‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 533 sur 873 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

1. C'est pourquoi, frères saints, qui avez part à la vocation céleste, considérez l'apôtre et le pontife de la foi que nous professons, Jésus,

1. Unde, fratres sancti, vocationis cselestis participes, considerate apostolum et pontificem confessionis nostras, Jesum ;

locution elç t6, qui désigne l'objet à atteindre. — Ficret. L'emploi de ce verbe suppose que l'exercice de la qualité indiquée exigeait que le Christ fût homme comme nous. — Misericors. On peut prendre cet adjectif à part, on le rattacher, avec l'épithète suivante (fidelis), au substantif a pontifex ». Cette seconde alternative est la meilleure. Miséricordieux , c- à - d. plein de compassion pour les misères des hommes; fidèle, c.-à-d. exact à employer tous les moyens nécessaires pour les en délivrer. — Pontifex, àpx^epe-jç. L'auteur « introduit tout à coup ce titre , qui est la note dominante de son enseignement ». Nulle part ailleurs dans le Nouveau Testament Jésus -Christ ne le reçoit d'une manière dii'ecte. L'écrivain sacré ne dit pas seulement, leoeûç , prêtre ordinaire; mais: pontife, à cause de la dignité suréminente du Christ, qui est sous ce rapport, dans la nouvelle alliance, ce que le grand prêtre était dans l'ancienne. — Ad Dtum. L'Itala traduit plus exactement le grec : « in his quse sunt ad Deum » ; dans tout ce qui concerne les relations des hommes avec Dieu. — Ut repropitiaret... C'est le but final de l'Incarnation. — Populi : ToO ),aoO avec l'article, le peuple de Dieu par excellence, la vraie nation théorratique, les chrétiens. — In eo enim... (vers. 18). Le raisonnement fait encore un pas en avant. « Celui qui se fait propitiateur doit entrer dans l'expérience du pécheur, pour le soutenir dans la tentation » et pour lui manifester une sympathie sincère. — Passus. . . ipse et.. . A la lettre dans le grec : Ayant été lui-même tenté dans ce qu'il a souffert. La souffrance et la tentation furent donc pour le Christ deux choses simultanées. — Potens... auxiliari. D'où Il suit que la sympathie de notre divin pontife aurait été moins parfaite s'il n'était pas devenu semblable à nous en tous points, excepté le péché. Comme on l'a fort bien dit à propos de ce beau texte, « la sympathie pour le pécheur ne dépend pas de l'expérience du péché, mais de l'expérience de la force de la tentation. » Oi*,

Jésus-Chi'isfc a fait cette dernière expérience de la manière la plus complète.

§ IL — Le Christ est supérieur à Moïse. III, 1-IV, 13.

L'auteur a parfaitement démontré que le Fils l'emporte sur les anges ; il va prouver maintenant qu'il est également supérieur à l'Intermédiaire humain de la législation du Sinaï. Il ne consacrera directement que quelques lignes à cette nouvelle thèse (m, 1-6); tout le reste de ce paragraphe contient une exhortation morale, analogue à celle de i, 1-4.

l» Énorme différence qui existe entre Moïse et Jésus- Christ. III. 1-6.

Chap. III. — 1-2. Introduction : les chrétiens de Jérusalem sont invités à considérer avec attention la dignité de leur pontife, qui a été fidèle comme Moïse. — La conjonction unde (oôtv ; cf. II, 17), rattache ce passage au précédent , surtout aux deux derniers versets : Parce que le Christ s'est fait semblable à nous, qu'il comprend nos besoins et qu'il peut les satisfaire.

— Fratres... C'est la première fois que les lecteurs sont interpellés directement. L'épithète sancti met en relief le caractère idéal du chrétien, qui, pour correspondre à sa vocation et à sa destinée, doit pratiquer une éminente sainteté. Cf. II, 11; Eph. II, 19; I Petr. ii, 5, etc.

— Vocationis cselestis. La vocation du chrétien, c'est l'invitation qui lui est adressée de mettre à profit le salut apporté par Jésus - Christ. Elle est appelée céleste , parce qu'elle vient d'en haut (Phil. III, 14), de Dieu même. — Considerate : xaTavo'/jaaxe, considérez par l'intelligence, d'une manière attentive et continue. — Apostolum et pontificem. Ces beaux noms désignent deux fonctions distinctes de Jésus : il est tout ensemble l'envoyé du Père, qui nous communique par lui ses volontés, et notre pontife, qui expie et qui intercède pour nous. Le titre de pontife lui a déjà été donné ci -dessus, ii, 17, et sera bientôt développé longuement, Jésus ne reçoit

Hebr. III, 2-4,

2. qui fidelis est ei qui fecit illum, sicut et Moyses in omni domo ejus.

3. Amplioris enim glorise iste prae Moyse dignus est habitus, quanto arapliorem honorem habet domus , qui fabricavit illara.

4. Omnis namque domus fabricat^r ab aliquo; qui autem omnia créa vit, Deus est.

2. qui est fidèle à celui qui l'a établi, comme Moïse aussi l'a été dans toute sa maison,

3. Car il a été jugé digne d'une gloire d'autant plus grande que celle de Moïse, que celui qui a construit la maison a plus d'honneur que la maison même.

4. Car toute maison est construite par quelqu'un ; mais celui qui a créé, toutes choses, c'est Dieu.

nulle part ailleurs celui d'apôtre; mais le quatrième évangile le représente plusieurs fois comme envoyé par Dieu le Père (cf. Joan. xvii, 3, 8, 18 ; XX, 21, etc.). — Les mots confessionis nostrse se rapportent aux deux substantifs qui précèdent ; cela est plus apparent dans le grec. Notre confession n'est autre que la foi, à laquelle nous adhérons Intimement, et dont nous faisons profession au dehors. — Jesum. Ce nom sacré occupe de nouveau (cf. ii, 9) une place qui le met singulièrement en évidence. - Qui fidelis... Nuance dans le grec : tzkttov ovra , étant fidèle, c.-à-d., en tant qu'il est fidèle. Ce trait exprime donc l'objet direct de l'attention que saint Paul recommande à ses lecteurs : Considérez la parfaite fidélité avec laquelle Jésus a accompli son oeuvre. — Ei qui fecit. . . ( tw TtoiriaavTt a-jTC^v ). L'Itala dit trop, lorsqu'elle traduit : « Creatori suo ». En effet, d'après la meilleure interprétation (saint Jean Chrys., Théodoret, etc.), ces mots ne désignent pas d'une manière immédiate l'origine humaine du Sauveur, mais plutôt la source de ses fonctions, comme il résulte du contexte. Le sens est donc : (Il est fidèle) à celui qui l'a Investi de sa double dignité d'apôtre et de pontife. — Sicut... Moyses. La conjonction et est accentuée : comme Moïse aussi. Moïse lui-même. Le médiateur humain de l'ancienne alliance est introduit à son tour sur la scène. — In omni domo. . . Le pronom ejus se rapporte à Dieu d'après le sens ; cela est d'ailleurs tout à fait manifeste dans le passage du Pentateuque (Num. xii, 7) auquel les mots « fidèle dans toute sa maison » sont empruntés. Dans ce texte, sur lequel repose ici toute l'argumentation de l'auteur, la maison de Dieu, c'est sa famille spéciale, le peuple hébreu qu'il s'était choisi; le serviteur fidèle, c'est Moïse, auquel le Seigneur daigne conférer ce nom élogieax. L'adjectif grec oXo) , « tota » , est plus expressif que « omni ».

3-4. Un premier aspect de la supériorité de Jésus-Christ sur Moïse. Après avoir placé Moïse et Jésus sur un certain pied d'égalité (ils furent tous les deux fidèles), l'auteur les sépare tout à coup l'un de l'autre, pour leur assigner leur vrai rôle. — AmpLioris enim... Motif pour lequel les lecteurs doivent considérer attentivement Jésus-Christ. Le substantif glorise représente la gloire attachée aux fonctions foit du Christ, 8oit de Moïse. La gloire du Christ l'emporte sur celle de Moï8e,autant que son rôle même. — Honorem

est à peu près synonyme de « gloriae ». — Domus est au génitif (toO otxou) : un honneur plus grand que celui que reçoit la maison." Cette maison figure tout le système théocratique de l'Ancien Testament ; Moïse, à qui la gestion en avait été confiée, est identifié avec elle. — Qui fuhricavit. . . l^e grec dit plus; littéralement: Celui qui l'a établie (xataaxeuâaaç) ; c.-à-d., non seulement bâtie, mais meublée et munie de tous les objets nécessaires. Ce trait se rapporte évidemment à Dieu, par conséquent aussi à Notre -Seigneur Jésus - Christ , dont la divinité a été démontrée au chap. i«', et qui, avant son incarnation, avait présidé à l'institution de la théocratie. Cf. I Cor. x, 4, 9, etf^. — Omnis namque... ( vers. 4 ). Principe général («. veritaa trita »), qui complète la démonstration. Quand on voit une belle maison et qu'on l'admire, on

Architecte. ( D après une peinture anticiue.^

doit remonter plus haut, à l'architecte qui l'a construite. De même en est-il de r^^difice théocratique, dont faisait partie et que gérait Moïse ; cet édifice avait eu son architecte divin, le Créateur de toutes choses : qui autem omnia... Au lieu de creavit le grec emploie de nouveau le verbe xaTao-xsuoto-aç. L'argument n'est pas complété explicitement en ce qui regarde Jésus- Christ ; mais la conclasion n'en est pas moins nette : étant Dieu , il est l'auteur de la théocratie, et par là même il l'emporte infiniment sur Moïse.

Hebr. II, 5-8.

5. Pour Moïse, à la vérité, il était fidèle dans toute la maison de Dieu en qualité de serviteur, en témoignage des choses qui devaient être dites ;

6. mais le Christ a été fidèle en qualité de Fils, sur sa maison; et cette

- maison, c'est nous, pourvu que nous I retenions fermes jusqu'à la fin la con-

^>^ance , et la gloire que nous espérons. /cA' 7. C'est pourquoi, selon ce que dit ''^^^'Esprit- Saint : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix,

8. n'endurcissez pas vos cœurs, comme au temps de l'irritation, et au jour de la tentation dans le désert.

5. Et Moyses quidem fidelis erat in tota domo ejus tanquara famulus, in testimonium eorum quse dicenda erant ;

6. Christus vero tanquam filius in domo sua : qute domus stimus nos, si fiduciam et gloriam spei usque ad finem firmam retineamus.

7. Quapropter, sicut dicit Spiritus sanctus : Hodie si vocem ejus audieritis,

8. nolite obdurare corda vestra, sicut in exacerbatione , secundum diem tentationis in deserto,

5-6. Un second aspect de la supérionlé de Jésus sur Moïse : la situation de ce dernier par rapport à l'ancienne alliance était celle d'un serviteur; celle du Christ relativement à la nouvelle est celle d'un fils. — Fidelis. L'auteur reprend le texte qu'il a cité au vers. 2. — In iota domo. L'adjectif est encore très accentué. Comme on l'a dit, « la phrase qui marque l'inféi'iorité de Moïse par rapport au Christ marque en même temps sa supériorité sur tous les autres prophètes. » ~ Tanquam famulus. Le sens n'est pas : à la manière d'un serviteur; mais : en qualité de serviteur. Malgré la noblesse et le caractère unique de son rôle, Moïse n'était en réalité que le serviteur de Jéhovah. Comp. Num. xii, 7, où il reçoit précisément ce titre. — Par les mots quae dicenda erant, il faut entendre tout ce que Dieu devait révéler après Moïse, par les autres prophètes et par le Christ lui-même. Cf. i, 1-2. A tout cela Moïse rendit témoignage, soit indirectement, en ce sens que la législation qu'il promulgua était un type de l'avenir messianique (cf. Gai. III, 24, etc.), soit même directement, par son célèbre oracle, Deut. xviii, 15. — Christus vero... (vers. 6). Au vers, l**, l'auteur a employé le nom humain du Sauveur ; après ce qu'il vient de dire de la supériorité de Jésus sur Moïse, il se sert du titre de Messie. — Tanquam filius : en qualité de flls. Enorme différence avec Moïse. — In domo sua. Plutôt : « super domum ejus », sur la maison- de Dieu. En cela aussi le Christ diffère de Moïse, qui était simplement, d'apx'ès le vers. 5», a fidelis... in... domo... ». -— Quse domus... nos. Petit commentaire très intéressant de l'apôtre. Autrefois, c'étaient les Juifs qui foi'maient la maison mystique de Dieu, la famille théocratique (voyez le vers. 2'' et les notes); désormais ce privilège est réservé aux chrétiens. Cf. I Tim. ni, 15, etc. — Si... Condition qu'il faut remplir pour mériter ce grand privilège. — Fidaciam. Le grec Tuapprjcrca désigne toujours une certaine hardiesse, une ferme assurance, qui se traduit en paroles et en actes. — Et gloriam. Mieux , d'après le grec : « gloriationem ». Expression chère à saint Paul. — Le génitif spel ri tombe sur les deux substantifs qui le précèdent. L'espérance du chrétien , après

lui avoir inspiré une sainte hardiesse, le plonge dans une allégresse très vive. Cf. vi, 18-19. — Les mots usque ad finem firmam sont omis dans un certain nombre de manuscrits grecs, et retranchés par quelques éditeurs modernes, comme un emprunt fait au vers. 14 ; mais ils sont suffisamment garantis par d'excellents témoins.

2" Exhortation : que les Hébreux prennent garde, car ils pourraient bien être privés du repos sacré promis par Dieu. III, 7 -IV, 13.

Comme précédemment (cf. ii, 1-4), l'apôtre interrompt son argumentation, pour s'adresser directement à l'âme de ses lecteurs. Le parallèle qu'il vient d'établir entre Moïse et le Christ l'amène de la façon la plus naturelle à comparer entre eux ceux auxquels ces deux grands personnages avaient révélé les ordres du ciel. « L'infidélité des Hébreux dans le désert devient un avertissement éloquent pour ceux des chrétiens qui étaient en danger de devenir incrédules. » L'exhortation prend pour base le Ps. xciv, qui presse les Israélites d'être fidèles à Jéhovah et de ne pas abuser de ses grâces, comme l'avaient fait, à leur grand détriment, leurs ancêtres dans le désert de Pharan. Les LXX et la Vulgate attribuent ce poème à David dans le titre qui le précède; notre auteur fait de môme (cf. iv, 7). L'hébreu est muet sur ce point, qui n"est pas absolument certain.

7-11. Comment Israël, ayant manqué gravement à ses devoirs, fut châtié par Dieu avec une grande sévérité. — Quapropter : parce que, sans une espérance solide, nous risquons de perdre nos privilèges. — Sicut. . . Spiritus. . . Comp. IX, 8 et x, 15, où nous trouvons des formules analogues pour introduire des citations bibliques. Voyez aussi Act. xxviii, 25 , etc. L'auteur reproduit exactement d'après les LXX les vers. 7-11 du psaume (voyez le commentaire). — Hodie est comme la note dominante, sur laquelle il revient plusieurs fois dans son exhortation. Comp. les vers. 13, 15 et iv, 7 : Puisque la voix divine retentit aujourd'hui h vos oreilles, c'est aujourd'hui qu'il faut lui obéir. — Nolite obdurare... (vers. 8) : de manière à être insensibles aux ordres du ciel. — Exacerbatione,

Hebr. m, 9-14.

9. ubi tentaverunt me pati'es vestri, probaverunt et viderunt opéra mea

10. quadraginta annis ; propter quod infensus fui generationi huic, et dixi : Semper errant corde, ipsi autem non cognoverunt vias meas;

11. sicut jiiravi in ira mea : Si introibunt in requiem meam.

y(p^A^. Videte, fratres, ne forte sit in ali- /quo vestrum cor malum incredulitatis, discedendi a Deo vivo;

13. sed adhortamini vosmetipsos per singulos dies, donec Hodie cognominatur, ut non obduretur quis ex vobis fallacia peccati.

14. Participes enim Christi effecti sumus, si tamen initium substantise ejus usque ad finem firmura retineamus.

9. où vos pères m'ont tenté, m'ont mis à l'épreuve et ont vu mes œuvres

10. pendant quarante ans ; c'est pourquoi je me suis irrité contre cette génération, et j'ai dit : Leurs cœurs s'égarent toujours, et ils n'ont pas connu mes voies ;

11. aussi ai -je juré dans ma colère ,• Ils n'entreront pas dans mon repos.

12. Prenez garde, frères, qu'il n'y ait en quelqu'un de vous un mauvais cœur incrédule qui le sépare du Dieu vivant ;

13. mais exhortez - vous les uns les autres tous les jours, aussi longtemps qu'on peut dire Aujourd'hui, afin qu'aucun de vous ne s'endurcisse, séduit par le péché.

14. Car nous sommes devenus participants du Christ, pourvu, toutefois, que nous retenions fermement jusqu'à la fin la foi que nous avions en lui au commencement.

ie,niaiion\s. L'hébreu a deux noms propres : Comme à M'rïbah, comme au jour de Massah dans le désert. Cf. Ex. xvii, 1-7 et Num. xx, 1-13. Ces noms turent donnes aux deux stations

du désert où les Hébreux avaient reçu un terrible châtiment, pour avoir exaspéré et tenté le Seigreur par leur esprit de révolte. Comp. Devit. ::xxiii, 8. — Tentaverunt. . . , probaverifn± (vers. 9). Avec une nuance dans le grec : Ils tentèrent en mettant à l'épreuve. — Viderunt opéra... Circonstance aggravante. Les œuvres de bonté et de puissance du Seigneur auraient dû exciter les Hébreux à obéir. — Quadraginta... (vers. 10) : pendant tout le temps qui s'écoula entre la sortie d'Egypte et l'entrée dans la terre promise. — Propter quod... Après le grave avei :issement vient la menace, vers. lO^'-ll. — L'adverbe semper est mis en avant d'une manière emphatique. — Vias meas : les desseins du Seigneur par rapport aux Hébreux. — Sicut juravi... (vers. 11). Avec ce sens : C'est pourquoi j'ai juré. Sur ce seraient , voyez Num. XIV, 27 et ss. — Si introibunt... Hébraïsme, pour dire : Ils n'entreront pas. Cf. Gen. xiv, 23 ; I Reg. m, 17; Marc, vni, 12, etc. — Requiem meam. C.-à-d., le repos que je leur ai promis, préparé. Ce repos, ou ce lieu de repos, consiste, d'après le sens littéral du psaume, dans la terre de Chanaan, où les Israélites devaient se reposer après les Ifingues fatigues du désert (cf. Lev. XXVI, 11-12; Deut. xii, 9-10); puis, d'une manière figurée, dans le royaume du ciel, avec son bonheur sans fini^ w $ $ ^ — ^^

12-16. La leçon donnée par le Seigneur aux Hébreux est f pliquée aux lecteurs, d'abord d'une façon p'.us générale. Ici commence une sorte d'homélie très intéressante sur le texte qui vient d'être cité. On sent vibrer un sentiment

de vive anxiété à travers les avertissements de l'apôtre. — In aliquo... Touchant détail : il ne faut pas qu'une seule âme périsse. — Cor... discedendi... Les chrétiens de Jérusalem et des alentours couraient donc vraiment le danger de devenir apostats. — Sed adhortamini... Moyen d'éviter ce grave péril. Les mots donec Eodie font allusion à la citation biblique qui précède. Comp. le vers. 7*". C.-à-d. : aussi hmgtemps que la voix de Dieu retentit à" vos oreilles , aussi longtemps que la grâce divine vous est offerte.

— Résultat à obtenir par ces exhortations mutuelles : ut non obduretur. . . C'est une autre allusion au passage du psaume. Comp. le vers. 8».

— Fallacia peccati. Le péché est personnifié et représenté comme un être actif, agressif, qui cherche à séduire les hommes. — Participes enim... (vers. 14). Motif pour lequel il faut prendre garde et s'exciter réciproquement à la fidélité : il s'agit de conserver ou de perdre un bien d'un très grand prix. Devenir participes... Christi, c'est être unis très étroitement au Sauveur, participer à sa vie et à ses grâces, jouir un jour de sa gloire. Cette union est effectuée au baptême; sa durée dépend d'une condition essentielle, la préservation de la foi : si tamen...

— L'équivalent grec de substantise, xjTzoaxâcrswç, qui avait plus haut, i, 3, la tsignification de substance, a plutôt ici le sens de confiance courageuse et résolue. Cette confiance est représentée ici à son début ( initium ) , parce qu'elle était dès lors très ferme et très intense; mais cela ne veut pas dire qu'elle n'ait pas dû grandir depuis. D'après saint Jean Chrysostome, Théodoret, etc., en cet endroit, le substantif •Û7i6(TTaaiç serait synonyme de foi. Cela revient à peu près au même. — Le pronom ejus est omis par presque tous les manuscrits grecs. - •

Hebr. III, 15 - IV, 1.

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