PREMIÈRE PARTIE
Instructions relatives à l'installation de bons ouvriers évangéliqucs." 1 , 5-16.
1» Du choix des prêtres -évêques. I, 5-9.
Comp. I Tim. m, 1-7, passage qui se rapproche beaucoup de celui -ci.
5. Pleins pouvoirs conférés par Paul à son disciple pour l'organisation des Églises de Crète. — Reliqui te. Saint Paul était donc venu en Crète avec Tite, pour visiter les Églises déjà fondées dans l'île. Obligé de repartir bientôt, il y avait laissé son ami et flls spiiituel, pour continuer l'œuvre commencée. — Cretse. Cette île magnifique ( aujourd'hui Candie ) , située en^.i e la Grèce et la Cyrénaïque {AU. géogr.f'Ç'l. xvii), était déjà renommée daus l'antiquité comme la « reine des îles » . pour son climat salubre, sa fertilité, ses richesses. Elle était au pouvoir de Rome depuis Tau 69 av. J.-C. Les Juifs s'y étaient installés comme partout ailleurs : peut-être estce par quelques-uns d'entre eux, convertis le jour de la Pentecôte, que le christianisme fut tout d'abord apporté en Crète. Cf. Act. 11, 11. Cette province était d'ailleurs en relations fréquentes avec la Grèce , où il y avait des Éj^lises florissantes. Elle s'était déjà trouvée sur la route de Paul, en une circonstance presque tragique pour ce dernier ; mais il n'y avait pas abordé. Cf. Act, xxvii, 7-13. — Ut... corrigas. Le grec signifie plutôt : afin que tu arranges, que tu mettes en ordre. — Ea quce desunt : Ta XetTiovTa , ce qui restait à faire, ce que saint Paul n'avait pu achever. — Et instituas... Seconde intention que s'était proposée l'apôtre en laissant son disciple dans l'île ; elle était plus Importante encore que la première. — Per civitates. Avec le sens distributif : dans chaque ville ( xatà tioXiv ). La Crète possédait une population très dense et des villes nombreuses (Homère, II., n, 649; Virgile, ^n., ni, 104 et ss. ). — Presbyteros. Au vers. 7, saint Paul emploie le substantif « episcopus » pour représenter les mêmes personnages ; d'où il suit qu'ils étaient en même temps prêtres et évêques. Voyez I Tlm. m, 1 et les notes. —Sicut... disposui. . . Plus fortement dans le grec : Comme je te l'ai ( rdonné.
6-9. Énumération des qualités que devaient présenter les candidats au sacerdoce. — Sine
622 TiT. I , enb.
6. si quis sine crirnine est, unius iixoris vir, filios habens fidèles, non in accùsatione luxurise, aut non subditos.
7. Oportet enim episcopum sine crimine esse , sicut Dei dispensatorem ; non superbum , non iracundum , non vinolentum, non percussorem, non turpis lucri cupidura,
8. sed hospitalem, benignum, sobrium, justum, sanctum, continentera ,
9. amplectentem eum, qui secundum doctrinam est, fidelem sermonem, ut potens sit exhortari in doctrina sana, et eos qui contradicunt arguere.
10. Sunt enim multi etiam inobedientes, vaniloqui, et seductores, maxime qui de circumcisione sunt,
6. si quelqu'un est irréprochable, mari d'une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient pas accusés de débauche, ni insoumis.
7. Car il faut que l'évêque soit irréprochable, comme étant l'intendant de Dieu; pas orgueilleux, ni colère, ni adonné au vin, ni prompt à frapper . ni porté à un gain honteux,
8. mais hospitalier, affable, sobre, juste, saint, tempérant,
9. fortement attaché à la parole authentique, telle qu'elle a été enseignée, afin qu'il soit capable d'exhorter selon la saine doctrine, et de confondre ceux qui la contredisent.
10. Car il y en a beaucoup, surtout parmi ceux de la circoncision, qui sont insoumis, vains parleurs, et séducteurs des âmeSj
crirnine : àvéyxXrjToç, irréprochable. Cf. ITim. ni, 10. Anjourd'hul encore, le « defectus bonae famse » constitue une irrégularité pour les clercs. — Untus uxoris... Voyez I Tim. m, 2, 12 , et les commentaires. — Filios ( téxva , des enfants) habens. Condition analogue à celle de I Tim. m, 4 et 12*. L'épithète fidèles a la signification habituelle de croyants, de chrétiens ; il eût été tout à fait inconvenant de choisir pour prêtre un homme dont les enfants auraient été encore païens, ou accusés de débauche (in accusatione...), ou insoumis à leurs parents {von subditos). — Oportet enim... (vers. 7). Raison d'être des qualités qui précèdent : c'est une nécessité de convenance, de situation, qu'un pasteur des âmes soit parfait. En mentionnant cette nécessité, l'apôtre ouvre une nouvelle liste, tour à tour négative, vers. 7, et positive, versets 8-9. — Episcopum. On peut dire, pour indiquer la nuance qui existe entre ce nom et celui de « presbyter » , que le premier est d'origine chrétienne, et le second d'origine hébraïque (les « anciens » étaient les chefs des communautés Juives ) ; que Je premier exprime la nature des devoirs assignés aux ministres sacrés, lesquels devoirs se résument dans la surveillance pastorale, tandis que le second dénote plutôt la situation générale et le caractère. — Saint Paul signale une seconde fois la condition sine crirnine, mais en la motivant : sicut Dei...^ L'équivalent grec de di.Hpensatorem est oty.6vojj-ov, dont nous avons fait « économe ». Le prêtre est l'intendant de la maison de Dieu, et ce seul titre exigerait qu'il n'eût aucun défaut. Cf. I Cor, IV, 1-2 ; I Petr. iv, 10. — Non superbum. Le grec aù6âô-ri signifie directement : qui se complaît en lui-même ; puis, arrogant, orgueilleux. — Les deux conditions non vrnole,ntum et non perrvssorem, sont pareillement associées I Tim. III, 3». — Non turpis... Qualité exigée aussi des diacres d'après 1 Tim. ni. «. — L'ad-
verbe sed (vers. 8) introduit la liste des conditions positives. — Benignum. Mieux : aimant le bien (cpiXayaOov) ; c.-à-d., aimant à faire le bien. — Sobrium. Plutôt : sage , prudent ( (7(o- (ppova). Voyez I Tim. m, 2 et les notes. — Justum, sanctum, continentem. D'après quelques interprètes, ces trois adjectifs représenteraient « ce que ia morale moderne ajipelle les devoirs envers le prochain, envers Dieu et envers soimême ». Cf. II, 12''. Le grec ocrtov a plutôt la signification de pieux que celle de saint; èyy.paTTi désigne la tempérance en général.— Amplectentem eum qui... (vers. 9). Ce verset développe la pensée qui a été exprimée en un seul mot (ôcSaxTixoç , capable d'enseigner) dans la première épître à Timothée, m, 2. — Fidelem sermonem. Sur cette expression, voyez I Tim. i, 15 et les notes. Ici, l'évangile, qui est une parole souverainement digne de foi. — Qui secundum doctrinam. . . Règle d'après laquelle on reconnaîtra le « fldelis sermo » : il faut qu'il soit conforme à l'enseignement par excellence (xarà Tfjv lirJoiyr^v), qui est celui du Christ et des apôtres. — Ut potens... Ces mots expriment le côté positif et le côté négatif de l'enseignement du prêtre. Celui-ci doit savoir tour à tour exhorter les fiilèlcs et réfuter les hérétiques. — In doctrina... Le grec a cette fois ôtôaaxaXt'a. Sur l'expression « saine doctrine », voyez I Tlro. v, 10 et les notes.
20 Portrait des faux docteurs qui s'insinuaient parmi les fidèles de Crète, et manière dont il fallait lutter contre eux. I, 10-16.
10-13''. Pourquoi les bons prêtres étaient particulièrement nécessaires dans l'île de Crète. — C'était à cause des séducteurs judaïsants qui y abondaient, et anssi à cause du caractère national très imparfait des Cretois eux-niêmoa : ,9?/.«.« enim.... — L'adverbe etiam, (duns lo sens de « iique «) doit être omis d'après le texte grec le mieux accrédité. — Inobedientea, InsoumU à
TiT. I, n-15.
11. auxquels il faut fermer la bouche, car ils bouleverKcnt des maisons entières, enseignant ce qu'il ne faut pas, en vue d'un gain honteux.
12. Un d'entre eux, leur propre prophète, a dit : Les Cretois sont toujours menteurs, méchantes bêtes, ventres paresseux.
13. Ce témoignage est vrai. C'est pourquoi reprends -les sévèrement, afin qu'ils soient sains dans la foi,
14. et qu'ils ne s'appliquent pas à des fables judaïques, et à des commandements d'hommes qui se détournent de la vérité.