‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 55 sur 873 · Quicumque enim Spiritu Dei aguntiir, ii sunt filii Dei · texte numérisé non relu

Quicumque enim Spiritu Dei aguntiir, ii sunt filii Dei

15. Non enim accepistis spiritum servitutis iterum in timoré; sed accepistis Spiritum adoptionis filiorum, in que clamamus : Abba (Pater).

16. Ipse enim Spiritus testimonium reddit spiritui nostro, quod sumus filii Dei.

17. Si autem filii, et heredes : heredes quidem Dei, coheredes autem Christi; si tamen compatimur, ut et conglorificemur.

18. Existirao enim quod non sunt condignse passiones hujus temporis ad

(cf. vers. 4:^). — Filii Dei. Fils de Dieu par adoption , comme le dit le verset suivant , mais véritablement ses flls. — Non enim... ( vers. 15 ). Preuve que le chrétien digne de ce nom a un droit strict à ce noble titre. — Spiritum servitutis. C.-à-d., un esprit servile, l'esprit que l'on acquiert peu à peu lorsqu'on vit dans l'esclavage. Ce n'est pas un esprit semblable que les chrétiens ont reçu au baptême. La servitude en question est celle de la loi mosaïque. — L'adverbe iterum. fait allusion à l'état antérieur des chrétiens de Rome, alors qu'ils ne connaissaient Dieu que comme un roi Irrité et un juge sévère.

— In timoré. Il y a l'accusatif dans le grec : e'tç <p6êov; un esprit qui vous ferait retomber dans la crainte. — Adoptionis filiorum. En un seul mot dans le gi'ec : utoôscrtaç. « L'Esprit d'adoption désigne l'Esprit de Dieu en tant que produisant chez les fidèles l'état qui répond à la glorieuse position de fils. » C'est aussi aux mérites de Jésus -Christ que nous devons cette adoption; mais il demeure, lui, le Fils unique de Dieu. — In quo (sous l'impulsion duquel) clamamus. Cri poussé par les puissances les plus intimes de notre être, tantôt pour implorer, tantôt pour louer et bénir, toujours avec le sentiment d'une filiale confiance, de « l'abandon plein de bonheur qui caractérise les relations naturelles et normales entre l'enfant et le père ».

— Abba, Pater. Le second substantif traduit très exactement le premier, qui appartient à l'idiome araméen ('abba'). Voyez Marc, xiv, 36 et Gai. IV, 6, où ils sont également associé?. Cette formule avait sans doute pénétré de bonne heure dans la liturgie chrétienne. — Ipse... Spiritus... (vers. 16). Saint Paul insiste sur cette belle pensée, en la répétant sous une autre forme, -r- Testimonium reddit. D'après le grec : témoigne avec. Les deux témoins sont ici l'Esprit-Saint et notre propre conscience, la partie supérieure de nous -mêmes (spiritui nostro). — ni autem... (vers. 19). Le nom de fils de Dieu, quo nous possédons dune manière certaine,

implique autre chose encore : l'héritage des biens du Père, et heredes. — Coheredes... Christi. Jésus s'était dépeint lui-même sous le titre d'héritier de Dieu (cf. Matth. xxi, 38). Fils du même Père que lui, nous sommes ses cohéritiers. Les vers. 18 et ss. détermineront la nature de cet héritage, qui n'est autre que la participation à la vie même de Dieu et à sa gloire. — Si tamen compatimur... Condition essentielle pour que nous puissions partager l'héritage céleste de Jésus. Cf. Phil. ii, 6 et ss. ; II Tini. ii, 11; I Petr. I, 5-7, etc. Nos souffrances, bien supportées en union avec celles du Sauveur, nous obtiendront la faveur de participer un jour à sa gloire : ut et conglor' ficemur.

2» La vie dans l'Esprit - Saint est une vie de résurrection, de transfiguration universelle et d'éternelle gloire. VIII, 18-39.

C'est le plus beau passage de l'épître et l'un des plus remarquables de la Bible entière. Saint Paul nous y élève avec lui à une hauteur toute sublime, dirigeant son regard et le nôtre vers le merveilleux avenir qui nous attend dans le ciel.

18-27. La certitude de la gloire future est démontrée au chrétien par trois gémissements qui retentissent soit en dehors de lui, soit en lui-même. Le vers. 18 contient le thème à développer. Le premier des gémissements est celui de la nature entière, vers. 19-22; le second est poussé par le chrétien en personne, vers. 23-25 ; le troisième provient de l'Esprit -Saint, qui habite dans son âme, vers. 26-27 : tout cela lui crie qu'il sera un Jour glorifié. — Existimo... L'iipôtre, revenant sur la pensée exprimée en dernier lieu, affirme d'abord que les souffrances^ sans lesquelles nous ne pourrions obtenir notre glorification future , ne sont que peu de chose si on les compare à cette gloire. Cf, II Cor. iv, 17, etc. Précieux encouragement pour nous aider à les supporter avec vaillance. — Non sunt condignae. C.-à-d., ne sont pas en rapport avec, ne sauraient mériter par elles-mêmes. — Evjus temporis : la vie présente (toO vûv xatpoO)

Rom. VIII, 19-22.

fiituram gloriam quae revelabitur in nobis.

19. Nam expectatio creaturfe revelationem filiorum Dei expectat,

20. Vanitati enim cveatura subjecta est non volens, sed propter eiim qui subjecit eam in spe ;

21. quia et ipsa creatura liberabitur a servitute corruptionis, in libertatem gloriafi filiorum Dei.

22. Scimus enim quod omnis creatura ingemiscit, et parturit usque adliuc.

tion avec la gloire à venir qui sera manifestée en nous.

19. Aussi la créature attend-elle d'une vive attente la manifestation des enfants de Dieu.

20. Car la créature a été assujettie à la vanité, non pas volontairement, mais à cause de celui qui l'a assujettie avec espérance ;

21. en effet, la créature aussi sera elle - même délivrée de cet asservissement à la corruption, pour participer à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.

22. Car nous savons que toute créature gémit et est dans le travail de l'enfantement jusqu'à cette heure ;

par opposition à la vie future. — Ad (Trpoç, en comparaison q.\qc)... gloriam. Cette gloire atteindra tout l'être du chrétien, son corps aussi bien que son âme , lorsqu'aura eu lieu la résurrection générale et qu'aura commencé la bienheureuse éternité. — Quœ... in noUs. Mieux : « in nos», sur nous, d'après le grec. — 2^am... <vers. 19). Saint Paul va démontrer la certitude absolue de cette gloire à venir. Son esprit prenant tout à coup une direction inattendue, il émet une pensée non moins vraie et ingénieuse que profonde. « Il se fait l'interprète de la nature et indique comment, dans le livre même de Ja création, notre avenir est écrit. » — Expectatio creaturse. Par créature (xTicrtç), il ne fai;t pas seuleraen^ entendre en cet endroit les êtres inanimés qui composent notre globe, mais aussi les êtres vivants et dénués de raison. €e mot représente donc tout ce que nous nommons la nature, l'homme excepté. Dans la nature ainsi comprise, l'apôtre dit qu'il existe une attente vive, anxieuse, qu'il décrit par le substantif rare et énergique àuoxapaSoxta ; à la lettre, l'action d'attendre, en levant la tête vers l'objet désiré, pour voir s'il ne viendra pas bientôt. C'est là une magnifique prosopopée. — L'objet de cette attente universelle est ensuite Indiqué : révélation em (xy]v ànovAlv^Ji^) filiorum... Tous ces êtres sans raison, animés ou Inanimés, sont censés attendre la manifestation de la gloire et du botiheur sans fin qui sont réservés aux enfants de Dieu, c.-àd., aux chrétiens. Comp. les vers. 14-17. — Vanitati enim... (vers. 20). Motif d'une pareille attente. Actuellement, tous ces pauvres êtres sont soumis à la vanité, c. -à-d., à l'imperfection et, d'après le vers. 21», à la corruption, à la décadence, à la souffrance , à la mort. -- Subjecta est : par la sentence prononcée par le Créateur, après la chute du premier homme. D'où il suit que la nature jouissait autrefois d'une condition meilleure. — Non voïens. Soumission forcée, qui suppose une résistance intime, manifestée, par exemple, dans l'horreur instinctive que les animaux éprouvent pour la souffrance et pour la mort. — Sed propter eum... La phrase est elliptique : La créature demeure soumise quand même, à cause

de celui... Les opinions sont partagées au sujet des mots qin subjecit eam. D'après la plupait des commentateurs ils désignent Dieu, qui, aussitôt après le péché d'Adam, a maudit la terre à cause de lui (cf. Gen. m, 17 et ss.), de sorte que la nature participe ainsi au châtiment de l'homme et gémit sous le poids de la même malédiction que lui. Selon d'autres, à la suite de saint Jean Chrys., ils se rapportent directement à l'homme, qui a entraîné la nature dans sa faute et dans sa propre décadence. Le premier sentiment est le meilleur. — In spe (sTt'ÈXTriSt, avec espérance). Quoique douloureuse, la situation de la nature n'est pas désespéx'ée; sa dégradation n'est ni absolue, ni perpétuelle. — Le vers. 21 développe ce détail important : et ipsa (mots accentués : elle aussi, comme les enfants de Dieu) liberabitur... — Servitute corruptionis ; la servitude qui consiste dans la corruption, la décadence, etc. — In libertatem... La construction est encore elliptique. C'est comme s'il y avait : et elle parviendra à la liberté... Cette liberté est opposée à la servitude de la corruption. La foi'mule libertatem gloriœ filiorum... signifle : la liberté qui cons^istera dans l'état glorifié des fils de Dieu. Voyez le vers. 1 9. — Scimus... (vers. 22). Saint Paul suppose que tous ses lecteurs connaissent comme lui ce triste état de la nature. C'est là un fait manifeste, que l'observation la plus légère permet de constater. — Ingemiscit et parturit. Les deux vei'bes grecs sont composés de la préposition (Tuv, avec : cruaTEvàÇet, gémit avec; (TuvwSivôt, enfante avec. Ce qui peut signifier que la nature souffre avec l'homme, ou bien qu'elle souffre beaucoup, ou encore, qu'elle souffre tout entière dans ses moindres parties. Ils fout image l'un et l'autre, et continuent la métaphore commencée au vers. 19. Le second est particulièremrnt expressif, car 11 marque tout à la fois la douleur présente de la nature et son bonheur à venir. Cf. Joan. XVI, 21. On se tromperait, si l'on croyait qu'il n'y a dans ce beau passage qu'une idée ingénieuse, mais sans fondement réel, provenant seulement de l'imagination. C'est vraiment de la haute théologie que fait ici TapôLre. Et il n'est point seul à la faire; toute la Bible parle

EoM. VIII, 23-27.

23. Et non seulement elle, mais nous aussi, qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous gémissons en nousmêmes, attendant l'adoption des enfants de Dieu, la rédemption de notre corps.

24. Car c'est en espérance que nous sommes sauvés. Or l'espérance que l'on voit n'est plus de l'espérance; car ce qu'on voit, peut- on l'espérer?

25 Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec patience.

26. De même aussi l'Esprit vient en aide à notre faiblesse : car nous ne savons pas ce que nous devons demander dans nos prières; mais l'Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements ineffables.

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