‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 403 sur 873 · Ne touchez pas, ne goûtez pas, ne maniez pas · texte numérisé non relu

Ne touchez pas, ne goûtez pas, ne maniez pas

22. Toutes ces choses périssent par l'usage même, et n'existent qu'en vertu des préceptes et des ordonnances des hommes ;

23. elles ont cependant une apparence de sagesse, par un culte exagéré et une humilité affectée, en n'épargnant pas le corps, mais cela n'a aucun mérite et ne sert qu'à rassasier la chair.

20. Si ergo mortui estis cum Christo ab démentis hujus mundi, quid adhuc tanquam vivantes in mundo decernit.is?

21. Ne tetigeritis, neque gustaveritis, neque contrectaveritis ;

22. qufe sunt omnia in interitura ipso usu, secundum prsecepta et doctrinas hominum ,

23. qu9e sunt rationem quidem habeiitia sapientiae in superstitione et humilitate, et non ad parcendum corpori, non in honore aliquo ad saturitatem carnis.

une croissance voulue de Dieu , ayant en lui sa racine. — Si srgo... Dans les vers. 20-23, l'apôtre revient sur les pratiques ascétiques recommandées par les fàux docteurs, pour montrer qu'elles sont inutiles en elles-mêmes et que Dieu ne les approuve pas. — Mortui... cum Christo. C'était le cas, d'après le vers. 12. Unis à Jésus -Christ par le baptême , les chrétiens de Colosses étaient morts et ressuscites avec lui ; ils avaient été pai là même délivrés ab elementis..., c.-à-d., des observances légales d'ordre Inférieur. Voyez le vers. 8 et le commentaire. — Quid aâhvc tanquam... ? Juste reproche à l'adresse cle ceux qui avaient pu faiblir. Le •^erbe ôoyixaTÎ^Ecrôs est probablement à la forme moyenne, et c'est dans ce sens que la Vulgate l'a traduit par decernitis : Pourquoi vous Imposez -vous des ordonnances (rituelles, des ôoyixaTa ; voyez le vers. 12 et les notes) ? Au passif , on dirait avec une légère nuance : Pourquoi vous laissez-vous imposer des ordonnances? — Tanquam viventes... C.-à-d., comme si vous étiez Juifs ou païens , ayant vos intérêts dans ce monde, tandis que votre vie est cachée en Dieu. Cf. m, 3. — Ne tetigeritis, ne .., ne... ( vers. 21 ). Ces formules dramatiques contiennent trois exemples des vaines ordonnances que plusieurs des Colossiens s'imposaient ou ge laissaient dicter. Elles sont placées sur les lèvres de ceux qui les rappelaient constamment à leurs frères , et mises en gradation ascendante. Elles résument fort bien un grand nombre de pratiques légales, qui interdisaient de toucher telles catégories d'objets ou de personnes, de goûter à tels ou tels mets, etc. — Quse sunt omnia... (vers. 22). L'apôtre veut dire : Les choses qu'on voudrait vous interdire de toucher, de manger, sous prétexte qu'elles souillent l'âme, sont purement matérielles et elles n'ont par elles-mêmes aucun caractère de moralité; la preuve en est dans leur sort quotidien , dans leur dissolution physique produite par l'usage naturel que l'on fait d'elles. Comp. Matth. XV, 17; I Cor. vi, 12 et viii, 8. — Au lieu de in interitum, le grec a et; çôopâv : pour la corruption (la décomposition). C'est la même pensée. — Les mots secundum prsecepta et... se

rattachent aux vers. 20 et 21. Ces préceptes qu'on voulait imposer aux Colossiens étaient d'invention humaine, et nullement basés sur la volonté divine. Raison de plus pour lea rejeter. — Qux sunt.. (vers. 23). Trait final, destiné à les rendre encore plus méprisables. Les pratiques et les théories des faux docteurs avaient une certaine apparence de sagesse (à la lettre, une réputation, un renom de sagesse, Xdyov aoçiac, rationem..., par opposition à la réalité), qui consistait en trois choses : 1" en un culte qu'on s'imposait volontairement (èv eÔ£),o8pY)ax£ta ; Vulgate, in superstitione), ce qui fait allusion au culte exagéré des anges (comp. le vers. 18); 2° en une profonde humilité (voyez le vers. 18»); 3" en une grande sévérité à l'égard du corps (et non ad parcendum..., xal àcpetSta ctofAatoç, « et vexatione corporis »). Mais tout cela était sans valeur réelle (no7i in honore), et ne servait qu'à la satisfaction de la chair, c.-à-d., des bas penchants de l'homme (ad saturitatem...). Cette dernière Mgne du vers. 23 n'est pas sans quelque obscurité; aussi en a-t-on donné des explications assez variées. Celle que nous venons d'indiquer brièvement nous paraît être la plus littérale, la plus simple et la plus claire en même temps. Elle oppose le trait « non in honore... ad saturitatem... » à toute la première partie du verset, « quaî sunt rationem habentia... », avec autant d'à-propos que de force. Le sens est donc : D'une part, les pratiques en question n'ont aucune valeur devant Dieu, parce qu'elles proviennent de l'orgueil et qu'elles manquent de sincérité; d'autre part, loin de mortifier et de mater la chair, c.-à-d. la nature humaine envisngée dans son état de déchéan-e, elles lui fournissent une pâture nouvelle, car elle croit facilement qu'il suffit de s'infliger quelques macérations pour faire de grands progrès dans la vertu. Il est moins bien de rattacher seulement à « non ad parcendum... » les mots « non in honore... », comme s'ils signifiaient : Ces pratiques sévères sont cause qu'on ne rend pas au corps l'honneur qui lui est dû, et que la chnir n'a pas de quoi se rassasier comme il conviendrait.

Col. III, 1-5.

Page 1