CHAPITRE I
1. Paulus, servus Dei, apostolus autem Jesu Christi, secundum fidem electorum Dei, et agnitionera veritatis quae secundum pietatem est,
2. in spem vitse aeternse, quam promisit qui non raentitur Deus , ante tempera sseciiluiia :
1. Paul, serviteur de Dieu, et apôtre de Jésus- Christ, pour la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité qui est selon la piété ,
2. pour l'espérance de la vie éternelle que le Dieu qui ne ment point a promise dès les temps anciens ;
Chap. I. - 1-4. La salutation. Elle est relativement longue et solennelle. La forme en est un peu embarrassée. Les propositions Incidentes sont rattachées les unes aux autres, comme dans Rom. i, 1 et es. ; ce qui, de prime abord, nuit à la clarté. — L'auteur : Paulus... Il prend deux titres, dont l'un est plus général (servus Dei; oojXoç, esclave) et l'autre plus spécial (apostolus...). D'ordinaire, c'est de Jésus-Christ que Paul se dit l'esclave. Cf. Rom. i, 1 ; Pliil. i, 1, etc. — Secundum fidem. . . D'assez nombreux commentateurs traduisent, à la suite de Théodoret : pour la fol.... et la connaissance... Paul voudrait dire : J'ai été institué apôtre pour aider les élus de Dieu à accepter la foi et à parvenir à la connaissance de la vérité. Cf. Rom. 1 , 5. Mais l'expression a ici un sens plus large et signifie : selon la foi... et la connaissance...; c.-à-d., conformément à la foi... La foi chrétienne et la connaissance plus complète des vérités évangéliqucs sont comme la sphère dans laquelle l'apôtre doit exercer son ministère relativement aux Cretois. — Electorum Dei. Ce titre équivaut à celui de chrétien. Comp. les noms analogues de fidèles, de saints, d'appelés, de consacriis, etc. — Veritatis quœ sectinOum... C.-à-d., la vérité qui concerne la piété et qui y
conduit. En effet, la vérité chrétienne n'est pas purement spéculative ; c'est avant tout une vérité morale, qui tend à la sanc ificaiion. — In spem (plutôt : « in spe ») vitœ... (vers. 2). Quelques auteurs rattachent ces mots h. « apostolus... Jesu... », comme si saint Paul continuait de décrire le but de son apostolat. D'autres les font dépendre de « secundum fidem... et agnitionem... » : cette foi et cette connaissance ont pour base l'espérance de la vie éternelle. Il est mieux, oroyous - nous , de les unir au substantif « veritatis » : la vérité évangélique, qui
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nous fait espérer la vie éternelle. — Quam promisit. . . Nous regardons également cette incidente comme un complément de « veritatis », C'est cotte fonnoxion qui donne le niplUenr gens : la diviae promesse dont parle l'écrivain
TiT. I, 3-5.
3. il a manifesté en son temps sa parole pai la prédiCcuiu.i, qui m'a été confiée selon l'ordre de Dieu notre sauveur :
4. à Tite, mon fils bien -aimé dans la foi qui nous e^t commune. Que la grâce et la paix te soient données par Dieu le Père et le Christ Jésus notre sauveur.
5. Je t'ai laissé en Crète, atîn que tu organises ce qui reste à régler^ et que tu établisses des prêtres daus chaque ville, comme je te l'ai ordonné :
3. manifestavit autem temporibus suis verbum suum in praedicalione, quae crédita est mihi secundum praeceptum satvatoris nostri Dei :
4. Tito, dilecto filio secundum communem fidem. Gratia, et pax a Deo Pâtre , et Christo Jesu salvatore nostro.
5. Hujus rei gratia reliqui te Cretse, ut ea quie desunt coirigas, et constituas per civitates presbytères, sicut et ego disposui tibi :
sacré n'a donc pas pour objet direct la vie éternelle, mais l'évaugile et ses fruits précieux. — Qui non mentitur. Ce trait met en relief le caractère absolument certain de la promesse. — Ante tempura... D'après quelques-uns : de toute éternité. Cf. Rom. xvi, 25; I Cor. ii, 7; II Tira. I, 9, etc. Mais cette interprétation ne cadre pas avec le verbe « promisit », car Dieu n'a pas fait de toute éternité la promesse en question. Il vaut mieux prendre cette expression dans un sens large (cf. Luc. i , 70, etc.), et lui faire représenter les longs siècles de l'Ancien Testament, durant lesquels Dieu fit prédire par les prophètes les principaux faits de l'évangile. — Maniftstavit autem... (vers. 3). Nous passons à la réalisation de la promesse. Quoique annoncée déjà dans ses grandes lignes sous l'ancienne alliance, la vérité évaugélique n'a vraiment retenti que sous le Nouveau Testament; jusque-là elle était demeurée un profond mystère. — Temporibus si<is (« propriis », d'après le grec). Au temps voulu par Dieu, par opposition au « tempora saeculuiia ». Cf. Act. I, 7 ; I Tlm. vi, 15, etc. — L'expression verbum suum (tbv /o/ov aùxoO ) ne désigne probablement pas Jésus -Christ en tant que Verbe de Dieu , car saint Paul n'emploie nulle part ailleurs le mot Àoyo; dans ce sens relevé. Il s'agit simplement de l'évangile. — In prsedicatione. Mode dont Dieu s'est servi pour maiiif ester aux hommes ses desseins de salut. Cf. Rom. x, 14 et ss. — Quse crédita... Rôle spécial de Paul relativement à cette prédication. Cf. Rom. m, 2 ; Gai. II, 7 ; I Tim. i, 11, etc. — Secundum prceceptum salvatoris. . Voyez I Tim. i, 1 et ks notes. Le titre de sauveur, appliqué à Dieu le Père, reviendra encore deux fois plus bas (ii, 10 et m, 4). — Le destinaire de l'épître ; Tito... (vers. 4). Voyez l'Introduction, p. 517. — Dilecto filio. Dans le grec : à mon vrai flls. V03 cz I Tim. I, 2 et le commentaire. — Les mots secundum communem fidem servent à déterminer le nom de « filio ». Tite est le fils de Paul par rapport à la foi , dont ils fout l'un et l'autre profession. — Gratia et pax^ . . C'est la salutation proprement dite. Entre les souhaits de grâce et de paix, quelques manuscrits grecs en insèrent un troisième, celui de la miséricorde; mais cette insertion a éié faite tardiv(aneiit, pour rendre la présente formule identique à celles de I Tim. i, 2 et de II Tim. i, 2.