scientes , f ratres dilecti a Dec , electionem vestram
dont les Thés aloniciens faisaient preuve, et qui lui semblaient être un signe évident de leur élection en vue du salut. — Grattas agimiis ( S'J'/a- 7it(TioO[X£v). L'action de grâces e-t offerte au nom de Paul et de ses deux compagnons de travail. Comme dans IVpître aux Phil., i, 4, c'est j?ro omnibus, pour tous ses lecteurs sans exception, que l'apôtre a la Joie de remercier l'uuteur de tout bien, car ils ont tous manifesté d'admirables dispositions au moment de leur conversion et depuis. — Memoriam ( le pronom vestri est omis par d'importants manuscrits) facientes... Sur cette touchante pensée, voyez Rom.
I, 9»>; Eph. I, 16; Phil. i, 3-4; Col. I, S»», 9, etc. — Les mots aine intermissione se rapportent plutôt à ce qui suit :
memores... (vers. 3). Le participe {i.vr,[jLove"uovT£ç pourrait aussi se traduire par l'actif : rappelant à Dieu et préconisant vos vertus. — Paul va citer un premier motif de son action de giâces : ^dei..., et caritatis, et... spei.
Belle trilogie, as>iez fréquente dans les écrits de l'apôtre des Gentils (cf. I Cor. xm, 13; II Thess. I, 3, 4, etc.); on a dit en toute vérité à son sujet qu'elle contient un excellent résumé du christianisme et des devoirs qu'il impose , de sorte que sans elle il n'y a pas d'esprit chrétieu. Quoique néophytes, les Thessaloniciens avaient donc déjà une large part à ces «c trois éléments fondamentaux de la vie chrétienne » , les trois vertus théologales, base de toute la perfection évangcli (ue. — Paul caractérise chacune de ces qualitc's, d':'p es la manière dont elles ee manifes^taient chez ses lecteurs. L'expression operis fliiei est dl'ersement interprétée. L'emploi du singulier, ToO spyou, est h remarquer; il prouve qu'il s'a'-'it moins ici de bonnes œuvres multiples q .'on peut faire par esprit de foi, que J'um* œuvre d'ensemble, laquell»^, ilans la ciiconstai c présente, était vraisemblablement, comme le pensait déjà saint Jean Chrysostome, la fermeté virile des Thessaloniciens, dont aucune difficulté, aucune persécution, n'avait pu ébranler la constance. Selon divers commentateurs, Vauvie de la foi serait le fait môme de la foi
beaucoup préférable, car, suivant saint Paul, la fol doit être toujours agissante. Cf. Gai. v, 6, etc. D'après lui, comme d'après saint Jacques, ii, 17, « la foi, si elle ne produit pas d'œuvres, est morte. » — Et laboris et caritatis. Cette traduction est certainement fautive, car le second « et » n'a rien qui le représente dans le texte
Thessalonique, état ac" uel. ( D'après uue pliotograiihie.)
original (xa\ toO xduou Tr,ç àyaTtr.ç ). Il faudrait : « Et laboris caritatis ». Le substantif xduoç désigne un travail pénible; d'où il suit que la charité des Thessaloniciens, soit envers Dieu, soit envers le prochain, ne reculait devant aucun obstacle, devant aucun sacrifice. — Sustinentiœ spei. Exactement d'après le grec : (Nous souvenant) de votre persévérance dans l't spérance ; c- à - d., de votre espérance que rien ne peut lasser ou décourager. — L'objet de ce saint espoir n'est autre que Jésus-Christ lui-même {Domini... Jesu...; génitif de l'objet, pour « in Dominum... »), envisagé spifciulement, ainsi qu'il est dit plus bas (comp. le vers. 10; ii, 12, 19; m, 13; iv, 14 et ss.), comme futur rémunérateur des chrétiens fidèles. — Le trait ante Deum... se rapporte à « memores », et équivaut à « in orationibus nostris » du vers. 2. — Et Patrem... C.-à-d., devant Dieu qui est en même temps notre Père, puisqu'il nous a adoptés dans le
Christ. — Scientes (vers. 4). Ce participe est
a sa l'éallté. Mais la première explication est de parallèle à a memores » du vers 3. Saint Patf
I Thess. I, 5-6.
5. quia evangelium nostrum non fuit ad vos in sermone tantum, sed et in viitute, et in Spiritu sancto, et in plenitudine multa, sicut scitis quales fuerimus in vobis propter vos.
6. Et vos imitatores nostri facti estis, et Doraini, excipientes verbum in tribulatione multa, cum gaudio Spiritus sancti ;
5. car notre évangile ne vous a pas été prêché seulement en paroles, mais aussi avec puissance, avec l'Esprit-Saint et une pleine conviction ; vous savez , en effet, ce que nous avons été parmi vous, à cause de vous.
6. Et vous-mêmes vous êtes devenus nos imitateurs , et ceux du Seigneur, recevant la parole au milieu de beaucoup de tribulations, avec la joie de l'Esprit- Saint;
passe au second objet de son action de grâces. — Dilecti a Deo. Si les Israélites étaient si aimés de Jétiovah , dont ils formaient le peuple privilégié, à plus forte raison les chrétiens, qui ont reçu de lui des marques beaucoup plus grandes et plus nombreuses de tendresse. Elles se résument dans le choix merveilleux dont parle ici l'apôtre : élecUonem vestram. Il entend par cette expression caiactéristique, qui résume l'un des points principaux de sa théologie, le décret éternel par lequel Dieu choisit librement, sans aucun mérite de leur part, tels et tels membres de l'humanité coupable , pour les faire participer au salut que le Christ est venu apporter au monde. Cf. Rom. XI, 5, 7; Eph. i, 4; II Thess. ii, 13, etc. Voyez aussi Rom. viii, 29 et ss., où les divers degrés de ce choix sont Indiqués. Lorsque saint Paul affirme qu'il « connaît l'élection » des Thessaloniciens, il n'est pas question d'une science absolument certaine, c'est évident, mais d'une science relative. D'après ce qu'il a vu lors de la fondation de l'Égli.'-e de Thessalonique et ce qu'il a appris d'elle ensuite, il est moralement sûr que ceux qui en font partie sont du nombre des élue.
5-10. De quelle manière l'apôtre a pu acquérir la certitude que ses lecteurs seront sauvés. D'un côté, il a senti, lorsqu'il annonçait l'évangile, qu'une force extraordinaire lui était départie d'en haut, vers. 5; de l'autre, le zèle et la générosité avec lesquels ils avaient euxmêmes accepté la foi étaient des garants de leur persévérance, vers. 6-10. — Evangelium nostrum : la bonne nouvelle prêchée par Paul et fes collaborateurs, le message évangélique. Lorsqu'ils l'avaient fait entendre à Thessalonique, ce n'était pas in sermone tantum; elle n'avait pas consisté en de simjtles paroles , que les auditeurs écoutent, mais qui ne produisent sur eux aucun effet durable. — Sedet ..., et..., et... Petite énumération éloquente, comme les aime notre auteur. Elle signale quelques signes particuliers, qui avalent garanti à saint Paul que 8on ministère à Thessalonique était l'œuvre de Dieu, plutôt que son travail personnel. — In virtute : avec une puissance supérieure aux forces humaines. Non pas, comme on l'a dit parfois : avec accompagnement de nombreux prodiges ; car cette idée serait exprimée par le pluriel. Paul a donc en vue une assistance sur-
naturelle, qui attira l'attention' non seulement des i)rédicateurs, mais des Thessaloniciens euxmêmes, ainsi que l'ajoute la fin du verset (« sicut scitis »). Jésus avait promis très expressément ce secours à ses disciples. Cf. Luc. XXI, 15, etc. Voyez aussi I Cor. v, 4, etc.
— In Spiritu... : avec l'aide directe de l'Esprit- Saint, conformément à une autre promesse du S'auveur (cf. Matth. x, 20; Luc. xii, 12; Joan. XIV, 26 et xvi, 15). On a parfois appliqué, mais à tort, ces mots aux dons extraordinaires du Saint-Esprit, que saint Paul expose tout au long I Cor. xii, 1 et ss. — In plenitudine... Sans préposition cette fols dans le grec : TrXrjpoçopîa ttoX^^. Ce qui signifie : Avec une entière conviction. De l'âme des prédicateurs, qu'elle remplit-sait, cette conviction ardente avait pa*sé dans celle dts auditeurs.
— Sicut scitis.. . Appel à l'expérience de ces derniers. L'apôtre les prend à témoin de l'exactitude des faits qu'il vient de rappeler. — Propter vos. C'est pour eux, dans l'intérêt de leur salut , que Dieu avait ainsi facilii é la tâche de ses ouvriers évangéliques. — Et vos... (vers. 6). Cet autre signe de l'élection divine s'était manifesté dans le saint empressement avec lequel les Thessaloniciens avaient accepté la foi, malgré les épreuves qu'elle leur avait aussitôt attirées. — Imitatores nostri... Éloge flatteur. L'imitation avait surtout consisté, ! insi que le dit la suite du verset, à souffrir 1 our l'évangile, comme saint Paul et ses collaborateurs. — Et Domini. Louange encore plus grande. Jésus -Christ avait souffert le premier pour l'évangile, et il est, sous ce rapport, le modèle par excellence des chrétiens. — Excipientes verbum (tov Xoyov, la prédication apostolique) in tribulatione... Par conséquent, tout avait été surnaturel dans la manière dont ils avaient correspondu à l'élection divine. Sur ces tribulations, voyez ii, 14; m, 2, 3, 5; Act. xvii , 5-9. — Cum gaudio Spiritus... Résultat admirable de leurs souffrances : elles avaient produit en eux, contrairement à ce qui se passe chez les hommes ordinaires, non la tristesse, mais une joie sainte, dont l'Esprit divin était lui-même l'auteur. Cf. Act. v, 41; Rom. v, 1-4; Gai. v, 22, etc. — Ita ut... (vers. 7). L'apôtre Indique une conséquence très heureuse des faits qu'il a résumés dans le vers. 6. Les chrétiens de Thessalonique étaient
I Thess. r, 7-10.
7. de sorte que vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de la Macédoine et de l'Achaïe.
8. Car la parole du Seigneur a retenti de chez vous non seulement dans la Macédoine et dans l'Achaïe, mais la foi que vous avez en Dieu s'est fait connaître en tout lieu, de sorte que nous n'avons pas besoin d'en parler ;
9. car ce sont eux-mêmes qui racontent, à notre sujet, quel accès nous avons eu auprès de vous, et comment vous vous êtes convertis à Dieu, abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai ,