‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 487 sur 873 · et sermo eorum ut cancer serpit · texte numérisé non relu

et sermo eorum ut cancer serpit

Ex quibus est Hymenœus et Pliiletus,

18. qui a veritate exciderunt, dicentes resurrectionem esse jam factam, et subverterunt quorumdam fidem.

tion très sensible, d'avertissements polémiques relatifs à un enseignement contraire à l'espric de l'évangile, contre lequel le disciple (de Paul) doit se mettre en garde et dont il doit préserver l'Église à la tête de laquelle il est placé. » Ces avertissements donnent, pour ainsi dire, le ton à cette seconde partie.

§ I. — Conduite que Timothée devra tenir en faveur de la vérité et contre V erreur. Il, 14-28.

10 Le ministère de l'évangile en face des faux docteurs. Il, 14-21.

14-18. Éviter toute discussion avec les hérétiques, mais attester avec vigueur la doctrine évangélique en face de ces hommes légers et versatiles. — Commone. Dans le grec : rappelle (ces choses). Voyez i, G"* et les notes. Hsec: ce qui a été dit; dans les ver?. 11-13. — Testificant coram... Dans le grec, d'après la leçon la mieux accréditée, ces mots sont étroitement rattachés aux suivants : Les adjurant de ne pas faire de querelles de mots (au lieu de Noli contendere...). Ces « logomachies » (on lit dans le texte original : [ir\ Xoy&ixaxsîv ; voyez I TIm. VI, 4 et les notes) étaient un caractère distinctif des faux docteurs. — Ad nihil utile. Saint Paul motive son exhortation. Non seulement les discussions de ce genre sont stériles en heureux résultats (cf Tit. m, 9), mais elles ea produisent d'ordinaire de très fâcheux, que 'résume énergiquement l'expression ad subversionem...- — Sollicite cura... (vers. 15). Paul désire que Timothée montre par son exemple comment doit, se comporter le prédicateur chrétien. — Probabilem (Sôxt[jLov, «probatum»)... : approuvé de Dieu, ayant fait ses preuves devant lui. — Operarium. Nom qui implique le zèle et l'activité. — InconfusibUem : qui n'a p.*.« à rougir de sa négligence , ou de l'imperfec-

tion de son travail. — Recte tractantem. En un feul mot dans le grec : ôpOoTOfAoûvra (ici seulement). A la lettre : divisant comme il faut ( à la façon de l'économe qui partage consciencieusement le pain entre les gens de la maison, ou d'un laboureur qui trace des sillons bien droits). La Vulgate donne bien le sens.

— Profana... et vaniioquia... (vers. 16), Il s'agit évidemment des discussions profanes et vaines des faux doct 3urs (vo5'ez I Tim. vi, 20 et le commentaire), auxquelles Timothée ne dcA-ra prendre aucune part. Comp. le vers. H*". — Mullum... proficiunt. Ce verbe n'a pas « vaniioquia » pour sujet, mais les docteurs hérétiques, comme on le voit par les vers. 17 et 18. Il marque le triste progrès de ces malheureux dans l'erreur.

— Sermo eorum. (vers. 17). Par opposition à la parole de vérité, à l'enseignement évangélique. Comp. le vers. lô*". — Ut cancer. Comme U gangrène, dit le grec (yâyypaiva: de la racine ypatvw , je ronge). Le cancer est ordinairement local, tandis que la gangrène est envahissante. — Serpit. Plus exactement : a de la pâture (votjLYiv £-/ei). La comparaison est très frappante, car la gangrène, si on ne l'arrête , fait de rapides progrès dans le membre qu'elle a atteint, et dans le corps entier, jusqu'à ce qu'elle ait amené la mort. — Ex quibus... L'apôti-e cite nommément deux de ces faux docteurs. Eymenceus est probablement le même que dans I Tim. i , 20 ; Phileius n'est pas mentionné ailleurs. — Qui a veritate.., (vers. 18). Ce trait ne se rapporte sans doute pas seulement à Hyménée et à Pihlète, mais à tous les hérétiques d'Éphèse, dont saint Paul continue de tracer le portrait. Sur le verbe •r,(TTÔxa<Tav ( Vulg., erraverunt), voyez I Tim. i, G et les notes. — Un exemple de leur enseignement erroné : dicentes resurrectionem... Comme l'expliquent saint Irénée et Tertullien, ils identitiaient la résurrection des corps à la régéné*

II TiM. II, 19-21.

19. Sed firmura fundamentum Dei stat, habens signaculum hoc : Cognovit Dominas qui sunt ejus ; et discedat ab iniquitate omnis qui nominat nomen Domini.

20. In magna autem domo non solum sunt vasa aurea et argentea, sed et lignea et fictilia; et qusedam quidem in honorera, q^uaedam autem in contumeliam.

21. Si quis ergo emundaverit se ab istis, erit vas in honorera, sanctificatum et utile Domino, ad omne opus bonum paratum.

19. Mais le solide fondement de Dieu reste debout, muni de ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont à lui ; et encore : Que quiconque prononce le nom du Seigneur s'éloigne de l'iniquité.

20. Dans une grande maison il n'y a pas seulement des vases d'or et d'argent, mais il y en a aussi de bois et de terre ; et les uns sont des vases d'honneur, les autres pour un usage vil.

21. Si quelqu'un donc se garde pur en se séparant de ces horames, il sera un vase d'honneur, sanctifié et utile au Seigneur, préparé pour toute bonne œuvre.

ration spirituelle opérée par le baptême. Corap. I Cor. XV, 12, où nous voyons que de très bonne heure des doutes s'étaient élevés au sein de l'Église sur la réalité de ce grand miracle. — Triste résultat obtenu déjà par ces hommes de mensonge : subverterunt (au présent dans le texte grec) quorumdam... L'esprit humain est si facile à égarer, qu'il suffit d'enseigner une erreur pour qu'elle trouve aussitôt des adhérents.

19-21. S'encourager en face des faux docteurs par la pensée que rien ne saurait renverser le divin édifice de la vérité, et qiie, dans l'Église, il y aura toujours de mauvais chrétiens à côté des bons. — La particule sed (saint Paul n'emploie qu'en ce seul endroit le mot (xÉvTOi : néanmoins, nonobstant) établit un contraste entre la chute des chrétiens séduits par les hérétiques et la solidité permanente du christianisme. — Firmum fundamentum... Par cette métaphore, l'apôtre désigne l'Église de Jésus- Christ, « colonne et fondement de la vérité ». Cf. I Tim. m, 14-16. Bâtie sur le roc, soutenue par Dieu même, elle ne sera jamais renversée : stat, — Habens signaculum ( (Tqppxytoa)... Les sceaux des anciens Orientaux portaient souvent des inscriptions. Mais l'apôtre fait peut-être plutôt allusion ici aux épigraphes qu'on gravait sur les maisons ou les grands édifices , pour indiquer le but ou l'occasion de leur construction. — Le « sceau » en question se compose de deux citations bibliques. La première, Cognovit... qui sunt ejus, est empruntée à Num. XVI , 5 , d'après la traduction des Septante (excepté le mot Dominus, qui remplace « Deus »). SI Dieu connaît les siens, il saura les distinguer des méchants, des hérétiques, et il ne les oubliera pas an jour de la récompense. — La seconde citation, Et discedat. „, d'après les uns, est extraite de Num, xvi, 26, ou d'Isaïe, lii, 11 ; selon les autres, ce serait une parole de Jésus -Christ lui-même, qui a dit, Luc. xiii, 27 : « Dlscedlte a me, omnes operarii iniquitatis ». Le second sentiment nous parait plus probable. La première Inscription contient une très grande consolation pour le chrétien ; la seconde lui rappelle la sainteté éminentc de son état.

— Qui nominat... C.-à-d. , celui qui prononce le nom du Seigneur et qui confesse lui appartenir. — In magna... domo. Autre pensée générale, vers. 20-21 : il n'y a pas lieu d'être surpris ni découragé, s'il existe des chrétiens imparfaits ou complètement mauvais. C'est l'Église qui est symbolisée par cette « grande maison ». Dans son état terrestre, elle présente nécessairement des imperfections, puisque ses membres sont des hommes. Cf. Matth. xiii, 24 et ss., 47. — Vasa. L'apôtre les divise en deux classes, soit d'après les matériaux dont ils sont fabriqués (aurea et..., lijnea et...), soit d'après l'usage qu'on en fait (in honorem..., in contumeliam). Ces vases ou ustensiles représentent les fidèles, dont les uns sont excellente, et dont quelquesuns sont mauvais. — Si quis ergo... (vers,. 21). Après la constatation de ce fait, saint Paul trace une règle de ^conduite qui s'y rattache ; chaque chrétien doit s'efforcer d'être un vase

Vase d'argile trouvé à .ferusalem.

utile et précieux. — Le moyen d'y arrive!', c'est de se séparer entièrement des vases de qualité inférieure : emundaverit se ah. .. — Sanctific'itum : mis à part, réservé, ganctiflé. — Utile Domino. Dans le grec : utile au maître (de la maison). — Ad omne opus... : apte à rendre

II Tiu. II, 22-26.

22. Fuis les y)assions de la jeunesse; mais recherche la justice, la foi, Tcspéraiice, la charité, et la paix avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur.

23. Quant aux questions folles et sans sagesse, évite -les, sachant qu'elles engendrent des querelles.

24. Or, il ne faut pas que le serviteur du Seigneur ait des querelles; mais il doit être doux envers tous, capable d'instruire, patient,

25. reprenant avec modestie ceux qui résistent à la vérité, dans l'espérance que Dieu leur donnera le repentir, pour connaître la vérité,

26. et que, revenus à leur bon sens, ils sortiront des filets du diable qui les tient captifs pour en faire ce qu'il veut.

22. Juvenilia auteni desideria f tige ; sectarc vero justitiam, fidem, spem, caritatem, et pacem cum iis qui invocant Dominum de corde puro.

23. Stultas autera et sine disciplina quaestiones devita, sciens quia générant lites.

24. Servura autem Domini non oportet litigare , sed mansuetum esse ad omnes, docibilem, patientera,

25. cum modestia corripientem eos qui resi!>tunt veritati, nequando Dcus det illis pœnitentiam ad cognoscendani veritatem,.

26. et resipiscant a diaboli laqueis, a quo captivi tenentur ad ipsius volunta-» te m.

toutes sortes de grands services. Cf. Eph, II, 10.

2» Instruction à Timothée sur la conduite à tenir envers les bons chrétiens et les fanx docteurs. II, 22-26.

Les mêmes pensées reviennent, mais elles Bont^ififérerament exprimées.

22. Choses à éviter, vertus à rechercher et à pratiquer. — Juveyiilia desideria. Noa pas l'araonr de la nouveauté, si fréquent dans les jeunes gens, mais les défauts et les passions qui appartiennent en propre à la jeunesse. Timothée était jeune encore (voyez I Titn. iv, 2 et les notes ) ; de là cette recommandation de l'apôtre. — Seetare. . . Dans le grec : Poursuis. Par contraste avec « fuge », Ce passage a beaucoup d'analogie avec I Tim. vi, 11, où nous trouvons aussi une énumération de vertus que Timothée devait pratiquer. La justice, la foi, la charité y sont de même mentionnées; au lieu de l'espérance et de la paix ( ici , le grec omet l'espérance), l'apôtre y nomme la piété, la patience et la douceur. — Cum iis qui... C.-à-d., avec les vrais et bons chrétiens (cf. ÏCor. I, 2).

23 - 26. Fuir les discussions inutiles , qui eogendrent des querelles incompatibles avec le caractère d'un ministre de Jésus - Christ. — Quaestioizes : ^r\x-f\iTeiç , les recherches. Voyez I Tira. I, 4 et les notes. — Sine disciplina : à7:7,iôe'jT0Uç (pas ailleurs dans le Nouveau ^'f^atament), « indoctas », puis « ineptas ». —

Devita. Comme au vers. 16» et I Tim. iv, 7 : TrapatToO, refuse d'accepter. — Générant lites. C'est là leur produit naturel et certain ; or, les querelles ne sont pas faites pour le prédicateur de l'évangile, qui est un ministre de paix ot de douceur : servum... non oportet..., sed... (vers. 24). — Corripientem... (vers. 25). Le pasteur des âmes doit reprendre et corriger ceux dont la doctrine e!>t erronée et la conduite mauvaise ; mais il est tenu de le faire toujours avec modération et douceur {cum modestia). — Qui resistuvt... "je mot veritati n'est pas dans le grec, qui emploie le participe deux fois composé àvTtS'.aTtOcixévou;, ceux qui s'opposent, les adversaires. — Nequando... Plutôt : « si forte aliquando... » La formule est conditionnelle et exprime, d'une part, la liberté entière de Dieu, et en même temps, d'autre part, l'espoir qu'il aura pitié des pécheurs dont il est question. — Le verbe resipiscant ( vers. 26 ) dépend aussi de la conjonction « si forte aliquando » ; elle exprime un second résultat de la conduite aimable et douce des ministres sacrés envers les mauvais chrétiens. — A... laqueis. La construction est elliptique : «. resipiscant, et évadant a... laqueis ». I Tim. m, 7, il a été aussi fait mention des filets du démon. — A quo captivi... (£(^a)Ypr,a£voi, pris vivants). Développement de l'image. Les mots ad ipsius voluntatem renforcent singulièrement l'idée : le démon fait tout ce qu'il veut de ceux qu'il a pris dans ses 1 filets.

II TiM. III, 1-6.

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