forte raison la grâce et le don de Dieu se sont -ils répandus abondamment sur un grand nombre par la grâce d'un seul homme, Jésus -Christ.

16. Et il n'en est pas du don comme du péché unique ; car le jugement est devenu condamnation pour un seul péché, tandis que la grâce est devenue justification après des fautes nombreuses.

17. Si donc, par la faute d'un seul, la mort a régné par ce seul homme, à plus forte raison ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce, et du don, et de la justice, régneront-ils dans la vie par un seul, Jésus -Christ.

18. Ainsi donc, de même que par la faute d'un seul, la condamnation at-

15. Sed non sicut delictum, ita et donum ; si enim unius delicto multi mortui sunt, raulto magis gratia Dei et donum in gratia unius hominis Jesu Christi in plures abundavit.

16. Et non sicut per unum peccatum, ita et donum ; nam judicium quidem ex uno in condemnalionem, gratia autem ex multis in justificationem.

17. Si enim unius delicto mors régnavit per unum, multo magis abundantiam gratiae, et donationis, et justitise accipientes, in vita regnabunt per unum Jesum Christum.

18. Igitur sicut per unius delictum in omnes homines in condemnationem , sic

tenant les bienfaits que nous devons au Christ, bienfaits beaucoup plus coosidérables que n'avaient été les résultats fâcheux produits par la faute de notre premier père. Le principe de la grâce et de la vie nouvelle est devenu héréditaire dans l'humanité, par suite de la rédemption opérée par Jésus - Christ. Les mots « superabundavit gratia » ( cf. vers. 20'> ) sont la note dominante de ce passage. La même pensée est répétée cinq fois de suite, avec des nuances; ce qui la rend singulièrement expressive. — Sed non sicut... L'écrivain sacré se hâte de dire qu'Adam n'est pas à tous les points de vue le type du Messie. L'assertion est d'abord toute générale (vers. 15«). — Delictum. Le substantif grec uapaTrTcojxa désigne à proprement parler un faux pas, une chute. — Si enim... C'est le premier contraste (vers. 15*"), qui a lieu principalement sous le rapport des causes agissantes : d'un côté l'œuvre d'Adam , de l'autre l'œuvre du Christ. — Unius. Dans le grec : toO évoç, avec l'article ; l'homme unique bien connu, Adam. A « unius » correspond l'adjectif multi (ol TroXXot, les nombreux), qui équivaut de fait à « omnes » du vers. 12^. Cf. vers. 18; xii, 5; I Cor. x, 17. — Multo magis. Cette expression se retrouvera, implicitement ou explicitement, dans les antithèses suivantes. — Gratia Dei : la grâce qui donne la vie aux croyants. — Donum : la justification gratuite accordée aux pécheurs, en vertu des mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ (in gratia... Jesu...). — Unius hominis. Le second Adam, par opposition au premier; Jésus envisagé dans son humanité, en tant qu'il est à son tour le chef de notre race. Des deux parts, c'est un seul homme qui détermine le sort de tous. — In plures (scç toù;; ttoXXoÛç, de nouveau avec l'article; par conséquent, « in multos, » comme dit saint Augustin): sur toute l'humanité, ou du moins sur tous ceux de ses membres qui se €ont approprié le salut. — Et non sicut... Second

contraste (vers. 16), qui a lieu sous le rapport des effets produits. — D'une part, un seul péché (per unum...; ex uno, s.-ent. « peccato »), commis en Adam et recevant un châtiment terrible (judicium... in condemnationem) ; d'autre part, de nombreux péchés (ex multis...), pardonnes et aboutissant à la justification (in justificationem). — Dans cette première moitié du verset, la Vulgate a suivi, comme les autres versions anciennes, la leçon Si' évbç àaapTr|[xaTOç, par un seul péché, qui est probablement la meilleure. D'excellents manuscrits grecs portent : 81' évoç âjj-apTriaavToç , p^r un seul (homme) ayant péché. Le sens est le même dans les deux cas. Notez aussi, dans le grec, l'allitération xpifxa... eiç y.aTOcxpifxa. — Gratia autem... L'équivalent grec du mot « grâce » n'est pas X'^piç, comme au vers. 15, mais "/àpi(7[jLa, un acte gracieux; ici, l'œuvre entière de la rédemption. — Si enim... Troisième contraste (vers. 17). Il a lieu par rapport à d'autres effets et aux agents qui les produisent. D'un côté, le péché d'un seul, produisant la mort de tous les hommes ( unius delicto mors...; quelques manuscrits grecs disent à tort : par une seule faute); de l'autre côté,, la grâce divine conférant abondamment la vie (multo magis... in vita...). — Le langage est très énergique : abundantiam gratis?., et..., et... Le second « et » est omis dans le grec, où nous lisons : Et l'abondance du don de la justice, c.-à-d., de la justification. — In vita (dans la vie éternelle) regnabunt : par opposition au règne tyrannique de la mort, qui a été mentionné plus haut. Cf. vers. 14. Les élus régneront à jamais avec Jésus-Christ dans le ciel. — Per unutn Jesum...: de même qu'Adam, à lui seul, avait inauguré le règne universel de la mort. — Igitur... Quatrième contraste (vers. 18), qui est comme une récapitulation des trois premiers. Les expressions sont très rigoureusement opposées l'une à l'autre : sicut per unius à sic

Rom. V, 19-21.

et per uniiis justitiani in omneshomines in justificatiouem vitse.

19. Siciit enirn per inobedientiam unius hominis peccatores constituti sunt multi, ita et per unius obeditionem justi constituentur multi.

20. Lex autem subintravit ut abundaret delictum. Ubi autem abundavit delictum, superabundavit gratia ;

21. ut sicut regnavit peccatum in mortem , ita et gratia regnet per justiiiam in vitam seternam, per Jesum Christum Dominum nostrum.

teint tous les hommes, de même, par la justice d'un seul, la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes.

19. Car, comme beaucoup sont devenus pécheurs par la désobéissance d'un seul homme, de même beaucoup seront rendus justes par l'obéissance d'un seul.

20. Or Ja loi est survenue pour que la faute abondât; mais là où la faute a abondé, la grâce a surabondé,

21. afin que, comme le péché a régné pour la mort, de même la gi'âce régnât aussi par la justice pour la vie éternelle, par Jésus -Christ Notre - Seigneur.

et per unius , delictum à justitiam , in redemptionem à in justiflcatiovem... — Des deux parts , in omnes homines. Tous les hommes ont encouru la sentence de mort portée contre Adam ; dans les intentions divines , tous les hommes sont appelés à participer à la rédemption messianique. — Les mots « per unius Justitiam » ne sont pas interprétés de la même manière par tous les commentateurs. Suivant les uns, ils désignent la justification gratuitement accordée par Dieu aux hommes, à cause de la mort du Christ. Selon d'autres, ils représenteraient les actes méritoires par lesquels Notre-Seignenr a obtenu notre pardon. Le premier sentiment nous paraît le meilleur, car il laisse au mot grec Stxaîwfxa la même signification qu'au vers. 16. — La locution « justificationem vitae » marque l'effet produit pour chaque chrétien au moment où Dieu le justifie : de mort qu'il était, il devient vivant au point de vue spirituel. Donc : la justification d'où procède la vie. — Sicut enim... Cinquième contraste (vers. 19) : le résultat final et sa cause. — D'une part, peccatores... multi; de l'autre, justi... multi... D'un côté, per inobedientiam unius; de l'autre, per unius obeditionem. Le péché d'Adam avait consisté directement et premièrement en un acte de désobéissance (cf. Gen. II, 17; m, 1 et ss. , 17); la passion et la mort du Christ étaient déjà signalées par les prophètes comme un acte d'obéissance héroïque (cf. Is. L, 4 et ss.; on, 4 et ss; Matth. xxvi, 39; Phil. II, 8; Hebr. v, 8-9).

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