DEUXIÈME ÉPITRE AUX THESSALONICIENS
traitent, en effet, un sujet à peu près identique, et supposent la même situation extérieure et intérieure, par conséquent la même époque. La mention simultanée de Silas et de Timothée dans la salutation ' conduit à un résultat analogue, puisque ces deux disciples ne demeurèrent que peu de temps ensemble auprès de Paul. Cette mention prouve que la deuxième épître fut pareillement écrite de Corinthe ^, et non d'Athènes, comme on l'a prétendu parfois ^. La date vraisemblable est donc la fm de l'année 53 ou le commencement de 54.
Il est étrange de voir que quelques interprètes ou critiques ont renversé l'ordre des deux épîtres aux Thessaloniciens, attribuant le premier rang à celle que nous nommons la seconde, et vice versa. L'apôtre lui-même les a réfutés d'avance, en mentionnant sa première lettre dans la deuxième ^'. D'ailleurs, quand on les lit avec attention, il est évident qu'elles occupent vraiment leur place naturelle, car la seconde complète visiblement l'enseignement de la première. Celle-ci possède une autre marque infaillible d'antériorité dans sa partie personnelle et historique : la fraîcheur des impressions prouve que saint Paul a quitté récemment ses lecteurs, tandis qu'ici il est plus calme dans ses témoignages d'affection.
3» Le sujet et le plan de la lettre ^. — Le contenu est au fond le même que celui de la première épître, et il en devait être ainsi, puisque les deux écrits ont été composés en des circonstances presque identiques , à des époques très rapprochées.
Après un préambule relativement long, i, 1-12, dans lequel l'apôtre insère la salutation, l'action de grâces et la prière accoutumées, nous trouvons deux parties, l'une dogmatique, ii, 1-16, l'autre morale, m, 1-15, et une conclusion très brève, m, 16-18. La partie doctrinale insiste sur ce fait, que le second avènement du Christ ne saurait avoir lieu immédiatement, attendu qu'il doit être précédé de l'apparition de l'Antéchrist et d'un déploiement extraordinaire du mal sous toutes ses formes. La partie morale contient plusieurs recommandations pressantes ^.
* II Thess. 1,1.
2 Voyez la p. 426.
^ De nouveau on lit à la fin de l'épitre dans quelques manuscrits grecs : Elle a été écrite d'Athènes. Ces sortes de notes, ajoutées après coup, ont une valeur très relative.
^ Cf. II Thess. II, 14.
" Pour l'authenticité, voyez l'Introd. gén., p. 8 et 9. Elle a été attaquée assez vivement de Qos jours par les rationalistes, au moyen de
leurs arguments intrinsèques habituels, que la critique sérieuse déclare « non fondés ». Notre épître serait, d'après eux, l'œuvre d'un faussaire, qui aurait repris pour son propre compte le thème du secoM avènement de Jésus-Christ , afin de le pousser plus avant.
^ Pour une analyse plus complète, voyez le commentaire et notre Biblia sacra, p. 1308-1309. — Nous avons signalé plus haut, p. 12 et 426, les meilleurs commentaires catholiques.
Comment. — VIII.
DEUXIEME ÉPITRE
iUX THESSALONICIENS
1. Paul us, et Silvanus, et Timotheus, ecclesiœ Thessalonicensium, in Deo Pâtre nostro, et Domino Jesu Christo.
2. Gratia vobis et pax a Deo Pâtre nostro, et Domino Jesu Christo.
3. Gratias agere debemus semper Deo pro vobis, fratres, ita ut dignum est, quoniam supercrescit fides vestra, et abundat caritas uniuscujusque vestrum in invicem ;
1 . Paul , Sil vain , et Timothée , à l'église de Thessalonique, qui est en Dieu notre Père, et en Jésus -Christ le Seigneur.
2. Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus -Christ.
3. Nous devons sans cesse rendre grâces à Dieu à votre sujet, frères, comme cela est juste, parce que votre foi augmente de plus en plus, et que la charité de chacun de vous envers les autres va en croissant;