L'apôtre remercie Dieu de raffermissement
des Thessaloniciens dans la foi, de leur charité mutuelle et de leur courage au milieu des persécutions qu'ils subissaient. — Gratias agere debemus... « Comme c'est Dieu qui opère le bien dans l'homme, c'est lui qu'il convient de remercier quand on le constate quelque part, » Saint Paul est admirablement fidèle à ce devoir. — Ita ut dignum... Ces mots insistent sur la nécessité de la gratitude envers Dieu. Le vev'oe a debemus » en marquait la raison subjective (il y a un sentiment intérieur qui nous porte à cela); ici nous entendons la raison objective (cela est Juste, cela convient). — Quoniam... L'auteur passe à l'objet de sa reconnaissance, qu'il trouve d'abord dans la fol et dans la charité fraternelle de ses chefs néophytes. — Supercrescit (ÛTTEpau^avet). Saint Paul emploie volontiers les verbes composés de UTiép, pour denner plus de force à sa pensée. Ici : votre foi augmente de plus en plus, fait des progrès extraordinaires. Ses progrès s'étaient surtout manifestés, d'après le vers. 4, par le courage invincible qu'elle avait ins-piré aux Thessaloniciens parmi les persécutions dont ils étalent l'objet : rien n'avait été capable d'ébranler leurs convie-
II Thess. I, 4-7.
4. de sorte que nous-mêmes nous nous glorifions de vous dans les églises de Dieu, à cause de votre constance et de votre fidélité dans toutes les persécutions et les tribulations que vous endurez.
5. Elles sont une preuve du juste jugement de Dieu, et elles servent à vous rendre dignes du royaume de Dieu, pour lequel aussi vous souffrez.
6. Car il est juste pour Dieu de rendre l'affliction à ceux qui vous affligent ;
7. et de vous donner, à vous qui êtes affligés, du repos avec nous lors de la révélation du Seigneur Jésus, qui viendra du ciel, avec les anges de sa puissance,
4. ita ut et nos ipsi in vobis gloriemur in ecclesiis Dei, pro patientia vestra, et fide, et in omnibus persecutionibus vestris, et tribulationibus quas sustinetis ,
5. in exemplum justi judicii Dei, ut digni habeamini in regno Dei, pro que et patimini.
6. Si tamen justum est apud Deura, retribuere tribulationem iis qui vos tribulant ;
7. et vobis, qui tribulamini, requiem nobiscum in revelatione Domini Jesu de caelo cum angelis virtutis ejus,
tion» religieuses. — Et abundat caritas... Déjà l'apôtre avait pu louer en eux cette vertu dès sa première épître (cf. I Thess. m, 9 ; iv, 9, etc.); mais elle avait grandi, elle aussi, considérablement. FjO trait uniuscvjusque est à relever, car il montre que cette charité fraternelle existait en tous sans exception. Les occasions de l'exercer ne manquaient pas, puisque la jeune chrétienté était plongée dans le creuset de l'épreuve. — Ita ut et nos... (vers. 4). Résultat naturel de ce qui précède. Dans sa première lettre, Paul disait qu'il n'ajoutait rien à l'éloge qu'il entendait faire des Thessaloniciens (cf. I Thess. i, 8); maintenant il n'en est plus de même, car ils se sont tellement avancés dans la pratique des principales vertus chrétiennes, qu'il se croit en droit de se glorifier devant les autres Églises, puisque c'est à son ministère que se i-attachait leur conversion. — In ecclesiis... Il s'agit des Églises d'Achaïe, car l'apôtre était alors à Corinthe (Introd., p. 449). — Pro patientia..., et..., et... L'auteur indique dans le détail les points qui le rendaient saintement glorieux lorsqu'il vantait les fidèles de Thessalonlque. Déjà il a été question dans la première épître, i, 3, de leur patience courageuse : là elle était associée à l'espérance ; elle lest ici à la foi, c.-à-d., à la fidélité dans la foi. — In omnibus persecutionibus... Ces persécutions avalent pris naissance dès les premiers jours de la fondation de leur Église (cf. Act. xvn, 5 et ss. ; I Thess. i , 6 ) ; elles n'avaient pas cessé depuis (cf. I Thess. m, 3 et ss.). Elles ne formaient pas leur unique épreuve, puisque l'apôtre ajoute : et tribulationibus... — In exemplum... (vers. 5). L'auteur passe tout à coup à une autre idée, qu'il développera jusqu'à la fin du vers. 10. Voulant consoler les Thessaloniciens de leurs 80uf[r«"nce'8, il va leur offrir la doace perspective de la compensation qui les attend dans l'autre vie. C'est cette compensation, évidemment, qiai sera un exemple du juste jugement de Dieu. La préposition in manque dans le grec, où le substantif evôeiYf^a, exemple, est simplement au noiriinatif. — TJt digni habeamini...C'est précisémc nt parce que Dieu est juste, que les chrétiens de
Thessalonique , si vaillants au milieu de leurs tribulations, seront jugés dignes d'avoir part au royaume de Dieu (lisez « regno Dei », au lieu de in regno Dei). Après tout, n'était-ce pas pour ce royaume même qu'ils souffraient, (pro quo e<...)?
6-10. Dans l'autre vie, le Dieu de justice châtiera à jamais les persécuteurs de ses amis fidèles, et il accordera au contraire un repos et un honneur éternels à ces derniers. Passage important sous le rapport théologique, spécialement en ce qui concerne le jugement dernier et les peines éternelles C3 l'enfer. — La formule si tamen (etuep) n'exprime pas un doute ; elle introduit au contraire un fait entièrement certain : Si, comme tous l'admettent, il est juste... — Retribuere (àvraTToSouva;, verbe expressif que saint Paul et saint Luc sont seuls à employer dans le Nouveau Testament), Cette idée de la rétribution divine est développée sous la forme de constrastes frappants, qui opposent l'un à l'autre le sort des pieux chrétiens, persécutés pour la cause du Christ (comp. les vers. 7, 10), et le sort de leurs persécuteurs impies (comp. les vers. 6, 8, 9). La première antithèse est exposée dans les vers. 6 et 7, la seconde dans les vers. 8- 10. — Tribulationem iis qui... tribulant. Talion bien légitime. Comp. Luc. xvi, 25; Rom. ii, 9; Col. III, 25, etc. — Vobis qui tribulamini (l'apôtre répète à dessein ce mot), requiem... Le grec àvEC'.? signifie à la lettre : « relaxatio, remissio. » La pensée est donc simplement négative, et elle est suggérée sous cette forme par la persécution qui sévissait alors : du soulagement, un état d'où les peines seront tout à fait exclues. — Le trait nobiscum est plein de délicatesse. Saint Paul ne se séparait pas de ses néophytes, lorsqu'il pensait au bonheur du ciel. Cf. II Cor. iv, 14 ; II Tlm. iv, 8, etc. Actuellement il souffrait, lui aussi, et il était séparé des Thepsaloniciens ; l'espoir d'une réunion sans fin dans la paix du ciel était une consolation pour Ini comme pour eux. — In revelatione (èv TYJ àTTOxaXû'ieO. Ici et I Cor. i, 7 (cf. I Petr. I, 7, 13 et iv, 13), le second avènement
II Thess. I, 8-10.
8. in flamma ignis dantis vindictam iis qui non noverunt Deum, et qui non obediunt evangelio Domini nostri Jesu Christi ;
9. qui pœnas dabunt in interitu seternas a facie Domini, et a gloria virtutis ejus,
10. cum venerit glorificari in sanctis suis, et admirabilis fieri in oiimibus qui crediderunt, quia creditum est testimonium nostrum super vos, in die illo.
8. au milieu d'une flamme de feu, pour tirer vengeance de ceux qui ne connaissent pas Dieu, et qui n'obéissent point à l'évangile de Notre - Seigneur Jésus - Christ.
9. Ils subiront la peine d'une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa puissance,
10. lorsqu'il viendra pour être, en ce jour-là, glorifié dans ses saints, et pour se faire admirer dans tous ceux qui auront cru, puisque vous avez cru au témoignage que nous avons rendu devant vous.
du Christ est appelé une révélation, une apocalypse, parce qu'en e£Eet la majesté, la toute-puissance et les autres qualités divines du Sauveur nous y seront révélées sous un aspect inconnu jusqu'alors. Le tableau de l'apparition du Christ au dernier jour est tracé, comme dans la première épître (I Thess. iv, 15 et ss.), en quelques traits sobres et vigoureux, dont la plupart reproduisent d'ailleurs la scène grandiose racontée par Jésus lui-même, Matth. xxv, 31 et ss. — De cselo. Remonté au ciel le jour de son ascension glorieuse, il en descendra alors plein de gloire, entouré des anges qui forment sa cour et qui sont les instruments de sa puissance (cum angelis virtutis...). — In flamma ignis. D'après une variante moins autorisée : « in igné flammse ». C'est la même pensée : dans un feu ardent, flamboyant. Les interprètes les meilleurs sont en désaccord au sujet de la connexion de cette clause. Les uns la rattachent à dantis vindictam, de sorte que saint Paul désignerait ici le feu comme l'élément terrible de la vengeance divine à l'égard des réprouvés. Cf. Matth. xxv, 41, etc. Les autres en font un développement des mots « in revelatione Domini... » et un des traits caractéristiques de l'avènement du Christ : de même que, dans l'Ancien Testament, les apparitions divines étaient habituellement accompagnées de flammes éclatantes, qui symbolisaient sa gloire et sa force irrésistible ( cf. Ex. m , 2 et ss. ; XIX, 18; Dan. vu, 9, etc.), de même en sera -t- il de celle du Christ à la fin des temps (cf. Apoc. XIX, 12). Voyez Calmet, h. l. Quoique nous préférions ce second enchaînement, il nous semble évident que les mots « in flamma ignis » sont aussi destinés à préparer la description du châtiment des impies, châtiment dont ils indiquent la nature d'une manière au moins indirecte. — Ceux sur lesquels s'exercera la vengeance du Seigneur sont désignés par deux expressions différentes : qui non noverunt... , et qui non obediunt... La première représente les païens, d'après Rom. i, 28; Gai. iv, 8 ; I Tbess. iv, 5, etc.; en effet, ils étaient caractérisés tout d'abord par leur ignorance du vrai Dieu. La seconde représente plus spécialement les Juifs, qui avaient rejeté en niasse la prédication évangélique. Cf. Rom. X, 3, 16, etc. De part et d'autre, la culpabilité était immense, sans excuse. Aussi la con-
damnation n'est- elle pas douteuse: qui pœnas dabunt... (vers. 9). Cf. Marc, xvi, 16; Joan. m, 18-19, etc. En tenant ce langage sévère, l'apôtre pensait directement à ceux des païens et des Juifs qui s'efforçaient alors brutalement d'étouffer dans son berceau la jeune Église de Thessalonique. — Le châtiment est décrit en termes effrayants. Il consistera, d'après le grec, en un oXeôpov a'.wviov, c. -à-d. , en une destruction éternelle, par contraste avec la vie éternelle (Vulg. : in interitu seternas ). Impossible de limiter l'étendue de l'adjectif auovtov, qui est expressément opposé à temporaire (cf. II Cor. iv, 18). D'ailleurs, la sentence proférée par Jésus lui-même (Matth. XXV, 46) exclut toute limite de ce genre et ne saurait être atténuée en aucune façon. — A facie... C.-à-d. , loin de la face du Seigneur et de l'éclat de sa puissance. Le langage est emprunté à Isaïe, ii, 10, 19 et 21. D'autres traduisent : (Une destruction éternelle) produite par la face du Seigneur...; ce qui signifierait que les réprouvés, en apercevant leur juge, se précipiteront d'eux-mêmes dans l'enfer. La première interprétation nous paraît préférable. — Cum venerit... (vers. 10). L'écrivain sacré revient aux chrétiens fidèles, et particulièrement à ses Thessaloniciens, auxquels Jésus- Christ apportera la récompense sans fin du ciel. — Glorificari in sanctis... Ce détail se rattache aux mots a gloria virtutis ejus du vers. 9, et décrit une gloire chère entre toutes à Jésus : celle qu'à l'époque de son second avènement il recevra de ses saints, c.-à-d., de tous les chrétiens généreux, constants et parfaits qui auront mérité la couronne éternelle. Cf. Joan. xvii, 10; II Cor. viii, 23 ; Apoc. I, 5-6, etc. Ils lui offriront avec amour le tribut de leurs éloges, en même temps que celui de leur reconnaissance. — La proposition et admirabilis fieri in... est synonyme de la précédente. En appelant cette fois les chrétiens « ceux qui ont cru », l'auteur rappelle la condition essentielle du salut. — Quia creditum est... Motif pour lequel saint Paul range ses lecteurs d'une manière spéciale parmi ceux qui auront alors la joie de glorifier le Christ : Notre témoignage, adressé h vou^ (super vos), a été cru. C.-à-d. : Vous avez adhéré par la foi à ma prédication. Cf. I Thess. I, 3-4. — Les mots in die illo, ren- I voyés avec emphase à la fin de la phrase, se
If Thess. T, U — II, 1.
11. C'est pourquoi aT.ssi nous prions sans cesse pour vous, alin que notre Dieu vous rende dignes de sa vocation , et qu'il accomplisse avec puissance tous les desseins de sa bonté, et l'œuvre de la foi;
12. pour que le nom de Notre-Seigneur Jésus -Christ soit glorifié en vous, et que vous le soyez en lui , par la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus - Christ.
11. In quo etiam oramus seraper pro vobis, ut dignetur vos vocatione sua Deus noster, et impleat oranem voluntatem bonitatis, et opus fidei in virtute ;
12. ut clarificetur nomen Domini nostri Jesu Christi in vobis, et vos in illo, secundum gratiam Dei nostri, et Domini Jesu Christi.