Et c'est ce que nous ferons, si toutefois Dieu le permet
4. Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont été rendus participants de l'Esprit- Saint,
5. qui ont également goûté la bonne parole de Dieu et les vertus du siècle à venir,
6. et qui sont tombés soient renouvelés et ramenés à la pénitence, eux qui crucifient de nouveau pour leur malheur le Fils de Dieu, et le livrent à l'ignominie.
14; V, 22, etc.); c'est probablement la conflrmatlon que l'auteur a en vue ici, puisqu'il vient de mentionner le baptême, et qu'il ne s'adresse pas spécialement à des ministres sacrés, mais h des fidèles en général. — Resurrectionis..., et judicii... Troisième groupe : la résurrection des morts, à la fin des temps, et le jugement général qui la suivra de très près. Cf. I Cor. xv; I Thess. IV, 12 et ss., etc. — Et hoc faciemus (vers. 3). C.-à-d. : « Ad perfectiora vos ducemus » (Primasius). L'auteur annonce qu'il avancera quand même dans l'exposition de son beau thème , malgré l'Imperfection des connaissances religieuses de ses lecteurs. — Si... permiserit.., Pieuse formule, qui contient une prière tacite; en effet, l'homme ne peut réaliser aucun projet sans le secours de Dieu. Cf. I Cor. xvi , 4 , etc.
4-8. Le danger d'apostasie. — Impossibile est... Tj'imposslbilité en question ne sera déterminée qu'au vers. 6 ; la phrase demeure solennellement suspendue jusque-là. Cet alinéa se rattache étroitement au précédent, comme le montre la particule enim. L'apôtre a insisté sur la nécessité du progrès pour les chrétiens; ceux qui, après avoir reçu la foi, l'abandonneraient lâchement, feraient un mouvement de recul qui pourrait avoir pour eux de terribles conséquences. Suit une description saisissante du crime que commettraient les apostats. Les grâces étonnantes que Dieu accorde aux hommes qu'il daigne appeler à la foi sont d'abord résumées, vers.4''-5, dans quatre petites propositions. Ce sont autant de circonstances aggravantes du crime. — Premier fait : qui semel... illuminati ((pwTiaOévteç). Cette belle métaphore, que nous retrouverons plus loin (x, 52 ; cf. Bph, i, 18), fait allusion à la lumière éclatante qui inonde l'esprit des chrétiens. Cf. II Cor. IV, 4. — Semel : une fois pour toutes, d'une manière qui suffit à jamais. — Gu-^tavriint. Cette figure est répétée au verset suivant : elle marque une expérience personnelle très douce du bienfait mentionné. — Donum cscleste. On a parfois trop limité le sens de cette expression, en lui faisant représenter l'euchaiifitie , la rémission des péchés, la grâce
sanctifiante, etc. Il vaut mieux lui laisser sa signification générale. Peut-être déslgne-t-elle la vie divine que Jésus communique aux croyants. — Participes... Spiritus... : à la manière indiquée Rom. VIII, 9 et ss. — Au lieu de nihilominus (vers. 6 ) , le grec a simplement la conjonction xat, « et ». — Bonum... verbum (pYjfxa). Suivant quelques auteurs, l'évangile; mieux, d'après l'usage qui est fait ailleurs de cette locution dans le Nouveau Testament, les promesses divines en ce qui regarde le glorieux et étemel avenir des chrétiens. — Virtutesque... : des forces, des énergies qui appartiennent au monde messianique (sseculi venturiXYojez ii, 5 et les notes. Il s'agit sans doute des prodiges de divers genre qui étaient si fréquents au début de l'Église. — Et prolapsi sunt (vers. 6). Ce fait, mentionné brusquement et brièvement après la belle énumération des privilèges des chrétiens, produit une douloureuse impression. Tout à coup l'apostasie, après tant de lumières et tant de grâces. — Rursus renovari. . . Le verbe est à l'actif dans le grec : ( Il est impossible. . . ) de renouveler. . . Le but auquel tendrait ce renouvellement, c'est la pénitence, une transformation totale de l'esprit ((xeravota), — L'apôtre indique, par quelques mots énergiques, pourquoi le vrai repentir est impossible en de telles conditions. Les chrétiens apostats sont dans un état d'hostilité permanente à l'égard du Christ : rursum crucifigentes {sibimetipsls : pour leur propre damnation)... Ils le crucifient en" quelque sorte une seconde fois, lui faisant endurer de nouveau toutes les douleurs et toutes les humiliations ( ostentui...) de sa passion. La grandeur du crime est encore mise en relief par les mots Filium Dei. Retomber dans le judaïsme, n'était-ce pas approuver toutes les infamies cruelles dont les Juifs s'étaient rendus coupables envers Jésus? Ainsi donc, les apostats sont dans un grave danger d'impénlteace finale, puisqu'ils se séparent précisément de celui qui est mort pour les sauver. Leur faute ne diffère pas du péché contre le Saint-Esprit, dont le Sauveur lui-même a dit (Matth. xn, 31-32) qu'il ne sera Jamais pardonné, parce qu'U
Hebr. VI, 7-10.
7. Car une terre abreuvée par la pluie qui vient souvent sur elle, et qui produit une herbe utile à ceux qui la cultivent, reçoit la bénédiction de Dieu.
8. Mais si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée, et bien près d'être maudite ; sa fin sera la combustion.
9. Cependant nous espérons pour vous, bien -aimés, des choses meilleures et plus rapprochées du salut, quoique nous parlions ainsi.
10. Car Dieu n'est pas injuste, pour oublier vos œuvres et l'amour que vous
7. Terra enim ssepe venientem super se bibens imbrem, et generans herbam opportunam illis a quibuf colitur^ accipit benedictionem a Deo.
8. Proferens autem spinas ac tribulos, reproba est , et maledicto proxima ; cujus consummatio in combustionem.
9. Confidimus autem de vobis, dilectissimi, méliora et viciniora saluti, tametsi ita loquimur.
10. Non enim injustus Deus, ut obliviscatur operis vestri, et dilectionis quam
suppose un endurcissement volontaire. Néanmoins, c'est bien à tort que les Montanistes et les Donatistes ont prétendu appuyer sur ce texte leurs fausses théories, et leurs pratiques non moins fausses, au sujet de leur refus catégorique d'absoudre certains péchés graves. En effet, les conditions ne sont point les mêmes dans les deux cas, puisque, d'après l'hypothèse faite par l'apôtre , le repentir n'existe pas et ne saurait exister, tandis qu'on peut tomber dans l'adultère, la fornication, etc., et en éprouver un regret sincère. Voyez saint Jérôme , adv. Jovin. , ii , 3 ; saint Ambroise , de Pœnit, II , 2 , 6 ; Corluy, Spicilegiuvi dogmatico- MUicum, t. I, p. 250-259. — Terra enim... Un
Chardon {Nolobasù syriaca), cueiUi sur la hauteur de Sion.
frappant exemple, vers. 7-8, emprunté h la nati^re, confirme la terrible assertion de l'apôtre sur l'abus des giâces divines. La terre est per-
sonnifiée tout le long de cet intéressant récit.
— Scepe venientem... imbrem. La pluie joue un grand rôle pour !a fertilité du sol, surtout dans les contrées orientales. — Herbam. Le substantif grec Poxàvyjv représente les végétaux les plus simples; en particulier, les céréales, les légumes, etc. — Opportunam illis... Les rudes travaux de l'agriculteur sont ainsi récompensés.
— Accipit bevedictionem... Bénédiction qui consiste sans doute dans une fécondité plus grande encore. Cf. Gen. xxvii, 27. — Proferens autem... (vers. 8). Cet exemple est l'antithèse complète du précédent. — Spinas ac tribulos. Dans le célèbre passage Gen. m, 15, les axavGat et les xpiêoXoi sont pareillement rattachés à la malédiction divine. — Ce sol, qui n'est fécond que pour le mal, est l'objet d'une sentence formulée en trois degrés successifs : reproba. . . ( rejetée , reprouvée), maledicto proxima (presque maudite, en attendant qu'elle le soit tout h fait), cujus consummatio... (bp fin sera la ruine complète).
9-12. Paroles d'encouragement. L'auteur exprime tour à tour une espérance, vers. 9-10, et un désir, vers. 11-12. — Confldimus... Pour ne pas décourager ses lecteurs, il se hâte de dire que, malgré la vivacité de son langage {tametsi ita... ; cf. v, 11-vi, 8), il est loin de les regarder comme s'ils étaient déjà des apostats en fait. — Meliora : une issue meilleure que celle qui a été décrite, soit au propre, soit au figuré. — Viciniora saluti donne assez bien le sens de la locution grecque èx6[xeva ffWTïjptaç, que saint Augustin traduisait par « hserentia saluti ». — Non enim... (vers. 10). Motif de cette confiance intime de l'auteur. Il sait que la charité est toujours très active parmi les chrétiens de Jérusalem, et c'était là un signe manifeste que Dieu ne les avait pas abandonnés. — Non... injustus... L'expression ne manque pas de hardiesse, car le Seigneur est aussi juste lorsqu'il châtie que lorsqu'il récompense ; mais elle est justifiée par tout ce que la sainte Écriture et l'expérience nous apprennent de la bonté de Dieu. Grâce h sa miséricorde et à ses .promesses, nos bonnes œuvres méritent une récompense «■ ex quadam Justitla. « Voyez le concile de Trente, Sess. vi, c. 1 6.
— Operis vestri. C.-à-d. , l'ensemble de votre
Hebr. VI, 11-16.
ostendistis in nomine ipsius, qui ministrastis sanctis, et ministratis.
11. Cupimua autem uniimqueraque vestrum eamdem ostentare sollicitudinem ad expletionem spei usque in finem ;
12. ut non segnes efficiamini, verum imitatores eorum qui, fide et patientia, hereditabunt promissiones.
13. Abrahse namque promittens Deus, quoniam neminem habuit, per quem juraret, majorera , jura vit per semetipsum,
14. dicens : Nisi benedicens benedicam te, et multiplicans multiplicabo te.