Horrendum est incidere in manus Dei viventis
ment après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus désoi aalj de sacrifice pour les péchés ,
27. mais une attente effroyable du jugement, et l'ardeur d'un feu qui doit dévorer les adversaires.
28. Celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou trois témoins :
29. de quels pires supplices pensezvous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l'alliance par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce?
30. Car nous connaissons celui qui a dit : A moi la vengeance, à moi la rétribution. Et encore : Le Seigneur jugera son peuple.
31. C'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant.
le passage vi , 4 ■ 8 , et qui rend plus pressante l'exhortation qu'on vient de lire.
2G-27. Ce qui attend les chi étions apostats. — Yoluntarie... peccantWus. Cette idée importante est très particulièrement accentuée : il s'agit de péchés réitérés, com lis volontairement et en pleine connaissance de cause. Le pi'onom nohis, par lequel l'auteur se place sar le même rang que ses lecteurs, comme s'il eût couru le même danger qu'eux , est « un trait de profonde sympathie ».
— Post acceptam... Autre circonstance aggravante : les coupables ont reçu une connaissance complète (eTTÎyvwaiv) de la vérité chrétienne.
— Jam non relinquitur... Plus haut, ix, 26 et 28, l'auteur nous a montré Jésus -Christ obtenant de Dieu la rémission de nos péchés par son unique sacrifice ; si l'on refuse de participer aux fruits de cette oblation , c'est fini : « non reservatur nobis ultra hostia pro peccato, quae pro nobis offeratur » ( Primasius ). — Terribilis autem... (vers. 27). Sort réservé à ceux qui rejettent l'unique moyen d'expiation. Le pronom Indéterminé qusedam (ti;) laisse à dessein le châtiment dans un vague effrayant. — Ignis ssmulatio. Locution remarquable, qui personnifie le feu de l'enfer et lui fait exercer une sorte de zèle pour venger le Seigneur offensé. — Quw consumptura... D'après le grec: qai ma:.^^':'
28-29. Confirmation de la menace, par le traitement qui était infligé aux violateurs de la loi mosaïque. — Irritam... faciens est une bonne traduction de àOerr^aa;, si ce n'est que le participe grec est à l'aoriste : ayant annulé. Il n'est donc pas question d'une violation quelconque de la loi, mais d'une transgression très grave, qui l'anéantirait pour ainsi dire. De là la sévérité de la sentence : sine ulla... moritur (il subit la peine de mort). L'auteur fait probablement allusion au crime d'idolâtrie, qui était une sorte d'apostasie. Cf. Deut. xvji, 2 et p" —
Quanto magis... (vers. 29). C'est l'argument « a fortiori », si fréquent dans cette épître (cf. II, 2-3 ; IX, 13-14, etc.). — Détériora... supplicia. Dans le grec: un pire châtiment. — Mereri... qui. ..Trois circonstances particulièrement graves mettent en relief la noirceur de la conduite d'an chrétien apostat. — La première : Filium... conculcavit. Fouler aux pieds un homme ordinaire sei'ait déjà un acte très coupable; lorsqu'un pareil outrage s'adresse au Fils de Dieu, c'est un « nefandum scelus » qui est commis (Estius). — Seconde circonstance : sanguinem... pollutum... L'apostat est censé avoir décidé dans sa pensée (duxerit, "/ly/îffàiJLevo;) que le sang par lequel avait été fondée la nouvelle alliance (testamenti; cf. ix, 12, 14, 23, etc.), c.-à-d., le sang de Jésus -Christ lui-même, n'était qu'un sang ordinaire et vulgaire (xotvov, dit le grec ; « coramunem », d'après l'Itala et le syriaque). Le trait in quo sanctificatus... fait ressortir davantage encore l'ingratitude de ce chrétien apostat : le sang qu'il méprise lui avait obtenu la sanctification. — Troisième circonstance : Spiritui. .. contumeliam. .. L'apostasie est une rébellion ouverte contre l'Esprit -Saint, qui octroie si généreusement aux chrétiens les grâces que leur a méritées le sang du rédempteur.
30-31. Certitude absolue du châtiment. Elle s'appuie soit sur les assertions de Dieu luimême, soit sur son infinie puissance. — Scimus... qui (ellipse pour « illum qui »)... Nous connaissons la fidélité parfaite du Seigneur à toutes ses promesses, quelles qu'elles soient, et son caractère de Dieu vivant, terrible. — Mihi vindicta... Ce premier texte est extrait du Deutéronome, XXXII, 35, et cité avec une certaine liberté. Cf. Rom. XII, 19 et ss., où il est reproduit de la même manière. — Le second texte, judicabit Dominus... provient de Deut. xxxii, 36, passage où 11 est question d'un jugement destiné à châtier Israël
Hebr. X, 32-35.
32. Kappelez en votre mémoire ces premiers jours où, après avoir été illuminés, vous avez soutenu un grand combat de fcouiïrances,
33. d'une part exposés comme en spec- Uicle aux opprobres et aux tribulations , et de l'autre, prenant part aux maux de ceux qui étaient traités de même.
34. Car vous avez eu de la compassion pour les prisonniers, et vous avez accepté avec joie la perte de vos biens, sachant que vous aviez une richesse meilleure et permanente.