A PHILÉMON
1. Paul, prisonnier du Christ Jésus, et le frère Timothée, au bien - aimé Philémon, notre collaborateur,
2. et à Appia, notre sœur très chère, et à Archippus, notre compagnon d'armes, et à l'église qui est dans la maison.
3. Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus -Christ.
1. Paulus, vinctus Christi Jesu, et Timotheus f rater, Philemoni dilecto, et adjutori nostro,
2. et Appise, sorori carissimse, et Archippo, commilitoni nostro, et ecclesise quse in domo tua est.
3. Gratia vobis et pax a Deo Pâtre nostro, et Domino Jesu Christo.
1» Introduction. Vers. 1-7.
1-3. La salutation. — Paulus... Au lieu de joindre à son nom son titre d'apôtre, comme dans les épîtres aux Épliésiens et aux Colossiens, écrites en même temps, Paul se dit simplement vinctus Christi, par allusion à ses chaînes de prisonnier (comp. les vers. 9 , 10, 13 et 23 , où il i-evient sur cette pensée). Cela tient soit au caractère intime et personnel de cette lettre , soit au but que l'auteur se proposait. Ce qu'il va demander, il ne veut point l'obtenir par son autorité apostolique, mais au nom de la charité ( comp. les vers. 8 et 9 ) ; de là ce ton modeste du début. D'ailleurs, rien n'était plus capable de' toucher Onésime que le souvenir des chaînes dont son illustre ami était chargé ; tout le long de la lettre elles plaideront éloquemment la cause d'Onésime. — Et Timotheus... Cf. II Cor. i, 1; Phil. i, 1 ; Col. i, 1, etc. Timothée était sans doute lui-même ami de Philémon et en relations affectueuses avec lui. ~ Philemoni. Nous ne le connaissons que par cette épttre. Il résidait alors à Colosses, ville florissante de l'Asie pi-oconsulaire (voyez. Col. I, 1 et les notes). La lettre entière suppose que c'était un homme riche et influent, « un noble spécimen du christianisme primitif. » On croit généralement, d'après le vers. 19, qu'il devait sa conversion à saint Paul lui-même.— Adjutori nostro. Paul emploie parfois le titre de collaborateur (o-JvepYy) dans un sens large
(cf. Rom. XVI, 3). Ce mot ne siguifie donc pas nécessairement que Philémon fût alors prêtre ou évêque : son ministère avait peut-êti'e consisté surtout dans son zèle pour la cause chrétienne. — Appiae (vers. 2). C'était sans doute la femme de Philémon, comme le supposait déjà saint Jean Chrysostome. — Sorori carissimce. La leçon la plus accréditée est xyj àôeXtp^ , à la sœur ; xr^ àya7ry]Ty), à l'aimée, est une variante mal garantie. La Vulgate a uni les deux leçons. — Archippo, Saint Jérôme a conjecturé, d'après Col. IV, 17, que ce troisième personnage était évêque de Colosses. Il est fort possible qu'il fût aussi le fils de Philémon et d' Appia. — Le trait commilitoni ((Tuvo-TpaTtcoT-r)) confirme l'hypothèse de saint Jérôme. Ce titré, emprunté au langage militaire, convient fort bien aux chefs des chrétientés, dont les fonctions, à cette époque difficile, étaient vraiment une campagne perpétuelle. Cf. Phil. II, 25 et II Tim. ii, 3. — Et ecclesiœ quse... Voyez Rom. xv, 15 et le commentaire ; I Cor. XVI, 19 et Col. iv, 15. Ce dernier passage nous 'apprend que la ville de Colosses avait alors au moins deux églises de ce genre. — Gratia... et pax... (vers. 3). Littéralement comme dans Eph. i, 2 ; Phil. i, 2 et Col. I, 2.
4-7. Action de grâces à Dieu pour les vertus solides et très agissantes de Philémon , en particulier pour sa foi et sa charité. Ce n'est pas seulement par adresse oratoire , « c'est bien du
Philem. 4-9.
4. Gratias ago Deo meo, seraper memoriam tui facieiis in oratioiiibus meis,
5. audiens caritatem tuam, et fidera, quam habes in Domino Jesu, et in omnes sanctos ;
6. ut communicatio fidei tuse evidens fiât, in agnitione omnis operis boni, quod est in vobis in Christo Jesu.
7. Gaudium enim magnum habui, et consolationem in caritate tua, quia viscera sanctorum requieverunt per te, fràter.
8. Propter quod , multam fiduciam habens in Christo Jesu imperandi tibi quod ad rem pertinet,