Condelector enim legi Dei secundum interiorem hominem
23. video autem aliam legem in membris meis , repugnantem legi mentis meœ, et captivantem me in lege peccati quse est in membris meis.
24. Infelix ego homo ! quis me liberabit de corpore mortis hujus?
25. Gratia Dei, per Jesum Christum Dominum nostrum. Igitur ego ipse mente servio legi Dei ; carne autem , legi peccati.
cette volonté est flasque, dépourvue d'énergie, violemment attirée en bas par la chair.— Non enim quod... (vers. 19). C'est presque mot pour mot la répétition du vers. 15*», — Si autem quod... Le vers. 20 reproduit de même, en les abrégeant un peu, les vers. 16 et 17. — Invenio igitur... (vers. 21). Outre les deux causes qui viennent d'être indiquées, les ténèbres de l'intelligeiice et la faiblesse de la volonté , il en est une troisième qui porte l'homme au péché : ce sont comme deux courants, l'un bon, l'autre mauvais, qui l'entraînent en sens contraire, et malheureusement c'est le mauvais qui l'emporte souvent. — Legem, tov vdjxov avec l'article : cette loi, c.-à-d. , cette règle, cette nécessité. Il ne s'agit nullement ici de la loi mosaïque, comme on l'a quelquefois supposé. — Condelector.., (vers. 22), Telle est l'une des deux forces qui poussent l'homme : la conscience, la raison. Je me réjouis avec : c.-à-d., j'appi'ouve volontiers ce qu'ordonne la loi divine. — Secundum interiorem... : dans la partie la plus relevée, la plus spirituelle, la plus intime de l'être humain. — Aliam legem (vers. 23). C'est la seconde des deux forces motrices, la mauvaise. Elle a son siège dans la chair, in membris..., et se nomme la passion, la concupiscence. — Repugnantem. Le mot grec fait image : àvriarpa-
T£ud(i.£vov, rangée en bataille contre. — Legi mentis... La loi de la raison , de la conscience. Elle est, au fond, identique à la loi même de Dieu. L'opposition est donc complète entre les deux forces. Hélas ! la passion n'est que trop fréquemment victorieuse : captivantem me... Autre expression empruntée à la guerre.
24 -2f/. De quel côté vient la délivrance. — Infelix ego...! Cri d'angoisse, presque de désespoir, poussé par l'homme malheureux qui se rend compte de son état. — Quis me..? Autre cri tragique, pour réclamer un prompt secours. Qui le sauvera des étreintes de son pire ennemi, son propre corps ? — Corpore mortis. Le pronom grec totjtou (vulg., hujus) peut se rapporter à l'un ou à l'autre des deux substantifs. De part et d'autre, le sens est excellent ; mais il est mieux de le rattacher à « corpore » : ce corps qui, en me faisant tomber dans le péché, m'entraîne par là -même à la mort. Cf. V, 12. — Gratia Dei... (vers. 25). Réponse toute consolante. Quelques manuscrits grecs portent : Grâce (soit) à Dieu... D'autres : Je rends grâces à Dieu. — Per Jesum Chribtum. C'est en vertu des mérites du Christ que le chrétien peut ainsi compter sur la grâce divine. — Les mots igitur ego... résument brièvement les vers. 14-23.
Rom. VIII, 1-3.