Est autem qusestus magnus pietas cum sufficientia
7. Nihil enim intulimus in hune mundura, haud dubium quod nec auferre quid possumus.
sont pas d'accird au sujet de ce traiL, qu'ils appliquent, les uns aux maîtres, les autres aux esclaves. Le contexte est plutôt pour les maîtres, que l'apôtre a désignés tout exprès par les titres délicats de bienfaiteurs, de croyants et d'aimés (de Dieu), afin de mieux l'appeler aux esclaves les obligations qu'ils ont envers eux. Le sens paraît donc être que les maîtres chrétiens sont tenus de se montrer bienveillants envers leurs esclaves, et que ceux-ci doivent tenir compte dos bons traitements dont ils sont l'objet. — La formule haec doce... conclut non seulement ce qui regarde les esclaves (vi, 1-2), mais le second paragiaphe tout entier. Cf. iv, 11 et v, 7.
§ IIL — Instruction fitmle. VI, 3-21.
1° Nouvelle instruction contre les faux docteurs, dont les vues intéressées sont démasquées. VI» 3-10.
3-5. Fruits pernicieux des mauvaises doctrines.— Aliter docet (lT£poôi5aax.a).el : voyez I, 3 et les notes). SI quelqu'un enseigne une doctrine hétéro loxe; d'après le détail qui suit, une doctrine autre que celle du Christ {et non acquiescit...). — Sanis sermonibus. Par contraste avec les doctrines maladives et malsaines des hérétiques. Voyez i, 10 et le commentaire. — Quœ secundum pietatem... doctrinœ. C.-à-d. , une doctrine qui correspond aux légitimes exigences de la piété chrétienne. — Sapn-yus est. L'orgueil a toujours été un des vices principaux des faux docteurs. — Nihil sciens. Et pourtant ils se flattent de tout savoir, et d'offrir aux hommes des enseignements nouveaux. — La>guens : voTcôv, étant malade. La nature de cette maladie morale est déternilnée par les mots circa qucestiones, qui représentent des re-
cherches vaines et dangereuses. Voyez i, 4 et les notes. — Fugnas verborum : 'koyoy.a'/^ia.ç, le substantif dont nous avons fait logomachie, querelle de mots. — Ex quibus oriuntur... Cette autre énumération décrit les tristes résultats de l'enseignement des faux docteurs. — Blasphe^ mice : des injures ,ue les chrétiens des divers partis se jetaient mutuellement à la face, et non des blasphèmes proprement dits. — Hominum... corruptorum (vers. 5). Voilà ce qu'étaient les faux docteurs sous le rapport moral. Les mots suivants, veritate privati. . . , indiquent ce qu'ils étaient par rapport à la vérité évangéllque. — Existimantium... Ce trait stigmatise leurs visées égoïstes. L'équivalent grec de quastum désigne un moyen d'acquérir de l'argent.
6-10. Contre l'amour des richesses. A ce vice des faux docteurs , Paul rattache quelques belles considérations sur le désintéressement chrétien. — Est... quœstus... Oui, dit l'apôtre dans un langage paradoxal très frappant, ces hommes ont raison; la piété est, en un sens, un excellent moyen de s'enrichir, lorsqu'elle est associée à la modération des désii'S ( cum sufficientia ). Comp. IV, 8, où il a été affirmé qu'elle esc utile à tout. Si on la possède et qu'on ait en même temps des goûts modeste?, grâce auxquels on a besoin de peu de chose, on est en réalité très riche et très heureux. Cf. Phil. iv, 11-13. — Nihil enim... (vers. 7). Motif pour lequel l'homme sage devrait se contenter de {OU : la nature elle-même le lui enseigne. Nous naissons pauvres, dénués de tout; nous mourons très pauvres aussi, puisqu'il nous faut toun laisser en quittant ce monde. Cf. Job, i, 21 ; Ps. XLViil, 17-18 ; Luc. xir, 15-21. L:s biens de ce monde ne sont donc que pour la vie présente, et ne méritent pas qu'on les aime pour
I TiM. VI, 8-11.
8. Habentes autem alimenta et quibus tegamiir, liis contenti siraus.
9. Nam qui volunt divites fieri inoidunt in œntationem, et in laqueura diaboli, et desideria milita inutilia et nociva, quse mergunt homines in interitum et perditionem.
10. Radix enim omnium malorura est cupiditas ; quam quidam appetentes erraverunt a fide, et inseruerunt se doloribus multis.
1 1. Tu autem , o homo Dei , liœc fuge ; sectare vero justitiam, pietatem, fidem, caritatem, patientiam, mansuetudinem.
8. Si nous avons donc les aliments et de quoi nous couvrir, nous devons être satisfaits.
9. Car ceux qui veulent devenir riches tombant dans la tentation et dans le piège du diable, et en de nombreux désirs inutiles et pernicieux, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition,
10. Car Tamour de l'argent est une , racine de tous les maux ; et quelquesuns, en étant possédés, se sont égarés de la foi , et se sont embarrassés en des peines nombreuses.
11. Mais toi, ô homme de Dieu, fuis ces choses, et recherche la justice, la piété, ]a foi, la charité, la patience, la douceur.
eux-mêmes. — Iluhe.ites autem... (vers. 8). Autre motif, qui s'adresse encore à l'homme raisonnable : savoir se contenter du nc^cessaire. — Nam qui (dans le grec : « qui autem ») volunt... (vers. 9). Après avoir ainsi recommandé l'esprit de pauvreté en liù-mêrae, Paul décric par quelques traiis énergiques le péril moral créé par le désir immodéré des richesses. Comme le fait remarquer f-aint Jean Chrys-ostomc , le mot principal est ici pouX6(xsvoi, ceux qni « veulent » il tout prix devenir riches. En effet, ajoute-t-il, on peut être riche de fait, et bien employer ses
r'ilet de chasseur.
(D'aprèi mie frestiue do tomheau.)
richesses, ou en faire peu de cas, tandl-i que ceux qui désirent passionnément acquérir la fortiin j sont prêts, d'ordinire, à faire toutes les concessions pour cela. Aussi est' il dit d'eux que incidïint in tcntationem (la tentation de devenir riches par n'importe quels moyens). — Sur l'expression in laqueum..., voyez lu, 7. — Et desideria... C'est là un fait d'expérience quoti-
dienne. Il est des riches qui ne peuvent rien voir sans le désirer. Mais il s'agit surtout ici de convoi lises mauvaises sous le rapport moral : inutili i et nociva. Dans le grec : des désirs insensés et nuisibles. Ces désirs sont insensés parce qu'on n'arrive pas au bonheur en les satisfaisant. — Résultat auquel ils aboutissent : mergunt in interitum et... (d'après le grec : dans la destruction et la perdition ). Deux expi'essions synonymes, pour représenter une ruine morale entière et certaine. — Radix enim... ( vers. 10 ). Il n'y a pas d'article devant le mot l'X^. Il faut donc traduire : une racine. En effet , il existe encore d'autres racines de péché que l'aval ice. — Pur les mots quam quidam... l'apôre revient un instant aux faux docteurs (comp. le vers. 5*»), pr>ur passer ensuite à un antre sujet. La locution quam... appetentes est un peu extraordinaire, car on ne désire pas la cuiMité; le désir se rapporte évi(îemment à l'argent. — Erraverunt a... Plus fortement dans le grec : ont été égarés loin de 1 1 foi. L'amour exagéré des richesses peut conduire jusque-là. — Et inseruerunt se... A la lettre, d'après le texte original : Et ils se sont transpercés de douleurs multiples. C.-à-d. : ils se sont occasionné des peines cuisantes.
2° Avertissement solennel donné h Timothée. VI, 11-16.
A la conduite lasse et intéressée des docteurs hérétiques, l'auteur oppose comme antithèse la vie très noble et toute parfaite que doit mener le pasteur de l'église d'Éphèse. Le ton est particulièrement majestueux et relevé.
11-12. Première partie de l'avertissement. Elle i-e compose de phrases brèves et rapides. — Homo Dei. Beau titre donné à Timothée, en tant qu'il é ait un ministre supérieur de l'Église. Cf. II Tim. in, 17; Il Petr. i, 21. Des prophètes l'avaient au' refois reçu. Cf. III Reg. xvri, 18, 24. — Tlœc fuge. Le pronom désigne, d'après le contexte, un enseignement ma'sain, des discussions inutiles et l'amour de l'argent (comp. les vers. 3, 4, 5-10). — Sectare : ôttoxe, poursuis.
I TiM. VI, 12-16.
12. Combats le bon combat de la foi ; saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait ta belle confession en présence de nombreux témoins.
13. Je t'ordonne devant Dieu, qui donne la vie à toutes choses, et devant le Christ Jésus, qui a fait devant Ponce Pilate une si belle confession,
14. de garder le commandement sans tache et sans reproche , jusqu'à l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ,
15. que manifestera en son temps le bienheureux et seul Souverain, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs,