Unde nec primum quidem sine sanguine dedicatum est
19. Lecto enim omni mandate legis a Moyse uni verso populo, accipiens sanguinem vitulorum et bircorum, cum aqua, et lana coccinea, et byssopo, ipsum quoque librum et omnem populum aspersit ,
20. dicens : Hic sanguis testamenti quod manda vit ad vos De us.
16. Car, là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur intervienne.
17. En effet, un testament n'est valable que par la mort, puisqu'il n'a point de force tant que le testateur est vivant.
18. C'est pourquoi le premier testament n'a pas été inauguré sans effusion de sang.
19. En effet Moïse, après avoir proclamé devant tout le peujile tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l'eau, de la laine écarlate et de l'hysope , et il en aspergea le livre même et tout le peuple ,
20. en disant : Ceci est le sang de l'alliance qne Dieu a ordonnée pour vous.
donne tout à coup, comme l'admettent la plu- 1 part des interpi'ètes, la signification de testament, qu'il avait d'ordinaire chez les Grecs, et il démontre par un argument saisissant la nécesgité de la mort de Jésus. Ur>. testament n'a de valeur légale qu'après la mort du testateur : mors necesse est... Les juristes, en effet, donnent la définition suivante de cet acte : « Yoluntatis justa sententia de eo quod quis post mortem suam fleri ^Tilt. » — Testamentum enim... (vers. 17). C'est la preuve da fait allégué au verset précédent. La formule i-nX vexpoï; p£êata ferait plus littéralement traduite par a super mortuis firmum t> que par in morluis conflrmatum . . . Les testaments ne deviennent solides, valides, que lorsqu'ils s'appuient pour ainsi dire sur les morts, c.-à-d., lorsqu'il y a des morte. — Alioquin nondum... Il fallait donc que le Christ mourût, pour que nous eussions part à l'héritage qu'il nous avait laissé. Comp. le vers. 15''. — Unde... Dans les vers. 18-22, l'auteur rappelle que l'ancienne alliance (primum) avait été elle-même Inaugurée et ratifiée par le sang des victimes. — Lecto enim... (vers. 19). Allusion à la cérémonie très solennelle qui est racontée Ex. xxiv, 1 - 8. Moïse fit connaître aux Hébreux tous les détails de l'alliance, tout ce que le Seigneur leur enjoigaait iomni mandato ; au lieu de legis, le grec porte : selon la loi; c.-à-d., les ordres de Dieu, tels qu'ils étaient contenus dans la loi); le peuple les accepta et s'engagea à accomplir sa part du traité. On érigea ensuite un autel , et l'on offrit divers sacrifices; la moitié du sang des victimes fut répandu sur l'autel, l'autre moitié servit à asperger le peuple. — Vitulorum et... Le lécit de l'Exode, xxiv, 5, ne mentionne pas les boucs, non plus que les détails cum aqua, et lana..., et hyssopo. Ces traits proviennent donc de la tradition. Il en est de même du suivant : ipsum... librum... Il s'agit du livre de l'alliance, ainsi qu'il est appelé Ex. xxiv, 7 ; il se composait
probablement du passage Ex. xxiï, 22-xxiii, 33. — Hic sanguis... (ver?. 20). Exactement d'après
Hysope officiaal^
l'Exode : Voici le sang de l'alliance que le Seigneur a contractée avec vous au sujet de toutes ces choses. Notre auteur abrège tant soit peu la formule primitive, qui signifie : Le sang répandu sur vous garant it la validité et la solidité du traité d'aliiaoce que Dieu coutracts
IlEBR. IX, 21-25.
21. Il aspergea aussi de sang le tabernacle et tous les ustensiles du culte;
22. et, selon la loi, presque tout est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n'y a pas de pnrdon.
23. 11 était donc Nécessaire, puisque les emblèmes des choses célestes sont purifiés de cette manière, que les choses célestes elles-mêmes le fussent par des victimes meilleures que celles-là.
24. Car ce n'est pas dans un sanctuaire fait de main d'homme^ image du véritable, que Jésus est entré, mais dans le ciel même, afin de se présenter maintenant pour nous devant la face de Dieu.
25. Et ce n'est pas pour s'offrir soimême plusieurs fois qu'il y est entré, comme le grand prêtre entre chaque année dans le eanctuaire avec du sang étranger ;
21.Etiami tabernaculum et omnia vasa ministerii sanguine similiter aspersit;
22. et omnia pêne in sanguine secundum legem mundantur, et sine sanguinis effusione non fit remissio.
23. Necesse est ergo exemplaria quidem cœlestium his mundari, ipsa autem caelestia melioribus hostiis quam istis.
24. Non enim in manufacta sancta Jésus introivit, exemplaria verorum, sed in ipsum caslum, ut appareat nunc vultui Dei pro nobis ;
25. neque ut ssepe offerat semetipsum, quemadmodum pontifex intrat in sancta per singulos annos in sanguine alieno;
avec vous. Jésus -Christ l'a trèâ probablement imitée à dessein lorsqu'il consacra le calice à la dernière cène (cf. Matth. xxvi, 28 et Marc, xiv, 24), pour montrer que son sacrifice était la réalisation du type par lequel l'alliance du Sinaï avait été inaugurée. — Etiam tabernaculum... (vers. 21). Cette autre cérémonie, dont l'apôtre a également emprunté le souvenir à la tradition (cf. Josèphe, Ant., in, 8, 6), n'eut lieu que plus tard, puisque le tabernacle et ses ustensiles {omnia vasa... est un hébraïsme) n'existaient pas encore au moment où l'alliance fut contractte. — Et omnia pêne... (vers. 22). La pensée est généralisée : sous la loi mosaïque , le sang était un mode de purification très habituel, à tel point que sine... effusione non fit... Voyez Lev. xvii , 1 1 , où ce même principe est projimlgué. Remissio : la rémission des péchés.
— Necesse... ergo... Les vers. 23-28 nous représentent le Christ pontifiant dans le ciel. Leur but direct est de démontrer sous un autre aspect la nécessité de la mort de Jésus - Christ. Le vers. 23 sert de transition : comme l'ancien sanctuaire, le tabernacle céleste où officie notre grand prêtre a dû être purifié avec du sang, mais avec un sang d'une valeur extraordinaire.
— Exemplaria... cselestium. Dans le grec : les copies des choses (qui sont) dans les cieux. L'auteur désigne par \h le tabernacle mosaïque et son mobilier, fabriqués d'après le modèle c> leste que Dieu avait fait voir à Moïse sur la montagne. Cf. vrii, 5. — His: par le sang des taureaux et des boucs. Comp. les vers. 18 et ss.
— Ipsa autein... Non que le sanctuaire du ciel eût besoin d'être purifié d'une manière proprement dite; mais l'écrivain sacré emploie ce langage métaphorique pour signifier que le tabernacle céleste devait être inaugui'é comme l'avait été celui de la terre. On peut dire aussi, avec quelques interprètes, que les péchés des liommes
avaient excité une grande colère dans le coeur de Dieu , et que le sacrifice du Christ, en faisant cesser cette colère, a par là même en quelque sorte purifié le sanctuaire du ciel (« Mundantur cselestia quatenus homines miindantur a peccatis », saint Thomas d'Aquin ). — Melioribus hostiis... Il n'y eut qu'une seule victime et qu'un seul sacrifice sous le Nouveau Testament ; mais l'auteur généralise, et emploie le pluriel pour ce motif. Autant le ciel l'emporte sur le tabernacle de Moïse, autant le sacrifice de notre pontife céleste devait l'emporter sur ceux d'Israël. — Non enim... (vers. 24>. Preuve que c'est réellement dans le sanctuaire céleste que le Christ a offert son sacrifice. — Sur l'expression non ia manufacta sancta, voyez le vers. 11^ et les notes. — Jésus. Dans le grec: Xpiaroç, sani article, ce titre étant traité comme un nom propre. Cf. m , 6, etc. — Exemplaria verorum : ainsi qu'il a été dit plus haut, vni, 5. — Scd in ipsum... Dans le ciel même, « quo nihil ulterius. » — Ut appareat... viiliùi... pro... Formule très remarquable. C'est pour nous que le nouveau pontife a pénétré dans le ciel, et il s'est présenté comme notre victime sous le regard de Dieu. — L'adverbe nuric est aussi très expressif : à partir du moment où le grand prêtie des chrétiens est remonté au ciel, son intercession en leur faveur se réitère sans cesse. — Neque (scil. « introivit ») ut... L'auteur insiste ( vers. 25 ) sur un fait auquel il a déjà touché précédemment. Comp. les vers. 12 et 14; vn, 27. — Ssepe..., quemadmodum... La fête de l'Expiation revenait chaque année chez les Juifs, avec ses rites particuliers (voyez le vers. 7 et le commentaire); le sacrifice spécial du Christ n'a été offert qu'une seule fois. Les mots offerat semetipsum, contrastent avec le trait in sanguine alieno. — Alioquin oportebat... (vers. 26). Ou va démoûtrer a per absurdum » que Jésus n'a
Hebb. IX, 26-28.
26. alioqiiin oportebat eiim fréquenter pati ab origine mundi : nunc aiitem semel in consummatione sseculorum, ad desiitutionem peccati, per hostiam suam apparuit.
27. Et quemadmodum statutum est hominibus semel raori, post hoc autem judiciura,
28. sic et Christus serael oblatus est ad multorum exhaurienda peccata ; secundo sine peccato apparebit expectantibus se, in salutem.
2G. autrement il aurait fallu qu'il souffrît plusieurs fois depuis la création du monde , tandis qu'il n'a paru qu'une seule fois à la fin des siècles, pour abolir le péché par son sacrifice.
27. Et de mêm^ qu'il est établi que les hommes meurent une fois , et qu'ensuite vient le jugement,
28. de même le Christ s'est offert une fois pour effacer les péchés de beaucoup ; une seconde fois il apparaîtra sans péché, pour donner le salut à ceux qui l'attendent.
pas eu besoin de renouveler son saciiflce. Dais riij-pothèsec» ntvaire, il aurait dû mourir fréquemment, puisqu'un sacrifice suppose l'immolation de la victime. — Al) origine... L'apôtre remonte maintenant jusqu'à l'origine du monde, c.-à-d., Jusqu'à la chute du premier homme et à l'introduction du péché sur la terre. Les autres victimes étant incapables d'expier le péché, c'est le Facriflce da Christ qui a tout purifié par un effet rétroactif. — Nunc autem . . . Tous les mots de cette phrase sont accentués , car chacun d'eux oppose l'œuvre sacerdotale de Jésus à celle du grand prêtre hébreu.
— Semel : par contraste avec « saepe »
du vers. 25», et à a fréquenter» du verset 26". — In con- 8ummatione...G.-k-6., à l'époque messianique, qui est la dernière période de l'histoire des hommes ici-bas. Cf. i, 2, etc.
Avec le sacriSce du Sauveur, une nouvelle ère s'est ouverte pour l'humanité. — Ad destitutiovem... But et résiiltat de cet unique sacrifice : grâce à lui, le péehé a été totalement effacé. — Per hostiam suam. Avec une légère vainante dans le grec : par le sacrifice de lui-même. — Quelques commentateurs prennent le verbe apparuit dans le même sens qu'au vers. 24*' : Jésus s'est présenté à Dieu dans le ciel comme notre prêtre et notre victime. Il est mieux peut-être de supposer que l'écrivain sacré a en vue, cette fois, la oaanifestation visible du Verbe incarné
Sacrillcateiir portant une victime. (Statue grccçiue. )
sur la terre : Jésus -Christ est appani une fois pour toutes en ce monde, afin d'offrir, également une fols pour toutes, le sacrifice d'une valeur infinie par lequel il a expié les péchés des hommes. — Et quemadmodum... Autre pensée subsidiaire (vers. 27-28), qui paraît avoir été suggérée à l'apôtre par la conduite du grand prêtre juif au jour de l'expiation : ses fonctions achevées dans le Saint des saints, celui-ci revenait auprès du peuple ( cf. Lev. xvi , 24 ) ; Jésus- Christ reviendra de même sur la terre à la fin des temps. — Statutum... hominibus... Tous les hommes , d'après une loi à laquelle personne n'échappe, meurent successivement; à la fin des temps (post hoc), lorsque chacun d'eux sera mort à son tour, il y aura le jugement général (judicium ne désigne pas le jugement particulier; le vers. 28»' contredit cette interprétation). — Sic et Christus... (vers. 28). Lui aussi, il a dû mourir. Mais l'auteur emploie, pour exprimer cette idée, un terme plus relevé, plus en rapport avec le sacerdoce de Jésus- Christ dont toutes ces pages sont remplies : oUattis est; il a été offert, immolé. — Ad... exhaurienda... Le verbe àvsveyxeîv serait, d'après quelques interprètes, synonyme de àcpatpeïv, enlever. Cf. X, 4. Il signifie plutôt: prendre sur soi» expier. Cf. Is. Lni, 12; I Tetr. ir, 24. — Multorum : de tous ceux qui se seront approprié la vertu rédemptrice du sang de Jésus. — Secundo : par opposition à son premier avènement. Act. r, 11. — Sine peccato. C.-à-d., sans avoir de penchés à expier alors, comme c'était le cas au moment de son incarnation. — Expectantibus se... Laissant de côté le sort terrible qui sera réservé aux Impies lors du second avènement du Christ, l'apôtre se borne à signaler d'un mot (in salutem) l'heureux effet du retour de Jésus pour ses fidèles amis, qui l'attendront avec fol. La pensée est donc celle-ci : Lorsque le Christ fera de nouveau son apparition parmi nous, ce ne sera plus en qualité de victime pour nos péchés; il viendra nous apporter la complète réalisation da salut.
Hedr. X, 1-5.