‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 480 sur 873 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Combattre sans crainte et fidèlement pour l'évangile. I, 3 -II, 13.

§ I. — Paul exhorte Timothée à raviver son zôle en tant que ministre de l'évangile, et à demeurer fidèle à Jésus - Christ. I, 3-18.

1° Action de grâces à Dieu pour la foi vive et sincère de Timothée. I, 3-5.

3-5. Dans ces lignes, l'apôtre n'atteste pas moins son amour paternel pour son disciple priviligié, que les hautes qualités morales de celui-ci. — Servio. Le verbe Xaxpeyw marque un service d'adoration, de culte. Cf. Act. xxiv, 14 et XXVI, 7 ; Rom. i, 9. — — A progenitoribus. C.-à-d. : comme mes ancêtres, à l'exemple de mes ancêtres. Paul avait conservé fidèlement la foi que ses pères lui avaient transmise, car, devenir chrétien, ce n'était pas abandonner le Dieu d'Israël, mais aller droit au Messie promis par les prophètes. — Les mots quod sine inter»

II TiM. I, 4-7.

pure, lorsque je me souviens continuellement de toi dans mes prières nuit et jour,

4. désirant te voir, me rappelant tes larmes^ atin d'être rempli de joie ;

6. gardant le souvenir de cette foi sincère qui est en toi, qui habita d'abord dans ton aïeule Loïse, et dans ta mère Eunice, et qui, j'en suis sûr, est aussi en toi.

6. C'est pourquoi je t'avertis de rallumer la grâce de Dieu, que tu as reçue par l'imposition de mes mains.

7. Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais un esjwit de force, d'amour et de sagesse.

sine intermissione habeam tui memoriam in orationibus meis, noctc ac die,

4. desiderans te vidcre , mcmor lacryraarum tuarum, ut gaudio implear;

5. recordationem accipiens ejus fidei quse est in te non ficta, quse et habitavit primum in avia tua Loide, et matre tua Eunice, certus sum autem quod et in te.

6. Propter quam causam adraoneo te ut resuscites gratiam Dei , quse est in te per impositionem raanuum mearum.

7. Non enim dédit nobis Deus spiritum timoris, sed virtutis, et dilectionis, et sobrietatis.

imssione. . . ne forment pas l'objet direct de Inaction de grâces, lequel ne sera indiqué qu'au vers. 5. Il faut traduire, d'après le grec : (Je rends grâces à Dieu) comme (ou : puisque, attendu que) sans cesse je me souviens de toi. Saint Paul veut dire que , pensant constamment à Timothée, il pense ton ours aussi à icu.e''cier Dieu à son sujet. — Ce souvenir du maître pour son disciple était pieux tt surnaturel comme son affection : in orationibVLS... — Nocte ac die. Ce détail semble se rapporter plutôt au vers. 4 qu'au vers. 3. — Desiderans (vers. 4). Le verbe composé £7it7ro6<ov exprime un ardent désir. — Memor lacrymarum... Larmes veri^ées sans doute par Timothée lorsque son père spirituel s'était séparé de lui naguère. Cf. I Tim. i, 3 et HT, 14. Leur souvenir était demeuré dans l'âme affectueuse de Paul comme une preuve de l'amour filial de son disciple, et elles ravivaient sans cesse le i-i n. — Le trait ut gaudio implear dépend évidemment du participe « desiderans... » — Recordationem accipiens... ( vers. 5). Cest ici l'objet proprement dit de l'action de grâces de saint Paul. — Fidei quse... non ficta. Sur cette locution, voyez I Tim. i, 5 et les notes. — Et habitavit... Expression extraordinaire , pour marquer une pleine possession de la foi clî rétienne. Cette vertu, personnifiée, est censée établir sa demeure dans les âmes croyantes. Cf. 1,14; Col. iTi , 16, etc. — In avia. . . et matre... Intéressants détails sur la famille de Timothée ; ils ne pouvaient que toucher ce dernier, et l'encourager à progresser toujours dans la foi, — Loide, Eunice. On ne trouve pas ailleurs dans la littérature grecque le premier de ces mots employé comme nom de personne. Eunice était selon tonte vraisemblance la fille dfe Lois. Act. xn, 1, il est dit de la mère de Timothée qu'elle était chrétienne , mais d'origine juive. — Certus... qvod et... Éloge délicat, et parole pleine de confiance pour l'avenir.

2° Paul presse son disciple d'agir virilement en faveur de l'évangile. I, 6-14.

Après cette affectueuse entrée en matière, r&pôtre commence la longue série de ses exhortations.

6-7. Timoihée doit ressusciter en lui-même la grâce de son ordination. — Propter quam... : à cause de ta foi sincère et profonde. — Admoneo te. Dans le grec : Je te rappelle. Saint Paul avait déjà adressé cette admonition à son fils spirituel. — Ut resuscites. Expression aussi belle pour le fond que pour la forme. Avec une nuance dans le grec : faire revivre le feu (àva!^a)7rupeïv). — Gratiam...: xo xapKTfJLW, le don gratuit; c.-à-d., la bénédiction spéciale que Dieu avait accordée à Timothée pour l'aider à bien s'acquitter de ses fonctions. Ce don est ainsi comparé à un charbon ardent, pris sur le brasier de l'autel du ciel, (cf. Is. vi, 6-7), et qu'on doit attiser pour l'empêcher de s'éteindre. Comp. I Thess. v, 19. — Per impositionem... Voyez I Tim. iv, 14 et le commentaire. Il résulte du pronom mearum que l'apôtre avait tenu à consacrer personnellement son clier disciple. — Non enim... (vers. 7). Motif pour lequel Timothée doit sans cesse faire revivre la grâce de son ordination. Cette grâce est de telle nature, qu'elle ne saurait s'allier avec la tiédeur au service de Dieu. — Nobis. Pluriel communicatif : à toi et à moi , à tous les évêques et à tous les prêtres. — Spiritum timoris. Sans article dans le gi*ec : un esprit de timidité (ôeiXtaç); c.-à-d., un esprit qui nous ferait trembler en face des persécutions , des outrages, des difficultés, etc. Quelques manuscrits ou verrions et plusieurs Pères lisent bovleîy.ç , servitude, par suite d'une confusion établie entre ce passage et Rom. vixi, 15. — Sed virtutis, et..., et... La grâce de l'ordination est décrire maintenant en termes positifs : c'est un esprit de force, d'amour et de tempérance. La force est mentionnée par opposition à la timidité et à la crainte (cf. Phll. iv, 13); l'amour , parce que rien ne nous rend plus que lui capables de dévouement aux saintes causes ; la tempérance, parce qu'elle nous aide à nous vaincre nous-mêmes pour pratiquer le devoir malgré tout.

8-12. Il faut que Timothée travaille courageusement à propager l'évangile, vers. 8, i=e rappelant, d'une part, tous les bienfaits qu'il doit.

II Tni. I, 8-10.

8. Noli itaqueerubescere testimoniura Domini nostri, neque me vinctum ejiis; sed collabora evangelio, sccundum virtiitem Dei,

9. qui nos liberavit, et vocavit vocatione sua sancta, non secundum opéra nostra, sed secundum propositum suum, et gratiam quœ data est nobis in Christo Jesu ante tempora sœcularia.

10. Manifestata est autem nunc per illuminationem salvatoris nostri Jesu Cliristi, qui destruxit quidem mortem, illuminavit autem vitam et incorruptionem per evangelium :

8. Ne rougis donc pas du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi, son prisonnier ; mais souffre avec moi pour l'évangile, selon la force de Dieu,

9. qui nous a sauvés, et nous a appelés par sa vocation sainte, non selon nos œuvres , mais selon son propre dessein , et selon la grâce qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps éternels.

10. Et maintenant elle a été manifestée par l'apparition de notre sauveur Jésus -Christ, qui a détruit la mort, et mis en lumière la vie et l'immortalité par l'évangile,

au christianisme, vers. 9-10, et, d'autre part, l'exemple de son maître, qui, après avoir combattu le bon combat, recevra une glorieuse récompense, vers. 11-12. — Itaque : puisque nous avons reçu un esprit de for^-e, etc. — Noli... erubescere... Comp. Luc. ix, 26, où Jésus luimômo affirme qu'il rougira de quconque aura rougi de lui devant les hommes. — Teslimo-

Jéâus-CurisD enirc saint Pierre et saint Paul. (Ancienne mosaïque.)

nium Domini... Non pas le témoignage rendu par le Chris' lui-même, mais celui qui est rendu au Sauveur par les chrétiens fidèles, et davantage encore par les prédicateurs de la foi. Le sens de la proposition est donc : N'aie pas honte, à cause des périls qui menacent partout les missionnaires, de rendre témoignage à Jésus- Christ. — Neqne me. Ce trait est intimement uni au précédent. Si Timothée avait eu honte de prêcher Jésus -Christ, il aurait rougi aussi d'avouer qu'il était en relations étroites avec Paul, incarcéré et humilié à cause du Sauveur (.vinctum ejus). — Collabora. Il y a dans le texte grec un Aerbe composé très extraordinaire, que nous retrouverons plus bas, ii, 2 : a"Jvxa>:o7ro'0-riTOv, souffre le mal avec (moi) pour l'évangile. C.- à- d., prends ta part de mes

souffrances apostoliques. — Secundum viHutem : selon la force que tu reçns de Dieu pour cela même. Comp. le vers. 7. Le Seigneur n'abandonne pas ses ministres au milieu du péril. — Qui nos liberavit (vers. 9). Plus exactement : qui nous a sauvés (ffcoaavToç ). L'eX' pression technique pour désigner la rédemption apportée par le Christ. Cf. I Tim. ii, 4 ; Tit. in, 5 , etc. Le pronon « nos » ne se rapporte pas seulement à Paul et à Timothée, mais à tous les croyants. — Et vocavit. T/appel à la foi. L'apôtre continue d'encourager son disciple à souffrir vaillamment pour l'évangile, en lui rappelant les bienfaits dont il est redevab'e au christianisme. — Non secundum opéra... En effet, notre justification est entièrement gratuite , comme aime à le redire fréquemment saint Paul. Cf. Rom. viii, 28-29 et ix, 11 ; Ep)>. I, 11 ; Tit. III, 5, etc. — Propositum suum,, Trèi fortement dans le grec : (D'après) son propre dessein ; c.-à-d., sa résolution tout à fait spontanée. — Et gratiam... Cette grâce, dont nous ne sommes dignes en aucune manière, nous a été méritée de toute éternité par Jésus -Christ, et elle nous est accordée en vertu de notice union avec lui : quse data... in Christo... — Manifestata... autem... (vers. 10). Le bienfait de la vocation au salut est éternel dans la peng(3 divine ; mais sa manifestation, sa réalisation n'a eu lieu que dans le temps (nunc), après que le Verbe se fût incarné et se fût offert comme notre rançon. Cf. Rom. xvi, 25. — Per illuminationem. Mieux :par l'apparition (îTriçaveca;). Ce mot représente toute la vie humaine de Notre-Seigneur Jésus -Christ. Cf. I Tim. vi, 14 ; Tit. II, Il et III, 4. — Qui destruxit... La l'édemption opérée par le Christ est brièvement décrite, au moyen d'une antithèse expressive. — Mortem : la mort physique, temporelle, aussi bien que la mort spirituelle et éternelle. — Illuminavit. Il a mis en pleine lumière (çoittcrav- Toç), il a clairement manifesté. — Vitam : la vraie vie, la vie éternelle, par opposition à la mort. — Incorruptionem. Dans le sens d'immortalité. Ce mot complète le précédent. — Per evangelium. L'évangile désigne ici l'œuvre rédemptrice de Jésus - Christ , dont il contient

II TiM. I, 11 -IG.

11. pour lequel j'ai été établi prédicateur, apôtre et docteur des nations.

12. C'est pour cette raison que je souffre ces choses ; mais je n'en ai pas honte, car je sais en qui j'ai cru, et je suis certain qu'il est assez puissant pour garder mon dépôt jusqu'ù, ce jour.

13. Prends pour règle les saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et la charité qui est en Jésus- Christ.

14. Garde le bon dépôt, par l' Esprit- Saint qui habite en nous.

15. Tu sais que tous ceux qui sont en Asie se sont éloignés de moi ; entre autres Phygèle et Hermogène.

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