DOCES DES DEUX ALLIANCE.^ IV, 14 - X
C'est là. ainsi qu'il a été dit dans l'Introduction, p. 538, la partie principale et connue le cœur de l'épître. Les développcuunta donnés sur le .'•acerdoce de Jésus -Christ sont vraiment admirables. La comparaison porte tour à tour sur la personne des pontifes, sur le local du culte et sur les victimes immolées.
§ I. — Par sa personne même, notre pontife Vemporte sur tous les prêtres de l'Ancien Testament. IV, 14 -VII, 28,
1° Transition et introduction. TV, 14-16. 14-16. Nous devons être pleins du Loaiianceen notre pontife, qui est lout-puissaut et tout miséii-
Hebb. V, 15-16.
a pénétré dans les cieux, Jésus, Fils de Dieu , demeurons fermes dans la profession de noire foi.
15. Car nous n'avons pas un pontife qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre le péché.
16. Approchons -nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde, et de trouver grâce ^ans un secours opportun.
gnum, qui pénétra vit cœlos , Jesum, Filium Dei, teneamus confessionem.
15. Non enim habemus pontificem qui non possit compati infirmitatibus nostris ; tentatum autem per omnia pro similitudine, absque peccato.
16. Adeamus ergo cum fiducia ad thronum gratiae, ut misericordiam consequamur, et gratiam inveniamus in auxilio opportune.
oordieux. — Eabentes ergo. . . Ces mots nous ramènent à ii, 7 et m, 1, où Jésus nous a été déjà présenté en qualité de grand prêtre. La crainte de ne pas obtenir le salut final (cf. iv, 1 et ss.) doit diriger la pensée des lecteurs vers ce médiateur, aussi bon que puissant, qui est supérieur aux anges et à Moïse. — Après avoir constaté le fait consolant que nous possédons ub pontife, l'auteur caractérise en quelques mots ce grand prêtre. Il est grand par sa nature (magnum) , encore plus que par ses fonctions. Il est entré lui-même dans le repos divin, et il est assis à la droite du Père (cf. i, 3, 13) : qui penetravit... — Jesum, Filium, Dei. Le nom humain et le titre divin sont associés ici, pour nous rappeler les deux natures de notre pontife, et nous garantir la réalité de sa sympathie et de sa puissance. Cf. i, 3 et ss. ; ii, 6-15. — Teneamus (le grec xpaxôifj.sv est très expressif : tenir fortement, de manière à ne pas laisser échapper) confessionem (cf. m, 1 : la confession publique de notre foi en Jésus - Christ ). La crise était telle alors pour les chrétiens de Jérusalem, qu'il ne suffisait plus pour eux d'avoir des convictions intimes et privées ; il fallait qu'ils déclarassent ouvertement leur foi. — Non enijn. . . (vers. 15). Quoique remonté au ciel, notre pontife ressent toujours pour nous une vive compassion ; sa gloire et son repos du ciel n'ont établi aucune barrière entre lui et son peuple. — Compati. Expression très significative : souffrir avec, entrer en quelque sorte dans les souffrances d'autrui pour les faire siennes. — Infirmitatibus... : nos faiblesses physiques et morales, qui proviennent du péché originel , et qui sout à tout instant pour nous l'occasion de péchés actuels. — Tentatum... : ainsi qu'il a été dit plus haut, ii , 18. La particule autem est fortement adversative : Au contraire, il a compati, puisqu'il a été tenté comme nous. — Per omnia. C.-à-d., de toutes les manières dont la nature humaine peut être tentée. Jésus a donc revêtu notre humanité , avec toutes ses misères et toutes ses faiblesses, une seule exceptée : absque peccato. Comme il n'y aviîit en lui aucune concupiscence, 11 ne lui était pas possible de pécher, même en tant qu'homme; il est donc absolument saint. Cf. VII, 26. — Pro similitudine. C.-à-d., d'après la Vulgate : en vertu de li. ressemblance qu'il avait
avec nous. L'Itala traduit : « Secnndum similitudinem (scil. nostram) » ; tenté tou t à fait comme nous. Les deux interprétations sont excellentes; mais la seconde est plus conforme au texte grec.
— Adeamus ergo... (vers. 16). Puisque nous avons un tel grand prêtre, un tel médiateur, profitons des privilèges dont nous jouissons grâce à lui. Le verbe 7:epcsp"/£<3'6ai , s'approcher, est une des expressions favorites de notre auteur. Cf. vu, 25 ; x, 1, 22 ; xi, 6 ; xii, 18, etc.
— Cum fiducia. D'après le grec, avec une sainte hardiesse , qui permet de tout oser et de tout dire (Tcappricrta), — Ad thronum gratise. Comparez les expressions analogues : trône de gloire (I Reg. ii, 8; Eccli. xlvii, 11; Matth.
Trône antiiiue.
(D'après une peinture de Pompéi.)
xrx, 28), trône de grandeur (cf. viii, 1), etc. Le trône suppose un roi , lequel n'est autre ici que Dieu lui-même, à la droite duquel siège le Christ. Cf. VIII, 1, etc. Ce trône est appelé trône de la grâce (xr\z xâpixoç, avec l'article), parce que de lui s'échappent des bénédictions abondantes et perpétuelles. — Ut misericordiam. . . et gratiam... : conformément aux deux grands besoins de l'homme sur cette terre. Ses fautes passées réclament la miséricorde divine, et il lui faut des grâces nombreuses pour se maintenir toujours dans la sainteté. — In auxilio... Selon le grec : «. in auxilium... », pour un secours opportuu (c.-à-d., accordé en temps opportun).
Hebr. V, 1-4.