‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 424 sur 873 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Ce que Paul , en tant qu'apôtre , a fait pour les Thessaloniciens et manière dont ils ont correspondu à ses dispositions- II,

Cest une charmante page d'histoire que nous avons ici. L'auteur développe d'abord, ii, 1-16, avec toutes les ressources de son esprit et de son cœur, ce qu'il n'a fait qu'indiquer rapidement dans le prologue , i , 5-6 ; il raconte ensuite, II, 17-in, 13, ce qui s'est passé pour lui et pour ses chers néophytes depuis le moment de leur séparation.

§ I. — Description du ministère de saint Paul à Thes.-alonique. II, 1-16.

L'éloge des Thesealonicif-ns, si bien mérité « par leur conversion franche et sincère à la foi chrétienne, amène maintenant le souvenir des faits qui ont précédé et accompagné cette conversion ». La conduite de l'apôtre et de ses collaborateurs est décrite sous tous ses aspects : leur arrivée , vers. 1-2 ; leur prédication, vers. 8- 9; leur manière d'agir en général, vers. 10-12. La narration passe ensuite à la conduite des Thessalonlciens eux-mêmes, vers. 13-16.

1« L'œuvre de Paul, de Sllvaln et de Timothée. II, 1-12.

Quatre mots résument leur mini-tère : courage, pureté d'intention, amour, fidélité. L'heureuse impression qu'avaient gardée les prédicateurs ressort des moindres détails.

Chap. II. — 1 - 2. Circonstances qui caractérisèrent leur arrivée à Thessalonique. — Ip^i scitis. . . Autre appel à la récente expérience des lecteurs. Cf. i, 6*^. Voyez a' ssi les vers. 2,5, 10, 11. — Introilurn nostium. Cf. i, 9». Paul

continue de s'associer Sllvain et Timothée; de là l'emploi habituel du pluriel. — Non inanis... Avec une nuance dans le grec : Notre entrée n'est pas devenue (au lieu de fuit) vaino; c.-à-d., n'est pas demeurée sans résultat. Il est moins bien de traduire l'éplthète xeviq par « sans force » ou par « mensongère ». — Sed ante passi... (vers. 2). Sur ce fait, voyez Act. xvi, 12 et ss. Des hommes sans énergie auraient été domptés par la persécution, et n'auraient pas osé annoncer de nouveau l'évangile, avant de savoir si les circonstances étaient plus favorables; mais la faiblesse et la peur n'étaient

Licteur romain avec deux faisceaux.

( Bas - relief anticiue.)

pas moins inconnues de Paul que des autres apôtres. Cf. Act. v, 41-42; xvi, 25. — Fiduciam habuimus. Le grec signifie à la lettre : avoir 1« courage de tout dire , parler sans crainte. — C'est en Dieu (in Deo...) et non pas en eux mêmes que les trois missionnaires avaient puisé cette

I Thess. II, 3-7.

3. Car notre prédication n'est basée ni sur l'erreur, ni sur des motifs impurs, ni sur la fraude ;

4. mais, st-lon que Dieu nous a jugés dignes de nous confier l'évangile, ainsi nous parlons, non pour plaire aux hommes, mais à Dieu, qui sonde nos cœurs.

6. Car nous ne sommes jamais venus avec des paroles de flatterie, vous le savez, ni avec des prétextes inspirés par l'avarice. Dieu en est témoin;

6. nous n'avons pas recherché non plus la gloire qui vient des hommes, ni de vous, ni des autres.

7. Bien que nous eussions pu nous imposer à vous comme apôtres du Christ, cependant nous sommes devenus comme de petits enfants au milieu de vous, comme une nourrice qui a soin de ses enfants.

3. Exhortatio enim nostra non de errore, ncque de immunditia, neque iu dolo ;

4. sed sicut probnti sunms a Deo ut crederetur nobis ev.-mgelium, ita hxpiimur, non quasi homiuibus placentes, sed Deo, qui probat corda nostra

5. Neque enim aliquando fuimus in sermone adulationis, sicut scitis ; neque iu occasione avaritiae, Deus testis est;

6. nec quaerentes ab hominibus gloriam, neque a vobi.-^, neque ab aliis.

7. Cum possemus vobis oneri esse ut Christi apostoli, sed facti sumus parvuli in medio vestrum, tanquam bi nutrix foveat filios suos.

force inébranlable. Ils se sentaient unis à lui, assl-tés par lui, sachant qu'ils accomplissaient son œuvre. — In multa... Plu.s fortement dans le grec : parmi beaucoup de combats. Comp. Act. xvn, 7 et ss.

3-9. La prédication de Paul à Thessalonique a été vraiment aposioliqne sous le triple rapport soit de son objet, qui était la vérité même; Boit de 8CS motifs, qui n'avaient rien d'égoï.-te, mais qui tendaient sans ces.e à la gloire de Dieu et au bien des âmes; soit enfin de ses moyens, toujours nobles et loyaux. — Exhortatio. Le substantif grec TrapaxXriai; a souvent dans les écrits de saint Paul le sens de consolation ; mais celui d'exhortation convient de préférence dans ce passage. — De errore. La prédication chrétienne n'est point basée sur l'erreur, sur l'illusion, mais sur la vérité objective des faits et des dogmes qu'elle annonce. — De immunditia. Ce mot désigne ici, d'après le contexte, les motifs impurs qui pouvaient inspirer les prédicateurs de la foi; par exemple, l'ambition, la vanité, l'amour du lucre. — In doln. Cette troisième expression se rapporte aux moyens employés par l'apôtre des Gentils : Jamais il n'avait eu recours à la ruse, à la fraude , à la flatterie, pour atteindre plus facilement son but. — Sed... Contraste. La pensée est exprimée maintenant en termes positifs. — Sicut..., ita. Ces deux adverbes sont fortement accentués. La manière dont Paul acomplis-^ait son ministère correspondait tout à fait an but que Dieu s'était proposé en le lui confiant {prohaH sumus; d'après le grec : nous avons été jugt's dignes). Or, ce but, c'était de servir les intérêts divins, de plaire à Dieu et non aux hommes : non quasi..., sed... — Le trait qui jfrohat corda... est ajouté pour montrer qu'on ne saurait tromper Dieu sur le point en question, puisqu'il sonde les cœurs et les sentiments les plus intimes de ses apôtres. Cf.

Act. I, 24. eto. — Neque enim... (vers. 5). Saint Paul va prouver as>ez lougm menr qu'il a vraiment prêche l'évangile à la façon décrite dans les vers. 3-4. Son langage ^era de nouveau tantôt négatif, ver.'<. 5-6, tantôt positif, vers. 7-9. — In sermone adulationis : soit par crainte de dire aux auditeurs des choses déplaisantes, soit directement pour les flatter. — Neque in occasione... Plutôt, d'après le grec : Ni sous le prétexte de la cupidité. C.-à-d., en faisant servir le ministère chrétien comme un prétexte derrière lequel se serait dissimulée l'avarice. — A propos du langage flatteur, Paul en avait appelé à l'expérience des Thessaloniciens , aicut scitis; maintenant qu'il parle d'un motif secret, il en appelle à Dieu lui-même : Deus testis... — Nec quaerentes... (vers. 6). La recherche d'un vain honneur n'était pas moins éti'angère à Paul que le vulgaire motif de la cupidité. Les mots neque a vobis, neque... développent le trait généial ab hominibus. — Cum possemus... (vers.7). D'après la plupart des commentateurs, ces mots et les suivants. Jusqu'à apostoli, doivent être rattachés à la phrase précédente. La locution èv papsi elvac, que la Vulgate a traduite par oneri esse, signifie littéralement : « In pondère esse », être en poids. Notre version latine l'a prise dans le sens de ÈTiiêapetv, charger (comp. le vers. 9; II Thess. III, 8, etc.), et lui a fait désigner le devoir qui incombe aux fidèles de fournir le nécessaire à ceux qui les évangélisent ; mais cette signification s'accorde moins bien avec le contexte, puisque l'apôtre parle, d'une part, de visées ambitieuses, et de l'autre, d'une hunjilité et d'une simplicité d'enfant. La formule grecque serait donc mieux traduite par « esse in auctoritate, in honore » : Nous aurions le droit, comme apôtres du Christ, de réclamer des honneurs et des distinctions (saint Jean Chrys,, Théophylacte, etc.). — Parvuli. La Vulgate a suivi la meilleure leçon, vr,7riot, au lieu de

I Thess. II, 8-12.

8. Ita desideranfes vos, ciU'ide volehamus tradcre vobis non soliun evangelium Dei, sed etiam animas nostias, quoniam carissiiui nobis facli estis.

9. Memores enim estis, fratres, laboris nostri et fatigationis ; noete ac die opérantes, ne quem vestrum gravaremus, prœdicavimus in vobis evangelium Dei.

10. Vos testes estis, et Deus, qiiam sancte, et juste, et sine querela, vobis qui credidistis, fuimus;

11. sicut scitis, qualiter unumquemque vestrum (sicut pater filios suos),

12. deprecantes vos et consolantes, testiticati bumus ut ambularetis digne

8. Ainsi, dans notre affection pour vous, nous souhaitions ardemment de vous donner non seulement l'évangile de Dieu, mais aussi notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers.

9. Car vous vous rappelez, frères, notre travail et notre fatigue; c'est en Travaillant nuit et jour, pour n'être à charge à aucun de vous, que nous avons prêché l'évangile de Dieu parmi vous.

10. Vous êtes témoins, et Dieu l'est aussi, que nous nous sommes conduits saintement, justement et d'une manière irréprochable envers vous qui avez embrassé la foi ;

11. et vous savez au^si comme nous avons agi envers chacun de vous, comme un père envers ses enfants,

12. vous exhortant, vous consolant, et vous conjurant de marcher d'une manière

Yjuiot, doMx, aimables. — Le détail tanquam si... foveai complète la métaphore. — Nutrix, rpocpo; : une mère qui allaite son enfant. Il n'était pas possible à saint Paul d'exprimer

Une mère et Bes enfants. (Statue grecque.)

plus délicatement ou plus forteiient 8a tendresse. f( Il ne s'agit plus ici de la seule prédication, mais d'un dévouement prêt h faire au besoin le sacrifice de la vie, » comme le montrent d'ailleurs aussi les toucliants développe-

ments qui suivent : ita desiderantes... (vers. 8).

— Cupide t'oZe&awMS. D'après le texte original : Nous jugions bon, nous étions disposés. — Sed... animas... C.-à-d., nos vies, nos propies personnes.

— Raison de ce dévouement absolu : quoniam carissimi... — Memores enim... (vers. 9). L'apôtre cite, entre cent autres, une preuve très évidente de son affection pour les Thessaloniciens. — Lahoris... et fatigationis. Deux expressions synonymes, très fortes l'une et l'autre, qui mettent la pensée en relief. Cf. II Cor. xi, 27; II Thess. III, 8. — Nocte ac die opérantes... Sur le travail manuel de saint Paul, voyez Act. xviii, 3, et les notes; xx, 34, etc. Sur le principe en vertu duquel il s'y livrait sans s'épargner, quoiqu'il eût le droit de vivre aux dépens des fidèles, voyez I Cor. ix, 1-19; II Cor. xi, 712; Phil. iv, 10-20; II Thess. ni, 7-9. — Ne quem vestrum... Pour ne pas être à charge aux Thessaloniciens, il consentit à accepter des secours pécuniaires que lui avaient envoyés les chrétiens de Philippes. Cf. Phil. IV, 16.

10-12. Conduite de Paul et de ses collaborateurs à Thessalonique. — Vos testes et Deus. Au vers. 6, l'auteur distinguait le témoignage de Dieu de celui des hommes; il les réunit Ici. — Quam sancte, et..., et... Le premier des trois adverbes se rapporte à la conduite envers Dieu; le second, à la conduite envers le prochain. Le troisième (à\)À\i-KZ(i)ç) réunit les deux autres sous une foi'me négative : Paul a agi d'une manière Irréprochable à l'égard du Seigneur et de ses semblables. — Qualiter unumquemque... (vers. il). Chacun des fidèles était l'objet particulier de son zèle. — Sicut pater... Plus haut, vers. 7'*, voulant dépeindre la tendresse de son affection, il s'était comparé à une mère; maintenant qu'il veut mettre en relief son rôle d'éducateur, l'image de l'amour paternel convient mieux pour rendre sa pensée. — Deprecantes... tcstificati... (vers. 12). Dans le grec : Vous

I Thess. II, 13-15.

digne de Dieu , qui vous a appelés à son royaume et à sa gloire.

13. C'est pourquoi nous aussi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce que, recevant la parole de Dieu prêchée par nous, vous l'avez reçue, non comme une parole des hommes, mais ainsi qu'elle l'est véritablement, comme la parole de Dieu, lequel agit en vous, qui avez cru.

14. Car, frères, vous êtes devenus les imitateurs des églises de Dieu, qui, en Judée, sont à Jésus -Christ, puisque vous avez souffert, vous aussi, de la part de vos concitoj^ens, les mêmes choses qu'elles ont souffertes aussi de la part des Juifs,

15. qui ont tué même le Seigneur Jésus, et les prophètes, et qui nous ont persécutés à notre tour; qni ne plaisent point à Dieu, et qui sont les ennemis de tous les hommes;

Deo, qui vocavit vos in suum regnura et gloriara.

13. Ideo et nos gratias agimus Deo sine intermissione, quoniam cum accepissetis a nobis verbum auditus Dei, accepistis illud, non ut verbum hominum, sed, sicut est vere, verbum Dei, qui operatur in vobis, qui credidislis.

14. Vos enim imitatores facti estis, fratres, ecclesiarum Dei, quae sunt in J udsea in Christo Jesu ; quia eadem passi estis et vos a contribulibus vestris, sicut et ipsi a Judseis,

15. qui et Dominum occiderunt Jesum, et prophetas, et nos persecuti sunt, et Deo non placent, et omnibus hominibus adversantur ;

exhortant, et vous encourageant, et vous conjurant. Il y a gradation ascendante. — Digne Deo. Vivre d'une manière digne de Dieu, c'est l'idéal le plus relevé que l'on puisse concevoir.

— Q,iti vocavit... Au temps présent d'après la meilleure leçon du grec : (Dieu) qui vous appelle.

— In suum regnum... Cette perspective de la gloire éternelle est un grand encouragement à la pratique d'une vie toute chrétienne.

2" Zèle avec lequel les Thessaloniciens avaient reçu la foi. II, 13-16.

13. Ils avaient accueilli la prédication de leurs missionnaires comme la parole de Dieu luimêiuo. — Ideo. D'après la fin du vers. 12 : à cause de la vocation des Thessaloniciens à la foi et au ealut. — Gratias agimus... L'apôtre ne peut se lasser de rendre grâces à Dieu (cf. i, 2^ et ss.), lorsqu'il pense aux faveurs spirituelles dont les Thessaloniciens ont été comblés, et par lesquelles ils ont été rendus capables de devenir si promptement des chrétiens parfaits. — Et nos. Ce trait suppose que les lecteurs devaiecit être les premiers à remercier Dieu de ses bienfaits. — L'expression verbum auditus est calquée sur le grec; elle désigne la parole entendue, c.-à-d., la prédication, et celle-ci vient tout à la fois de Dieu, qui en est la source (De?), et des prédicateurs, qui servent d'organe au Seigneur (a nnbis). Cf. Rom. x, 16-17, etc. — Non ut... T'omiiium, sed... A la parole purement humaine, salni F*aul oppose la parole de Dieu, et II indique la gran'^ différence qui existe entre elles, lorsqu'il ajoute : oç xai Ivspysïxai... Ce détail ne 86 rapporte pas directement à Dieu; aussi la Vulgate a-t-elle inexactement traduit par qui (au lieu de « quod », scil. verbum) opera^ttr... — Les mots gwi credidistis expriment la condition nécessaire pour que la parole de Dieu puisse déployer toute S')n efficacité.

14-16. Comment cette parole se montrait active chez les ihrétlens de Thessalouique au milieu des plus violentes épreuves. — Imitatores... ecclesiarum... Kapprochement intéressant entre les Églises de Judée et les lecteurs. — Quia eadem... C'est en cela surtout que consistait le point de ressemblance sur le juel l'apôtre veut insister. — A contribulibus... C.-à-d.: de la part de vos compatriotes. Ce mot représente surtout, d'a{)i-ès Act. XVII, 5, la partie la plus vile de la population païenne de Thessalonique. — Sicut. . . ipsi ( les chrétiens de Judée ) a Judaeis. Allusion aux faits racontés au livre des Actes, vi, 9 et t-s.; VJii, 1 et as.; ix, 1-2. — Cette triste conduite des Juifs incrédules amène k la pensée de Paul d'autres griefs plus anciens , qu'il leur jette à la face dans un beau mouvement d'indignation : Qui et..., et..., et... (vers. 15). — Dominum occiderunt. C'était là leur c/ime principal. Les Romains n'avaient été que les bourreaux extérieurs de Jésus; la honte de l'avoir fait condamner et mettre à mort retombait directement sur les Juifs. Cf. Act. m, 15, etc. — Et prophetas: ainsi que le Sauveur lui-même le leur avait reproché. Cf. Matth. V, 12 et xxiii, 31, 37; voyez aussi Act. vu, 52; Hebr. xi, 38. — Nos persecuti sunt. Ces adversaires acharnés du christianisme avaient à maintes reprises créé des obstacles devant Paul, pour l'empêcher d'annoncer le nom de Jésus-Christ. Voyez Act. xiii, 50-51; xiv, 4-6, 18-19; xvji, 5 et ss. — En agissant ainsi les Juifs, autrefois si aimés de Dieu, s'étaient attii-é sa colère : Deo non... — Omnibus... adversantur: en vertu de leur « particularisme national, dénoncé par Tacite, Hist., v, 5, et persiflé par Juvénal, XIV, 10 et ss. » D'après les Juifs d'alors, il n'y avait pas de salut possible en dehors de leur peuple ; le Messie n'exil^tait que pour eux , nullement pour les païens. Cest cet esprit pharisaïque

I Thess. Il, 16-19.

16. prohibentes nos gentibus loqui ut salvae fiant, ut impleaut peccata sua semper ; pervenit euim ira Dei super illos usque in finem.

17. Nos autem, fratres, desolati a vobis ad terapus horse, aspectu, non corde, abundantius festinavimus facieni vestrara videre cum multo desiderio.

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