‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 501 sur 873 · A THE · texte numérisé non relu

A THE

INTRODUCTION

io Le destiialaire. — Quoique Tite fût un des disciples et des compagnons privilégiés de saint Paul, son nom est rarement cité dans les écrits du grand apôtre et jamais dans le livre des Actes ^. Ce nom est latin, mais ne dit rien par lui-même sur la patrie de Tite, que l'on ne saurait déterminer avec certitude^. Il était païen de naissance (Gai. ii, 3), et il fut probablement converti par saint Paul lui-même'*. Il se trouvait à Antioche de Syrie quatorze ans après la conversion de l'apôtre des Gentils, au moment des troubles occasionnés par les judaisants. Son maître l'emmena avec lui à Jérusalem, à l'époque du célèbre concile , vers l'an 51 ^, et comme il n'était pas circoncis , plusieurs exigèrent qu'il §ubît ce rite , dont les faux docteurs proclamaient la nécessité ; mais Paul s'y refusa énergiquement ^.

Nous retrouvons Tite à l'époque où furent composées les deux épîtres aux Corinthiens, c'est-à-dire, vers l'année 54. Saint Paul l'envoya alors trois fois de suite à Gorinthe : tout d'abord pour y organiser la collecte destinée aux pauvres de Jérusalem ' ; puis pour se rendre compte de l'effet produit par sa première épître, à la suite des incidents pénibles dont l'Eglise de Gorinthe avait été le théâtre^; enfin, avec deux autres disciples, pour achever la quête commencée ^.

Les autres détails scripturaires relatifs à Tite sont contenus dans la lettre qui pointe son nom. Elle suppose, en effet, que saint Paul, lorsque son premier emprisonnement à Rome eut pris fin, vint avec ce disciple dans l'île de Grète,

* Sur l'authenticité et la date générale de la composition, voyez lea pages 465 et as. Les principaux commentaires catholiques ont été indiqués à la page 12. Nous ajouterons l'ouvrage de M. A. Padovani, in Epistolas ad Tiium, Philemonem et Hebraeos, Paris, 1896.

2 Les tentatives qu'on a faites pour l 'identifier avec Titus (ou Titius) Justus, Act. xvm, î, sont saus valeur*

^ On l'a placée tour à tour en Crète, à Corintiie, ou ailleuis.

^ C'est sans doute pour ce motif que l'apôtre le nomme son « fils bien-aimé » (cf. Tit. i, 4).

s Cf. Gai. II, 1.

^ Gai. Il, 3 et ss.

"^ Cf. II Cor. vm, 6; xii, 18.

® II Cor. II, 12-13; vu, 6-7, 13-lff.

^ Cf. Il Cor. vm, 16-23.

OÙ il le laissa, de même que Timothée à Éphèse, avec de pleins pouvoirs pour compléter l'organisation des Églises de la cojitrée ^ A la fin de l'épître (m, •12), son maître lui dit qu'il le fera venir auprès de lui à Nicopolis, en Èpire. C'est peut-être dans cette ville que Paul lui confia une mission spéciale pour la Dalmatie^. D'après les anciens écrivains ecclésiastiques^, il vécut dans l'île de Crète jusqu'à un âge très avancé, en continuant d'exercer ses fonctions d'évêque.

2o L'occasion et le but. — Il ne semble pas que Paul et Tite aient été les premiers à prêcher l'évangile dans l'île de Crète. Les passages Tit. i, 6-11 et ii, 1-10, prouvent qu'à l'époque où l'épître fut composée, il y avait là des chrétientés nombreuses, formées de fidèles qui appartenaient à toutes les catégories de la société, et déjà organisées en partie; or, il semble difficile que les deux missionnaires aient eu le temps, durant lé rapide séjour que saint Paul fit dans l'île, de produire des résultats si considérables. i)u moins, ils complétèrent l'œuvre que d'autres avaient commencée , parcourant les villes et confirmant les chrétiens dans la foi "*. Obligé de repartir bientôt, pour aller visiter les Églises qu'il avait fondées dans l'Asie Mineure, la Macédoine et la Grèce, Paul laissa son disciple en Crète pour achever l'organisation des jeunes chrétientés et pour corriger les abus naissants. Assurément il avait donné à Tite de vive voix, avant de le quitter, les avis qu'il croyait nécessaires; mais il jugea bon, quelque temps après, de les lui renouveler par écrit, à cause des difficultés particulières que présentait l'administration des Églises Cretoises ^.

Rien ne démontre que cette lettre soit une réponse à une communication que Tite aurait faite à son maître au sujet de son ministère dans l'île. Il eçt plus probable que l'apôtre profita, pour l'écrire, d'un voyage entrepris alors par ses deux disciples Zénas et Apollos, voyage qui devait les conduire tout d'abord en Crète 6.

3o La ressemblance de Vépitre à Tite avec la première à Timothée est très frappante. Elle n'a pas lieu de nous surprendre , puisque les deux lettres furent écrites vers la même époque, en des occasions et dans un but presque identiques. L'organisme général des deux^compositions est à peu près le même. En effet, les avertissements contre les docteurs hérétiques forment comme une charpente, dans laquelle sont introduites les règles qui se rapportent aux ministres sacrés et aux devoirs spéciaux des différentes classes de fidèles. De part et d'autre aussi , dans chacune des subdivisions relatives à la morale , nous trouvons une assertion dogmatique qui y met pour ainsi dire le sceau '.

Mais il y a plus que cela, puisqu'il existe entre les deux écrits un certain nombre de ressemblances littérales. En voici quelques exemples.

Tit. I, 1-4 I Tim. i,l-2.

— 1,11 — III, 9 (cf. II Tim. m, 6).

Page 1