CHAPITRE IV
1. Spiritus autem manifeste dicit, quia in novissimis temporibus discedent qui-
1. Mais l'Esprit dit expressément que, dans les temps qui viendront, quelques-
IG. Abrégé de la doctrine évangéllque. Paul vient de mentionner la vérité clirétienne, dont l'Église est la dépositaire ; il en donne maintenant un résumé sublime, introduit par une brève foi-mule. — Manifeste. Le grec Ô[xoao- Youixévojç signifie plutôt : incontestablement, de l'aveu de tous. — Sacramentum ixo (xua-xr)piov, comme au vers. 9). C'est ce mot qui est le sujet de la phrase : Grand (c.-à-d. important) est le mystère de la piété. L'inversion met la pensée en relief. —'Pietatis équivaut ici h « fldei » du vers. 9 : le mystère de la vraie religion, du vrai culte de Dieu. En quelques mots, l'apôtre va dire en quoi consiste ce mystère, qui n'est autre que le dogme de l'Incarnation, avec toutes ses conséquences. Il le fait en six petites propositions rythmées, parallèles, très euphoniques dans le grec, et accouplées de manière à former trois groupes, dont chacun a deux membres de phrase : le premier décrit les deux natures de Jésus - Christ ; le second , ?a révélation à ses sujets les plus distingués et les plus humbles ; le troisième, la manière dont 11 a été reçu ici bas par la foi et au ciel par l'ascension. On a souvent supposé, peut-être à juste titi-e, que c'est là une strophe d'un ancien hymne ecclésiastique, insérée par saint Paul dans sa lettre. Cf. Eph. v, 19 et Col. ni, 16. — Quod. Dans le grec , le pronom est au masculin ( oç , « qui » ) et désigne visiblement Notre-Seigneur Jésus -Christ, que Paul avait alors à la pensée. Telle est du moins la leçon la mieux accréditée. Un manuscrit gnc, l'Itala, la Vulgato et les Pères latins (excepté saint Jérôme) sont seuls à employer le neutre, sans doute parce qu'ils ont rattaché le pronom au substantif « mysterium ». D'autres manuscrits ont Ôloç, ou l'abréviation <-)G, au lieu de OG : Dieu a été manifesté. Mais c'est là également une correction tardive. — Manifcataiwm... ia carne. Il s'agit de l'apparition historique du Verbe incarné, de tout l'ensemble de ses manifestations durant sa vie mortelle. Cf. Joan, i, 14-15. — Justificatum (dans le sens de constaté, démontré)... in spiritu. Ce trait rappelle Rom. i, 3-4 (voyez les notes), où l'apôtre mentionne pareillement tour à tour, en des termes à peu près semblables, la nature humaine et la nature divine de Jésus.
Ici de même, « l'esprit paraît être opposé à la chair et désigner l'élément supérieur dans la personne du Christ. » Selon d'autres, Paul parlerait ici de l'Esprit- Saint reçu par le Sauveur. Cette opinion diffère à peine de la précédente : Jésus-Christ a été légitimé par le Saint-Esprit, en tant que Christ, Fils de Dieu. — Apparuit angelis. Il est assez difficile de dire à quoi saint Paul fait allusion en cet endroit ; probablement au moment solennel où Jésus remonta au ciel avec sa sainte humanité glorifiée, et apparut aux anges comme leur chef. Quoi qu'il en soit, les anges le virent et lui rendirent leurs services à sa nativité, aux heures de sa tentation et de son agonie , lors de !^a résurrection et de son ascension. — Prœdicatum... gentibus : à tous les peuples sans exception, aux païens comme aux Juifs. — Creditum... in mundo. On a cru à Jésus -Christ, même au milieu de ce monde pervers qui lui était si opposé. -^ Assumptum... in gloria : au jour de sa glorieuse ascension, et il possède à jamais cette gloire.